ANNALES SCIENCES NATURELLES DIXIEME SERIE ZOOLOGIE ^'.OKBEII-. m P R 1 M E R I E C n K T E , ANNALES SCIENCES NATURELLES ZOOLOGIE COMPRENANT LAXATOMli:, LA l'II YSIOLOG lE, LA CLASSIFICATION ET L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAL'X PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE M. i:.-L. BOUVIER DIXIEME SERIE TOME V PARIS MASSON ET rM\ ÉDITEURS 1, IHKAIUKS \)K l'aCAUKMIE DE .MKDKCINE \H\, Koiili'Mird Saiiit-fiéi'maiii 1922 t}Mj Tous droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays. 192^ // y a cinq mois, j'accompagnais à sa dernière demeure Edmond Perrier, et j'avais le triste devoir de lui adresser l'ultime adieu au nom du Muséum; il me jaut aujourd'hui prendre sa place à la direction des Annales, et cette heure ne me paraît guère moins douloureuse que la première. Car Edmond Perrier était pour moi bien plus qu'un zoologiste éminent : c'est lui qui m'a donné accès dans la carrière des Sciences naturelles^ c'est dans son laboratoire et sous sa direction que j'ai pris l'habitude et le goût des recherches, c'est à lui que je dois mes premiers travaux ; je l'ai vu donner libre cours à son activité, qui était dévorante; j'ai suivi en disciple heureux son ascension scientifique, et j'ai euV honneur ,danslasuite,d' êtreson collègue au Muséum, puis son conjrère à l' Académie des Sciences. La plus belle partie de sa vie, la plus féconde, c'est quarante années de la mienne, et toute mon existence scientifique! Comment ne pas être ému à l'heure où je viens occuper la place d'un homme auquel me rattachent des liens si étroits, dont la vie fut si longtemps mêlée à la mienne et qui joua un si grand rôle dans la Science ! Sur la tombe entrouverte où il allait descendre, j'ai tenté de mettre en lumière l'œuvre qu'il accomplit au Muséum, et montré avec quelle bonne humeur et quelle engageante bien- veillance il savait encourager ses élèves et leur communiquer son juvénile entrain. Il fut, plus que tout autre, un laborieux infatigable. Depuis l'époque où parurent ses travaux sur les pédicellaires des Oursins et sur les Oligochètes jusqu'à celle où il donna les premiers jascicules de son Traité de Zoologie, ses O PREFACE élèves Vont vu continuellement à Vœiivre dans son cabinet de la rue de Buffon^ préparant ses mémoires sur la circulation des Oursins^ sur les Ëchinodermes des grandes profondeurs^ et plus tard son inagnifique travail sur la Comatule, qui lui demanda tant d'années et de si tenaces efforts. Le soir et la nuit, en gi ise de repos, il jetait sur le papier ses conceptions originales, ce qui valut au monde savant plusieurs ouvrages de première impor- tance, entre autres les Colonies animales, qui le mirent tout de suite hors de pair, et la Philosophie zoologique avant Darwin, qui contribua singulièrement à répandre, dans notre pays les idées tr ans for m istcs . Quand survinrent pour lui les honneurs, y compris la direc- tion du Muséum, avec les lourdes charges qui en sont les revers, il dut abandonner la recherche proprement dite, mais resta néanmoins sur la brèche, exprimant par la plume, dans de nom- breux livres et articles, les idées qui lui étaient chères, et consa- crant un acharné labeur à son Traité de Zoologie. // faut un courage et une puissance de travail extraordinaires pour oser entreprendre seul, actuellement, une œuvre de cette enver- gure, et Von reste surpris que V auteur ait pu la mener presque complètement à bien; jusqu'au bout, il a cru pouvoir V achever, et on le croyait autour de lui, car il était resté jeune d'apparence, et son activité ne semblait point faiblir. Cette satisfaction ultime ne lui aura pas été donnée; la mort est venue le surprendre en plein travail, avant qu'il eût pu mettre au point les deux fascicules des Oiseaux et des Mammifères qui devaient compléter le gigan- tesque ouvrage. Malgré tout, le Traité de Zoologie a rendu et rendra longtemps des services; il reste unique en son genre et bien digne du talent de V auteur qui V avait conçu. Me voici donc à la tète des Annales des Sciences naturelles zoologiques ; c'est une lourde tâche, et ce n'est pas sans hési- tation que je Vai prise, sachant très bien qu'il n'est pas facile d'occuper dignement la place où, avant Edmond Perrier, brillèrent successivement Audouin, Brongniart et Dumas, puis les deux M Une- Edwards. A défaut de la célébrité et du talent qui distinguaient mes prédécesseurs, j'apporterai dans cette tâche tout ce que j'ai de bon vouloir. Dans une œuvre de cette sorte, on ne saurait marchander le dévowmni. Ne s'agit-il pas d'une PREFACE / publication vénérable^ du plus ancien des recueils zoologiques ? Les Annales des Sciences naturelles furent fondées en 1824 pour donner asile aux mémoires de zoologie et de botanique; en 1834^ elles se divisèrent en deux parties indépendantes^ l'une consacrée à la première de ces sciences^ Vautre à la seconde. Leur succès fut tel que parurent peu après, à l'étranger, des recueils analogues : en Allemagne, les Archiv fiir Naturgeschichte, qui datent de 1835 ; en Angleterre, les Annals and Magasine of natural History, qui remontent à 1829 et qui portèrent le simple nom de « Magazine » jusqu'en 1840. Ces périodiques existent encore aujourd'hui, mais le nôtre se flatte d'être leur doyen; c'est une lumière qui brille depuis près d'un siècle, et il serait vraiment impardonnable de ne pas la maintenir vivace, au bénéfice de la Science comme pour le renom du pays. Pour atteindre ce résultat, il n'eût pas été difficile de trouver des zoologistes plus experts ; mais on me permettra de dire que bien peu auraient pu y mettre plus de cœur. Je suis attaché aux Annales comme on test à la maison paternelle : c'est là que furent publiés les plus importants de mes travaux et ceux de beaucoup de mes amis; c'est au Muséum où s'est écoulée toute ma carrière qu'elles ont pris naissance, et c'est le prédécesseur d'Edmond Perrier, Alphonse M Une- Edwards, qui m'en a ouvert largement les portes. Comment ne pas être ému en rappe- lant le souvenir de ce dernier, qui fut aussi mon maître et qui ne dédaigna pas de m' associer à ses travaux ! Et comment ne pas aimer un organe auquel me rattachent tant de chers et étroits liens ! Modeste successeur de mes deux maîtres, il me sera facile de suivre la tradition qu'ils continuaient et d'imiter leur exemple en l'adaptant aux besoins du jour. Dans la limite du possible, les Annales accueilleront tous les zoologistes, quelles que soient leur école et la nature de leurs travaux; la Science lire son profit des idées contradictoires, pourvu qu elles s'appuient sur des faits bien contrôlés et des recherches sérieuses. Il faut que notre journal soit un reflet de l'activité scientifique telle qu'elle se manifeste au laboratoire ou dans les études en plein air. Cette activité n'est pas seulement procréatrice de travaux étendus, dont la réalisation est parfois très longue; elle se traduit égale- 8 PRÉFACE ment par des recherches latérales plus ou moins réduites, qui résultent des contingences, des occasions ou du besoin de combler quelques lacunes. Aux deux sortes d'études, les AnnaieB seront largement ouvertes, et les secondes tiendront de leur brièveté cet avantage d'être publiées tout de suite, ce qui n'est pas toujours possible avec les grands mémoires. Il ne faut pas laisser perdre les bonnes glanures ; ce sont des semences excellentes, et tout zoologiste en connaît qui furent de vrais trésors ;enles accueillant, ce journal restera fidèle à ses traditions les plus anciennes. Il leur restera également fidèle en publiant parfois la mise au point de questions actuelles en voie de développement, et en traduisant ou en exposant des études étrangères remarquables par leur originalité ; en botanique, mon excellent collègue M. Costantin a repris cette tradition, qui mérite d'être étendue, il me semble, à toute la biologie. Avec leurs racines qui plongent dans le passé et le développe- ment actuel des sciences biologiques, les Annales peuvent croître et se prêter sans périls aux besoins de l'évolution. Elles se trou- vent à la veille du centenaire de leur naissance ; soutenues par les zoologistes, qu'elles puisent un renouveau à cette date et qu'elles s'engagent franchement dans les voies de l'avenir ! Paris, 11 Janvier 1922. E.-L. Bouvier. MIGRATIONS ET ACCLIMATEMENTS MALACOLOGIQUES DANS LA VALLÉE DE LA LOIRE Par Louis GERMAIN Il y a longtemps que l'on a signalé, sur le littoral océanique de la France, des animaux de divers groupes dont l'habitat norm.al est le midi et, plus spécialement, la région méditer- ranéenne. Plus rarement, quelques-unes de ces espèces s'infil- trent plus ou moins loin dans l'intérieur du pays en suivant les vallées des grands fleuves : Garonne, Loire, Seine. Ces phéno- mènes de migration et d'acclimatement ont une réelle impor- tance bionomique ; ils modifient, souvent d'une manière fort sensible, la composition de la faune des contrées où les nou- velles espèces s'introduisent. Ces dernières peuvent même parfois se substituer entièrement à certains animaux autoch- tones. I On sait que, sous l'influence de causes diyerses et fort mal connues, des migrations animales ont eu lieu pendant toutes les époques géologiques et se poursuivent encore de nos jours. Je crois utile de rappeler le groupement que j'ai adopté en vue de l'étude de ces migrations, groupement un peu arti- ficiel, mais qui a l'avantage de faciliter l'exposition des faits. Je distingue les migrations anciennes, les migrations préhis- toriques, les migrations historiques et les migrations actuelles. Les migrations anciennes sont celles ayant eu lieu pendant les périodes géologiques passées. On les connaît dès le com- mencement des temps primaires ; elles se sont poursuivies, plus nombreuses et mieux précisées, pendant le secondaire 10 LOUIS GERMAIN pour atteindre une grande amplitude pendant l'ère tertiaire. Je les laisserai entièrement de côté, car elles ne fournissent aucun renseignement sur la question traitée ici. Je ferai seule- ment remarquer qu'elles ont eu lieu à des époques où l'homme n'existait pas encore. Les trois dernières catégories, au contraire, ont eu l'homme pour témoin et, d'une manière ou d'une autre, elles ont pu être influencées par lui. Celles que je nomme migrations préhistoriques débutent avec l'origine de l'homme et prennent fin à l'aurore des temps historiques. Leur étude fournit d'intéressantes données, no- tamment pour la période, encore si obscure, qui s'étend entre la fin de l'âge du Renne et les temps, sans doute beaucoup plus rapprochés de nous, sur lesquels nous possédons les premiers documents historiques certains. Par migrations historiques^ j'entends celles qui ont eu lieu pendant les périodes historiques anciennes et même rela- tivement récentes, mais sur lesquelles nous n'avons aucune documentation zoologique. Gomme les précédentes, ces migrations sont d'une étude difficile. Un texte ancien peut parfois mettre sur la voie ; mais, le plus souvent, c'est en analysant les restes d'animaux recueillis dans les ruines, les enceintes ou les tombeaux (1), en les comparant aux éléments de la faune moderne des mêmes localités qu'il sera possible de les déceler. Un exemple montrera l'intérêt de ces recherches. Certaines espèces d'Nelix, originaires des régions du Caucase et de quelques autres parties de l'Asie Antérieure, ont suivi les vallées du Danube et du Rhin ; du Danube, du Pô, du Rhône et de la Loire et ont essaimé jusque dans l'extrême-ouest de notre pays. Or ces migrations animales sont synchrones avec des migrations humaines. Partout où les historiens ont constaté des routes d'invasions, des déplacements de peuples guerriers ou pas- teurs, — ce qui s'est produit principalement, sinon unique- (1) Je rappellerai seulement ici les énormes amas d^ Hélix (appartenant surtout à \ Hélix [Helicogena] Gussonei Shuttleworth) découverts autour dePompéi; dans les ruines avoisinant les bains de Néron àBaïa, près deNaples ; dans les fouilles du Palatin, à Pvome, etc. MIGRATIONS ET ACCLIMATEMEINTS MALACOLOCIQUES I l ment, le long des vallées des grands fleuves, — j'ai pu retrou- ver des migrations synchrones de groupements animaux se déplaçant avec les peuples migrateurs et, comme eux, se fixant définitivement dans des pays nouveaux, souvent fort éloignés de leur lieu d'origine. Et il ne s'agit pas seulement ici d'animaux introduits par l'homme, en vue de son utilité ou de son agrément, mais bien aussi d'espèces se déplaçant avec les peuples migrateurs en dehors de toute intervention humaine. Enfin je groupe, en une dernière catégorie, les migra- tions actuelles que nous observons encore aujourd'hui. Par le seul fait qu'elles se passent sous nos yeux, elles ont, pour nous, une importance particulière, car nous pouvons espérer sinon en saisir toutes les causes, du moins en préciser le processus ; elles peuvent, par analogie, nous renseigner sur le mécanisme des migrations plus anciennes. Parmi ces migrations actuelles, il en est qui s'accomplissent d'elles-mêmes : on constate que certaines espèces, gagnant de proche en proche, s'éloignent souvent fort loin de leur centre de création ou d'évolution. Les causes de ces déplace- ments sont extrêmement difiîciles à préciser et, le plus sou- vent, elles nous échappent. D'autres migrations doivent être, au contraire, attribuées à l'homme. C'est ainsi qu'entre 1900 et 1903 les talus des bords de la Marne, entre le pont de Charenton et les moulins d'Alfort, étaient habités par une colonie à' Hélix appartenant au groupe de V Hélix (Xerophila) variabilis Draparnaud. Par la suite, les promeneurs devinrent tellement nombreux que les talus où vivaient les Hélix se dénudèrent. En consé- quence de ce changement de miheu, les Mollusques se dépla- cèrent lentement et, en 1904, ils prospéraient un kilomètre plus bas, dans une localité beaucoup moins fréquentée. Tout près de là, dans une sorte d'enclos inaccessible au public, vivaient, au milieu d'une végétation touffue, de populeuses colonies à' Hélix {Arianta) arbustorum Linné et de Succinea limnoidea Picard. L'enclos fut bientôt envahi à son tour, et les Mollusques émigrèrent. Ainsi, dans ces deux cas, l'influence de l'homme 12 LOUIS GERMAIN a obligé des colonies animales à un déplacement lent, mais continu (1). Mais, en général, le phénomène est plus complexe : son point de départ est une introduction par l'homme, — intro- duction le plus souvent involontaire, — suivie d'uD acclima- tement, puis d'une migration rayonnant autour de la colonie introduite et couvrant une aire plus ou moins étendue. Ce sont des migrations actuelles, observées dans le bassin de la Loire et appartenant à ces deux modalités dont je vais m'occuper dans les pages suivantes. II Il existe, dans les contrées circaméditerranéennes, un certain nombre d'espèces de Gastéropodes appartenant au genre Hélix qui, par leur grande abondance, constituent vérita- blement ce que j'ai appelé ailleurs des espèces dominantes (2). Je citerai notamment : les Belix, assez nombreux, du groupe deV Hélix {Xerophila) variahilis Draparnaud (3), V Hélix {Euparypha) pisana Miiller, VHelix (Cochlicella) barbara Linné. Ces animaux sont autochtones dans les régions méditer- ranéennes, où ils vivent surtout au voisinage de la mer. Les Hélix {Euparypha) pisana Mûller et Hélix {Cochlicella) barbara Linné ne s'en éloignent même qu'exceptionnelle- (1) Des travaux considérables ayant entièrement modifié les rives de la Marne, tous ces Mollusques ont depuis disparu. (2) Germain (Louis), La biogéographie et les musées régionaux {Annales de Géographie, XXVII, 1918, n» 145, 15 janvier, p. 5). (3) Il a été décrit, comme appartenant à ce groupe, beaucoup d'Hélix que tous les zoologistes n'acceptent pas comme espèces valables. Il est certain que leur nombre a été trop multiplié ; mais c'est également une erreur de les rapporter toutes à VHelix variahilis Draparnaud, soit comme variétés, soit comme formes de coquilles. L'étude, sur place, de multiples colonies montre bien qu'il existe réellement des espèces distinctes, d'ailleurs difficiles à délimiter. Certaines ont cependant une individualité assez nette, comme les Hélix xalonica Servain [ = Hélix cyzicensis Galland + Hélix alluvionum Servain] ; Hélix papalis Locard [ = Hélix papalis Locard + Hélix pilula Locard + Hélix pila Caziot + Hélix subpapalis Caziot], etc. Je considère que le groupe entier de VHelix variahilis Draparnaud est, actuellement, en pleine évolution et que les caractères des espèces qui le composent ne sont pas encore, en général, définitivement fixés. MIGRATIONS ET ACCLIMATEMENTS MALACOLOGIQUES 1 3 ment. Leur origine n'est pas très ancienne, puisqu'ils sont inconnus dans les dépôts quaternaires récents. Or ces Mollus- ques sont aujourd'hui fort abondants le long des côtes fran- çaises de l'Océan Atlantique et de la Manche. Les plus nom- breux ont, émigrant de leur pays d'origine vers le nord, pénétré dans la vallée de la Garonne, traversé les estuaires de la Gironde et de la Loire et, sous l'influence d'un climat tem- péré par le Gulf-Stream, franchi le cap Finistère et essaimé sur le littoral de la Manche et sur celui de la mer du Nord. D'autres ont fait le tour de la péninsule Ibérique en suivant le littoral. Beaucoup ont emprunté concurremment ces deux voies. Parmi les espèces ainsi émigrées et qui se sont définitive- ment établies dans leur nouvel habitat, les unes n'ont pas dépassé l'estuaire de la Loire. Tels sont les Hélix (Xerophila) ces- pitiim Draparnaud, Hélix {Xerophila) arenarum Bourguignat, Hélix {Xerophila) sphaerita Hartmann, etc.. (1). D'autres se sont étendues, beaucoup plus au nord, tout le long des côtes de l'océan Atlantique et de la Manche. Je citerai : Hélix {Eiiparypha) pisana Millier, Hélix {Xerophila) angustiniana Bourguignat, Hélix {Xerophila) fera Letourneux et Bour- guignat, Hélix {Xerophila) variabilis Draparnaud, Hélix {Xerophila) xalonica Servain, Hélix {Xerophila) pa palis Locard, etc.. Hélix {Cochlicella) barbara Linné. Quelques espèces sont même parvenues sur le littoral de la mer du Nord, comme, par exemple, les Hélix {Xerophila) xaloniea Servain et Hélix {Cochlicella) barbara Linné. Tous ces Mollusques ne s'écartent pas beaucoup du littoral ; ils y forment une bande d'épaisseur variable qui, sauf dans des cas exceptionnels, est d'autant plus étroite que l'on (1) Ces trois espèces ont bien été signalées par J.-R. Bouiiguig^at [Mol- lusques terr. fluvial. Bretagne, juin 1860, p. 58], « sur toutes les plantes qui bordent le littoral, et dans les environs de Locmariaker, en allant vers la rivière de Crach «. Ces Hélices n'ont pas été retrouvées depuis, ni par M. A. Bavay, ni par moi-même, bien que nous les ayons spécialement cherchées, à Locmariaker et aux environs. Il faut croire, ou qu'elles ont disparu depuis 1860, ou que les espèces recueillies par J.-R. Bourguignat ont été mal déterminées [Cf. : Oeumai.n' (Loi;is), Études sur quelques Mollusques terr. et fluviat. du Massif Armoricain {Bulletin soc- sciences natur. Ouest, Nantes, 2^ série, VI, 30 juin 1906, p. 15-21)]. 14 LOUIS GERMAIN s'avance davantage vers le nord. La profondeur de cette bande vers Tintérieur du pays reste, d'ailleurs, constamment moins grande que dans la région méditerranéenne, pays d'ori- gine de ces Hélix. La répartition des espèces émigrées n'est pas quelconque : les grandes formes, à très large ombilic, du groupe de VHelix {Xerophila) cespitum Draparnaud ne dépassent pas l'estuaire de la Loire, tandis que les espèces de petite taille, étroite- ment ombiliquées [Hélix {Xerophila) variabilis Draparnaud, Hélix {Xerophila) pa palis Locard, etc.], sans doute plus robustes, prolifèrent jusque sur les côtes plus froides de la mer du Nord. U Hélix {Cochlicella) harbara Linné s'est même propagé beaucoup plus loin encore. Mais l'aire de ces dépla- cements n'est pas illimitée : il existe une zone limite que ces Mollusques ne peuvent franchir et, pour les Hélices méditer- ranéennes vivant près des côtes françaises, cette zone limite est voisine du Pas-de-Calais. Vers quelle époque se sont produites ces migrations? Il est fort difficile de répondre avec certitude à cette question. Je rappellerai d'abord que nous ne connaissons, dans les dépôts quaternaires, aucune espèce des groupes émigrés. Mais l'étude des formes subfossiles trouvées dans les tourbières littorales submergées (1) peuvent aider à la solution du problème. Dans des tourbières, situées sur les côtes du Calvados, A.-L. Letacq (2) a signalé, parmi des espèces vivant encore dans la région, les Hélix {Xerophila) variahilis Draparnaud (3) et Hélix {Cochlicella) barbara Linné à Luc et à Asnelles. Par contre, dans les tourbières s'étendant de Luc à Courseulles, L. Mercier et R. Poisson (4) n'ont décou- (1) C'est avec raison que Bigot fait observer qu'il vaut mieux substituer le terme de tourbières littorales submergées à celui de tourbières sous-marities, Iréquemment adopté, ces formations n'ayant été recouvertes par la mer qu'à la fin du iri« siècle ap. J.-G. (2) Letacq (A.-L.), Liste des coquilles recueillies par MM. Bigot et Lebou- clier dans les tourbières littorales situées entre Luc-sur-Mer et Arromanches (Calvados) {Bulletin Soc linnéenne Normandie, 5^ série, X, 1906, p. 5-6). (3) Il est possible que la coquille signalée par A.-L. Let.\cq ne soit pas lo véritable Hélix variabilis Draparnaud, mais une des e.spèces de ce groupe. (4) Mercier (L.) et Poisson (R.), Documents zoologiques fournis par "étude delà tourbière sous- marine deBernières-sur-Mer [Bulletin Soc. linnéenne Normandie, 7'' .«érie, III, 1920, p. 153). MIGRxiTIONS ET ACCLIMATEMENTS MALACOLOGIQUES 15 vert aucune forme émigrée dans la petite faunule qu'ils ont récoltée. Ces faits sont d'une interprétation difficile. On sait, depuis les travaux de Bigot (1), que les tourbières littorales submergées du Calvados ont été formées avant le néolithique et recouvertes par la mer vers la fm du iii^ siècle ap. J.-G. Gomme les Hélix [Xerophila) variabilis Draparnaud et Hélix {Cochlicella) barbara Linné existent en certains points de ces tourbières et non en d'autres, d'ailleurs voisins, on est con- duit à envisager plusieurs hypothèses. Il est possible que les Hélices méridionales recueillies par A.-L. Letacq aient été entraînées dans la tourbière postérieurement à sa submer- sion (2) ; il faudrait, pour vérifier ce fait, faire sur place de nouvelles recherches et noter soigneusement à quel niveau se trouvent les coquilles. On peut aussi observer que, si les Mollusques émigrés se trouvent dans une localité et non dans une autre voisine, c'est peut-être simplement parce que la colonie, alors d'introduction toute récente, n'avait pas encore eu le temps d'envahir tout le littoral. Il est donc difficile de conclure en toute certitude, mais il n'est pas impossible que l'acclimatement des espèces méditerranéennes sur les côtes de la Manche ait eu lieu vers l'époque néolithique. Ilï Ce n'est pas seulement le long des côtes de l'océan Atlan- tique et de la Manche que les Hélices méditerranéennes ont émigré. Elles se sont également propagées en suivant les vallées de grands fleuves, notamment celles de la Garonne et de la Loire. Elles se sont avancées beaucoup moins loin dans l'intérieur du pays le long de la vallée de la Seine. J'ai pu suivre, à maintes reprises, la marche de ces animaux dans la (1) Bkkjt, Sur les dépôts plcislocènes et actuels de la Basse-Norniaiulie (Comptes rendus Académie sciences, Paris, 16 août 1897) ; — La vallée de l'Orne aux environs de Gaen [Comptes rendus Congrès Soc savantes, Paris, 18'J8, p. 249-251) ; — La Normandie, dans le Livret-Guide du VIII^ Congrès gcolog. internat., 1900. (2) Ces animaux vivent souvent, en effet, tout i)rès du littoral, sur des plantes pouvant être mouillées par les embruns. Les autres Mollusques signalés par A.-L. Letacq, notamment les Gastéropodes lluviatiles (Limnées, Pla- norbes, Bythinies), sont certainement en place. 16 LOUIS GERMAIN vallée de la Loire, et je vais résumer mes observations, com- parer ces migrations et ces acclimatements à ceux signalés dans d'autres régions et essayer d'expliquer ces phéno- mènes. On observe d'abord qu'un certain nombre à' Hélix remon- tent d'eux-mêmes le cours de la Loire, sans s'écarter sensi- blement de ses rives. Les Hélix {Eiiparypha) pisana Mûller et Hélix {Cochlicella) barbara Linné se retrouvent en amont de Nantes ; les espèces du groupe de V Hélix {Xerophila) varia- bilis Draparnaud s'avancent jusqu'à Ancenis, ou mieux entre Mauves et Ancenis, c'est-à-dire sur les confins de la Bre- tagne et de l'Anjou, dans le pays que Léon Séché a baptisé du nom de Bretagne angevine. Dans cette partie du bassin de la Loire, l'habitat de ces Mollusques étant continu, il semble logique d'admettre qu'ils se sont propagés d'eux- mêmes lentement, en suivant la vallée du fleuve, comme ils l'ont fait, à une époque antérieure, en longeant le littoral de l'océan Atlantique. En continuant à remonter le cours de la Loire, on ne trouve plus que des colonies plus ou moins espacées. L'habitat des espèces introduites devient discontinu. La première des colonies sur laquelle je donnerai quelques détails est celle de Ghamptocé. Elle couvre, sur la rive droite du fleuve, une superficie assez restreinte autour des ruines d'un vieux châ- teau moyenâgeux. Au milieu d'une végétation d'allure rudérale vivent les Hélix {Xerophila) Mendozœ Servain (et quelques formes afTmes) et Hélix (Cochlicella) barbara Linné. Ces animaux sont abondants et se reproduisent normalement chaque année; mais, si V Hélix MendozœServsim s'étend assez loin dans le voisinage, V Hélix barbara Linné est, au contraire, étroitement cantonné, puisque, jusqu'ici, il ne déborde pas des ruines. Ces Hélices ont sans doute été introduites par l'homme, d'une manière d'ailleurs involontaire, et à une époque rela- tivement ancienne, puisque P. -A. Millet les signalait déjà en 1813 (1). Elles ont pu être amenées avec les marchandises transportées par la voie du fleuve ; il est également possible (1) Millet de la Turtaudière (P. -A.), Mollusques terrestres et fluviatiles observés dans le département de Maine-et-Loire, Angers, 1813, p. 41. MIGRATIONS ET ACCLIMATEMENTS MALACOLOGIQL'ES 17 qu'elles aient été apportées, pendant les guerres de Vendée, avec les voitures à provisions ou les voitures fourragères des insurgés (1). Autour d'Angers et dans diverses localités environnantes, il existe de nombreuses colonies que j'ai pu revoir, chaque automne, depuis une douzaine d'années. Aux environs immé- diats d'Angers, où le sol est presque partout schisteux, condi- tion peu favorable à ces Mollusques (2), on les observe en plu- sieurs stations. L'une, que j'ai décrite en 1914 (3), est située près de l'école du génie militaire, dans les terrains acquis par la Compagnie d'Orléans en vue de l'extension de ses gares. On y trouve surtout les Hélix {Xerophila) xalonica Servain, Helix{Xerophila) fera Letourneux et Bourguignat (et sa variété ambielina de Charpentier). Ces Hélix vivent, bien exposés au midi et à l'abri des vents du Nord, principalement sur le Tanacetum vulgare Linné, V Artemisia campestris Linné, les Chardons et les tiges sèches d'Ombellifères (4), c'est-à-dire dans un milieu rudéral parfaitement caractérisé, et ils s'en éloignent peu. Aussi la colonie ne gagne-t-elle presque pas en épaisseur, alors qu'elle se propage en suivant les voies ferrées. L'introduction est certainement due aux transports par wagons, la station étant contiguë aux quais de décharge- ment des trains de denrées. Des travaux de terrassements considérables (1920-1921) ont détruit une partie de cette colonie, qui, en 1921, commençait à s'établir un peu plus loin, sur un terrain dépendant du chemin de fer, mais non encore utilisé. Tout près de là, dans la propriété de la Baumette et ses abords immédiats, vivent les Hélix {Euparypha) pisana (1) Voir, à ce sujet : Germain (Louis), Etude sur les Mollusques terrestres et fluviatiles vivants des environs d'Angers, 1903, p. 131 et sq. (2) Les Hélices méridionales introduites sont toutes des espèces calcicoles. (3) Germain (Louis), Une station malacologique méridionale aux environs d'Angers [Bulletin Société Sciences naturelles Ouest, Nantes, 3^ série, IV, 1914, p. 1-12, PI. I). (4) Les autres végétaux de la station sont surtout les Reseda luteola L., Malva sylvestris L., Ononis repens L., Fœniculum officinale L., Carduus tenui- florus Sm., Solanum dulcamara L., Echium vulgare L., des Vcrhascum, des Amaranthus et de nombreuses Graminées. C'est la végétation rudérale ordi- naire des environs d'Angers. ANN. DES se. NAT. ZÛOL., lO^ séiic. V, 2 18 LOUIS GERMAIN Millier, Hélix (Xerophila) xalonica Servain et Hélix {Cochli- cella) barhara Linné introduits volontairement, en juillet 1883, par A. Cheux, alors directeur de l'observatoire de La Bau- mette. Ces Hélix se sont parfaitement acclimatés, et on les retrouve depuis, chaque année, dans les jardins de la pro- priété (1) ; mais leur rayonnement est resté insignifiant (2). Dans la banlieue immédiate d'Angers, j'ai également observé, de 1919 à 1921, diverses colonies présentant quelque intérêt. L'une est située le long des chemins entre le Bourg- Lacroix et la gare de La Pyramide. Ce sont encore les mêmes, espèces du groupe variabilis : elles habitent les talus exposés au midi, dans un milieu exclusivement rudéral. Une autre, extrêmement populeuse, composée uniquement de petites espèces du groupe de Y Hélix [Xerophila) papalis Locard, prospère sur les débris d'ardoises de la carrière du Pont-Malem- bert, à Trélazé. Les Hélix se groupent sur les tiges de quelques maigres Ombellifères qui croissent dans cet endroit aride. Le milieu est encore rudéral, mais le sous-sol est entièrement schisteux. Je n'insisterai pas davantage sur les autres localités dissé- minées autour d'Angers. Mais, à environ 18 kilomètres au sud de cette ville, à Beaulieu, sur les rochers dévoniens qui dominent la vallée du Layon (3), on trouve en abondance de nombreuses Hélices, notamment les Hélix (Xerophila) çaria- bilis Draparnaud, Hélix [Xerophila) xalonica Servain, Hélix [Xerophila) palavasensis Germain, Hélix [Xerophila) melan- tozona Gafici, Hélix [Xerophila) acomptiella Locard, etc.. Hélix [Cochlicella) barbara Linné. Toutes ces espèces vivent dans une localité bien connue par sa faune entomologique et sa flore méridionales. Les Mollusques y forment des colonies très populeuses, vivant un peu partout, mais affectionnant spécialement le Fœniculum (1) Presque uniquement sur les Légumes. Les deux premières espèces sont abondantes ; VHelix [Cochlicella) barbara Linné est plus rare. (2) Les trois espèces s'étaient un peu propagées, en dehors de la propriété, sur le patis de la Baumette ; elles en ont entièrement disparu et, depuis 1903, elles restent étroitement cantonnées dans la propriété même. (3) Le Layon est un petit affluent de la Loire, se jetant dans ce fleuve à Chalonnes. MIGRATIONS ET ACCLIMATEMENTS MALACOLOGIQUES 19 officinale Linné et les Anthyllis, notamment VAnthyllis Dillenii Schulte. Ici le milieu n'a aucun caractère rudéral ; c'est le milieu ordinaire des localités calcaires chaudes des environs d'Angers (1). Les espèces du groupe de V Hélix [Xerophila) çariabilis Draparnaud se retrouvent en des points beaucoup plus éloignés de l'embouchure du fleuve. Je signalerai, très briève- ment, les locahtés les plus typiques observées ces dernières années. A Saumur, sur le coteau dominé par le château, j'ai recueilU divers Hélix [Hélix {Xerophila) xalonica Servain, Hélix (Xerophila) papalis Locard, etc.] et YHelix {Cochlicella) barbara Linné, h' Hélix {Xerophila) melantozona Cafici vit aussi près du Pont-Fouchard et sur les collines du Thouet, à Mon- treuil-Bellay. Les milieux où prospèrent ces animaux n'ont aucun caractère rudéral. A Tours, le long du quai de Saint-Symphorien (2), j'ai récolté les Hélix {Euparypha) pisana MuUer, Hélix {Xerophila) xalonica Servain et Hélix {Cochlicella) barbara Linné, h' Hélix {Xerophila) xalonica Servain parait bien acclimaté : je l'ai d'abord vu en 1906 et revu cette année même. Pour la pre- mière fois, en septembre 1921, j'ai trouvé V Hélix {Xerophila) pisana Millier, espèce sans doute récemment introduite et qui, selon toute probabilité, ne se maintiendra pas. Le milieu où vivent ces animaux est nettement rudéral. ^Infin à Orléans, également le long des quais de la Loire et en milieu rudéral, j'ai observé des Hélix du groupe de YHelix {Xerophila) papalis Locard et des Hélix {Cochlicella) barbara Linné, tous de petite taille (3). En résumé, dans la vallée de la Loire, entre l'embouchure du fleuve et Orléans, on observe deux ordres de phénomènes : (1) La localité de Beaulieu n'est d'ailleurs pas isolée. Quelques Hélix se retrouvent entre Beaulieu et Champtocé, notamment YHelix {Xerophila) niendozse Servain, que j'ai observé entre Rochei'ort-sur-Loire et Chalonnes (près de la Chapelle Las Cases). (2) Les //e/t'.c vivent sur les plantes croissant sur les perrées du ([uai. (3) Au sud du bassin de la Loire, dans la vallée de la Sèvre-Niortaise, VHclix {Xerophila) variabilis Draparnaud (et ses formes affines) et VHelir {Cochlicella) barbara Linné se sont avancés jusqu'à Niort. Ils sont, l'un et l'autre, abon- dants à Niort même, sur la place de la Brèche et dans le jardin public. 20 LOUIS GERMAIN 1° Dans la basse vallée, depuis l'embouchure jusqu'au voi- sinage d'Ingrandes, certaines des Hélices méridionales accli- matées sur le littoral de l'Océan Atlantique remontent d'elles- mêmes le long des rives du fleuve. C'est un cas très net de migration lente et continue. Elle n'est d'ailleurs pas limitée aux espèces citées précédemment. Il est à peu près certain que la même route a été suivie parles Hélix {Chilostoma) cornea Draparnaud et Hélix {Hygromia) limbata Draparnaud origi- naires de la région pyrénéenne et aujourd'hui répandus — bien que toujours rares — dans une grande partie de la vallée de la Loire et de l'Ouest de la France, où ils ont pénétré le long des affluents du grand fleuve. Le Testacella Maiigei de Férussac et le Testacella bisiilcata Risso, autres Mollusques méridionaux, ont également suivi une route analogue. 2^ Dans la partie de la vallée comprise entre Ingrandes et Orléans, il n'y a plus migrations naturelles, mais introduc- tions du fait involontaire de l'Homme. Ces introductions, dues à des causes diverses, mais surtout aux transports des mar- chandises, ont été suivies d'acclimatements. Les localités où ces acclimatements ont été définitifs se répartissent en deux séries : dans les unes (environs d'Angers à La Bau- mette, Trélazé, etc.. Tours, Orléans), le milieu où vivent les Mollusques est nettement et uniquement rudéral; dans les autres (Beaulieu, au sud d'Angers, Saumur), le milieu n'offre rien de particulier et n'est nullement rudéral. Cette distinc- tion est, comme je le montrerai plus loin, fort importante. D'autres introductions sont dues aux apports du fleuve lui-même qui, au moment de ses crues, transporte des plantes et des animaux, venus souvent de très loin, et dont certains peuvent se fixer dans leur nouvel habitat. C'est ainsi que se sont acclimatés le long de la Loire, entre Saumur et Nantes, des plantes nombreuses, des Mollusques [Hélix {Helicodonta) obvoluta Mûller, Hélix {Arianta) arhiistoriim Linné, Hélix {Fruticicola) cœlata Studer] et beaucoup d'Insectes, surtout des Cérambycides et des Chrysomélides. La vaflée de la Loire, entre Tours et Nantes, mais surtout de Saumur à Angers et d'Angers à Ancenis, présente ainsi, grâce à ces migrations diverses, à ces introductions et à ces MIGRATIONS ET ACCLIMATEMENTS MALACOLOGIQUES 21 acclimatements, une faune nettement spécialisée, différente de celle du reste du pays. C'est cette faunule, sur la composition de laquelle je reviendrai dans un travail ultérieur, que j'ai autrefois distinguée sous le nom de jaiiniila ligerica (1). IV Tels sont les faits que j'ai pu observer, dans le bassin de la Loire, entre Saint-Nazaire et Orléans. Il n'est pas sans intérêt, avant d'en tenter une explication, de les rapprocher des acclimatements observés en d'autres points de la France, notamment aux environs de Lyon et de Paris. A Lyon, il existe actuellement des colonies fort prospères d'Hélices méridionales (2). Leur introduction première re- monte assez loin, à l'époque où Sionnest et Terver (1840) étudiaient la malacologie lyonnaise. La seule Hélice alors signalée, VHelix {Xerophila) variabilis Draparnaud (3), était rare, et elle disparut si complètement que A. Locard put écrire que cette espèce, se trouvant « autrefois dans Lyon, aux Étroits et dans la presqu'île de Perrache », était perdue (4). Elle reparut en 1880 ou 1881, avec d'autres du même groupe, et les colonies de ces Mollusques (5) se développèrent rapide- ment (6). Depuis, ces animaux ont considérablement multi- plié, et si quelques-unes des stations citées par A. Locard ont disparu pour des causes variées (7), d'autres se sont (1) Germain (Louis), Zoc. supra cit., 1903, p. 45, et Ccnsidérations générales faune malacolog. départ. Maine-et-Loire [Associât, -franc, avanc. sciences, Congrès d'Angers, 1903, II, p. 769) (tirés à part, Angers, 1903, p. 6-7, et, carte, p. 7). (2) Elles appartiennent au groupe de VHelix {Xerophila) neglecta Drapar- naud et, surtout, au groupe de VHelix [Xerophila] variabiUs Draparnaud. (3) Ou, plus exactement, la forme nommée, par Blanc, Hélix salentina. (4) Locard (A.), Note sur les migrations malacologiques aux environs de Lyon [Annales Société Agriculture, H ist. nat. Arts utiles, Lyon, 1878, p. 58) ^tirés à part, p. 26). (5) Ces colonies étaient situées en divers points do la ville : cours Lafayette fort de Villeurbanne, talus de chemin de fer au sud de Lyon, octroi de La Mouche, etc. (6) Locard (A.), Contributions à la faune malacologique française, IV : Sur la présence d'un certain nombre d'espèces méridionales dans la faune malaco- logique des environs de Lyon [Annales Société linnéenne, Lyon, XXIX, 1882). (7) Notammentdes remblaiements et des travaux de voirie. 22 LOUIS GERMAIN agrandies et quelques colonies nouvelles se sont formées. Dans un intéressant mémoire, publié en 1918, le D^ Ph. RiEL (1) a repris la question et étudié en détail les colonies lyonnaises de Variabiliana. Je reviendrai plus loin sur les conclusions du D^ Pu, Riel ; je noterai seulement que le mode d'acclimatement est, à Lyon, identique à celui que j'ai plu- sieurs fois signalé autour de Paris et d'Angers et que le milieu où vivent ces Mollusques est uniquement rudéral. A. LocARD et L. Germain (2) ont consacré, en 1903, un travail à l'introduction d'espèces méridionales autour de Paris. L'enquête très approfondie à laquelle je me suis livré a prouvé que la cause de cette introduction est l'expédition des denrées alimentaires, notamment des légumes en provenance du Midi et de l'Ouest de la France. Les détritus des halles, répandus à profusion, comme engrais, dans toute la banlieue parisienne, accroissent de plus en plus l'aire de dispersion des espèces introduites, dont l'acclimatement définitif est facilité par l'afflux continu de débris de toutes sortes contenant de jeunes Mollusques (3). Les espèces acclimatées autour de Paris sont celles signalées à Lyon et dont j'ai aussi constaté la présence dans la vallée de la Loire. Le milieu où elles vivent est parfois identique ; mais, le plus souvent, il n'est plus seulement rudéral. On ne constate plus, comme à Lyon, l'existence de colonies isolées ; l'aire occupée par les Hélices embrasse aujourd'hui presque toute la banlieue parisienne. Nous assistons à un acclimatement définitif, non encore réalisé à Lyon, où les Hélix vivent exclu- sivement, comme l'a montré le D^" Ph. Riel, dans un miheu rudéral pur (4). Il n'a été constaté, jusqu'ici, autour de Paris, qu'un phéno- mène d'acclimatement (5) ; mais il existe, autour de Lyon, des (1) Riel (Dr Ph.) La colonie lyonnaise de Variabiliana et l'acclimatation des Hélix maritimes en milieu rudéral [Annales Société linnéenne, Lyon, LXV^ 1918, p. 31-51). (2) LocARD (A.) et Germain (L.), Sur l'introduction d'espèces méridionales dans la faune malacologique des environs de Paris [Mémoires Académie Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lrjon, 3^ série, VIII, 1903, p. 57-126). (3) Loc. supra cit., 1903, p. 54 et sq. des tirés à part. (4) Riel (Dr Ph.), loc supra cit., 1918, p. 36-39 et p. 50. (5) Je laisse de côté certaines espèces [Hélix [Euparypha) pisana Millier^ MIGRATIONS ET ACCLIMATEMENTS MALACOLOGIQUES 23 Mollusques dont la jDrésence est due à une migration natu- relle. Ainsi A. Locard y a signalé (1) les Hélix {Xerophila) cespitiim Draparnaud, Hélix {Trochula) crenulata Millier, Hélix {Theba) rubella Risso, Hélix {Theba) cemenelea Risso et Piipa megacheilos Grist. et Jan, toutes espèces franchement méridionales et même, — sauf pour les Hélix cespitiim Drapar- naud et Hélix cemenelea Risso, — exclusivement provençales. Ces animaux vivaient, sur les bords du Rhône (2), aussi bien au nord qu'au sud de l'agglomération urbaine ; divers exem- plaires en ont été trouvés aussi dans les alluvions même du fleuve; mais, étant donnée la direction du courant, on ne peut songeràles considérer comme apportés par les crues du Rhône. Il est évident que plusieurs de ces Mollusques ont été intro- duits par les marchandises transportées par chemin de fer ou par bateaux ; mais il en est d'autres, comme les Hélix cespitum Draparnaud et Hélix cemenelea Risso, qui ont pu remonter lentement la vallée du Rhône comme nous avons vu plusieurs espèces le faire le long de la Loire. Le fait parait certain pour le Pupa similis Bruguière [ = Pupa qiiinquedentata Born], autre espèce méridionale qui s'est peu à peu propagée le long des vallées du Rhône (3) et de la Saône, d'où elle a gagné les départements du Bas-Rhin et de la Meurthe. V Les espèces méridionales introduites dans le bassin de la Loire présentent quelques caractères particuliers. D'une manière générale, les coquilles restent de taille un peu plus faible que dans leur habitat normal, et cette tendance aux formes minor est d'autant plus accentuée que l'on remonte plus haut le cours du fleuve. Déjà sensible aux environs de Hélix [Cochlicella) barbara Linné] introduiles à plusieurs reprises autour de Paris. Les colonies de ces Mollusques ont pu se reproduire, survivre deux ou trois années, mais elles ont fini par disparaître sans laisser de traces. (1) LocAUD (A), loc supra cit., 1878, p. 8 et sq. ; et loc supra cit., 1882, p. 9, 18 et sq. (2) Parfois au milieu de plantes méridionales également introduites. (3) Ce Pupa, originaire de la Provence, est aujourd'hui connu, entre le littoral méditerranéen et Lyon, dans les départements suivants : Gard, Vaucluse, Ardèche, Drôme, Isère. 24 LOUIS GERMAIN Tours, elle est très nette à Orléans. La coquille peut aussi diminuer d'épaisseur, et son ornementation picturale est ordinairement moins brillante et moins vive. Ces deux der- nières modifications ne sont d'ailleurs que peu constantes : sou- vent bien indiquées dans les colonies d'introduction récente, elles s'atténuent et peuvent même disparaître lorsque les Mollusques sont définitivement acclimatés. Nous avons vu que les Hélices méridionales acclimatées appartiennent seulement à quelques groupes vivant dans des régions toujours peu éloignées du bord de la mer. L'influence maritime a donc une grande importance et explique la propa- gation de ces animaux le long des côtes françaises. Comment ont-ils pu pénétrer plus ou moins loin dans l'intérieur du pays? Je rappelle qu'il convient d'établir une distinction essen- tielle entre les migrations naturelles et les introductions suivies d'acclimatements. Les migrations naturelles se sont effectuées d'elles-mêmes, les Hélices gagnant de proche en proche, tant que l'influence maritime s'est fait sentir, c'est-à-dire le long de la large trouée de la Loire, jusqu'aux environs d'Oudon. Les Mol- lusques ont pu remonter plus loin, jusque vers Ancenis, parce que les bords de la Loire présentent, avec les rivages de la mer, certaines analogies : c'est ainsi que les larges plages de sable des bords du fleuve sont couvertes, comme celles du littoral, d'une végétation xérophile. Les introductions sont dues partout à l'intervention involontaire de l'Homme, et je crois inutile de revenir sur cette question, que j'ai traitée à plusieurs reprises. Je rappellerai seulement que l'extension des transports par voie ferrée y joue un rôle essentiel. Mais l'acclimatement n'a lieu que si certaines conditions primordiales sont remplies. L'étude d'un grand nombre de stations où les Hélices méridionales pros- pèrent aujourd'hui permet de définir ces conditions. Dans la vallée de la Loire, aussi bien qu'à Lyon et aux environs de Paris, on constate deux influences principales : a. La température. — Les Hélices vivent toujours dans des localités exposées au midi et jouissant d'un climat relati- MIGRATIONS ET ACCLIMATEMENTS MALACOLOGIQUES 25 vement chaud, privilégié par rapport au milieu environnant. Un des meilleurs exemples est celui de Beaulieu, au Sud d'Angers, où les Hélix prospèrent dans une station remar- quable par son allure méridionale : on y a, depuis fort long- temps, signalé toute une série d'Insectes et de Végétaux du Midi (1). b. Le milieu rudéral. — Le milieu maritime n'ayant plus d'influence est remplacé parle milieu rudéral. Le fait est très net à Lyon, dans une partie de la banlieue de Paris et dans diverses localités de la vallée de la Loire, comme aux environs immédiats d'Angers, de Tours et d'Orléans. Or, on sait qu'il existe d'étroits rapports entre les plantes maritimes et les plantes rudérales (2), les secondes étant manifestement analogues aux premières, appartenant aux mêmes genres, souvent aux mêmes espèces. L'importance du milieu rudéral dans l'acclimatement a été mise en évidence par le D^" Ph. Riel, dans le cas des Hélix de Lyon (3). Les observations de ce savant concordent avec les miennes, et l'on peut dire que les Hélices méridionales, mari- times dans leur pays d'origine, prospèrent admirablement dans un milieu rudéral lorsqu'elles y sont brusquement transpor- tées. En un mot, le milieu rudéral se substitue au milieu maritime et le remplace. (1) Cf., surtout, parmi de nombreux mémoires : Millet (P. -A.), Faune des Invertébrés de Maine-et-Loire, 2 vol., Angers, 1870-1872 ; Géographie entomo- logique [Mémoires Soc Agricult., Angers, VI, 1848). — Gallois (J.), Catalogue Coléoptères Maine-et-Loire, 5 part., in-8o, Angers, 1888-1893. — Joannis (de), JVotes sur les Coléoptères de VAnjou, Le Mans, 1911, in-8o, xi + 264 p. — Delahaye (F.), Catalogue descript. Lépidoptères Anjou [Mémoires Société nat. Agricult. sciences et Arts Angers, Angers, 1899, in-8o, iv + 111 p., et Supplé- ment, etc., Angers, janvier 1909, in-8o, iv + 30 p). — Boreau (A.), Catalogue Phanérogames Maine-et-Loire [Mémoires Société académique Maine-et-Loire , VI, Angers, 1859, p. 1-216). — Bouvet (G.), Muscinées du département du Maine- «t- Loire [Bulletin Soc. et. scientif. Angers, XXV, 1895, p. 343-486). (2) GoLA (Dr G.), Studi di rapporti tra la distribuzione délie plante e la costi- luzione fisico-chimica delsuolo [Annali di Boianica, lll, l'as(>. Ill, Rome, 1905) ; •et: Saggio di una teorica osmotica dell'edafismo [Annali di liotanica, VIII, fasc III, Rome, 1910). Deux excellents résumés des travaux du I^"" G. Gola ont été publiés par Cl. Roux, Le problème de l'Édaphisme d'après le D"" Gola {Annales Soc linnéenne, Lyon, 2^ série, LVIII, 1911, p. 65-146); et :Sur le nouvelles contributions du D'' Gola au problème de l'Édaphisme [Soc bota- nique Lyon, XXXVII, 1912, p. 179-197). (3) Riel (D-- Ph.), loc supra cit., 1918, p. 36 et sq. 26 LOUIS GERMAIN Ces deux facteurs principaux n'ont pas la même valeur rela- tive. Tantôt le facteur température a une influence domi- nante : c'est le cas pour les //e/i'a; du groupe de V Hélix {Xero- phila) cespitum Draparnaud (1) ; tantôt, au contraire, le milieu rudéral joue le rôle le plus considérable : c'est ce qu'on observe pour les Hélix du groupe de V Hélix {Xerophila) çariabilisDr8i' parnaud. Un troisième facteur me semble également favoriser l'acclimatement : la complication et la perfection de l'appa- reil génital des Hélices introduites leur permettant de se reproduire avec une grande facilité. Cette observation a une portée plus générale. Elle permet, peut-être, d'expliquer pourquoi les Mollusques paléarctiques s'acclimatent si rapi- dement dans l'hémisphère sud, alors que l'acclimatement des espèces de l'hémisphère sud (2) en Europe est presque impossible. C'est que les Gastéropodes terrestres paléarc- tiques ont un appareil génital beaucoup plus perfectionné qui facilite leur reproduction et leur dissémination. Deux facteurs principaux concourent donc à l'acclimate- ment des Hélices méridionales transportées hors de leur pays d'origine : le facteur température et le facteur maritime, ce dernier, le plus important (3), pouvant être remplacé par le milieu rudéral. Mais les choses peuvent être plus compliquées encore. Nous avons vu qu'en certaines localités les Hélices introduites vivaient dans des milieux ne présentant aucunement le carac- tère rudéral. C'est que de nombreuses observations m'ont montré que l'acclimatement se fait ordinairement en deux temps. Pendant une première période, les Hélix habitent un (1) C'est pourquoi ces espèces ne se retrouvent plus au nord de la Loire. (2) On sait avec quelle facilité certains Mollusques européens se sont accli- matés : VHelix (Cnjptomphalus) aspersa Miiller, par exemple, est aujourd'hui très commun dans de nombreuses localités de l'Amérique du Sud, de l'Afrique australe, de l'Océanie. Ce cas est celui de beaucoup d'autres Hélix et d'assez nombreux Limaciens. (3) A Dieppe, les Hélix du groupe de VHelix variahilis Draparnaud sont plus typiques qu'à Paris, bien que le climat y soit plus froid, parce que ces animaux y sont directement soumis à l'influence maritime [Cf. Germain (Louis), Feuille Jeunes Naturalistes, n" 401, 1904, p. 102-103]. MIGRATIONS ET ACCLIMATEMENTS MALACOLO(;iQUES 27 milieu rudéral pur. Tel est le cas des colonies de Lyon, de la banlieue d'Angers, de Tours, d'Orléans. Ici le rayonnement des espèces est extrêmement lent et limité, et l'acclimatement n'est nullement définitif. Si les causes qui ont présidé à l'intro- duction des espèces viennent à disparaître, les colonies A' Hélix peuvent s'éteindre à leur tour (1). Mais, par suite de circonstances plus favorables (2), l'aire de dispersion des Mollusques peut s'étendre. Les animaux in- troduits, tout en préférant encore le milieu rudéral, s'en éloignent volontiers, se propagent et rayonnent largement, d'abord lentement, puis assez vite. Les Hélix ont alors une dispersion rappelant celle de leur pays d'origine. Ce processus est en voie rapide de réalisation aux environs de Paris ; il est un fait accompli à Beaulieu, au sud d'Angers. L'acclima- tement est désormais définitif, et les espèces introduites font partie intégrante de la faune du pays. * * Ainsi, dans la vallée de la Loire, il existe des migrations et des introductions de Mollusques ayant fourni et fournis- sant encore de nouveaux éléments se superposant à la faune autochtone. Quelques-unes de ces migrations sont dirigées de l'est à l'ouest ; mais les plus importantes suivent la vallée de l'ouest à l'est et sont des apports d'espèces méridionales et maritimes déjà acclimatées, depuis fort longtemps, le long des côtes françaises de l'océan Atlantique et de la Manche. Ces espèces ont émigré d'elles-mêmes le long de la vallée de la Loire, remontant le cours du fleuve un peu au-dessus du point où l'influence maritime cesse de se faire sentir. Au delà, par suite de l'intervention involontaire de l'homme, elles ont été introduites et, en beaucoup de localités, se sont accli- matées définitivement. L'introduction est due, presque (1) Ainsi s'explique la (iisi)arition des premières Hélices méridionales intro- duites à Lyon [Cf. : Locard (A.), loc supra cit., 1878, p. 58]. (2) Par exemple : l'apport continuel, comme aux environs de Paris, de nou- veaux Mollusques ; l'introduction des Ilelix dans des localités lavorisées par leur exposition, leur température élevée, leur végétation méridionale, etc.. 28 LOUIS GERMAIN uniquement, aux transports par voie ferrée. Les principaux facteurs qui favorisent l'acclimatement sont l'exposition et la température (facteur méridional), — et le milieu rudéral se substituant au milieu maritime. Le mécanisme de l'acclima- tement est assez complexe. Les espèces méridionales vivent d'abord exclusivement en milieu rudéral ; puis, quand les circonstances le permettent, elles rayonnent autour de ce milieu et se répandent à la manière des espèces autochtones. Alors, mais alors seulement, l'acclimatement des espèces intro- duites peut être considéré comme définitif. LA LARVE DE LA LUCIOLE (LUCIOLA LUSITANICA GHARPJ Par E. BUGNION SOMMAIRE Introduction relative aux mœurs et à la capture de cette larve. Description. — Structure du corps et des membres. Pièces buccales ; mécanisme de l'appareil maxillo-labial. Papilles anales. Étude des viscères. — Tissu adipeux, tube digestif, anses malpi- ghiennes, ébauches testiculaires, système nerveux. La larve de la Luciole niçoise a été décrite d'une façon som- maire par J. Bourgeois {Faune gallo-rhénane^ IV, p. 87, 1884). Notre regretté collègue ne paraît pas toutefois avoir eu entre les mains un exemplaire vivant de cette larve. Il ne dit rien de la luminosité (d'ailleurs très faible) de cet Insecte ; il ne dit rien non plus des pièces buccales (1). C'est vraisemblablement à cause de leurs habitudes plus ou moins souterraines que les larves des Lucioles sont actuelle- ment encore si peu connues. L'oviscapte de la femelle étant relativement très long, on est en droit d'admettre que les œufs sont enfouis dans la terre à une certaine profondeur et non pas, comme ceux des Lampyres, simplement déposés à la surface. La larve qui se nourrit de petits Escargots, comme celles des Lampyrides en général, ne sortirait de sa cachette que pour se mettre en chasse (de préférence à l'heure du soir). Il est d'ailleurs probable qu'après s'être installée dans la coquille d'un Escargot elle y reste immobile, jusqu'à ce que son « bouillon nutritif » soit consommé. (1) La larve d'une Luciole américaine [Photuris congrua Chev.) avait précé- demment déjà été décrite par Candkze [Métamorphoses de quelques Coléoptères exotiques, Liège, 1861). 30 E. BUGNION La larve (sujet unique) dont j'ai entrepris tout d'abord de faire l'étude a été trouvée à Grasse le 16 avril 1917. par M^^ Bugnion Lagouarde, dans un jardin planté d'Oliviers et d'Orangers. Cachée dans la terre à 15 centimètres environ de profondeur, elle aurait peut-être passé inaperçue, n'était la couleur testacée des deux derniers anneaux du corps, cou- leur qui suffit pour attirer l'attention. Cette larve ayant été placée dans un tube en compagnie d'un petit Helix^ je trouvai deux jours après la coquille à moitié vide et l'Insecte retiré à l'intérieur. Le 26 avril, mon sujet étant sorti de sa cachette, j'essayai de vérifier si la larve de la Luciole est lumineuse. La luminosité me parut au premier moment à peu près nulle. L'Insecte, observé dans l'obscurité, était, à vrai dire, presque invisible. Quelques instants plus tard, la larve ayant été posée sur la main et réchauffée au souffle de la bouche, je vis le bout du corps s'éclairer faiblement. C'est notamment sur l'avant-dernier segment de l'abdomen que les organes phosphorescents sont situés. Plus faible que celle de la larve du Lampyre noctiluque, la lumière émise par mon sujet était juste assez visible pour permettre de distinguer deux points verdâtres, l'un à droite et l'autre à gauche, ressortant sur un fond noir. Une ablution d'eau froide eut pour effet d'éteindre les deux lumignons (contrairement à ce qu'on observe chez la larve du Phausis Delaroiizeei^ espèce assez abondante à Aix). C'est seulement après avoir été séchée sur du papier buvard, et de nouveau réchauffée, que la larve observée se remit à briller très faiblement. Commencée en 1917, l'étude qui fait l'objet de cet article a été reprise en avril 1921, grâce à la collaboration de M. Pou- tiers, directeur de l'insectarium de Menton. S'étant, en réponse à ma demande, mis à rechercher des larves de Lucioles, M.Poutiers fut assez habile pour en trouver une vingtaine sur les terrains de l'Institut agricole. Le procédé qui lui a le mieux réussi consiste à chasser dans la soirée et, en se penchant vers le sol, à chercher à découvrir les deux points lumineux qui trahissent la présence du- dit Insecte. Quoique faiblement éclairants, ces lumignons LA LARVE DE LA LUCIOLE 31 suffisent pour guider le chasseur dans sa recherche. Une lampe électrique de poche, allumée au bon moment, peut rendre également de bons services. Un fait qu'il importe de relever est que plusieurs des larves capturées à cette époque (reçues à Aix le 3 mai) étaient encore très petites. La longueur du corps était de 10 à 12 millimètres pour la plupart. Quelques-unes en mesuraient de 15 à 16. Une seule (conservée dans l'alcool) avait atteint la taille très exceptionnelle de 20 millimètres de lon- gueur sur 4 de largeur. La conclusion à tirer de ces remarques est que le développement de la Luciole ne s'efîectue pas tou- jours en une année. C'est en effet aux premiers jours de mai (parfois dès le 20 avril) que, sur le littoral, les Lucioles adultes commencent à se montrer. La durée de la phase nymphale pouvant, pour les Lampyrides en général, être évaluée à dix-huit ou vingt jours, il n'est guère admis- sible que des larves de 10 à 12 millimètres observées le 3 mai puissent grandir assez vite pour se transformer le même mois. Du moment que le développement du Lampyris noctiluca et du Pelania maiiritanica se prolonge, dans cer- taines circonstances, pendant deux ans (1), il est très probable que la Luciole peut faire de même. Ce serait le cas notam- ment lorsque, chichement nourrie durant l'automne, la larve n'a, au printemps suivant, pas encore acquis sa grosseur habituelle. D'autres observations se rapportent au comportement des larves plongées dans l'eau. Immergée dans une cuvette à 2 ou 3 centimètres de pro- fondeur, la larve de la Luciole ne cherche pas à remonter à la surface, mais se borne à ramper sur le fond du récipient. On voit, à chaque pas, le bout de l'abdomen se replier en dessous du corps, puis s'étendre de nouveau dans un mouvement al- ternatif. Les papilles anales s'évaginant d'elles-mêmes au moment de l'extension (la larve prend appui sur elles), on peut les observer entièrement étalées, sans qu'il soit néces- saire de disséquer. La larve de la Luciole oppose à l'asphyxie une résistance (1) Voir BuGNioN, 1921, b. 32 E. BUGNION extraordinaire. Ce n'est pas seulement vingt-quatre heures, mais deux ou trois fois vingt-quatre heures qu'il faut par- fois attendre, pour que la larve immergée soit vraiment morte. Tout prouve cependant que sa provision d'air est très minime. L'insecte adulte (capable de voler) se comporte d'une façon tout autre ; au heu de se laisser couler, il flotte de lui-même à la surface. Observées sous l'eau, les larves à demi asphyxiées prennent un aspect particulier, qui mérite de nous arrêter quelques instants. Les tergites s'étant (à cause du relâchement des muscles) écartés les uns des autres, les parties membra- neuses ressortent comme de jolies bandes d'un blanc nacré sur un fond noir. Les couleurs des téguments et les divers détails de la surface se montrent, grâce à cet artifice, avec une netteté réellement admirable. Description (fig. 1 et 2). — Longueur 14 à 16 millimètres sur 2"^"\5 à 3. Exceptionnellement (sexe femelle?) 20 milli- mètres sur 4. Forme générale des larves de Lampyris et Phosphœniis (1), et non pas des larves de Phaiisis, qui sont plus aplaties et bien plus larges. Corps formé de douze segments (sans compter la tête, non plus qu'un segment anal rudimentaire) d'un beau noir luisant en dessus, avec les deux derniers tergites d'un rouge testacé. Tête relativement petite, de couleur foncée, plus longue que large, portée par un col musculo-membraneux blanchâtre, entièrement rétractile à l'intérieur du prothorax. Antennes formées de deux articles de couleur foncée, insé- rées sur un socle membraneux, pouvant se retirer à l'intérieur de ce dernier (2). Premier article, membraneux à la base, chitineux au bout externe. Deuxième article chitineux, de forme oblongue, surmonté d'un prolongement bacilhforme et d'une vésicule probablement olfactive. Un ocelle assez grand placé de (1) La ressemblance de la larve de L. lusitanica avec celle du Phosphsenus hemipterus m'a été signalée par L. Planet, auteur d'une étude relative à cet Insecte (Voir le Naturaliste, Paris, 1909). (2) C'est sans doute au moment où la tête s'enfonce dans la chair de l'Escar- got que se produit la rétraction des antennes. LA LARVE DE LA LUCIOLE 33 //i part et d'autre près du bord latéral, un peu en arrière- de l'antenne, au côté dorsal. En arrière de l'ocelle, deux pores surmontés d'un poil tactile, placés près du bord. Tergites un à huit coupés sur la ligne mé- diane par une suture blanchâtre, le douzième avec une ligne médiane noire ressortant nette- ment sur le fond tes- tacé de cet article, Pronotum élargi d'a- vant en arrière, à peu près aussi long qu'il est large à sa base ; son bord antérieur légère- ment arrondi ; son bord postérieur à peu près droit. La partie anté- rieure du prothorax, prolongée en cône tron- qué, forme un col an- nulaire par lequel la tête peut rentrer à l'in- térieur. Méso et métathorax courts, deux fois plus larges que longs, arron- dis sur les côtés. Les segments abdominaux de même largeur, mais plus courts et plus transverses, subégaux jusqu'au neuvième inclusivement, puis diminuant jusqu'au bout du corps. Les neuvième, dixième et onzième avec leur bord postérieur échancré en (1) Les figures signées (P.) ont été copiées à l'encre de Chine, d'après les originaux de l'auteur, par L. Planet, dessinateur à Saint-Cloud. Les figures signées (Planel) ont été exécutées d'après nature par cet artiste. Les figures signées (Bugnion) sont entière- ment de la main de l'auteur. AN\. DRS se. NAT. ZOOL., 10" série. ' V, 3 Fig. L — Luciola lusitanica. Larve asphyxiée dansl'eau. Vue dorsale. x8. (Planet.) Fig. 2. — Luciola lusitanica. Larve. Vue ventrale. X 8. (Planet) (1). 34 E. BUGNION demi-cercle - le douzième de forme oblongue avec le bord postérieur arrondi. Un treizième, segment rudimentaire formant un anneau très court. Bien que les tergites dépassent un peu les sternites, ils ne forment pas sur les côtés des expansions comparables à celles qui caractérisent les larves du genre Phaiisis. La face ventrale (fîg. 2) montre des plaques foncées d'un brun noirâtre et des parties membraneuses d'un blanc jaunâtre (1). Les segments thoraciques, faible- ment chitinisés dans notre espèce, ont leur bord postérieur distinctement échancré. Les hanches, de couleur brune, sont, les postérieures surtout, écartées les unes des autres. Chacune d'elles s'ar- ticule sur le segment correspondant au moyen d'un arc chitineux. Les pattes (fig. 3) de couleur jau- nâtre, relativement faibles, sont compo- sées de trois articles, le fémur, le tibia et l'article unguéal, ce dernier terminé par un ongle simple. Les segments abdominaux ont, sur la face ventrale, un aspect qui diffère quelque peu de celui qu'on observe chez Lampyris et chez Phausis. Tandis que les sternites sont simples dans ces deux genres, il y a chez la larve de la Luciole une série de plaques sternales doubles, séparées l'une de l'autre par une partie membraneuse. Bien marquées sur les segments un à six de l'abdomen, ces plaques s'effacent plus ou moins sur les trois derniers arceaux. Les épisternites, représentés chez Lampyris et Phausis par une série de pièces étroites comparables à des virgules, sont peu apparents chez Liiciola. Fig. 3. — Luciola lusitanica. Patte postérieure droite de la larve. X 30. (P.) (1) Les parties membraneuses de l'abdomen sont assez minces pour que, lorsqu'on dissèque sous l'eau salée, on puisse distinguer par transparence les boules graisseuses qui flottent librement à l'intérieur. LA LARVE DE LA LUCIOLE 35 Les épimères, au nombre de huit, placés sur les bords des segments un à huit de l'abdomen, portent chacun un tubercule stigmatifère externe et, en arrière de celui-ci, un mamelon surmonté d'un poil. Il y a, en sus des huit stigmates abdominaux, une paire de stigmates thora- ciques placés sur le bord antérieur du mésothorax, au ni- veau d'une petite pièce triangulaire en- castrée dans ce bord. La figure 4, dessi- née à un grossisse- ment de 30, fait voir les deux dernières paires de stigmates avec les trachées ini- tiales correspondan- tes et les principaux rameaux qui s'en détachent (1). Structure de la tête (fig. 5, 6, 7). - La capsule crânienne comprend une pla- que sus-céphalique (Candèze), en forme de triangle arrondi, et deux lames laté- rales symétriques (une droite et. une gauche) repliées en (1) Chez la larve dePhoturis congrua, les stigmates sont, d'après Candèze, dis- posés de la façon suivante : deux petits sur les tubercules de la face inférieure (lu mésothorax, deux plus petits encore sur les parties correspondantes du métathorax, sept grands sur les sept premiers segments de l'abdomen, placés entre les doux tubercules extermes de la face inférieure. Le huitième segment en est (conlrairemen t à la règle habituelle) complètement dépourvu. Tous ces stigmates sont largement aréoles de noir sur un fond jaune, ce qui les rend très distincts à l'œil nu. La belle taille (30 millimètres sur 6) qu'atteint la larve de P. congrua rend, d'autre part, l'examen des stigmates bien plus facile. Fig. 4.— Luciula lusUanica. Larve de 15 millimètres as- phyxiée dans l'eau, montée dans la glycérine gélatinée ptiénolée. Vue ventrale du bout du corps. X 30. (P.) 36 E. BUGNION dessous. Des angles antérieurs se détachent les socles anten- naires déjà décrits. La plaque sus-céphalique est séparée des lames latérales par une suture membraneuse bien apparente. Limitée en avant par un bord à peu près droit (débordée quelque peu par le bord anté- rieur du labre), elle porte de part et d'autre une apophyse saillante re- courbée en de- dans, recou- vrant quelque peu la mandi- bule. Les lames la- térales, élargies d'avant en ar- rière au côté dorsal, se rap- prochent l'une de l'autre en ar- rière de la pla- que sus-cépha- lique d e ma- nière à entrer Pig. 5. — Luciola lusitanica. Tête de la larve. Vue dorsale. X 45. L'appareil maxillo-labial a été enlevé. (P.) prCSqUC CU COU- tact. Leurs bords postérieurs forment, en convergeant l'un vers l'autre, un angle largement ouvert. C'est près de leurs bords latéraux, sur la face dorsale, que les ocelles et les pores pilifères sont situés. Au côté ventral, les lames latérales [continuées en avant par les apophyses mandibulaires (fig. 7)] sont séparées l'une LA LARVE DE LA LUCIOLE :n de l'autre par une vaste ouverture de forme oblongue. Cette ouverture, qui représente Yéchancrure gnathale des Insectes masticateurs (1), se prolonge en arrière jusqu'au trou occipital. C'est, comme nous le verrons tout à l'heure, sur cette « ouverture gnathale » que l'appareil maxillo-labial vient s'appliquer. Pièces buccales. — Vivant aux dépens de petits Escargots du genre Hélix, la larve de la Luciole a des mandibules ca- naliculées au moyen desquelles elle ins- tille dans la chair de sa victime un liquide brun à la fois toxi- que, stupéfiant et digestif, sécrété par l'estomac. Un gésier musculeux situé en- tre l'œsophage et l'estomac sert au re- foulement de ce li- quide dans la cavité buccale et, de cette cavité, jusqu'aux ca- naux des mandibu- les. Le bouillon nu- tritif produit par l'action de ce virus est absorbé par la larve au moyen d'une bouche garnie de poils (s'imbibant par ca- pillarité) et d'un pharynx bivalve qui remplit la fonction d'un organe aspirateur. L'appareil bucco-pharyngien, si intéressant et si com- plexe, qui est propre aux larves des Lampyrides, a été décou- vert par Meinert en 1886 sur le Lampyre noctiluque. Entrevu Fig. 6. Luciola lusiianica. Tête de la larve Vue ventrale, x 45. (P.) (1) Voir BuGNiON, 1920, a. 38 E. BUGNION par Fabre (1909) chez le même Insecte, décrit très exactement parR. Vogel et K. Haddon (1915), il se retrouve presque iden- tique chez la larve du Ver luisant provençal {Phausis Dela- rouzeei Duval), chez celle du grand Lampyre de Geylan Fig. 7. — Luciola lusitanica. Tête de la larve. Vue ventrale. Figure destinée à montrer l'ouverture gnathale. L'appareil maxillo-labial a été enlevé, x 45. (Bugnion). {Lamprophoriis lenebrosus Walker) et chez celle de la Luciole (L. lusitanica). Le labre (fig. 8) est une lame mince, de couleur jaunâtre, dont le bord antérieur, profondément échancré, garni de poils fins, est seul visible sur une tête non préparée. Appliqué à la face profonde de la plaque sus-céphalique. il est, à l'exception du bord antérieur, entièrement caché sous cette plaque. Observée par sa face ventrale sur une pièce éclaircie dans la potasse, il oïïre deux lobes symétriques séparés par une tige chitineuse Largement bifurquée dans sa partie LA LARVE DE LA LUCIOLE 39 postérieure, cette tige forme (comme chez les larves de Lampyris et de Phausis) une fourchette de couleur brune dont les extrémités se prolongent jusqu'au pharynx. On distingue encore (fig. 7 et 8) une pièce transverse courbée en forme d'arc qui, prenant appui sur les apophyses mandibulaires, constitue un support mobile pour le labre et le pharynx. .■^f.r-f Fig. 8. — Luciola iisitanica, larve. Portion de la tète traitée par la potasse caustique. Préparation au baume. Le labre vu par-dessous avec le support du pharynx, x 60. (P.). C'est à cet arc mobile qu'est attachée la langue chez les larves des Lampyris et des Phausis (1). A l'opposé de celui desdites larves, dont la face profonde montre des sillons transverses limités par des lames ciliées, aboutissant aux recessus latéraux de la cavité buccale et aux canaux des mandibules (2), le labre de la larve de Luciola a, (1) La langue, simple chez Lampyris noctiluca, bifide chez Phausis Dela- rouzeei, bien développée dans ces deux genres, m'a paru atrophiée chez la larve de Luciola. (2) La disposition reniaïquable des sillons qui se trouvent à la face profonde du labre chez la larve de Lampyris noctiluca a été exactement décrite par R. Vogel (1915, p. 360). 40 E. BUGNION paraît-il, une structure beaucoup plus simple. Observé à un fort grossissement, le labre de mon sujet m'a montré seu- lement de petits poils sériés disposés dans le sens de la longueur, donnant l'apparence de sillons longitudinaux très réguliers. Les mandibules (fig. 9), absolument symétriques, courbées en forme de faucilles, ont, une pointe acérée et une base élargie portant une forte apophyse en arrière et en dedans. Croisées dans la position fléchie, elles se placent de manière Fig. 9. — Luciola lusitanica, larve. Les mandibules isolées. Préparation au baume. X58.(P.) que la gauche passe sur la droite. Leur condyle, de forme arrondie, répond à la glène de l'apophyse mandibulaire. Le conduit destiné à l'injection du virus n'est pas un simple sillon comme celui de la larve du Fourmi-Lion, mais un véritable canal. Commençant à la base entre le condyle et l'apophyse interne, puis décrivant une courbe, il va s'ouvrir sur le bord externe un peu en arrière de l'apex et garde un calibre sensi- blement égal d'un bout à l'autre. Contrairement à celle du Lampyris noctiluca^ dont le bord interne porte une forte saillie velue, la mandibule de notre larve offre un bord interne régulièrement courbé sans aucune protubérance surajoutée. Ce bord est, de même que l'externe, richement garni de poils. Les apodèmes destinés aux insertions des muscles fléchis- LA LARVE DE LA LUCIOLE 41 seurs sont, comme le montre la figure, relativement peu développés. Le labium et les maxilles forment ensemble une large plaque qui, appliquée contre la face ventrale de la tête, peut être Fig. 10. — Luciola lusitanica. Tête de la larve. Vue dorsale. L'appareil niaxillo-labia observé en propulsion, x 45. (P.) détachée in Mo au moyen de l'aiguille et du scalpel. Cette plaque {appareil maxillo-labial) mérite d'autant mieux d'être considérée comme un tout, qu'elle peut, au gré de l'Insecte, se porter en avant ou en arrière, sans altérer les apports des diverses pièces qui la composent. 42 E. BUGNION La position habituelle (rétropulsion) est représentée figure 6, tandis que la position en avant (propulsion) est dessinée figures 10 et 11. C'est notamment lorsque la larve se dispose à absorber sa ( h ( 4r< - Fig. 11.— Luciola lusitanica, larve. Vue ventrale de la tête. L'appareil maxillo-labial observé en propulsion. X 6.3. (Bugnion.) nourriture que l'appareil maxiUo-labial se porte en entier en propulsion. S'avançant à ce moment en avant du labre, la gouttière labiale plonge dans le bouillon nutritif et peut (en même temps que les parties velues des maxilles) coopérer à la succion, tandis que, dans la position inverse (rétropulsion), cette même gouttière est, il est vrai, mieux protégée, mais incapable de fonctionner. LA LARVE DE LA LUCIOLE 43 Cet ingénieux mécanisme, en rapport avec le mode d'arti- culation du mentum et des cardos, existe également chez les larves des Lampyris et des Phaiisis. Ces préliminaires posés, il nous reste à décrire les diverses parties dont est formée ladite plaque. Le labium des larves de Lampyrides offre ce trait particu- lier qu'il n'est pas sup- porté par une pièce basi- laire (1), L'échancrure gnathale étant ouverte en arrière, le basilaire n'existe pas chez ces larves. Le mentum (première pièce du labium) est re- présenté par une lame al- longée, faiblement chiti- nisée, de couleur jaunâtre, encastrée dans la mem- brane qui unit l'un à l'autre les deux stipes (fig. 12). Les stipes étant très longs, le mentum a pris lui aussi une forme allongée. En lieu et place du basi- laire, il y a dans la partie postérieure de l'ouverture gnathale des pHs musculo-mem- braneux, qui, attachés aux bords des lames latérales, s'in- sèrent d'autre part sur deux pièces triangulaires situées des deux côtés du plan médian (dessinées fig. 11). C'est grâce à ces dispositions que s'explique, à mon sens, le mécanisme de l'appareil qui nous occupe. On peut admettre en effet que, retenues par des muscles, les deux pièces trian- gulaires peuvent, au gré de l'Insecte, avancer ou reculer. (1) Répondant probablement au sixième zoonite de la tête (zoonite labial), le basilaire ou ^ula est la partie de la capsule crânienne comprise entre l'échan- crure gnathale et le trou occipital. Fig. 12. — Luciola lusitaiiica,lM've de 15 milli- mètres. L'appareil niaxillo-labial isolé. Vue ventrale. Préparation au baume, x 68. (P.) 44 E. BUGNION La plaque jaunâtre qui répond au mentum montre sur sa face libre quelques pores pilifères et, dans son tiers postérieur, au niveau de deux échancrures, deux pores plus importants surmontés chacun d'un poil rigide. Placé au devant du mentum, le palpigère (deuxième segment du labium) est une pièce bilobée, de couleur brune, rétrécie d'avant en arrière, offrant sur son bord antérieur deux saillies blanchâtres surmon- tées par les palpes. Entre les deux saillies, se voit une échancrure triangu- laire et, dans le fond de celle-ci, un nodule à peu près noir. Lisse sur sa face ventrale, le palpigère offre au côté dorsal une gouttière nette- ment découpée (com- me taillée à Fem- porte-pièce) : la par- tie antérieure de la gouttière du labium (fig. 13). Il n'y a pas trace de lobes terminaux, les palpes se trou- vant, comme chez certains Staphylinides (Creophilus), en lieu et place de ces derniers. Sur les bords du palpigère se voient de part et d'autre, au côté dorsal, deux épaississements de couleur foncée qui, richement garnis de poils, répondent, semble-t-il, à une paire de brosses labiales ou paraglosses. Des paraglosses libres, indépendantes du labium, semblables à celles des Lampyris et des PhausiSy n'ont pas été observées chez la larve de Luciola. Fig. 13. — Luciola lusitanica, larve de 15 millimètres. L'appareil maxillo-labial isolé, traité parla potasse caustique. Vue dorsale. Préparation au baume. X 68. (P.) LA LARVE DE LA LUCIOLE 45 Supportée à sa face inférieure par le mentum, la gouttière labiale peut être suivie jusqu'au pharynx. Les palpes labiaux, relativement peu développés, ne com- prennent que deux articles : un basilaire plus gros, presque aussi long que large, et un terminal, étroit, de couleur pâle, en forme de cône allongé, tous deux entièrement glabres. Entre ces deux segments se trouve une cavité articulaire, qui, au premier abord, simule un troisième article. Les maxilles (fig. il, 12, 13) sont composées chacune de cinq pièces : le cardo, le stipes, le palpe et les lobes terminaux. hecardo, de forme allongée, avec le bout postérieur atténué en pointe et rembruni, s'attache sur l'angle antéro-externe de la pièce triangulaire déjà décrite (dessinée fig. 11). Le stipes, relativement très grand, rétréci d'avant en arrière, offre à son bout antérieur une partie renflée, de struc- ture membraneuse, terminée par une troncature sur laquelle le palpe est inséré. La face ventrale, hsse, légèrement bombée, montre quelques pores pihfères clairsemés. La petite lame brune située en arrière de l'insertion du palpe peut être considérée comme un palpifer rudimentaire. Dans un plan plus profond se voit un cordon d'aspect fibrillaire qui formé, semble-t-il, de fibres nerveuses, pénètre à l'intérieur du palpe. La face dorsale porte, à proximité du bord externe, une houppe de poils rigides dirigés en avant. Sa partie antéro-interne est masquée par une membrane garnie de poils sériés, qui sera, tout à l'heure, étudiée plus en détail. Proéminant un peu au côté ventral de la maxille, le palpe maxillaire est composé de quatre articles à peu près glabres. Les trois premiers, courts et épais, sont de grandeur décrois- sante ; le quatrième, beaucoup plus étroit, de couleur pâle, a la forme d'un cône allongé. Le lobe terminal externe (galea), composé de deux articles, est en partie masqué par les poils longs et fins qui, détachés du stipes, l'embrassent à peu près de toute part. Le premier article, environ quatre fois plus long que large, dirigé obli- quement de dedans en dehors et en avant, se voit (en vue dorsale, fig. 14) dans l'intervalle compris entre le palpe maxil- laire et le palpigère du labium ; le deuxième, beaucoup plus 46 E. BUGNION court, cylindrique, légèrement incliné en sens inverse, a un sommet tronqué surmonté de quelques poils. Le lobe terminal interne (lacinia) est, au premier abord, difficile à distinguer. Au lieu d'une lame triangulaire nette- ment délimitée comme celle qui existe chez le Lampyre, on voit, chez Luciola, deux ou trois petites pièces jaunâtres, vaguement denticulées, qui, placées sur les bords de la gouttière labiale, semblent, à première vue, appartenir au mentum. Si toutefois on sépare au moyen des aiguilles le labium et les maxilles, on acquiert la preuve que les petites pièces jaunâtres mentionnées ci-dessus appartiennent à la maxille et répondent vraisemblablement aux lacinias. La même observation s'applique aux parties garnies de poils, qui, s'avançant des deux côtés par-dessus la gouttière labiale, transforment celle-ci en un tunnel. Le mentum isolé est en effet entièrement glabre sur ses deux bords. En sus des parties qui viennent d'être décrites, l'appareil maxillo -labial montre, au côté dorsal, deux surfaces garnies de poils sériés rangés en lignes concentriques, formant un élégant dessin (fig. 13 et 14). Ces poils ne sont pas implantés sur le stipes. La maxille entièrement isolée fait voir une lamelle garnie de cils qui, dépassant les limites du stipes, re- présente manifestement une formation indépendante. Mon idée est que les lamelles ciliées doivent être considérées comme des expansions des lacinias. En avant, le revêtement cilié se prolonge par deux houppes de poils fins qui embras- sent les parties basales des galéas et renforcent les brosses labiales de part et d'autre. Ces données étant acquises, le rôle des sillons concen- triques (limités par les poils sériés) peut être expliqué d'une manière assez plausible. Plongeant dans le bouillon nutritif au moment où l'appareil maxillo-labial a été porté en pro- pulsion, les houppes qui proéminent des deux côtés du labium s'imbiberaient de ce liquide par l'action de la capilla- rité. Les sillons qui commencent au niveau des houppes et aboutissent d'autre part à la gouttière labiale auraient pour mission de diriger le liquide absorbé et de le déverser dans la gouttière. J.A LARVE DE LA LUCIOLE 47 Il ressort de la description qui précède que les pièces buc- cales de la larve de Luciola sont à peu près semblables à celles des larves des Lampyris et des Phaiisis ; la disposition des canaux mandibulaires est identique dans ces trois genres. Il y a cependant quelques différences, parmi lesquelles je puis citer : ï\ n pro- sentent un étage ventral formé de quatre papilles bifurquées et un éta^'o dorsal formé de huit papilles bifurquées elles aussi. Chez Phausis Delaroi'z:ci (nouveau-né), il y a un étage ventral de quatre papilles courtes, légèrement bifurquées et un étage dorsal de qn l'i'i' p:ip!lles plus longues bifurquées ou Iri- furquées. (VoirBucNiON, 1921, h ) ANN. DES se. NAT. ZOOL., lOesuiio. V, \ 50 E. BUGNION étages. Il y a un étage ventral formé de quatre papilles simples et un étage dorsal formé de quatre papilles bifurquées ou, si l'on préfère, composé de huit papilles. On constate encore que les papilles ventrales sont plus courtes que les dorsales^ Les crocs (rangés en séries transverses) qui garnissent la surface des. papilles sont chez Luciola très acérés et très serrée, plus nombreux, dans chaque rang, que chez Lampyris et chez Phansis. Le croquis dessiné figure 16 peut servir à expliquer le mécanisme de ces papilles. On voit au haut de la figure la fibre musculaire striée des- tinée à retirer la papille et, entre la partie externe et la partie invaginée, la fente remplie de sang qui, s'ou- vrant dans la cavité de l'abdomen, permet à la pression sanguine d'éva- giner la membrane garnie de crocs. Étude DES VISCÈRES. — Getteétude a été faite sur des larves recueillies à Menton par M. Poutiers, reçues vivantes à Aix en Provence. Dissection d'une larve de 15 milli- mètres (14 avril 1921). L'incision des téguments donne issue à plusieurs boules graisseuses qui (plus lourdes que l'eau salée) coulent dans le fond de la cuvette. Le corps graisseux est formé, chez les larves de Lampyrides,. de miniers de petites boules blanches (parfois jaunâtres ou légèrement teintées de rose) qui, indépendantes les unes des autres et faiblement adhérentes, se détachent aisément. - Ces boules, pluricellulaires, mesurant en moyenne 0"^"\10 — 0mm Q2^ sont (sauf dans quelques régions) supportées par des, membranes très déhcates et disposées sur une assise. Il y a une première lame graisseuse étalée à la face profonde des tergites (renfermant dans un dédoublement le vaisseau dorsal et les cellules péricardiques, de couleur brunâtre). Une deuxième lame plus épaisse que la première, facile à séparer de Fig. 16. — Luciola lusitanica larve. Dessin schématique d'une papille anale partiel- lement évaginée. x 225. LA LARVE DE LA LUCIOLE 51 celle-ci, se replie autour du tube digestif, des pelotons mal- pigliiens et des corps lobules. Une troisième, formée de boules plus petites, tapisse la cavité du corps au niveau de la chaîne des ganglions. Difficiles à observer chez les larves de Lucioles (à cause de leur petite taille), ces trois nappes graisseuses sont plus faciles à démontrer chez celles du Lampyre noctiluque et surtout chez les grosses larves du Lampyre algérien {Pelania maiiri- tanica). Retenues seulement par les rameaux trachéens, les deux premières nappes se détachent à peu près d'elles-mêmes, lorsqu'on dissèque. Les grains de la troisième, bien que légè- rement adhérents au fond de la cavité du corps, peuvent être (si par exemple on se propose d'isoler les trachées) détachés un à un, à l'aide d'un pinceau très fm, et rejetés dans la cuvette. Dans certaines régions du corps (capsule du cerveau, zone corticale des organes lobules), les cellules graisseuses ofïrent, au lieu de globes indépendants, des amas compacts formés de cellules polyédriques disposées sans ordre, simplement accolées les unes aux autres. Des coupes, pratiquées sur des nouveau-nés de Lampyris Bellieri Reiche, ont montré que le tissu adipeux se compose tout d'abord de cellules isolées, de formes diverses, éparses dans la cavité du corps. Ces cellules donnent lieu plus tard, en suite de divisions multiples, à de petites boules très régu- lières, montrant sur la coupe plusieurs cellules juxtaposées (au nombre de 6 à 10 environ). Ces éléments, irrégulièrement polyédriques, montrent, sur les préparations traitées par l'hémalun-éosine, un noyau violet (entouré d'une zone légèrement violacée) et un cytoplasme rose, à cause des gra- nulations éosinophiles qui s'y forment en grand nombre dans le cours des premiers mois. Le tube digestif (fig. 17) comprend, en sus du pharynx : 1° Un œsophage long et étroit (flexueux, lorsque la tête est retirée dans le prothorax) ; 20 Un gésier de forme ovoïde, lofig de 0""",7, à parois très musculeuses, montrant de belles fibres spiroïdes à sa surface : 52 E. BUGNION 3° Un estomac jaunâtre, replié sur lui-même dans sa partie postérieure, offrant immédiatement en arrière du gésier deux diverticules à direction transverse (1) et, dans le reste de sa paroi, plusieurs boursouflures irrégulières séparées par des étranglements bien accusés. La longueur de Testomac est, Fig. 17. — Luciola lusitanica, larve de 15 millimètres. Le tube digestif préparé dans l'eau salée, avec les anses malpighiennes, les corps lobules et la chaîne ganglionnaire. X 9. — Les deux boules blanchâtres accolées au segment pénultième sont les organes lumineux larvaires. (P.) chez la larve mûre, d'environ 6 millimètres, [de 9, si l'on suppose ce viscère redressé et étendu] ; 40 Un intestin, long de 8 millimètres, formant, en arrière de (1) Ces diverticules, propres aux larves des Lucioles, ne se montrent pas chez celles des Lampyres et des Phausis. LA LARVE DE LA LUCIOLE 53 l'estomac, un petit renflement sur lequel les cordons mal- pighiens sont insérés. La longueur du tube digestif déroulé (chez la larve de 15 millimètres) peut être évaluée à 20 millimètres. Les cordons malpighiens, de couleur blanchâtre, sont, comme chez les Lampyrides en général, disposés en forme d'anses. Ces anses, entièrement déroulées sur le porte-objet, mesuraient chez mon sujet : la droite (obte- nue sans rupture) 25 millimètres ; la gau- che (deux tronçons), 26. La paroi du gésier (fig. 18) est composée de trois assises, l'externe formée de fibres spira- les, beaucoup plus épaisse que les deux autres ; la moyenne, très mince, formée de fibres annulaires ; l'in- terne formée de fibres ^^S- l^. — Ludola lusUanica. Coupe transversale du gésier de gla larve. Préparation au baume. longitudinales disposées x i3i. (p.) en quatre colonnes, proéminentes à l'intérieur. Une structure analogue s'observe chez les larves des Lampyris et des Phausis. Observée sur une coupe transversale (fig. 19), la paroi de l'estomac présente de nombreux phs formés par la cuticule, montrant à l'intérieur des éléments fibrillaires appartenant au chorion. Insérées sur ces plis, les cellules épithéliales offrent deux formes différentes, suivant qu'elles se trouvent sur les parties convexes ou dans les intervalles de celles-ci. Les cellules qui tapissent les parties convexes ont une extré- mité renflée en forme de massue, proéminant dans le lumen, et un pied rétréci, servant à l'insertion de la cellule. Le noyau, ovale ou arrondi, se trouve à la jonction des deux parties. Les cellules qui tapissent les intervalles sont, à l'opposé des précédentes, simplement ovalaires, arrondies ou polyé- 54 E. BUGNION driques. On constate, au surplus, au voisinage de la cuticule, des cellules plus petites, vraisemblablement destinées à remplacer les éléments glandulaires au fur et à mesure de leur usure. A la surface de l'estomac, se voient des rameaux trachéens et des fibres longitudinales assez distantes. Comparable à la structure observée chez l'Abeille et le Bourdon, la disposition plissée qui caractérise l'estomac des Lampyrides est manifestement destinée à augmenter la sur- Fig. 19. — Luciola lusitanica. Larve de 14 millimètres. Coupe transversale de l'estomar. Liqueur de Bouin aie. Hémalun-éosine. Préparation au baume. X 135. (P.) face de sécrétion. Il est à ce propos intéressant de rappeler que le liquide brunâtre destiné à intoxiquer les Escargots est précisément sécrété par l'épithéhum stomacal. Aussi est-ce dans la phase larvaire que cet épithélium atteint sa différen- ciation la plus parfaite. Chez l'adulte, en revanche, les parois de l'estomac sont amincies, et l'estomac lui-même plus ou moins rempli de bulles d'air (1). (1) Observées notamment dans le sexe mâle, ces bulles d'air contribuent à alléger le poids du corps en vue du vol. LA LARVE DE LA LUCIOLE 55 L'intestin, beaucoup plus étroit que l'estomac, présente une structure plus simple. Il faut noter cependant la présence de fibres annulaires assez puissantes qui, en se contractant, •donnent lieu à une série de bourrelets séparés par des étrangle- ments. L'épithélium est formé de cellules cubiques disposées sur une assise. La région qui avoisine les embouchures des anses malpighiennes offre des cellules plus étroites et plus serrées (passant au type cylindrique). Le système nerveux (fig. 17) comprend, en sus du cerveau *c^^^e>,^ zSKias-siSf"^ ^ig- '*■ — Coupe transversale du reste ovarien. En haut : paroi de la veine cave infé- rieure V (1/2 environ de l'épaisseur totale); — en bas : ovaire foç'.) avec stromacon- jonctif et vides produits par follicules dégénérés. — Fix. : Bouin. — Col. : hémalun, éosine, aurantia. Gr. = 130. substance colloïde qui s'est rétractée en une sphère très colo- rable ; enfin certains sont envahis par quelques cellules assez semblables aux éléments interstitiels décrits plus haut (fig. 5) et faisant songer à l'atrésie folliculaire que Limon a observée chez les Mammifères. La nature folliculaire de ces forma- tions s'affirme encore par le fait que le tissu conjonctif envi- ronnant (cellules et fibres) est quelquefois tassé et orienté de façon à simuler une fme thèque mal limitée du côté extérieur. CAHACTÈRES SEXUELS SECOxNDAIRES CHEZ LES OALLLNACÉS 80 D'une façon générale, la coupe est constellée de vacuoles circulaires, indiquant l'abondance des graisses. Par contre, aucune trace de pigment, et cela contraste avec l'abondance de mottes xanthochromes observées dans le testicule des Faisans dorés, argentés, et dans l'ovaire de la Poule domes- tique et de la Faisane argentée. b. Capsules surrénales (fig. 6). — Nous donnons ici quelques renseignements sur les surrénales, en raison des théories qui Fig. 5. — Détail de la coupe précédente. On voit des cellules et des fibres conjonc- tives ; quelques éléments interstitiels (à cytoplasme vacuolaire), un follicule dégénéré (sa cavité renferme quelques cellules). Gr. = 550. ont lié le virilisme de certaines femelles à une déficience de la fonction de ces glandes (1 et 2). A vrai dire, la chose nous parait jugée du fait même que, chez les Poules ovariectomi^ sées, les surrénales subsistent, sans diminution de masse (3). D'autre part, même si, en raison des rapports topogra- (1) Apert, Dystrophies en relations avec les lésions de capsules surrénales Ilirsutisme et progeria [Bull, de la Soc. de pédiatrie de Paris, XII, 1910). (2) TuFFiER, Un cas de virilisme surrénal (Bull. Ac. méd., p. 726, Paris, 1914). (3) Depuis que ce mémoire a été envoyé à l'impression, nous avons étudié les surrénales des poules ovariectomisées et constaté que leur structure e.^' normale ; rien no nous paraît justifier le renouveau dont jouirait actuellement en Allemagne la théorie du virilisme surrénal. 90 A. PÉZARD phiques fréquents entre les surrénales et l'ovaire, quelques éléments surrénaux sont enlevés avec l'ovaire, lors de la cas- tration, l'autre glande suffit largement à assurer la fonction totale. Dans le cas j3résent, on observe dans la surrénale les deux éléments habituels : cordons corticaux, clairs, plus ou moins enchevêtrés, et cordons médullaires, moins nombreux, épars dans les interstices des cordons corticaux. Les cellules P Fig. 6. — Coupe de la surrénale. Tissu cortical clair. Tissu médullaire plus foncé ; l'inté- rieur des cordons correspondants est plus ou moins détruit accidentellement. — Fix. : Bouin. — Col. : hémalun, éosine, aurantia. Gr. = 280. paraissent normales : dans la coupe ci-jointe, les espaces clairs existant dans les cordons médullaires sont des artifices produits, soit à la fixation, soit lors du collage des coupes. (En raison de l'échantillon unique dont nous disposions, le fragment fixé étant celui du côté de l'ovaire, nous n'avons pu recommencer le travail dans d'autres conditions.) En tout cas, si les éléments corticaux sont plutôt des éléments à choles- térine que des spongiocytes, les cellules médullaires sont farcies de grains adrénalogènes. c. Oviducte moyen (fig. 7). — N'ayant jamais eu, à notre CARACTÈRES SEXUELS SECONDAIRES CHEZ LES (iALLINACÉS 91 disposition, d'oviducte de Faisane dorée en état de ponte ou en état de repos sexuel, nous ne pouvons prendre le terme de comparaison qui conviendrait. Néanmoins, comme nous avons étudié à diverses reprises l'oviducte de certains Galli- nacés et de plusieurs Passereaux, qui nous ont montré une structure uniforme, nous pouvons, sans grande erreur^ émettre une opinion sur la question. Rappelons les trois éléments histologiques que l'on trouve Fig. 7. — Coupe de Toviducle moyen de la Faisane de Debreiiil. Fix. : Bouin. — Col. : Prenant. — Gr. = 60. dans tout oviducte d'Oiseau (partie moyenne) : une mince cloison conjonctive, à l'extérieur ; une musculeuse assez épaisse, au milieu; enfm vers la lumière du tube une muqueuse très épaisse formée principalement par un épithélium cylin- drique, plus ou moins cilié, recouvrant le tissu glandulaire chargé de sécréter l'albumine. Cette muqueuse s'organise en plis longitudinaux qui, en coupe transversale, apparaissent comme des villosités. Chacune est soutenue par une lame axiale formée de tissu conjonctif et musculaire lisse, à élé- ments orientés. Dans l'oviducte de notre Faisane, on distingue quelques modifications par rapport à la structure normale. Les plis sont moins élevés et n'obturent plus la lumière du canal ; ^>^ A. PÉZARD les cellules à albumine ont perdu toutes leurs enclaves sécrér toires. En outre, le tissu conjonctif est beaucoup plus abon- dant, aussi bien dans la paroi musculaire que dans l'axe des plis. Nous pouvons donc, sous la réserve faite plus haut, admettre que la réduction de l'oviducte est accompagnée d'une inva.sion conjonctive très nette, d'un arrêt dans la fonction des cellules à albumine ; ajoutons aussi d'une pas- sivité de l'épithélium interne, celui-ci paraissant avoir perdu ses granulations sécrétoires et ses cils (1). B. — Poui.Es F AYEROLLES {Gallus domesticus 9). 10 Description des sujets — Ces deux animaux appar- tiennent à une série que nous avions mise en expérience, en vue de réaliser la masculinisation complète des femelles. Nées en mai 1914, à l'établissement d'élevage Gallia, à Bougival, ces Poules de race Faverolles pure avaient subi l'ovariectomie le 28 juillet suivant, et reçu, en même temps, dans le péritoine, des fragments de testicule, empruntés à des Coqs de même âge et de même race. Notre mobilisation nous a obligé à abandonner nos expériences, mais nous avons conservé les sujets, grâce au dévoûment du personnel de la Station phy- siologique. Nous avons pu même les suivre, lors de nos per- missions. Nous les retrouvons en bon état en 1918 ; comme le plumage mâle ne s'est pas développé, nous présumons que l'ovariectomie est incomplète, et cela ne nous étonne pas, ayant plusieurs fois été obligé de la faire en deux temps. En mai 1919, nous sommes surpris par le changement d'allures de l'une d'elles (que nous désignerons par le n^ 1). (1) Nous signalons une étude du même genre, et particulièrement docu- mentée que l'auteur, M. P. Murisier, chef des travaux à l'Université de Lau- sanne, a bien voulu nous faire parvenir récemment. Il s'agit d'une Poule de race pure Rhode-Island rouge, qui, née en 1920, a pris, dès la première mue, le plumage du Coq. Ici, la destruction de l'ovaire est due à une cause pathologique; l'oviducte ne pèse que 2srj5, tandis que l'oviducte d'une pondeuse témoin est de 35 grammes. Voir, à ce sujet : P. Murisifr, A propos d'une Poule gynandro- morphe {Bulletin de la Soc. vanânhe des se. nat., vol. LIV, n° 201, p. 12,S-130, Lausanne, 1921). CARACTÈRES SEXUELS SECONDAIRES CHEZ LES GALLINACÉS 93 Non seulement sa crête grandit et rougit brusquement (fig. 8), comme chez le Coq au moment de la puberté, mais en- core l'animal com- mence à manifes- ter, vis-à-vis des Coqs voisins, une humeur belli- queuse tout à fait caractéristique ; même, cette Poule prend le chant du mâle, un peu plus traînant, et fait la cour à ses compa- gnes. Nous isolons l'ig 8. — Photographie de la Poule n" 1, prise le 12 juil- let 1920. — Crête et barbillons développés et rutilants. Plumage de Poule. Instincts mâles. Chant du Coq. alors une Poule normale et nous nous plaisons à provoquer devant témoins la scène suivante : Un Coq et la Poule n^ 1 sont introduits près de la précé- dente. La Poule n^ 1 se dirige vers sa compagne pour la cocher, mais le Coq, plus prompt, l'a devancée. Elle attaque alors ré- solument son ri- val, à coups de bec et de pattes. Le Coq, d'abord surpris, se défend, prend finalement le dessus et assou- vit son instinct; la Poule suit aus- sitôt, et, après la parade préhminaire de l'aile, se livre à Tact h Fig. 9. — Photographie de la Poule n" t prise le 24 novem- bre 1920. Crête et barbillons petits, de couleur pâle. Plu- mage de Poule. Aucun instinct mâle. Pas de chant. 94 A. PÉZARD sexuel. Malgré Tappârence de Poule, que lui donne son plumage, elle se comporte donc comme un véritable Coq. A partir d'août, tout cet ensemble morphologique et psychique entre en régression ; la crête redevient petite, farineuse, exsangue, et l'animal redevient paisible ; il a main- tenant les caractères et l'allure de la Poule (fîg. 9). En avril 1920, les mêmes phénomènes se reproduisent, mais intéressant, cette fois, les deux animaux avec un peu de retard pour le n^ 2, dont les instincts sexuels, d'ailleurs, persistent jusqu'en octobre. Dès l'automne, nouvelle régres- sion (fig. 8 et 9). Ainsi, ces deux sujets se comportent, durant la belle saison, comme des mâles normaux; durant la mauvaise saison, comme des Poules. Le plumage est resté tout le temps celui de la Poule, quoique les pattes portent de minuscules ergots. Nous diagnostiquons un ovaire fonc- tionnel, au point de vue endocrinien seulement, ces Poules n'ayant jamais pondu, et un testicule ou un organe vicariant. L'autopsie est faite aussi soigneusement que possible (1) le 18 décembre 1920, les animaux ayant recommencé une troi- sième ou deuxième évolution dans le sens mâle. 2" Autopsie. — Le tableau ci-dessous renferme les renseignements relatifs aux principaux organes. Nous avons cru devoir ajouter ici quelques nombres dont nous nous proposons de tirer parti dans l'avenir. Nous ferons remarquer simplement que ceux qui concernent le foie et le rein sont conformes aux obser- vations faites sur les Poules stériles et notamment la gynandromorphe de P. Murisier (loc. cit., p. 127-129). N» 1. N» 2. Poids 2 720 gr. 2 260 gr. Crête 70™»" x 3ymni 66"»^ >< SGo^'" Ergots dr. : 8mni-„. ; lomm ,1,.. : 2"n'«;g. : 12 mm Cœur lOe^SS 15 gr. Poumon 12gr,l '.» — Foie 36 gr. 27 - Rein 9g^6 118^1 Graisse abdominale. ... 163 gr. 75 gr. Rate 2gr,4 2g^2 Encéphale S^^IS 3g'-,2 (1) Aucun examen n'est superflu lors de l'autopsie des animaux à trans- plants. Dans une série récente d'expériences, qui feront l'objet d'une publica- tion ultérieure, nous avons constaté de nouveau chez les Coqs l'aptitude éton- nante du ti.ssu testiculaire à la transplantation. De petits nodules de paren- chyme séminal peuvent se fixer ou croître loin, très loin de leur place habituelle; il nous a paru néanmoins qu'il y avait quelques emplacements favorables: sur- r.ARACTÈRES SEXUELS SECONDAIRES CHEZ LES CALLINACÉS ÎKi Nous constatons, cliez les deux sujets, l'existence de glandes reproductrices et de conduits génitaux. Chez le numéro 1 , à la place habituelle de l'ovaire se trouve un organe constitué par deux parties bien distinctes, quoique contiguës (fig. 3, c) : 1° une masse grise, d'aspect granuleux, insérée directement sur lu veine lombaire par une large base et ressemblant à l'ovaire d'une Poule en période de repos sexuel, avec cette différence que l'aspect n'est plus celui d'une grappe ; poids 08'',32 ; 2° un organe latéral, blanc et lisse, inséré sur le pre- mier, mais séparé par un étranglement ; dur au tou- cher, il reste dur à la sec- tion et ne saigne pas. Poids : Oer^e. A première vue, nous avions présumé un ovariotestis ; la section jette un premier doute sur cette interprétation. Chez le numéro 2, même obser- vation, avec une différence, toutefois : l'ovaire e.st plus allongé ; poids : 0"''^.i ; •juant à l'organe latéral, il se réduit à quelques pe- tits nodules durs et blancs qui flanquent le pourtour de l'ovaire (fig. 3 d). Dans les deux cas, les capsules surrénales, en place, ont un aspect normal, et J'ovi- ducte, bien développé, frappe par son aspect grêle. Nous ne retrouvons au- cune trace de nodule dans le péritoine. 3" Étude histo- LOGiQUE. — L'ovai- re, beaucoup plus gros que celui de la Faisane de Debreuil, pré- sente néanmoins la môme structure, aussi bien chez le numéro 1 Fiof. 10.— Nodule de transplantation testiculaire sur i'in- testin d'un coq Lep^horn doré. — Partie supérieure : paroi intestinale normale. Partie inférieure : nodule.— La séreuse s'est délamiuée pour entourer la transplan- tation. — Fix. : Bouin. — Col. : Prenant. Gr. = 35. face externe de l'intestin antérieur, feuillet pariétal dn péritoine, intérieur de la surrénale. Pour en fournir la preuve, nous figurons ci-contre (fig. 10) un des nombreux nodules de la grosseur d'une tète d'épingle que nous avons prélevé sur l'intestin moyen d'un Coq en expérience, race Leghorn doré. Certains canaux séminifères sont en spermatogenèse ; d'autres, en régression. Le prélè- vement a été fait onze mois après la tran.splantation. 06 A. PEZARD que pour le numéro 2. Résumons-la : tissu conjonctif domi- nant avec fibres conjonctives et cellules à noyau ovalaire; trace de tissu interstitiel ; follicules dégénérés, les uns vides, les au- tres (fîg. 11) en voie de comblement par cellules vacuolisées ; toutefois, quelques-uns montrent encore une épaisse granulosa (fig. 12); beaucoup de graisse, pas de pigment. Quant aux masses latérales, elles offrent, dans les deux cas, une structure uniforme et assez insolite (fig., 13). A l'extérieur, une n' <$>%* ■^'^C^ '^ ^. é^- ■F' î^ si» «Ti ;> #. .^r^^:f/' ^ .9 ^ ^> — s V 1 r; ^ >- F— 1 '0 F N V i 7û, - J. i^' p--* ^ t.- h- ^ »— — k. _ *^ > [< 1 / ' te ' ^ 1 >>•. *•< ^< ^ 1 — . -^ <. ■% 1 1 ' ^ .*< k / L> ^ >/t/ i; ^ _4 ou d / .. . . 6. — rufibarbis 9 ... . 7. — fusca ç 8. Lasius flavus ç 9- - - 9 10. — fuliginosus ç . . . . ll.~Cataglyphis bicolor 9... IL — Myrmicinse. 1. Myrmica rubra. 2. Tetramorium casspitum. 3. Messor barbarus 4. Messor spec? Suisse. Luxembourg. Suisse. Luxembourg. Luxembourg. Tunisie. Luxembourg. Tunisie. Luxembourg. Tunisie. 0,0017 0,002 0,0012 0,00042 0,00035 0,00017 0,00014 0,00012 0,00046 0,0001 0,0007 0,025 0,011 0,01 0,011 0,0095 0,0060 0,0039 0,00154 0,019 0,0043 0,0181 » » 1) 7 18 12,5 3,8 3,6 2,81 3,6 7,8 2,5 2,3 3,9 » » » » 5. Acantholepisspec? IIL — DoUchoderinse : Tapinoma erraticum L'inspection du tableau IV nous permet de tirer les con- clusions suivantes : 1^ La présence de l'acide formique est constante chez les Camponotinœ ; 2° Les Mijrmicinae et les Dolichodcrinœ ne sécrètent pas d'acide formique, ou bien n'en produisent qu'en quantités négligeables ; 3*^ Comme les Camponotinœ présentent un organe veni- meux à dard rudimentaire et à glandes bien développées, on 112 R. STUMPER est en droit d'affirmer que la sécrétion d'acide formique n'est faite que par ce type d'appareil vénénifique (glande à cous- sinet, d'après Forel) ; 4° L'action toxique du venin des C amponotinœ est due à l'acide formique. On peut en distinguer deux actions bien différentes : D'une part : l'action corrosive de l'acide qui est fonction de la concentration de l'acide. Cette action est produite par les ions Hi ; D'autre part : Vaction toxique proprement dite, liée proba- blement à l'anion HCOO— , qui exerce une influence nocive sur le système nerveux. 5° Quant au venin des autres sous-familles, chez lesquelles l'acide formique fait défaut, le chimisme nous en reste inconnu. Ce sont peut-être des albuminoïdes spéciaux qui produisent l'action toxique ; ce ne sont que des recherches futures et détaillées qui nous permettront de résoudre ces problèmes. (Institut national d'hygiène du Grand-Duché de Luxembourg. Directeur\ : Dr A. Praum.) CLASSIFICATION ET CARAGTÈRKS DISTINCTIFS ESSENTIELS DES PYCNOGONIDES APPARTENANT A LA SÉRIE DES PYCNOGONOMORPHES Par M. E.-L. BOUVIER En 1911, dans une note (1) aux Comptes Rendus de V Aca- démie des Sciences^ j'ai montré que les Pycnogonides de la série des Pycnogonomorphes se divisent en deux groupes, suivant qu'ils sont décapodes ou octopodes, que les seconds dérivent vraisemblablement des premiers et qu'ils appar- tiennent comme eux à deux types : le type chagriné où les téguments sont plus ou moins rugueux et sans traces de réseau, et le type réticulé^ où la chitine est à peu près lisse et présente des travées de coloration différente qui s'anasto- mosent pour former des mailles. Dans cette même note, je signalais, en outre, quelques espèces nouvelles ou peu con- nues et je les comparais à d'autres espèces du même groupe ; je n'ai rien à retrancher à cette partie du travail, mais je crois être utile aux zoologistes en publiant le tableau systé- matique de la série tel que je l'avais dressé à cette époque. Depuis lors, à ma connaissance, on n'a décrit aucune forme nouvelle dans la série, de sorte que ce tableau donne, dans son cadre restreint, une idée assez exacte de la variété et delà distribution des Pycnogonomorphes. (1) E.-L. Bouvier, Observations sur les Pycnogonomorphes et princi- palement sur le Pentapycnon Geayi, espèce tropicale à dix pattes (C. H. Acad. des Sciences, vol. CLIT, 491-494, 27 février 1911). ANN. DES se, NAT. ZOOL., 10'' série. V, 8 114 E.-L. BOUVIER 1. — Pycnogonomorphes décapodes : Pentapycnon Bouvier 1911. A. — Téguments chagrinés; trompe en tonneau puis dilatée en avant ; abdomen fortement claviforme ; longueur du céphalothorax : 17 millimètres Charcoti Bouvier 1910 (Shetlands du Sud, 420 m.). A'. — Téguments réticulés ; trompe conique ; abdomen très peu dilaté en arrière ; longueur du céphalo- thorax : 2™™, 7 Geayi Bouvier 1911 (Guyane fran- çaise, littoral). 2. — Pycnogonomorphes octopodes : Pycnogonum Brunnich 1764. A. — Espèces dont les téguments sont chagrinés. B. — Peu ou pas de tubercules sur les pattes. C — Trompe cylindrique, tronquée en avant ; abdomen élargi d'avant en arrière où il est tronqué; trois séries de tubercules obtus sur le tronc : tubercule oculaire très petit ; griiîe beaucoup plus courte que le pro- pode C/. — Trompe plus ou moins rétrécie en avant, en cône ou tronc de cône. D. — Abdomen tronqué carrément eh arrière ou échancré, ou très légère- ment convexe. E. — Abdomen cylindrique ; un bourrelet sur le bord postérieur des segments ; trompe en ton- neau ; la griffe égale au tiers du propode E'. — L'abdomen se dilate d'avant en arrière des tubercules dor- saux. F. — Trompe conique ; un tuber- cule sur le céphalon en arrière de l'œil ; griffe plus longue que la moitié du propode microps Loman 1904 (Natal). ungellatum Loman 1914 (Sagami). littorale Strom J 762 (de l'ouest de la France aux États- Unis, au Groen- land et à la mer Blanche ; la var. tenue Slater au Japon ; du litto- ral à 810 m.). ■ CLASSIFICATION ET CARACTERES DES PYCNOGONIDES 11 O F'. — Trompe subcylindrique puis rétrécie au bout ; pas de tubercule sur le céplia- lon eu arrière des yeux ; tubercules dorsaux peu sail- lants, obtus. G. — Griffe plus courte que la moitié du propode. Stearnsi J. E. Ives 1892 (Californie). G'. — Griffe presque égale au propode magnirostre Mo- bius 1902 (Ker- guelen, littoral). E". — L'abdomen se rétrécit légè- rement d'avant en arrière ; trois rangées de tubercules dorsaux en cônes obtus ; griffe égalant au moins la moitié du propode. Gaini Bouvier 1910 (Antarctique, Port- Lockroy, 70 m.). E'". — L'abdomen en tonneau, la trompe en obus (comme dans Gaini) ; pas de tubercules dor- saux ; griffes de Gaini niagellanicum Hoek 1898 (xMagellan, 75 brasses). D'. — Abdomen franchement obtus en arrière. E. — Pas de tubercules dorsaux. F. — Abdomen cylindrique ou un peu ovoïde ; trompe en obus ou en toimeau ; pas de griffes auxiliaires ; la griffe égale environ la moitié du propode Cessaci Bouvier 1911 (îles du Cap- Vert, littoral). F'. — Abdomen en obus ; trompe en tronc de cône; des griffes auxiliaires ; griffe plus lon- gue que la moitié du propode. [msilhan D o h r n 1881 (Naples). E'. — Des tubercules dorsaux. F. — Abdomen subcyîindriquo; trompe en tronc de cône obtus ; tubercules dorsaux en cônes obtus ; la grille égale environ la moitié du propode crass irottre Sars 1884 (Norvège et Islande ; 0-180 brasses). E.-L. BOUVIER B'. F'. — Abdomen très claviforme ; trompe conique ; tubercules dorsaux en baguette ; griffe plus longue que la moitié du propode Des tubercules forts et nombreux sur les pattes. C. — Trompe en tronc de cône obtus, avec un tubercule dorsal, et bien plus courte que le céphalothorax qui porte trois rangées de tubercules obtus ; sur les pattes de nombreux tubercules obtus ; abdomen subovalaire C. — Trompe en tronc de cône un peu étran glé au tiers antérieur, aussi longue que le céphalothorax qui porte un rang de petits tubercules dorsaux , une couronne de saillies spiniformes sur divers articles des pattes, qui sont grêles occa Loman 1908 (Ceram, 567-835 mètresK nodulosum Dohrn 18 81 (Naples, Nice). ? claudum Loman 1908 (Sumbawa, 73 m.). A'. — Espèces dont les téguments ont un dessin réticulé Peu ou pas de tubercules sur les pattes. C. — Trompe en tronc de cône tronqué ; trois rangées de tubercules dorsaux en baguette obtuse ; abdomen sub- cylindrique, tronqué et égalant la moitié de la longueur du céphalo thorax C. — Trompe en tronc de cône obtus : un seul rang de tubercules dorsaux qui sont en cône obtus ; abdomen très court n'atteignant pas le bout delà première coxa, dilaté d'avant en arrière, tronqué B'. — Sur les pattes des tubercules forts et nombreux. C. — Trompe en tronc de cône régulier et montrant dorsalement, dans son ré- seau, trois rangées longitudinales d'alvéoles ; le tubercule post-ocu- laire bien plus petit que les trois suivants, qui sont des cônes élevés ; les tubercules des pattes sont des nodosités larges et basses mucronatum Loman 1908 (Sumbavi'a, 69 m.). niadagdscariens is Bouvier 1911 (Madagascar). t u rn ulos u m Lo- man 1908 (au nord de Waigen, 39-85 m.). CLASSIFICATION ET CARACTÈRES DES PYCNOGOMDES 117 C. — Trompe conique à la base et subcylin- drique en avant ; le tubercule post- oculaire plus grand que les suivants ; tubercules des pattes très élevés, parfois bacilliformes, à bout ar- rondi cataphractum Mô- bius 1902 (banc Agulhas, à mer basse). J'ai fait entrer dans ce tableau, avec un point d'interroga- tion, le Pycnogoniim claiidum Loman; mais cette espèce dif- fère de tous les autres Pycnogonomorphes par ses pattes grêles et la présence de rudiments de chélicères ; à mon sens, c'est bien plutôt un Ascorhyncomorphe. D'autre part, je signale simplement pour mémoire le Nymphon australe Grube 1869, qui est une espèce douteuse connue seulement par sa larve. J'ajoute, d'après les auteurs, que le P. littorale Bôhm n'est autre chose que le magnirostre Môbius et que le littorale Nicolet, du Chili, correspond vraisemblablement au magel- lanicum. En résumé, à l'heure actuelle, la série des Pycnogono- morphes compte dix-huit espèces parfaitement établies, dont deux décapodes ou Pentapycnon, et seize octopodes constituant le genre Pycnogonum. Ce dernier genre est ré- pandu dans toutes les mers, tandis que le premier n'est connu que dans les mers antarctiques et dans les eaux tropicales de la Guyane. Mais, si l'on songe que, depuis le début du siècle, le groupe s'est enrichi de treize espèces (treize sur dix- huit), on doit s'attendre à le voir s'enrichir bien plus encore. Toutefois cet accroissement de richesse ne semble pas devoir porter sur nos mers européennes, dont les quatre espèces, deux pour la Méditerranée {Pycn. pusilliim Dohrn et nodii- losiim Dohrn) et deux pour les mers plus septentrionales {Pycn. littorale Strôm et crassirostre Sars) sont connues depuis longtemps. OBSERVATIONS SUR LA LOCOMOTION CHEZ 1 'OCYPODE CHEVALIER (OCYPODA HIPPEUS Olivier^ Par Ch. GRAVIER Les Ocypodes sont des Crabes qui, pour la plupart, ha- bitent les régions chaudes du globe. D'ordinaire, ils vivent ensemble en grandes compagnies, et beaucoup d'entre eux ont • l'habitude de creuser dans le sable humide, presque au niveau des plus hautes eaux, des terriers longs et tortueux, où ils se retirent à la moindre alerte. Ils ne s'éloignent guère de leur terrier; mais, s'il leur arrive de s'en écarter trop et de ne pou- voir y retourner sans danger, ils courent à la mer avec une grande rapidité, et c'est, du reste, à la célérité de leur alliu^e, — qui a vivement frappé tous les voyageurs naturalistes, — qu'ils doivent leur nom (1). Bien que leurs terriers puissent n'être que des constructions temporaires, chaque Ocypode, parmi toutes les espèces étudiées par A. Alcock (2), paraît tenir éner- giquement au sien. Ces Crabes possèdent un. appareil stridulant (3) étudié sur- tout par A. Alcock (4) et par A. R. Anderson (5). A la face interne de la main de la grande pince, est une crête striée qui frotte sur un rebord saillant du second article de la même (1) De MY.'j;, prompt; ttojç, Ttooo:, pied. (2) A. Alcock, Ma«e/'ia/s /or aCarcinologual Fauna oj Iii{lia,n(>6; — TheBra- chyura Catomotepa or Grapsoidea [Journ. saiat. Soc. of Bengal, n° 3, 1900, p. 344). (3) A. Ortmann dans sa revision des espèces du genre Ocypoda [Zool. Jahrb.,Abt. fur Sijstem., etc., Bd.X, 1897-1898, p. 359), ne mentionne l'absence de l'organe stridulant que chez VOcypoda cordimana Desmarets. (4) A. Alcock, On the stridulating Apparatusof the RedOcypod Grab(.4rtn. and Magaz. of nat. Hist., 6"» ser., vol. X, 1892, p. 336). (5)A.R. Anderson, Notes on the sound produced by the Ocypod Crab, Ocypoda ceratophthalma [Journ. asiat. Soc. of Bengal, vol. LXIII, part II, 1894, p. 138). ANN. DES se. NAT. ZOOL., lO* sérip. V, 9 120 CH. GRAVIER paire de pattes. Alcock pense que, lorsque l'animal s'est retiré dans son refuge, il se sert de son appareil stridulant pour indiquer que le terrier est occupé et empêcher ainsi, autant que possible, quelque intrus du même troupeau d'y pénétrer. Quand il n'est pas excité mécaniquement, ni chimiquement, qu'il n'est pas à l'état de fatigue (1), le Crabe enragé de nos côtes (Carcinus maenas L.) se déplace, en général, latérale- ment et obliquement, par rapport à son plan de symétrie considéré dans la position initiale de l'animal, avant le départ ; la face ventrale est tournée vers le sol. C'est ainsi que pa- raissent se mouvoir bon nombre de Brachyures qui fré- quentent notre littoral. En 1906, à l'île San Thomé, située à l'équateur, au fond du golfe de Guinée, j'ai pu observer un tout autre mode de loco- motion chez l'Ocypode chevalier [Ocî//?oc?aAi/>pew5( Olivier)] (2), dont j'ai rapporté deux spécimens, l'un de Fernâo Diaz, l'autre de Bella Vista (3). C'était en juillet, en saison sèche et hivernale, par conséquent, à Fernào Diaz, dont la plage, formée par un sable fm, homogène, très meuble, de couleur claire, s'étend en pente douce, de la limite des cultures à la mer. Sur cette plage, les Ocypodes chevaliers n'étaient pas rares, en plein jour, au début de l'après-midi. On ne les y voyait cepen- dant pas se déplacer en troupes nombreuses, comme le font beaucoup de leurs congénères. Leur carapace avait exacte- (1) Voir à ce sujet : A. Drzewina, Les réactions adaptatives chez les Crabes [Inst. génér. psychol., n» 3, 8^ année, 1908, p. 235-254, 6 fig. dans le texte). (2) Ocypoda hippeus et non Ocypoda ippeus (comme l'ont écrit à tort plusieurs auteurs), d'après l'étymologie de ce mot, d'origine grecque. Ce Crabe est très brièvement caractérisé ainsi par Olivier (Voyage dans l'Empire othoman ^sic;, l'Egypte et la Perse.t. II, 1804, p. 235, PI. XXX, fig. 1) : Ocypoda ippeus, thorace quadrato, scabro, antice utrinque angulato, oculis penicillo tertninatis. Au bas de la planche XXX, on lit : 1. Crabe chevalier. Dans l'explication des planches de l'Atlas correspondant à la seconde livraison, on lit (PI. XXX, fig. 1): Crabe cavalier, Cancer hippeus (sic) d'Egypte et de Syrie. A. Ortmann [Carcinologische Studien {Zool. Jahrb., Abt. fur Syst., etc., Bd.X, 1898, p. 368)] identifie VO. cursor [nec Cancer cursor = Ocypoda cerato- phthalma (Rerhst)] à VOcypodahippeus Olivier, qui existe dans la Méditerranée orientale et sur les côtes de l'Afrique occidentale, jusqu'à l'Angola. (3)E.-L. Bouvier, Sur une petite collection de Crustacés (DécapodesetSto- matopodes) recueillis par M. Ch. Gravier à l'île San Thomé (Afrique occiden- tale) [Bull. Mus. Hist. nat., t. XII, 1906, p. 497). L OCYPODE CHEVALIER 121 ment la teinte gris clair du sable. Je m'approchai de l'un de ceux que l'on voyait courir tranquillement sur la plage. Ce Crabe s'arrêta net et se mit aussitôt en garde en relevant ses Attitude prise par l'Ocypode chevalier courant à une vive allure (M"^ M. Vesque, d'après un croquis de M. Gravier). Le corps, dressé verticalement, est comme perché sur les pattes ambulatoires à l'état d'extension complète et dont les deux moyennes seulement, les plus longues, tou- chent le sol à un moment donné, alternativement à gauche (comme dans la figure) et à droite. Le déplacement du corps se fait latéralement, c'est-à-dire plus ou moins norma- lement au plan de symétrie de l'animal. Les yeux pédoncules munis chacun, à leur extré- mité, d'un pinceau de longs poils, sont dressés parallèlement l'un à l'autre, de même que les pattes antérieures aux pinces robustes et inégales. yeux assez longuement pédoncules, logés, comme on le sait, dans une fosse située au bord antérieur de la carapace, de chaque côté du front ; en même temps, il tendait ses pinces dans ma direction, de manière menaçante, prenant cette atti- tude de défense que l'on observe chez le Crabe enragé de nos côtes, quand il est excité et prêt à combattre. Puis je m'appro- 122 CH. GRAVIER chai à nouveau de lui, lentement et silencieusement, pour essayer de le capturer, mais j'étais encore à plus d'un mètre de lui que je le vis changer brusquement d'attitude et s'éloi- gner au plus vite. Le corps s'était dressé verticalement, sou- tenu par les quatre paires de pattes ambulatoires, à l'état d'extension complète et reposant sur le sol, et comme perché sur de longues échasses ; les pédoncules oculaires, munis de leurs pinceaux terminaux de poils, étaient également dres- sés, parallèlement l'un à l'autre. Les pattes antérieures, aux pinces inégales, mais robustes, avaient pris la même position. Les pattes ambulatoires étaient presque toutes situées dans le même plan. Aussitôt cette attitude prise, l'animal s'enfuit à une allure extrêmement rapide, — bien supérieure à celle des Crabes de nos côtes quand ils sont efîrayés, — en ligne droite, perpendiculairement à son plan de symétrie au départ. Il semblait voler à la surface du sable, qui était simplement effleurée par les extrémités efFdées des doigts ou griffes ter- minales des pattes ambulatoires. Les extrémités de ces appen- dices de la seconde et de la troisième paire, qui sont un peu plus longs que les autres, paraissaient seules toucher le sol successivement d'un côté et de l'autre du corps. Il ne serait pas prudent d'être absolument affirmatif à cet égard, à cause de la vitesse de déplacement de l'animal. Il faudrait pouvoir cinématographier l'animal à la course, — ce qui ne serait pas facile, — et étudier ses mouvements ralentis, comme on l'a fait pour beaucoup de mouvements rapides. En tout cas, les pattes ambulatoires situées du côté du départ se substituaient, dans un rythme très rapide, à celles du côté opposé pour faire avancer l'animal dans le plan où il se déplaçait, ce plan avait une orientation quelconque par rapport au bord de la mer, que l'animal ne cherchait pas à rejoindre par le chemin le plus court. Il me fut impossible de suivre, en courant de_ toutes mes forces, le Crabe lancé à cette allure. Les deux jeunes noirs de l'Angola (1) qui m'accompagnaient dans mes excur- sions, plus agiles que moi, n'y réussissaient guère mieux, car (1) Al'époqueoù je me trouvais à San Thomé (1906), les merveilleuses plan- tations de cette île équatoriale étaient presque entièrement cultivées par des nègres de l'Angola. l'ocypode chevalier 123 ils ne purent capturer qu'un seul des exemplaires que nous rencontrâmes sur la plage de Fernào Diaz (1). Lorsque le Crabe ainsi lancé avait parcouru une longueur que j'estime à une vingtaine de mètres, il s'enfonçait soudai-- nement dans le sable fin et sans consistance où il vivait ; il y disparaissait sans laisser de trace reconnaissable à la surface, qui n'était pas unie. J'ai bien essayé, mais en vain, de le cap- turer au point où il m'avait semblé qu'il s'était enfoui ; il est fort probable qu'il se déplaçait aisément dans ce sable fin et homogène. Il faut remarquer que l'animal, ainsi dressé verticalement sur ses pattes étendues en arrière, se trouve en équilibre instable ; il lui serait impossible de s'y maintenir au repos. Mais il semble bien que c'est dans cette position instable qu'il présente, dans le sens de sa marche, le minimum de surface et, par suite, qu'il éprouve le minimum de résistance dans les couches d'air qu'il traverse. Pour parcourir à une grande vitesse une piste d'une telle longueur, dans une attitude anormale, absolument instable et par conséquent pénible, le Crabe doit faire et soutenir un effort considérable ; il est probable que c'est seulement quand il est épuisé qu'il s'arrête et s'enfonce dans le sable. A. Drze- wina a remarqué que, lorsqu'on poursuit un Grapse, il s'éloigne au plus vite, beaucoup plus rapidement que le Crabe enragé de nos côtes ; mais il se fatigue au bout de très peu de temps. Quand il a parcouru quelques mètres, il est exténué, il s'arrête et peut être alors facilement capturé (2). A. Alcock rapporte que les Ocypodes de l'océan Indien qu'il a pu observer vivants demeurent assez près de leur ter- rier, mais que, s'il leur arrive de s'en éloigner trop et d'en être coupés, ils courent à la mer avec une merveilleuse rapidité. Il (1) Cette attitude étrange prise par l'Ocypode effrayé et en fuite rappelle, dans une certaine mesure, celle que présente le Crabe enragé {Carcinus inaenas L.) dans la position de défense et aussi les attitudes décrites et Tgurées par Siedlecki dans son ouvrage si artistement illustré sur Java (Jawa, Varsovie, 1913) pour certains Insectes [Deroplatys desiccata, p. 179, et Nantis laticollis, p. 180), que M. G. Bohn m'a fort obligeamment communiqué. (2) A. Drzewina, Quelques observations sur l'autotomie des Crustacés [Bull. Soc. biol. Arcw-hon, 1909, 12e année, p. 9). 12't CH. GRAVIER n'en est pas de même pour les Ocypodes chevaliers que j'ai rencontrés à San Thomé. Je dois dire, d'ailleurs, que, dans le sable si fin et si inconsistant de la plage de Fernâo Diaz, je n'ai pas vu trace d'un seul terrier, au niveau le plus élevé atteint par les eaux à mer haute, où sont situées d'ordinaire ces constructions ; je n'en ai point vu davantage plus haut, ni plus bas; mais je ne puis cependant pas affirmer que l'Ocy- pode chevalier n'en creuse pas. Si vraiment il ne se ménage pas de refuge souterrain, l'appareil stridulant aurait une autre fonction que celle d'organe avertisseur ; c'est ce que présumait le savant carcinologiste A. Alcock, qui lui attribue hypothétiquement ce rôle. LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX SUIVANT LE MODE DE VOL LEUR APPLICATION A LA CONSTRUCTION DES AVIONS OUVRAGE SUBVENTIONNÉ PAR LE SOUS-SECRÉTARIAT DE L'AÉRONAUTIQUE Par A. MAGNAN DIRECTEUR A l'ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOMMAIRE Introduction. — I, Les divers modes de vol des Oiseaux. — II. La surface des ailes. — III. Le poids des ailes. — IV. La longueur du corps. Les dimensions de l'aile. — V. Les dimensions des rayons osseux des bras. L'envergure osseuse. — VI. 'La forme des ailes. — VII. Les dimensions de la queue. — VIII. Le moteurdes Oiseaux. — IX. La forme du corps. — X. Applications à l'aviation. — Conclusions. INTRODUCTION But du inéiiioiro. — Aléthodes de.vpériencc. Le vol des Oiseaux a, depuis fort longtemps, intéressé les esprits curieux de comprendre la nature, mais c'est surtout de nos jours que, l'esprit scientifique s'étant développé chez les biologistes comme ailleurs, des recherches plus précises ont été entreprises en vue de découvrir les lois de la locomo- tion aérienne spéciale à certains groupes d'animaux. En France comme à l'étranger, on s'est livré avec passion à l'étude des organes du vol chez les Oiseaux en particulier, et nombreux sont déjà les auteurs qui ont publié le résultat de leurs tra- vaux, les uns sur la surface alaire, les autres beaucoup plus 126 A. MAGNAN rares, sur des parties de Torganisme des Oiseaux utilisées au cours du vol, telles que la queue et les muscles moteurs de Taile par exemple. Mais, ainsi que Ta fort bien fait remarquer Marey {69} en 1890, si Ton trouve dans divers auteurs des renseigne- ments intéressants, il est regrettable qu'on soit obligé de puiser à tant de sources lorsqu'on désire approfondir la question. Le grand savant français estimait alors que les éléments épars gagneraient pour le moins à être réunis, parce qu'ils prépa- reraient beaucoup mieux aux études expérimentales. En effet, les interprétations qui étaient données n'avaient pas permis jusque-là de retirer de ces travaux des lois vraiment générales. Bien des faits n'avaient pas été observés ou n'avaient pas retenu l'attention, qui méritaient cependant de ne pas être laissés de côté. C'est précisément parce qu'aucun travail d'ensemble n'avait encore été fait sur les caractéristiques des Oiseaux et sur leur rapport avec le mode de vol, que j'ai été amené tout naturellement, il y a près de quinze ans, à me préoccuper du problème de l'adaptation des organes à la vie aérienne chez les Oiseaux, à la suite des études que j'avais déjà efïectuées concernant l'influence du milieu ambiant sur la morphologie interne et externe des Vertébrés. L'anatomie comparée nous montre que, parmi les Verté- brés, la classe des Oiseaux constitue un groupe très homo- gène et que les ordres qui ont été créés sont en somme basés sur des différences qu'il est possible d'expliquer par les genres de vie actuels. Toutefois, cette impression est plutôt le fait d'une approximation que le résultat de mesures précises, et Ton peut se demander si elle serait modifiée dans le cas d'un examen plus approfondi du sujet. Persuadé que le corps plastique de l'Oiseau, son fuselage et ses surfaces portantes, ne peuvent être que la conséquence du modelage occasionné par la résistance de l'air qui oppose au déplacement une force considérable, j'ai efïectué métho- diquement des recherches organométriques sur un grand nombre d'Oiseaux dans le but de montrer expérimentalement que les caractéristiques des Oiseaux étaient liées au mode de LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 127 vol et afin de voir si les différences dont on s'était servi pour créer des ordres tenaient au moins en partie au genre de loco- motion aérienne utilisé. J'ai envisagé le sujet avec une ampleur inusitée, et j'ai fait porter mes études et mes dissections sur 494 Oiseaux, appar- tenant à 223 espèces, depuis les grosses espèces comme le Vautour, le Gypaète, l'Outarde barbue, l'Albatros, jusqu'aux plus petites comme le Troglodyte, le Roitelet et l'Oiseau- Mouche. J'estime en effet que l'abondance des données repré- sente un élément important pour la réussite d'un tel travail, car elle donne aux résultats plus de certitude, elle permet d'apporter tous les éclaircissements et de mieux apprécier le phénomène. J'ai pu rassembler ainsi 21 740 données numé- riques, dont la combinaison m'a fourni 30130 rapports, qui feront l'objet d'une publication spéciale, étant donnée leur trop grande étendue. Dans mes recherches, je me suis entouré de toutes les ga- ranties possibles. Pour éviter de graves erreurs, j'ai délaissé volontairement les Oiseaux qui avaient fait un séjour pro- longé en cage, surtout joint à un changement de régime ali- mentaire. Les uns sont engraissés de façon exagérée. Les autres deviennent rapidement d'une maigreur considérable, dont on se rend compte lorsqu'on les déplume ; tel est le cas pour les Piscivores, qui ne s'habituent que difficilement à la perte de leur liberté et qui refusent fréquemment la nourriture qu'on leur offre; tel est le cas aussi pour les vrais Insectivores, qui ne peuvent être nourris faute d'aliments appropriés, si bien qu'ils maigrissent très vite et perdent en très peu de temps le tiers de leur poids normal. Les comparaisons que l'on effectue dans ces conditions entre les dimensions de l'arvimal et son poids sont donc mauvaises. J'ai disséqué et étudié cependant un certain nombre d'Oiseaux à régime spécial, morts de faim, à titre documentaire, et j'ai pu ainsi me faire une idée des chiffres extraordinaires que l'on trouve en raison de leur amai- grissement. Tous les Oiseaux qui ont été utiHsés pour le présent travail étaient en excellent état de santé. Ils ont été mensurés et disséqués aussitôt après leur mort, à l'état de nature. Je les 128 A. MAGNAN ai pesés de façon précise, et j'ai pris mes mesures avec le plus d'exactitude possible afin de posséder des chiffres indiscu- tables, susceptibles d'être comparés utilement à ceux pu- bliés par mes prédécesseurs, afin aussi de démasquer cer- taines envergures immenses et certains poids exagérés qui ne correspondent pa^ àla réalité et qui, dans l'état actuel de la question, ne sont plus acceptables. Ainsi Légal etREicHEL (38) parlent d'un Épervier pesant 766 grammes et d'un Goéland cendré pesant 720 grammes. Il s'agit certainement d'autres espèces, car l'Épervier le plus lourd que j'ai eu pesait 251 grammes et le Goéland cendré le plus gros que j'ai trouvé 386 grammes. J'estime qu'il est indispensable d'éviter de telles erreurs et que, pour de telles études, l'extrême précision dans la nomenclature des espèces examinées a au contraire une importance prépondérante. Depuis près de vingt années, je poursuis des recherches sur les Oiseaux. J'ai observé dans la nature et disséqué soit pour mes travaux sur l'influence du régime alimentaire, soit pour mes travaux sur le vol, environ douze cents individus répartis en près de trois cents espèces. J'ai acquis ainsi des connaissances particulières qui m'auto- risent à affirmer que les dénominations spécifiques dont je me sers se rapportent bien effectivement aux espèces que j'ai eues entre les mains. Je n'ai tout d'abord effectué aucune classification parmi les Oiseaux que j'examinais, car je désirais agir sans idée préconçue ; je désirais me laisser imposer les conclusions par les données numériques elles-mêmes. J'ai dressé pour chaque individu une sorte de graphique sur lequel je portais la valeur des rapports concernant chacun des organes du vol évalué par son poids relatif, sa longueur ou sa surface relatives. J'ai obtenu ainsi des images fortement visuelles (fig. 1) permettant une comparaison plus commode des données numériques entre elles. C'est ainsi qu'en confrontant mes diverses feuilles il m'est apparu de suite que la valeur relative de la surface alaire et celle des muscles pectoraux sont inverses. Moins il y a d e surface portante, plus le moteur est gros chez les Oi- seaux, et réciproquement. Un examen plus détaillé de mes fi ches m'a conduit aussi à déterminer si cette inversion est LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 29 toujours vraie et à préciser dans quelles conditions elle ne l'était plus. De plus, la comparaison sur tous mes graphiques de l'en- 1*0 Z»o ?'9 10 îa n 5ar[ace àïUs 1 M y /'I / '1 Poids / / / / / ailles < \ II 1/ / \ N >v /^ A \ N 1 V r ' ' Envergare \ \ ^ <: ! " \ Largeur •*«i V \ i L 1 VdiU / / / N5 H Longueur ac \.i V ^ QiLeue \ "■^•• •~^.^ ^ ^ A\.u.scU$ Pectoraux \ y ■~-., _^-'' ' \ > / ^.'" .^•''" ^ ^^ Coau-r \ 'v^ « i^f^ ^^ Hau.teur \ \ \ ■•s du V \ N. ^^^^ Bréchet 1 i- 5 o.t Fig. 1. — Type de fiches signalétiques superposées indiquant les quantités ou dimen- sions>elatives des organes. — I. Gypaète barbu, Gypaëius barbatus grandis Storr. Poids : 5 385 gr. — II. Albatros hurleur, Diomedea exulans L. Poids : 8 502 gr. — III. Pigeon ramier, Columba'palumbus L. Poids : 495 gr. — IV. Canard sauvage, Anas platyrhynchus L. Poids : 1 105 gr. vergure et de la largeur relative de l'aile, de la longueur rela- tive de la queue m'a amené à constater que ces quantités rela- tives se groupaient en une série de lots dans lesquels une 130 A. MAGNAN grande envergure s'allie à une grande largeur d'aile ou à une petite largeur d'aile, à une queue longue ou courte, à de gros ou à de petits muscles pectoraux, et qui représen- taient, à part certaines exceptions faciles à expliquer, des groupes naturels très fixes et, à peu de chose près, les ordres naturels d'Oiseaux ou des sections dans ces ordres. Il me restait à voir si ces groupes étaient formés d'individus doués d'un même genre de vol et pour cela à comparer ces groupes à ceux que l'on obtient lorsqu'on réunit ensemble tous les Oiseaux pratiquant un même mode de vol. CHAPITRE PREMIER Les divers modes de vol des Oiseaux. Le vol battu. Mécanisme du coup d'aile. Sustentation et progression horizontale et oblique de V Oiseau. Modalités dans le vol battu. Fréquence des battements suivant les groupes et temps de planement. Le vol à voile et ses divers types. Étude du vent ascendant et du vent horizontal à variations de vitesse. Structure du vent utilisé par les Oiseaux voiliers marins. Mécanisme du vol à voile par vent horizontal coupé de rafales. Le classement des Oiseaux suivant la qualité de leur vol. En même temps que je mensurais et disséquais mes Oiseaux, j'ai tenu à observer, avec attention, le mode de vol des différentes espèces que j'étudiais. Je considère qu'il est impossible de mener à bien une recherche sur l'adaptation des formes d'Oiseaux à toutes les conditions de la vie aérienne si l'on ne joint pas au travail considérable des mensurations les observations nécessaires sans lesquelles l'interprétation devient impossible, et sans lesquelles nul n'est capable d'effec- tuer une œuvre scientifique au sens propre du mot. C'est probablement par suite d'une préparation insuffisante pour de telles études que bien des auteurs, délaissant la nature, ont été amenés à émettre des théories qui ne correspondent pas à la réalité. Pour ne pas être exposé à tirer de mes chiffres des conclusions erronées, j'ai parcouru les plaines, j'ai visité les bois, j'ai côtoyé les rivages, j'ai voyagé en mer. Je me suis même rendu trois fois en Tunisie et en Tripolitaine, afin de chercher à définir sur place et par moi-même le g^n're du vol de chacun des individus que j'examinais. Je ne puis donner ici tout le détail de ces observations. Je ne pourrai pas daA^an- tage analyser ici toutes celles qui ont été faites par d'autres auteurs, parce qu'une telle analyse sortirait du cadre de ce travail, qui vise surtout à la différenciation des caractéristiques des Oiseaux. Je relaterai, par contre, les conclusions précises qui découlent de mes multiples observations, en même temps 132 A. MAGNAN que je les comparerai à celles qui ont été publiées antérieu- rement sur le même sujet. Je me suis rendu compte rapidement qu'il existe chez les Oiseaux une grande variété de vol, mais j'estime que, si Ton ne veut pas compliquer le problème, il est raisonnable de ramener ces modes de vol à deux types : le vol ramé ou battu (1) et le vol à voile, en indiquant cependant qu'on trouve dans la nature tous les passages d'un genre de vol à l'autre, l'un d'eux prédominant toutefois dans la vie de l'individu. Lje vol ramé consiste en coups d'ailes successifs que donnent les Oiseaux ; mais ceux-ci le pratiquent plus ou moins, suivant les espèces. Presque tous les Garinates sont capables de battre des ailes et de se soutenir dans l'air par ce moyen. On sait depuis longtemps que les Oiseaux, avant de s'en- voler, cherchent pour la plupart à acquérir, le bec au vent, une vitesse préalable en courant sur terre comme le Vautour, la Gigogne, l'Outarde ou à la surface de l'eau, comme l'Alba- tros. D'autres, dans le but d'avoir la liberté de leurs mou- vements alaires, sautent en l'air à une assez grande hauteur comparativement à leur taille, comme les petits Échassiers, les Gallinacés, les Passereaux. D'autres enfin, afin de posséder la vitesse acquise nécessaire pour leur envolée, se laissent tomber, d'un lieu élevé, comme les Autours, les Faucons, les Martinets. Au moment de ces départs, toutes les espèces bat- tent plus ou moins violemment des ailes pour aider à l'essor et trouver un point d'appui dans l'air. Ge sont là des faits connus et que j'ai observés personnellement. Un grand nombre d'Oiseaux, appartenant à tous les ordres depuis les Rapaces jusqu'aux Palmipèdes, pratiquent exclu- sivement le vol ramé au cours de leur vie aérienne. Pourbeau- coup, ce mode de vol est l'habitude; il est, si Ton peut dire, continu. Il n'est pas sans intérêt, pour une telle étude, de préciser ce qu'est le vol ramé' qui semble tout d'abord très facile à com- (1) On a proposé la suppression du terme vol ramé, parce qu'il ne correspond pas à la réalité, l'aile ne fonctionnant pas comme une rame, ainsi qu'on l'admet- tait autrefois. Il est certain que le terme vol battu est plus expressif, mais pas assez, à mon avis, pour exclure le premier, que je continuerai à employer au cours de ce mémoire. LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 133 prendre, mais qui, à l'analyse, se révèle beaucoup plus com- pliqué qu'on ne le pensait. On a dit souvent que les Oiseaux volent en frappant Tair de leurs ailes. Si ce phénomène peut être considéré comme la cause réelle de la sustentation, il n'explique pas du tout la progression horizontale. On a longtemps cru que, lorsque l'aile s'abaisse, elle frappe l'air de haut en bas et d'avant en arrière. En se basant sur ce qu'il pensait être l'expression de la vérité, Fabrice d'Acqua- PENDENT {22) comparait le mouvement de l'aile à celui d'une rame. Il y a un peu plus d'un demi-siècle, R. Ovven (7<5) consi- dérait encore que le coup donné de haut en bas ne produit que Tascension de l'Oiseau et que/pour le pousser en avant, les ailes doivent se placer obliquement de manière à frapper en arrière et en bas. Les conclusions de mes observations et de mes expériences sont tellement nettes que j'ai été amené à décomposer les mouvements des ailes pendant le vol ramé de la façon sui- vante. Les ailes, d'abord relevées presque verticalement et le plus généralement assez rapprochées Tune de l'autre, se portent d'abord nettement en avant par leurs pointes, puis elles s'abaissent et frappent alors un coup hjrusque pour trouver un point d'appui sur l'air. Pendant cet abaissement, elles restent largement déployées; leurs faces in;férieures regar- dent d'abord en b'as, jusqu'à ce que leurs plans soient à angle droit avec l'axe du corps, puis elles s'inclinent un peu en avant. Aussitôt que les ailes ont leur point d'appui, l'Oiseau, se servant de celles-ci comme de deux béquilles reposant sur un terrain solide, se projette en avant, exécutant un véritable saut dans l'espace. A la fin de cette projection, les ailes qui ont exécuté un petit mouvement vers l'arrière, ont leur face inférieure qui se tourne de plus en plus en avant ; la partie appelée éventail, comprise entre le carpe et le corps, reste étalée et inclinée vers l'avant, tandis que le fouet, c'est-à-dire la portion de l'aile située en dehors de la main, commence à se replier. A ce moment se produit la remontée des ailes. Les bras et avant-bras, toujours largement déployés, se relèvent ; leur grand axe dirigé obHquemment vers le bas se trouve bien- tôt horizontal ; pendant tout ce temps, la face inférieure de 134 A. MAGNAN réventail regarde de plus en plus dans le sens de la marche de rOiseau, tandis que le fouet, qui s'est replié, suit le mou- vement, sa pointe dirigée vers l'arrière et en bas. Les bras et avant-bras, toujours tendus, continuent à se relever ; les rémiges du fouet s'étalent alors nettement en tournant leur face inférieure vers l'avant. Enfin le déploiement et le rapprochement des ailes s'effectuent lorsque les membres supérieurs sont pour ainsi dire verticaux ; ce mouvement exécuté, le plan des rémiges apparaît comme parallèle au grand axe de l'Oiseau. Puis le même manège se reproduit (fig. 2). On pourra encore mieux se rendre compte des varia- tions d'inclinaison que subit le plan des ailes au cours d'un battement par l'examen de la figure 3. Le corps, après le brusque abaissement des ailes, est élevé et projeté en avant ; il acquiert donc une vitesse déterminée par cette sorte de saut, vitesse qui diminue un peu avant la fin de la remontée des ailes pour s'accroître à nouveau après l'abaissement. L'Oiseau se trouve en fait et se place dans des conditions identiques à celles d'un Homme qui se servirait de béquilles. Le corps, chez l'Oiseau, comme chez l'Homme, s'élève dès que le point d'appui est pris, puis est lancé en avant. Ensuite il retombe. Pendant ce temps, on peut dire qu'il est mobile par rapport aux membres supé- rieurs, et il est certain que dans les deux cas les muscles pectoraux et thoraciques interviennent pour aider le corps à se soulever et à se lancer en avant. En ce qui concerne l'Oiseau, ce sont ces muscles seuls qui ont pour rôle de fournir la force nécessaire pour permettre le saut de l'animal dans l'air. Ce saut, l'Homme qui béquille le provoque surtout au moyen d'un coup de pied sur le sol, mais il peut l'exécuter difficilement, il est vrai, comme j'ai pu m'en rendre compte, si ses béquifies ne sont pas trop éloignées du corps, en fixant énergiquement ses mains sur celles-ci, les bras complètement étendus et en se servant uniquement et énergiquement des muscles reliant la cage thoracique aux membres supérieurs. C'est exactement de cette manière que l'Oiseau effectue sa progression dans l'espace au cours du vol ramé, et c'est pour- quoi il décrit dans l'air une trajectoire d'allure horizontale. LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 135 mais qui en fait est ondulée et composée de relèvements et d'abaissements alternatifs. Cette théorie n'est pas le fait Fig. 2. — Positions diverses des ailes au cours d'un battement. — 1. Au début de l'abaissée des ailes [Effraye, Tyto alba (L.)]. — 2. Au milieu de l'abaissée des ailes [Hobereau (Falcosubhuteolj.)]. — 3. A la fin de l'abaissée des ailes [Sterne naine, Sierna albijrons Pall]. — 4. Au commencement de la remontée des ailes [Épervier, Accipiter nisus (L.)]^ d'une simple conception de l'esprit ; elle résulte non seu- lement de l'examen des films cinématographiques ralentis, mais de l'observation directe . m \ \ \_ et des photographies que j'ai prises de volateurs comme les petits Goélands, les Ra- miers dont les battements d'ailes ne sont pas d'une fréquence exagérée, et que l'on voit facilement sautiller à chaque coup d'ailes. Le nombre de ces oscilla- tions à la seconde est en rapport direct avec le nombre des battements. Plus ceux-ci sont répétés, plus les relèvements Fig. 3. — Positions et inclinaisons succes- sives du plan d'une aile (représenté par la section antéro-postérieure au niveau du carpe) au cours d'un battement : 1 à 8, abais- sée; 8 à 12, remontée. ANN. DES se. NA'I'. ZOOI.., Ifl"' série. 10 136 A. MAGNAN et abaissements alternatifs sont répétés eux aussi dans la même proportion. Ce schéma général du vol ramé s'applique à tous les Oiseaux rameurs. Tous progressent en effet dans l'air par le moyen que j'ai décrit. Les différences que l'on constate dans le vol tiennent uniquement à la fréquence des battements et à l'in- termittence qui se produit entre ceux-ci. Il n'existe pas des vols rames, mais un seul vol ramé avec des modalités diverses. Ce point avait un intérêt particulier à être bien précisé pour la compréhension de mes études et comparaisons organomé- triques. Ma description de la progression horizontale de l'Oiseau n'est d'ailleurs pas en désaccord avec celles fournies par la plupart des observateurs modernes. Strauss-Durckheim (85), le premier, a dit que l'aile en s'abaissant se porte en avant et non en arrière. Pettigrew (79) et Marey (69) ont soutenu la même opinion. Pettigrew a affirmé en outre que l'aile, soit qu'elle s'abaisse, soit qu'elle se relève, présente toujours sa face inférieure en avant. Alix {1) a résumé ainsi les mouvements de l'aile. 1° L'aile en s'abaissant se porte d'abord plus ou moins en avant pour choisir son point d'appui, et ensuite elle frappe de haut en bas et d'avant en arrière le coup brusque, instan- tané, qui fait sauter l'Oiseau. 2° Lorsque l'aile commence à s'abaisser, sa face inférieure regarde en avant ; mais, à mesure qu'elle s'abaisse, sa face inférieure se tourne d'abord de plus en plus directement en bas et ensuite de plus en plus en arrière ; 3^ Pendant que l'aile se relève, elle se dirige, en haut et en avant, et sa face inférieure regarde en avant et en bas. Ces propositions approchent de la vérité, sauf en ce qui con- cerne l'existence du coup donné d'avant en arrière pendant l'abaissement. A la fin de celui-ci, l'aile revient bien un peu en arrière, mais le coup de fouet est déjà donné. Marey (69) a de son côté fort bien précisé les oscillations verticales des Oiseaux. Des applications de sa méthode gra- phique à l'étude du vol, il a tiré les conclusions suivantes, entre autres. Les mouvements de l'aile s'accompagnent de IJvS CAU.VCTÉrUSTIQUKS DEvS OISEAUX 137 réactions sur le corps de l'Oiseau. Des réactions verticales de très faible amplitude s'observent chez certaines espèces (Canard) au moment de l'abaissement de l'aile et au moment de sa remontée. Chez les Oiseaux à grandes ailes et à batte- ments lents, les réactions sont fortes pendant l'abaissement des ailes, presque nulles pendant leur remontée. Des réac- tions analogues s'observent dans le sens horizontal : elles con- sistent en accélérations et ralentissements de la progression de l'Oiseau. Ces réactions se combineraient entre elles de la manière suivante : l'abaissement de l'aile spulève et en même temps propulse le corps de l'Oiseau. L'élévation de l'aile, lorsqu'elle produit le soulèvement ou seulement la suspension de l'Oiseau, s'accompagne d'une perte correspondante de vitesse. Dès lors, on serait en droit d'admettre que cette élévation se fait aux dépens de la vitesse de l'Oiseau, qui se soutient en présentant ses ailes contre l'air, à la manière d'un cerf -volant, et par un mécanisme analogue à celui qui produit la ressource des Oiseaux de proie. HoussAY (32) a montré à son tour que le corps de l'Oiseau décrit en plein vol un mouvement oscillatoire dont les abaisse- ments sont passifs, alors que les relèvements sont dus à l'action des muscles pectoraux et thoraciques qui prennent appui sur l'axe d'attaché des ailes, ce qui est parfaitement vrai. C'est autour d'un tel axe que le corps se déplacerait de façon rythmique ou vibratoire, qu'il battrait comme battent simultanément les ailes autour du même axe. Dans ces condi- tions, les ailes ne battraient que par contre-coup des mouve- nients du corps ; trop peu larges, n'offrant pas assez de résistance, elles s'enfonceraient en efîet dans l'air quand les muscles entreraient en jeu pour soulever l'arrière du corps. Œhmichen (74) a donné une théorie du coup d'aile. Il a effectué un travail très précis sur le vol ramé, et il a étu- dié les courants circulaires, les ondes de suite... qui prennent naissance, selon lui, pendant les déplacements de l'aile. Il affirme que, si l'abaissement soulève l'Oiseau, c'est le début de l'élévation qui le projette en avant, la progression s'obtenant par la récupération de l'énergie contenue dans l'onde de suite. 11 est regrettable qu'il prétende que ce sont ses observations 138 A. MAGNAN sur la musculature des Oiseaux qui l'ont amené à concevoir de cette façon le vol ramé. Cet auteur considère, avecMAREY, dit-il, que les muscles des Oiseaux sont des muscles ordi- naires, pas beaucoup supérieurs à ceux des Mammifères du même poids, qui n'ont rien d'extraordinaire pour la taille de labête,sont développés certainement, mais pas beaucoup plus que ceux des cuisses, qui n'ont pourtant pas d'elïorts spé- ciaux à accomplir. Une telle assertion ne cadre pas du tout avec la réalité, comme je le prouverai plus loin. La plupart de ce^s auteurs ont cherché aussi à construire la figure que décrit dans l'espace un point quelconque de l'aile pendant sa révolution. Strauss-Durckheim {85) pensait que c'est une ellipse dont le grand axe est dirigé de haut en bas et d'arrière en avant. Pettigrew {79) a dit, d'une part, que la bout de l'aile décrit une ellipse et, d'autre part, il affirme que c'est un 8. Mare y (69) considérait que cette trajectoire est, pour l'humérus, voisine d'une ellipse dont le grand axe. légè- rement incliné en bas et en avant, s'approche de l'horizon- talité. Pour la région du carpe, cette courbe serait presque circulaire dans le plein vol. Elle serait d'une forme très compliquée à l'extrémité de l'aile, sans qu'il ajoute de pré- cision à ce sujet. En vérité, la trajectoire que décrit la pointe de l'aile est assez compliquée. J'ai trouvé que pendant l'abaissement cette pointe dessine un arc dont la concavité est tournée vers l'Oiseau, donc vers l'arrière et un peu vers le bas, puis au bas de sa course, après le coup de fouet, elle décrit une boucle au moment où l'aile revient légèrement en arrière. Cette ligne imaginaire, que j'ai représentée dans la figure 4, se porte en- suite en avant dans le sens de la marche de l'animal, par suite de la progression, puis peu à peu en haut au cours de la relevée de l'aile ; elle représente un arc allongé dont la concavité re- garde en sens inverse de la première, c'est à-dire, toujours vers l'Oiseau, mais en avant et beaucoup plus vers le bas. L'examen de la figure 4 montre en même temps le déplace- ment simultané du centre de gravité de l'Oiseau et permet de se rendre compte de la nature des oscillations subies par le corps. LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAL X 39 Œhmichen (74) a fourni une représentation très inté- ressante de la trajectoire absolue de la pointe de l'aile du Héron au cours du vol ramé. Sauf pour quelques détails, elle s'accorde bien avec la mienne. Dans tout cet exposé, c'est le vol horizontal que j'ai con- sidéré, comme les autres auteurs d'ailleurs. La théorie que j'ai donnée ne subit pas de modification dans l'ensemble lorsqu'il s'agit de vol oblique en haut et en avant, ou de vol vertical dirigé de bas en haut. Le premier est un vol normal qui se produit quand l'Oiseau suit une direction ascendante dans Fig. 4 . — Trajectoire réelle de la pointe d'une aile A et du centre de gravité de l'Oiseau C au cours du vol battu. le but de gagner de la hauteur. Le mécanisme général du vol ramé n'est pas changé. En effet, pour obtenir cette ascension oblique, il suffît que l'aile frappe l'air en cherchant un point d'appui moins bas et moins à l'avant que dans le vol hori- zontal. Toutefois, dans ces conditions, le travail des muscles pectoraux et thoraciques est beaucoup plus considérable, car il doit assurer un soulèvement du coup plus important que lors de la progression horizontale. Ce modo de vol, en effet, ne peut être réussi par l'Oiseau que si, à chaque coup d'aile, l'élévation du corps est supérieure à la chute qui a lieu à la fin de la remontée de cette aile, alors que dans le vol ramé horizontal, relèvements et abaissements alternatifs, ont une amplitude sensiblement égale. Pour la compréhension du phénomène et de l'effort, on peut comparer l'Oiseau en vol horizontal et en vol oblique à un béquillard se déplaçant sur un terrain plat ou gravissant un escalier. Le vol direct en haut, qui est très rare et qui ne se rencontre guère que chez les Alouettes, les Traquets et un peu chez les 140 A. MAGNAN Pigeons, est efîectiié par les mêmes moyens que ceux employés par les Oiseaux pour les vols précédents. Toutefois, le corps est plus ou moins relevé verticalement, et de ce fait les coups d'ailes sont donnés obliquemment vers le bas, mais avec une énergie et une rapidité plus grandes, de façon à ce que la hauteur d'ascension du corps, à chaque battement, soit supé- rieure à la chute qui lui est consécutive. Ce vol direct, qui paraît très difficile à maintenir, rappelle dans son exécution le vol au point fixe du Pigeon qu'a fort bien décrit Œhmi- CHEN {74). Dans ce cas, l'animal tient son corps presque ver- tical en tendant le cou horizontalement vers l'avant, et il se soutient en l'air au même point, sans déplacement appréciable, par un battement d'ailes oblique en bas et en avant, la pointe de l'aile pendant l'abaissement venant frapper, dans sa limite la plus extrême, dans un plan horizontal passant par le crou- pion. Ce schéma général, qui rend compte de la sustentation et de la progression pendant le vol ramé, s'applique, je tiens à le répéter, à tous les Oiseaux, au moment où ils battent des ailes ; les seules différences que l'on puisse constater résident dans la plus ou moins grande fréquence des battements, et aussi dans l'importance des périodes de repos relatif au cours desquelles l'animal cesse ses battements tout en continuant sa progression dans l'espace. La plupart des Palmipèdes pourvus de petites ailes, comme les Canards, les Pingouins..., avancent dans l'air au moyen de battements d'ailes assez précipités dont le nombre varie de 8 à 12 par seconde suivant les espèces que j'ai pu étudier. Le vol battu est chez eux continu, et il est rare qu'ils cessent de frapper l'air de leurs ailes au cours de leur vol, qui est parmi les plus rapides. J'ai, en effet, trouvé pour un Canard sauvage une vitesse de 122 kilomètres à l'heure. Les recherches concernant les vitesses de battement et de déplacement des Oiseaux ont, à mon avis, un gros intérêt à être précisées, même pour des études organométriques comme celles que j'ai entre- prises. C'est une des questions dont je m'occupe depuis un certain temps et au sujet de laquelle j'ai pu déjà ras- sembler des documents qui feront l'objet d'une autre publi- LES CAliAC/rEHISTlQlES DKS OISEAUX m cation. Je ne donnerai ici que les résultats moyens que j'ai obtenus, sans entrer dans le détail des procédés que j'ai em- ployés. Pour posséder une valeur réelle, ces documents ont besoin d'être abondants et plusieurs fois contrôlés. Je dirai, toutefois, que les chiffres moyens que je donnerai ici corres- pondent à la réalité. Quelques Palmipèdes à ailes un peu plus développées que celles des Canards, tels que les Cygnes et les Oies, qui pro- gressent à l'aide de coups d'ailes d'une fréquence un peu plus ralentie, sont capa- bles de garder les ailes éten- dues et immobiles et de par- courir ainsi un certain es- pace grâce à la Altesse ac- quise. D'autres, adaptés plus ou moins complète- ment à la vie aquatique, ne volent que rarement, comme les Grèbes et les Plongeons, ou plus du tout comme les I''?- ■'■ - Grouse, Lagopus scoticus Lalh. '■ , exécutant un planement. Pingouins du Gap. Les Gallinacés ont presque tous un genre de vol sensible- ment identique à celui des oies. Après une série de coups d'ailes rapides et précipités dont le nombre est en moyenne d'une dizaine par seconde, ils prennent de la vitesse, puis leurs ailes déployées et immobiles, c'est-à-dire ne battant plus, ils avancent dans cette position, exécutant en somme un véri- table planement pendant ce laps de temps toujours de courte durée (fi g. 5). La vitesse de progression est en moyenne de 60 kilomètres à l'heure chez la Caille, le Coq de bruyère, de 80 chez la Perdrix et les Lagopèdes. Pendant ces avancées, ces Oiseaux se trouvent dans des conditions voisines de celles de certains avions très rapides et à ailes réduites, au moment de l'atterrissage, par exemple. Le mode de vol des Colombins, Ramiers, est un peu diffé- rent ; ils donnent des coups d'ailes encore rapides, 3 à 6 en m.oyennjp par seconde ; ils sont capables de planer aussi les 142 A. MAGNAN ailes étendues entre deux séries de battements, mais, en outre, lorsque leur vitesse est suffisante, ils exécutent des vols sans battement, les ailes fléchies, ce que ne font pour ainsi jamais les Gallinacés. L'articulation du coude légèrement pliée, la pointe des ailes nettement ramenée en arrière comme le montre la figure 6, ils diminuent ainsi considérablement leur surface portante, et filent sur les couches d'air sans perdre beaucoup de hauteur et à une vitesse qui peut atteindre Fig. 6. — Ramier, Columba palumbus L.. filant à grande vitesse, les ailes flécliies. 120 kilomètres à l'heure, alors que cette vitesse au cours du vol battu varie entre 80 et 90 kilomètres à l'heure. Les petits Échassiers progressent dans les airs d'une ma- nière analogue. Entre les périodes de coups d'ailes qui varient de 5 à 10 par seconde, ils se laissent glisser sur les couches d'air en portant la pointe de leur ailes en arrière (fig. 7) avec une vitesse d'ailleurs très variable qui est de 60 kilomètres à l'heure pour les grosses espèces et qui arrive à dépasser le 100 à l'heure chez les petites espèces, comme les Pluviers. Certains d'entre eux, adaptés à la vie aquatique comme les Foulques, n'exécutent que de rares envolées, toujours de courte durée. D'autres Oiseaux, comme les Martinets et les Hirondelles, bien que ne progressant qu'à l'aide de coups d'ailes rapides, dont le nombre est environ de 8 par seconde pour les pre- LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 43 miers et de 3 à 4 pour les seconds, peuvent fournir des temps de planement assez longs grâce à leur surface por- tante plus développée. Ils comptent parmi les Vertébrés vo- lants les plus rapides. On a dit que la vitesse de T Hirondelle atteignait 241 kilomètres à l'heure et celle du Martinet 316 kilomètres, grâce à des battements qui seraient au nombre de 25 à 28 par seconde pour les derniers (69) ; ces chiffres sont fantaisistes. J'ai trouvé personnellement des vitesses plus faibles : 125 au plus pour l'Hirondelle rustique et 165 au maximum pour le Martinet noir. l''ig. 7. — Combattant, Machetes pugnaz (L.) effectuant un planement les ailes fléchies. Les petits Passereaux ont un genre de vol particulier qui consiste en une période de battements rapides suivie d'une période d'arrêt dans les coups d'ailes. Ils progressent d'abord tant que leurs ailes frappent l'air, à raison de 8 à 12 batte- ments à la seconde, suivant une ligne ascendante oblique ; puis, quand la vitesse acquise leur paraît suffisante, ils cessent de ramer, ramassent leurs ailes le long du corps (fig. 8) et filent dans l'air comme une flèche, en perdant de la hauteur. Leur surface portante ne devient pas cependant nulle à cet instant ; elle est seulement six fois plus petite que dans le vol battu lui-même, et elle ne sert alors qu'à équilibrer le corps pendant la progression dans l'air, jusqu'au moment où, la vitesse décroissant, l'animal doit rebattre des ailes pour ne pas tomber. Pendant ce temps, si l'on peut se servir de cette comparaison, l'animal avance dans l'air comme un projectile et décrit comme ce dernier uno trajectoire d'ordre bahstique. 114 A. MAGNAN Ainsi font la plupart des petits Passereaux ; leur marche aérienne est une véritable ligne ondulée, d'amplitude va- riable, formée d'ascensions. obliques pendant les coups d'ailes et de chutes obliques lorsque celles-ci sont presque fermées. Certains Passereaux, comme les Loriots, par exemple, peuvent, en raison de leur surface alaire assez développée, planer un certain temps ; ils font passage entre les espèces dont le vol est ondulé et celles qui constituent le groupe des Corvidés, dont la fréquence des battements n'est plus que de 2 à 3 à la seconde et qui sont capables d'exé- cuter les ailes grandes ouvertes des planements d'une certaine durée. D'autres Passereaux, comme les Mé- sanges, les Rousserolles efTarvates, lesPhragmiteSjles Pics, les Torcols..., ne peuvent se livrer qu'à des vols courts et peu soutenus, saccadés, parce que, leur existence se passant sur les arbres ou dans les roseaux, la faculté de voler est devenue chez eux beaucoup moins développée. Ces Oiseaux ne volent en efïet jamais bien longtemps en général et ne quittent le plus souvent un arbre ou un ro- seau que pour aller s'accrocher à un autre, La faculté de voler a presque disparu chez les Tro- glodytes qui vivent presque continuellement dans les buis- sons et dont le vol est des plus pénibles, chez les Tichodro- mes, qui volent par bonds comme les Papillons en allant d'un mur à l'autre. J'ajouterai enfin que la vitesse des Passereaux n'est jamais grande et que les meilleurs volateurs d'entre eux ne dépassent guère 50 kilomètres à l'heure. Parmi les Rapaces diurnes, il existe tout un groupe formé par les Faucons, qui montrent une virtuosité remarquable dans l'exécution du vol battu. Ils s'élèvent contre le vent en frappant des coups d'ailes répétés dont le nombre varie de 3 à 4 chez le Faucon pèlerin, à 5 ou 6 chez le Hobereau, qui vole à la manière des Martinets. Leur ascension, lorsqu'ils Fig. 8. — VtM'diLT, Chloru-i c/iiu- /•(■«(L.) glissant sur les couches d'air les ailes ramassées con- tre le corps. LKS CAHAC.TÉRISTIQLES DICS OISEAIX I 4 ;> poursuivent une proie par exemple, se fait sous un angle de 15° à 20° avec Thorizon et a reçu le nom de carrière ; elle né- cessite visiblement de grands efforts de la part de l'Oiseau, qui est obligé fréquemment de l'interrompre, et file alors presque horizontalement dans le sens du vent pour revenir au-dessus de son point de départ sans perdre en somme de hauteur. Ce déplacement horizontal a été appelé degré. Lorsqu'à la suite d'une série de carrières et de degrés le Faucon a atteint Fig. 9. — Mouette rieuse, Larus ridibundus L.. les ailes fléchies. une hauteur suffisante, il serre ses ailes contre le corps et fond sur sa proie avec une vitesse vertigineuse. Les Faucons, les Crécerelles en particuher, sont susceptibles de planer d' façon remarquable, comme les Autours et les Éperviers d'ailleurs, dont le genre de vol est voisin du leur. Ce groupe de Rapaces compte parmi les Oiseaux très rapides. J'ai observé, en ce qui concerne le Faucon Hobereau, des vitesses dépassant 100 kilomètres à l'heure au cours d'un vol battu horizontal. D'autres groupes enfin, pourvus d'une grande surface alaire, comme la majorité des Rapaces diurnes (Vautours, Aigles, Buses, Buzards) ou nocturnes, comme les Palmipèdes à grandes ailes (Albatros, Fous, Goélands...), comme cer- tains Ëchassiers (Grues, Cigognes, Hérons, Marabouts...) 146 A. MAGNAN exécutent des vols rames, les uns assez exceptionnellement, les autres plus fréquemment. Mais toujours le nombre de leurs battements est réduit à 1 ou 2 par seconde ; ceux-ci s'effectuent à des intervalles assez éloignés, car le plus sou- vent ces Oiseaux planent les ailes grandes ouvertes pendant des temps plus ou moins longs ou filent les ailes plus ou moins fléchies vers Tarrière à une vitesse plus grande (fig. 9). Leur déplacement dans Tespace, dans ce dernier cas, est plus ra- pide. Alors qu'en moyenne il est d'une quarantaine de kilo- mètres à l'heure, il peut dans ces conditions atteindre 50 à 60 kilomètres. Au cours de cette étude sur le vol battu, je n'ai considéré que la surface alaire et ses mouvements. Il existe cependant un autre organe qui joue un rôle important chez les rameurs, c'est la queue, que l'Oiseau peut étaler ou resserrer dans un moindre espace, qui peut s'élever, s'abaisser, s'incliner à droite ou à gauche et qui, par conséquent, représente, contrai- rement à ce que pensaient certains auteurs comme Mouil- LARD (77), un véritable gouvernail de profondeur et de direc- tion. Dans le vol ramé, la queue est constamment pliée, sauf au départ, pendant les ascensions, les descentes précédant l'arrivée, pendant les mouvements tournants. Dans la pro- gression horizontale, sa surface est toujours réduite au mini- mum. On se rend compte par cet exposé, qui eût mérité peut-être un développement plus considérable, mais qui ne m'a pas paru devoir être étendu davantage, étant donné l'objet de ce mémoire, car il eût fallu -pour le faire complet une notice spé- ciale pour chaque espèce, que les Oiseaux sont plus ou moins grands rameurs ou plus ou moins grands planeurs, mais qu'il n'y a pas lieu, en fait, de séparer le vol plané du vol ramé, comme on l'a fait jusqu'ici. Ce sont en vérité deux temps d'un seul mode de locomotion aérienne, l'un de ces temps étant plus utilisé que l'autre par l'animal au cours de ses déplace- ments dans les airs suivant sa propre conformation et, par conséquent, ses qualités aviatrices. Il ne faut pas confondre le vol plané, quelle que soit sa durée, avec le vol à voile. Pendant le vol plané, le Rapace, LES CAKACTÉRISTIQUKS DES OISEAUX 147 par exemple, les ailes étendues à angle droit avec Faxe du corps, glisse sur Tair ou décrit des orbes successifs, mais toujours en perdant de la hauteur ; il effectue ce vol même si Tair est calme. Il se comporte comme un avion pourvu d'une grande surface portante qui, moteur éteint, descend lentement selon une trajectoire dont l'inclinaison varie suivant les qua- lités et le profil de l'appareil. Le travail nécessaire pour la sustentation et la progression de l'Oiseau dans le vol ramé est fourni par le battement des ailes. Quand celui-ci cesse, la sustentation est assurée dans des conditions variant avec l'étendue de la surface des ailes, mais la descente commence selon une trajectoire plus ou moins inclinée, qui dépend de la vitesse de l'Oiseau. Dans le vol à voile, le volateur plane si l'on veut, mais il ne perd pas de hauteur ; il en gagne même à tout instant. Il ne développe pas pour cela de force musculaire, en ce sens qu'il ne bat pas des ailes pendant des laps de temps considé- rables; mais le travail musculaire n'est jamais nul cependant. Les expériences auxquelles je me suis livré m'ont prouvé en effet que les muscles grands pectoraux en particulier sont constamment en action pour soulever le corps et le mainte- nir dans une situation appropriée par rapport aux ailes qui sont fortement appuyées sur l'air. Il est certain que le corps de l'Oiseau subit une série d'oscillations verticales, de relè- vements et d'abaissements au cours du vol à voile, comme au cours du vol plané, pendant lesquels les ailes sont aussi pour ainsi dire immobiles. HoussAY (32) se représente le corps comme battant sur l'aile dans le vol plané. Ce battement consisterait alors dans le relèvement du corps ou plutôt de sa partie arrière, qui con- tient le centre de gravité, autour de l'axe des ailes et en sa retombée. Le relèvement se ferait, selon lui, j)ar la contraction de tous les muscles pectoraux ou thoraciques, moins un, le petit pectoral. Le rabaissement aurait lieu presque exclusi- vement sous l'influence de la pesanteur. Il considère que ce balancement rythmique de l'Oiseau est créateur de la vitesse horizontale dans tous les cas, dans tous les modes de vol 1 i8 A. MAGNAN et qu'il suffit pour l'entretien ou même l'amélioration de la sustentation initiale. Œhmichen {74) croit de son côté à l'existence de mouve- ments d'ondulation pendant que l'Oiseau plane. Il est certain que les voiliers, quand ils planent, présentent à certains moments des mouvements ondulatoires. En effet, lorsqu'on réussit à observer de près ces Oiseaux en période de vol plané, on a la sensation très nette par instant qu'ils on- dulent autour de l'axe de vol. Ces ondulations sont-elles dues uniquement aux oscillations verticales du corps qui sont indis- cutables à mon avis ? Sont-elles liées en même temps à une autre cause ? Sont-elles comparables, par exemple, au phé- nom.ène que certains petits planeurs en papier présentent parfois et qui, selon Marey {69)^ semble produit par les dé- placements du point d'application de la résistance de l'air, suivant les lois d'Avanzini? Quand ces appareils ont des ailes étroites, on les voit souvent prendre un mouvement de balan- cement, pendant leur translation horizontale, et progresser suivant une trajectoire ondulée, alternativement ascendante et descendante. On voit aussi que la phase ascendante s'ac- compagne de ralentissement, la phase descendante d'accélé- ration, enfin que, pendant la montée comme pendant la des- cente, l'axe de l'appareil est incliné suivant la même direction que l'axe du vol. Voici l'explication du phénomène que donne Marey {69) en s'appuyant sur les lois d'AvANZiNi {6). L'appa- reil, rigide, ne peut modifier l'inclinaison de ses ailes par rap- port à l'axe du corps; mais, quand la chute a produit une accé- lération suffisante, la résistance de l'air, qui agissait d'abord au milieu de la surface des ailes, se porte au voisinage de leur bord antérieur. Le planeur déséquilibré tend à basculer en arrière et relève son avant. Alors l'inclinaison des ailes sur leur trajectoire présente la direction qui fait monter l'appareil contre la pesanteur. Cet appareil monte donc, mais en même temps il perd de sa vitesse par l'action retardatrice de la pesanteur. Or, par l'effet même de ce ralentissement, le centre de pression de l'air revient coïncider avec le centre de figure des ailes; l'équilibre est rompu en sens inverse, et l'appareil s'incline le bec en bas. Par le fait de cette orientation, le pla- LKS CARACTKin.STIQlKS DES OISEAUX 1 i9 neur suit une marche descendante que la pesanteur accélère. Dès que la vitesse a atteint un degré suffisant, le point d'ap- plication de la résistance de l'air se porte de nouveau en avant, et le planeur recommence une ondulation ascendante. MouiLLARD (71) a été sans aucun doute témoin de ces phénomènes; il les a attribués à un déplacement du centre de gravité des corps en mouvement. Se basant sur les tour- noiements de sens contraire qu'un rectangle de carton bristol exécute dans l'air, il a admis sans preuves que, par l'effet de la translation du cr rton, le centre de gravité de celui-ci a dû se porter en arrière du centre de figure, et il a édifié, en partant de cette hypothèse, toute une théorie pour expli- quer le planement qu'il assimile à une série de ricochets sur l'air. J'estime que seules de nouvelles expériences pourront ré- soudre cette question en ce qui concerne les Oiseaux. Mes études m'ont montré toutefois que l'Oiseau n'extrait pas la force nécessaire pour pratiquer le vol à voile unique- ment du travail de ses muscles, comme certains auteurs paraissent le croire ; il la trouve surtout dans le milieu extérieur. C'est le vent qui représente la puissance utilisée par certaines espèces pour voler à voile sans fatigue réelle, véritable. Ce mode de vol, en effet, qui peut être continu, exige pour se produire, d'après mes propres expériences, l'existence d'un vent plus ou moins fort et son action sous les ailes. Le travail musculaire ne sert pendant le vol à voile qu'à maintenir le corps dans une position favorable par rapport aux ailes. Malgré son évidence, le vol à voile a été nié et est encore nié par quelques esprits qui se refusent à admettre ce genre de locomotion aérienne. Gela tient à ce que le vol à voile, s'il a donné lieu à d'intéressantes observations de la part de natu- ralistes consciencieux, n'a pas été l'objet d'études suffisam- ment précises. On a vu naître ces dernières années beaucoup de théories sur le vol à voile, mais il a été publié fort peu d'études expérimentales à ce sujet, et c'est pourquoi ce mode de locomotion semble encore si mystérieux. Toutefois, je dirai que Pierre Idrac {35) s'est livré à des recherches 150 A. MAGNAN d'ordre physique extrêmement intéressantes pour déterminer les conditions dans lesquelles quelques Oiseaux pratiquent le vol à voile, et il serait à souhaiter qu'il fût suivi grandement dans cette voie. Si les théories qui se flattent de définir ce qu'est le vol à voile sont à l'heure actuelle fort nombreuses et sont le plus souvent issues de l'imagination, les observations précises sur les Oiseaux voiliers et leur manière de voler sont, par contre, en nombre beaucoup plus restreint. Étant donné l'esprit de cette étude et son but, j'analyserai seulement dans ce chapitre, avant de détailler les résultats de mes recherches, les travaux qui présentent un véritable intérêt, parce qu'ils sont basés sur des faits et, par conséquent, sur la réalité. C'est à d'Esterno {21) que l'on doit véritablement la pre- mière définition sérieuse du vol à voile. Il a montré qu'il ne fallait pas confondre avec ce vol tous les accidents du vol ramé qui présentent momentanément l'appareil immobile et rigide, comme le vol à voile le présente constamment. Il arrive, dit-il, par exemple, que l'Oiseau, ayant acquis de la hauteur qu'il ne veut pas conserver, la transforme en trans- lation et se laisse glisser sur l'air qu'il ne frappe plus. D'autres fois, il frappe quelques coups d'ailes après lesquels il continue de marcher horizontalement en tenant les ailes étendues et en parcourant sans ramer un espace qui va jusqu'à 40 mètres et plus. Dans ces deux cas et dans d'autres semblables, l'Oiseau n'obtient aucune production de force ; il ne fait que con- sommer celle qu'il a préalablement acquise; il la consomme dans le premier cas en perdant de la hauteur; dans le second cas, en perdant de la vitesse; d'Esterno affirme, par contre, que le vol à voile a cet inconvénient qu'il ne peut avoir lieu sans vent, mais qu'il a cet avantage qu'empruntant au vent, quand il y en a, une force illimitée, il peut se passer de toute dépense de force de la part de l'Oiseau. MouiLLARD {71) a entrevu le premier la nature du Aent utilisé par les Oiseaux dans le vol à voile. Voici d'ailleurs quel- ques extraits de ses écrits à ce sujet : « Il ne faut jamais dans les calculs supposer qu'un courant d'air a une vitesse régulière ; on serait complètement dans LES CAKACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 151 l'erreur ; une étude attentive du vol des Oiseaux fait voir qu'il y a des bouffées irrégulières, non seulement à la surface, mais même jusqu'aux confins de l'atmosphère visible... « Cependant c'est là encore une base sur laquelle il ne faut pas trop échafauder, parce que les grands planeurs dédai- gnent d'utiliser ces irrégularités du vent ; ils les supportent, les emmagasinent comme impulsion reçue, mais ne se déran- gent jamais pour en profiter. « Pour se faire une idée saine de ce qui se passe dans le vol sans battement, pour se l'expliquer, il faut séparer deux choses qu'on confond ordinairement : le A^ent régulier et le coup de vent irrégulier... « Le coup de vent est une puissance qui est l'âme de l'as- cension : c'est la baguette qui frappe le cerceau de l'enfant, qui lui donne la force de rester debout, de rouler et même de franchir les élévations... « Si le coup de vent se produit dans la partie où l'Oiseau va avec le vent, c'est le coup de baguette que le cerceau reçoit par derrière ; c'est de la vitesse emmagasinée, c'est autant de chute économisée : donc bénéfice pour l'Oiseau d'au- tant. « Si c'est dans la partie du rond où l'Oiseau fait face au cou- rant d'air, c'est son sol de glissement qui est l'air, qui se pro- jette sur lui, et le force comme résultante à s'élever : donc encore bénéfice d'élévation, bénéfice qu'il ne doit pas à l'ac- tion de la chute. » A cette époque, Mouillard considérait surtout les Vau- tours comme des voiliers types, et il ne les séparait pas des voiliers marins, au point de vue de leur façon d'utiliser les vents, tout en reconnaissant que les premiers sont des pla- neurs lents à ailes larges, alors que les seconds constituent une famille de voiliers à ailes étroites, que les premiers ne sont pas organisés pour se mouvoir dans les courants d'air trop rapides, alors que cette vitesse de l'air est parfaitement acceptée par d'autres familles de volateurs. Mouillard croyait aussi que l'Oiseau peut recevoir une impulsion du vent qu'il reçoit par derrière, ce qui est mani- festement erroné, car un volateur dans ces conditions aurait ANN. DES se. NA'I". ZOdI.., lO^ sriic. V, H 152 A. magnan toutes ses plumes retroussées vers l'avant, ce qui est contraire à la réalité comme je l'indiquerai plus loin. Baste (8) distingue trois manœuvres dans le vol à voile des Oiseaux de mer : le planement circulaire avec entraînement, le planement sur place, le planement elliptique sans entraî- nement. Dans le planement circulaire avec entraînement, pratiqué, suivant l'auteur, par les Nauclers, les Urubus, les Goélands, l'entraînement est de 15 à 20 mètres par seconde ; il est plus grand pour le Goéland que pour les deux autres espèces, mieux douées que lui pour le vol à voile. Dans son mouvement tour- nant, l'Oiseau incline le corps du côté de l'intérieur du cercle qu'il décrit et dont le diamètre est de 15 à 20 mètres. Quand, dans son planement circulaire, l'Oiseau gagne de la hauteur, c'est surtout pendant qu'il vole contre le vent ; quand il a vent arrière, au contraire, quand il subit un entraînement plus rapide, le plan dans lequel il se meut est très peu incliné sur l'horizon. Dans le planement sur place, l'Oiseau est presque toujours à une grande hauteur quand il exécute ce genre de vol ; s'il paraît réellement immobile, c'est que l'observateur, placé d'ordinaire beaucoup au-dessous de lui, ne peut juger des déplacements qui se produisent dans le sens vertical. Dans le planement elliptique sans entraînement, l'Oiseau monte et descend tour à tour, éprouvant dans sa progression contre le vent une sorte de tangage qui ne s'observe pas dans la phase de planement sous le vent. Quand il a le vent arrière, le voilier est rapidement entraîné et tend à perdre de la hau- teur ; mais, dans la vitesse même que le vent lui imprime, il trouve, d'après Baste, le moyen de remonter aisément au niveau primitif. En effet, en changeant par un mouvement tournant la direction de son vol, il arrive bientôt à orienter sa vitesse en sens contraire de celle du vent, ce qui fait plus que doubler la force ascensionnelle que l'air exerce sous ses ailes. Bazin (9) puis Langley {37) ont développé la théorie du vol à voile basée sur les vents comportant des irrégularités de vitesse. Ils ont montré que le vent n'est pas une masse d'air LES CAHACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 153 se déplaçant régulièrement et tout d'une pièce avec une vi- tesse et dans une direction constantes, mais bien ime suite, une série très complexes de courants d'air. Le vent hori- zontal a des vitesses essentiellement variables, et il souffle par rafales. Langley a trouvé avec ses anémomètres qu'il y avait à chaque instant des variations brusques de vitesse de 5 à 6 et 8 mètres par secpnde. La vitesse peut s'annuler tout à fait pendant une ou deux secondes pour remonter ensuite à 12 et 15 mètres. SoREAU (84) considère que, comme tous les planeurs, les voihers ne manquent pas d'utihser les courants ascendants, qu'il estime très locahsés, quand ces Oiseaux ont la bonne fortune d'en rencontrer. Mais ces courants ne sauraient con- stituer, à son avis, ni la cause ni une explication générale et systématique du vol à voile. Il pense que les voiliers captent la puissance vive emmagasinée dans les vagues aériennes. Ce seraient les actions calorifiques dont le principe, dit-il, se trouve dans la chaleur solaire elle-même, qui sont la source du travail interne du vent , travail que le voilier sait admirable- ment substituer à son propre travail musculaire. Lanchester (36) a poussé plus loin cette étude et l'a sou- mise au calcul ; il Qst arrivé à cette conclusion qu'avec des variations rapides de vitesse du vent comme on en voit, la théorie du vol à voile par vent horizontal comportant des irrégularités de vitesse se justifie pour des Oiseaux ayant un angle de glissement de quelques degrés seulement. L'Oiseau, dans ces conditions, profiterait de l'augmentation de poussée du vent qui se produit dans le moment où sa vitesse a une valeur supérieure à sa moyenne ; il profiterait des périodes d'accalmie au contraire pour faire une descente planée ordi- naire. LiLiENTHAL {40) a pcusé que les Oiseaux utilisaient pour pratiquer le vol à voile les grandes différences de vitesse qui existent entre les vents superposés en couche mince. L'Oiseau, en passant d'une couche dans l'autre, trouverait dans le vent relatif la somme d'énergie nécessaire pour assurer sa susten- tation et sa progression. Il existe, à mon avis, et cela découle de mes recherches. 154 A. MAGNAN deux sortes de vols à voile. Dans le premier cas, FOiseau utilise les courants ascendants, le vent rendu ascendant parce qu'il rencontre un plan fortement incliné sur l'horizon, une col- line, une montagne ou une falaise par exemple, ou le vent rendu ascendant par suite de réchauffement de l'air au niveau du sol. PENAUD (78), un des premiers, a pensé que des courants d'air ascendants sont nécessaires pour que le vol à voile se produise. Marey (69) déclare, de son côté, avoir vu des Péli- cans s'élever en ramant d'abord, puis sans battements d'ailes, jusqu'à de grandes hauteurs et là planer en sens divers, mon- tant et descendant sans donner un coup d'aile. Des centaines de ces Oiseaux se jouaient ainsi pendant des heures entières. Tout en croyant à la possibilité d'une colonne d'air ascen- dante en dessous d'eux, il s'est demandé toutefois quelle force il fallait supposer à ce souffle vertical pour qu'il soutînt des oiseaux du poids de 6 à 8 kilogrammes sur une surface d'ailes de moins d'un mètre. La théorie du vol à voile réalisée au moyen de vents pré- sentant une composante verticale ascendante a été soutenue par de nombreux auteurs, entre autres par Froude (23), Sir HiRAM Maxim {70), Pierre Idrac {35), alors que Mouil- LARD et d'autres l'ont jugée inadmissible. Hankin {25) pense que le fait, pour les Oiseaux voiliers, comme les Milans et les Vautours, de commencer à s'élever dès que se produisent les tourbillons de chaleur qui font trem- bloter les horizons lointains ne constitue qu'une coïncidence accidentelle. Il relate en effet avoir vu des nuées de Vautours volant sans battement à des hauteurs variant entre 50 et 1 200 mètres, alors que les duvets lancés à la main et à l'aide d'un cerf -volant dérivaient doucement. Il conclut de ses obser- vations que, si l'on constate du vol à voile en même temps que le mouvement de tremblement dû aux masses d'air échauffées qui s'élèvent, néanmoins le vol à voile peut très bien exister sans que l'on observe cette apparence, et réciproquement. Gela prouve, dit-il, que ce phénomène n'est pas la cause de l'autre. Il croit, par contre, à l'existence d'une voilabilité solaire, en se basant sur ce fait que les voiliers sont obligés de LKS CAKACTERISTIQUES DES OISEAUX lt)0 descendre ou de ramer pour se sustenter lorsqu'un gros nuage sombre cache le soleil, et aussi à une voilabilité du vent due aux variations de vitesse et de direction des courants aériens, grâce à laquelle les voiliers peuvent se soutenir sans battre des ailes. Pierre Idrac {35), par contre, a montré de façon très positive qu'en Afrique les zones où les Oiseaux voiliers évo- luent sans battre des ailes et sans perdre de hauteur coïn- cident toujours avec des plages où le vent a une composante ascendante, que dans ces zones il y a une grande densité de volateurs, alors que dans celles où la composante est descen- dante il y en a peu. Dans l'étude qu'il a faite au Sénégal, il a pu, grâce à l'emploi de cerfs-volants spéciaux et par un nou- veau procédé, obtenir des enregistrements continus de la composante verticale du vent. Il a réalisé aussi deux appa- reils servant à mesurer l'un les variations de température et l'autre les variations de pression, pour se rendre compte si, au voisinage des Oiseaux volant à voile, se produisaient aussi des variations de température ou de pression en relation avec la composante ascendante du vent. Il a trouvé que les élé- vations de température au passage des zones ascendantes étaient de l'ordre de 0*^,5 à lo,5 avec une moyenne de 0^,9, la composante ascendante du.vent correspondant à cette moyenne étant de l'ordre de 1 mètre par seconde. Il a constaté que les variations de pression, au contraire, étaient insignifiantes. Sa conclusion est que l'énergie cinétique du vent due aune compo- sante verticale était la cause immédiate du vol à voile et avait son origine première dans des différences de température. C'est donc indirectement à une source d'énergie calorifique que l'Oiseau ferait appel pour se soutenir dans l'air sans dépenser de force musculaire. Il ajoute toutefois que ceci ne s'applique en vérité qu'aux voiliers des pays chauds ou des pays tem- pérés. Les observations que j'ai pu faire au cours de mes voyages dans le sud de la Tunisie et en Tripolitaine m'ont amené à des conclusions identiques à celles de Pierre Idrac. J'ai re- marqué, dès 1906, que le vol à voile ne commence dans ces régions qu'à une heure déterminée de la journée ; le 31 dé- 156 A. MAGNAN cembre 1906, les premiers Vautours fauves que j'ai vu voler dans la partie désertique comprise entre Zarzis et Médenine, à 20 kilomètres au sud de Zarzis, ont apparu dans le ciel à 8 heures du matin, attirés par un âne mort ; le lendemain l^r janvier 1907, il était 8 h. 05. Cette heure fut celle aussi où commença le tremblotement indiquant que des tourbillons de chaleur se formaient et s'élevaient dans l'atmosphère. Dans cette région tunisienne, où cependant il existe des vau- tours en assez grande quantité, on ne les voit jamais réunis en grand nombre. Il est rare d'en apervevoir plus de quatre ou cinq ensemble dans le ciel. Ils décrivent dans les airs des Fig. 10. — Aigle fauve, Aquila chrysaëtus (L.) vu de dessous au cours d'un vol à voile. cercles d'environ 50 mètres de diamètre et s'élèvent lente- ment jusqu'à 1 000 où 1 200 mètres. De là ils descendent en vol plané, puis remontent de la même façon à ces hauteurs. Lorsque leur attention est appelée sur la terre par une proie, ils se laissent alors glisser dans la direction voulue. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de me rendre compte de la façon dont ces Rapaces s'y prennent pour quitter le sol. Ils sont réelle- ment obligés d'efîectuer un effort considérable, même lors- qu'ils ne sont pas gorgés de nourriture. Ils en sont réduits à courir sur le sable, sur une distance de 80 à 100 mètres, en s'aidant plus ou moins de leurs ailes. Après un parcours d'une cinquantaine de mètres, leurs pattes quittent la terre de plus en plus, pendant que les battements d'ailes se pré- cisent davantage; puis, aprèsune course finale d'une cinquan- taine de mètres encore, qui est plutôt comme une succession de bonds de plus en plus al^longés, ils commencent à s'élever à coups d'ailes donnés à raison de 1 à 2 par seconde. A une LES C.AMACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 157 vingtaine de mètres du sol, les battements se ralentissent et, à 50 ou 60 mètres, ils cessent presque, l'Oiseau ayant trouvé l'appui nécessaire. Les Vautours montent alors dans le ciel par orbes successifs, mais ce n'est guère qu'à 100 mètres au-dessus du sable que leur vol prend la majesté qui le carac- térise et que les coups d'ailes ne sont plus du tout donnés. L'ascension est lente, l'animal ne paraissant gagner que 50 centimètres à chaque tour, 1 mètre au plus suivant les circonstances. Le Vautour fauve a toujours à ce moment sa queue largement étalée ; ses ailes sont en V dans le plan hori- zontal et dans le plan vertical. En effet, ces ailes forment un Fig. 11. — Aigle fauve, Aquila chri/saëtus (L.) vu de face au cours d'un vol à voile. dièdre dont les faces ou plans des ailes sont relevées vers le haut et séparées par un angle rectiligne de 160° environ. De plus les pointes des ailes se trouvent portées en avant et en haut ; les bords antérieurs de celles-ci font en outre entre elles un autre angle très obtus, situé dans un plan un peu oblique par rapport à l'axe du corps et dont la valeur oscille entre 160 et 170^, suivant les cas. Les mêmes dispositions se retrouvent chez l'Aigle lorsqu'il vole à voile (fig. 10 et 11). 11 est indéniable que le Vautour fauve utilise les courants ascendants dus à réchauffement de l'air, tout comme l'Aigle et d'autres Rapaces, mais il est certain aussi, comme l'a pensé Mou ILLARD {69), qu'il se sert des vents horizontaux quand ils existent. Mais, et c'est là un fait que j'ai vérifié à plusieurs reprises, cet Oiseau ne peut voler à voile par de tels vents que si leur vitesse ne dépasse pas 6 à 7 mètres par seconde, son meilleur vol étant réalisé par des vents de 5 mètres à la se- conde. Dès que la vitesse du vent dépasse 8 à 10 mètres, ce qui est d'ailleurs assez rare dans les contrées que j'ai visitées 158 A. MAGNAN dans le Sud-Tunisien, le Vautour tient mal l'air; on a l'impres- sion qu'il n'est pas maître de sa machine, et bientôt il regagne son abri. Tout ce que je viens de dire s'applique aux Rapaces pour- vus d'ailes longues et larges. Pour tous, le mode de vol se révèle le même, avec des évolutions identiques, que ce soit en Afrique, ou en Europe, comme j'ai pu le constater au cours de mes pérégrinations. Toutefois, j'ajouterai que certains Ra- paces, comme les Aigles, qui vivent dans les régions monta- gneuses, utilisent fréquemment le vent devenu ascendant, parce qu'il rencontre un plan plus ou moins incliné sur l'horizon, à condition que ce vent ne soit pas trop violent, car, plus que tout autre Oiseau, l'Aigle craint les vents de tem- pête, qui le roulent dans les airs et auxquels il résiste avec beaucoup de difficulté. C'est d'ailleurs une règle générale que les Rapaces voiliers ne sont pas capables de voler par les grands vents, et c'est la raison pour laquelle on n'en voit jamais dans le ciel par les mauvais temps. D'autres Rapaces, tels que les Buses par exemple, prati- quent le vol à voile de façon assez courante. Celles-ci s'élèvent dans les airs, tout comme les Vautours, en décrivant des orbes d'une dizaine de mètres de diamètre. Lorsqu'en ramant ces Oiseaux ont atteint environ 50 mètres de hauteur, ils arrêtent leurs battementsetmontentjusqu'àBOO ou600 mètres sans paraître exécuter aucun mouvement, les ailes toutes grandes ouvertes, les pointes portées en avant de manière à former entre elles un angle de 160° environ. Or, il y a lieu de remarquer que les Buses que j'ai vu voler ainsi évo- luaient au-dessus d'une plaine et que, de ce fait, elles n'avaient pas à leur disposition des vents ascendants. C'est donc le vent horizontal qu'elles utilisaient pour voler à voile. J'ai effectué toute une série de recherches pour connaître la nature du vent dans les endroits où je voyais évoluer des voiliers, en montagne, en plaine ou en mer. Il ne m'est pas possible de donner ici le détail de ces expériences, qui seront publiées en leur temps lorsque leur nombre me paraîtra suffi- sant pour que les résultats soient indiscutables. Je me suis LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 150 servi à cet effet d'anémomètres très particuliers, donnant des résultats précis et fixés à un ballon-sonde par un dispositif spécial, et aussi de cerfs-volants. Cette étude, qu'il est difficile de mener à bien, je le reconnais, je la poursuis à l'heure actuelle pour la rendre aussi concluante que possible ; elle me permet cependant, dès maintenant, de penser que la Buse se sert fréquemment pour voler à voile des vents horizon- taux présentant des irrégularités de vitesse et de préférence des vents relativement faibles, ayant une vitesse de 4 à 5 mètres environ. Mes observations concordent donc, sur un point, avec celles de Hankin {25), particulièrement en ce qui concerne la voilabilité due aux variations de vitesse du vent, pour ce qui est des Rapaces voiliers. Tel est d'ailleurs aussi l'avis d'ANTHONY {4). Certains Oiseaux, appartenant à l'ordre des Palmipèdes, utilisent presque uniquement le vent horizontal pour voler à voile. Ils remontent le fil du vent, qu'ils reçoivent de face. Les ailes plus ou moins étendues, suivant la force du courant aé- rien, ils ne donnent pas un seul coup d'aile, se balançant seulement pour maintenir leur équilibre. De ce vent, contre lequel il se présente, l'animal fait de la hauteur, et sa montée est plus ou moins lente. Pour conserver une direction voulue, il se sert de sa queue comme d'un gouvernail ; il s'en sert aussi comme d'un gouvernail de profondeur si le vent tend à le faire culbuter, pour monter ou pour descendre. Quand l'Oi- seau, qui ne vole jamais dans ces conditions à une grande hauteur, cesse d'avoir le bec au vent, après un virage par exemple, il exécute un planement rapide en suivant le vent, les ailes plus ou moins grandement déployées. Il perd alors sensiblement de la hauteur. Dans le vol à voile, il existe donc aussi deux temps : le premier correspond au premier temps du vol battu pendant lequel le rameur monte dans l'air grâce à des coups d'ailes plus ou moins rapides, avec cette différence que le voilier ne fait, à l'encontre de l'Oiseau rameur, aucun effort vrai pour s'élever et trouve la force nécessaire à l'élévation de son corps non dans ses muscles moteurs, mais dans le vent ; le second temps, par contre, est identique dans les deux modes de vol. 100 A. MAGNAN voilier et rameur utilisant et combinant deux forces, la pesan- teur et la résistance que Fair offre à leur chute, suivant la valeur de leur surface portante, pour descendre plus ou moins vite sur les couches d'air. Je me suis livré à une étude très approfondie du vol à voile chez les Palmipèdes marins, tant en ce qui est de la nature du vent que des mouvements exécutés par l'Oiseau. Voici les résultats auxquels je suis parvenu. Il m'est apparu que les voiliers marins exécutent les meil- leurs vols lorsque le vent, d'allure horizontale, est coupé de rafales, c'est-à-dire renforcé par moments. Ce sont ces rafales qui constituent la base du vol pour les Palmipèdes marins. C'est sur ces rafales qu'ils manœuvrent vo- lontairement. Lorsqu'on cherche à définir la structure d'une telle sorte de vent, on se rend compte qu'il possède une puissance maxima vers le milieu ou vers la fm de la rafale et une puissance mini- ma lorsque la rafale est passée. Entre ces deux extrêmes, il existe une période correspondant à l'arrivée de la rafale, à son début, où la force du vent croît, et une période corres- pondant à la fmde la rafale, où la force du vent faiblit, de telle sorte que la vitesse de ce vent, qui pourra atteindre une di- zaine de mètres ou 15 mètres à la seconde, par exemple, au milieu de la rafale, ne sera plus quelquefois que de 2 ou 3 mètres à la fin et pourra même aussi tomber jusqu'à 0. Or, les voiliers marins, qui apparaissent comme capables d'analyser le vent, utilisent les rafales de façon particulière et toujours identique, ainsi que me l'ont prouvé mes études. C'est toujours au moment où la rafale commence, c'est-à-dire lorsque le vent croît en force, que les voiliers marins se pré- sentent le bec au vent et toujours de ce vent qu'ils reçoivent de face, ils font de la hauteur. Toujours ces Oiseaux, comme tous les autres voiliers d'ailleurs, possèdent à l'instant où ils se présentent contre le vent une certaine vitesse qu'ils ont acquise en se lançant d'un rocher, en courant à la surface des flots ou après avoir exécuté une descente plus ou moins rapide sur les couches d'air, dans le sens du vent, , J'ai observé beaucoup de Fous de Bassan en vol à voile. LES caractp:ristiqies des oiseaux fi Voici leurs manœuvres. Aussitôt que le vent croît en vitesse, leurs ailes se déforment de manière particulière : .celles-ci prennent, vues de face, la forme d'un V dont la pointe serait en bas ; les branches de ce V très obtus font entre elles un angle d'environ 160°. En outre, les extrémités du fouet se re- courbent plus ou moins vers le haut. En même temps, les rémiges de l'éventail, très arquées vers le bas au repos, se re- lèvent sous l'action du vent, ce qui donne à la section de cette aile une courbure caractéristique dont je parlerai plus loin. A ce moment les Fous sentent qu'ils sont portés et en mesure Fig. 12. — Fou de Bassan, Sida bassana (L.) gagnant de la hauteur contre le vent. de gagner de la hauteur. Afm d'aider à cette montée, ils raccourcissent alors leur cou pour ramener un peu en arrière leur centre de gravité ; ils étalent leur queue et la redressent de façon à lui faire faire avec l'axe du corps un angle déter- miné variable suivant la force du vent et d'autant plus obtus que celle-ci est plus grande (fig. 12). La progression du voilier contre le vent est toujours assez lente. Lorsque la vitesse du vent est d'environ 6 mètres par seconde, l'Oiseau, qui tient alors ses ailes largement déployées, ne gagne guère que 30 à 50 centimètres en hauteur par se- conde. Dès que la vitesse du vent oscille entre 8 et 10 mètres à la seconde, vitesse avec laquelle la plupart des voiliers exé- cutent déjà lie beaux vols à voile, l'ascension contre le vent est élégante et facile : elle est de 1 mètre environ par seconde. Aussitôt que la vitesse du vent dépasse 15 mètres à la se- conde, l'élévation de l'Oiseau devient plus brutale, si brutale même parfois que l'animal est obligé de diminuer sa surface 162 A. MAGNAN alaire pour donner moins de prise au vent. L'ascension est presque perpendiculaire et se traduit quelquefois par un recul. Cette montée est aussi plus rapide et peut dépasser 3 mètres à la seconde. Le plus souvent, lorsque la rafale atteint son maximum, le Fou de Bassan exécute un virage plus ou moins large, et, aussitôt que la rafale décroit, il file sur l'air avec le vent ar- rière. Le plus fréquemment, il redescend le fil du vent avec une grande vitesse. Il ramène alors les pointes de ses ailes un peu arrière, et cela d'autant plus qu'il veut aller plus vite. Alors qu'en général ces Oiseaux suivent le vent avec une vi- tesse moyenne de 30 à 40 kilomètres à l'heure, ils parviennent à atteindre le 60 en fléchissant leurs ailes et en inclinant leur queue légèrement vers le bas. Au cours de ce vol, avec vent arrière, l'Oiseau perd de la hauteur, mais il sait fort bien ne donner à sa trajectoire qu'un angle de chute insignifiant, quelquefois presque nul. Enfin, lorsqu'une nouvelle rafale ap- proche, l'animal se présente à nouveau le bec au vent et reprend de la hauteur. Telles sont les manœuvres habituelles qu'exé- cutent les Fous de Bassan, ainsi que tous les voiliers marins d'ailleurs, celles qu'ils exécutent le plus volontiers, parce que les plus commodes, comme j'ai pu m'en convaincre en étu- diant d'autres espèces que les Fous, car, contrairement à ce qu'on a prétendu, il est possible d'observer le vol à voile dans nos régions. On y rencontre en effet, outre les Rapaces, des Palmipèdes comme le Grand Goéland marin et le Puffin cendré, qui vivent au voisinage des côtes de France, le pre- mier sur l'Océan, le second en Méditerranée, et qui se révèlent à l'étude comme des volateurs de premier ordre. Seulement pour les observer, il faut se déplacer, chercher à les découvrir, aller au besoin en mer pendant les périodes où ils ne fré- quentent pas les côtes, et j'avoue que, pour arriver à un résul- tat, il faut faire preuve d'une certaine patience et ne pas craindre de perdre du temps. Bref, pour contempler des voi- liers dans leurs exercices, il faut avoir le courage d'effectuer les déplacements nécessaires. Parmi ces Oiseaux qui utilisent pour voler à voile le vent horizontal coupé de rafales, je citerai encore l'Albatros, la LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 163 Frégate, les Pétrels, la plupart des Goélands, les Thalas- sidromes. Les trois premières espèces n'ont pas besoin d'un très grand vent. Je n'ai jamais vu voler de Frégate, mais j'ai observé, par contre, en 1908, près des Sables-d'Olonne, un grand voilier qui évoluait en mer à côté de Goélands et dont l'envergure m'a paru si considérable par rapport à celle de ses compagnons que j'ai pensé être en présence d'un Alba- tros, Oiseau dont on a signalé la capture plusieurs fois sur les côtes de France. Ce qui est certain, c'est que ce grand voilier décrivait, par une brise légère, au-dessus de la mer, parfois très près des flots, parfois à de plus grandes hauteurs, de la même manière que les Fous de Bassan, des cercles ou des huit, s'élevant et s'abaissant comme le charriot d'une monta- gne russe, et cela sans donner un seul coup d'aile. Les Pétrels et les Goélands, en dehors de tout navire qu'ils recherchent non pour s'aider pendant leur vol, comme on l'a dit, mais pour obtenir de la nourriture, ont besoin d'un vent moyen pour pratiquer le vol à voile ; ils sont bouleversés par les vents forts, alors que les PufTins cendrés volent sans difficulté par les vents de tempête, sans battre pour ainsi dire des ailes, comme j'ai pu m'en rendre compte en pleine Méditerranée, au mois d'avril 1910. On a dit aussi que seules les grosses espèces pouvaient voler à voile. Je crois cette affirmation inexacte, d'après ce que j'ai pu constater en observant des Thalassidromes ou Oiseaux- tempête qui nichent à l'île de Riou, près de Marseille, et dont le poids est inférieur à 20 grammes en général. J'ai vu de ces petits Palmipèdes planer des heures entières, s'élevant et des- cendant sans repos dans les sillons que creusaient les vagues sans presque jamais faire mouvoir leurs ailes. Lanchester (34) cite, comme petite espèce d'Oiseau sus- ceptible de voler à voile pendant des périodes de temps considérables, le Martinet. Il est possible que, dans cer- tains cas, ce volateur se serve du vent, mais il est abso- lument certain que ses temps de planement, dont la durée est en général de deux à trois minutes, sont toujours séparés par une période de battements rapides, qui est la cause de la propulsion de cet Oiseau et qui, ne dépassant pas 164 A. MAGNAN quelquefois trente secondes, peut atteindre deux minutes. D'autres espèces que les vrais voiliers, d'ailleurs, utilisent le vent au cours de leurs déplacements dans l'espace. Quelques grands Échassiers, tels que le Marabout, la Grue cendrée, la Cigogne..., sont capables d'effectuer de vrais vols à voile, de s'élever en orbes, tout comme les Rapaces. Les Corbeaux eux- mêmes savent fort bien se servir, ainsi que les Goélands, du vent ascendant quand ils en trouvent, pour gagner de la hau- teur. Les Oiseaux rameurs, eux aussi, connaissent l'avantage que présente le vent et, s'ils ne peuvent faire du vol à voile, au sens théorique du mot, parce que leur conformation ne leur permet pas d'être de vrais voiliers, ils ont le moyen d'e n pro- fiter et arrivent ainsi à diminuer leurs efforts lorsqu'ils battent des ailes. C'est probablement en s'aidant du vent que les petits Échassiers et les Cailles, qui possèdent d'ailleurs en raccourci des caractéristiques rappelant celles des Fous ou des Goélands, réussissent à survoler de grandes étendues de mer au cours de leurs migration, car leur propre moteur, quoique très puissant, ne serait peut-être pas capable de leur faire effectuer d'aussi longs parcours. Pour terminer, je dirai que le vent n'a pas une structure aussi simple que celle que j'ai donnée comme type courant. On remarque en effet, surtout lorsque la vitesse du vent est assez grande et si les anémomètres d'expérience sont assez sensibles pour permettre d'analyser des tranches de vent très courtes, que les rafales sont constituées d'une suite de pulsa- tions rapides qui se succèdent comme un train d'ondes à raison d'une dizaine en moyenne par seconde pour un vent d'une dizaine de mètres à la seconde d'après mes propres recherches. Les Oiseaux voiliers savent tirer parti de tous les vents; ils peuvent aussi évoluer dans toutes les directions, lorsqu'ils ont intérêt à ne plus s'en tenir au vol classique que j'ai décrit et à se déplacer. S'ils veulent aller en ligne droite contre le vent, ils gagnent de la hauteur lorsque la vitesse du vent est croissante, et ils profitent des périodes d'accalmie pour avancer en descente planée. Ils progressent ainsi dans le même sens suivant une trajectoire ondulée qui ^rappelle le profil d'une montagne russe. S'ils désirent voyager avec LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 165 le vent arrière, les voiliers marins, en particulier, gagnent d'abord de la hauteur, et ils s'elTorcent ensuite d'en perdre le moins possible ; ils en regagnent le cas échéant en remontant le bec au vent. Lorsqu'un Oiseau avance avec le vent arriére, il ne peut se servir de ce vent. En effet très rapidement sa vitesse propre est supérieure à celle du vent, si bien que le voilier vole dans un vent relatif dont la vitesse est fonction de la vitesse réelle de l'animal et que de fait il reçoit de face, ce qu'il est facile de démontrer en fixant un petit drapeau à l'Oiseau. On voit alors que la flamme est dans ce cas dirigée vers l'arrière, par conséquent en sens contraire du vent réel. Or, j'ai remarqué que le voilier qui se déplace ainsi, en suivant le fil du vent, ne perd souvent que peu de hauteur et que quel- quefois même il en gagne un peu. J'ai pensé que, recevant de face le vent relatif, il se trouve dans les mêmes conditions que s'il volait véritablement contre le vent. En tout cas, on constate que l'Oiseau, au moment où il s'élève, a sa vitesse de translation qui diminue, comme s'il était brusquemerlt calé ; on constate aussi qu'à ce moment il tient sa queue étalée et relevée, ma- nœuvre qu'il effectue toujours lorsqu'il veut monter dans l'air. Cet exposé, un peu long peut-être, était cependant indispen- sable pour faire comprendre les différences qui existent entre les divers groupes d'Oiseaux en ce qui concerne les organes du vol. Par l'étude que j'ai faite des divers modes de vol chez les Oiseaux, j'ai été amené à classer définitivement ceux-ci en vingt groupes, dont je donne ci-dessous la liste avec le nom des espèces (1) qui les composent et qui ont servi à mes recherches organométriques. I. — ISapaces diurne»-» voillei'8, Oiseaux terrestres, battant des ailes peu fré- quemment et pratiquant le plus souvent le vol à voile à l'aide de vent ascen- dant ou de vent horizontal faible. Excellents planeurs (vitesse moyenne : 30 à 40 kilomètres à l'heure). 1. Vautour fauve, Gypsfulvus{lliihl.). 2. Gypaète barbu, Gypaëtus barbatus grandis Storr. .3. Catharte noire, Catharista atrata (Bartr.) I. Aij^le fauve, AquLla chrysaëtus (L.). 5. Aigle de Bonelli, Hieraëtus fascia- tus (Vieill.). 6. Aigle bateleur, Ilelotarsus ecau- datus (Daud.). (I) Pour la nomenclature employée dans ce mémoire, voir P. Paris, Fat/»» de France, Oiseaux. Paris 1921, et Dubois, Synopsis avium, Bruxelles, 1901 166 A. MAGNAN 7. Aigle aguia, Geranoaëtus )nelano- leucus (Vieill.). 8. Circaète Jean-le-Blanc, Circaëtus gallicus (Gmel.)- 9. Buse commune, Duteo huteo (L.). 10. Bondrée apivore, Peniis apivorus (L.). 11. Balbuzard fluviatile, Pandion ha- liaëtus (L.). 12. Buzard harpaye, Circus œrugi- nosus (L.). 13. Buzard Saint-Martin, Circus cya- neus (L.). 14. Buzard cendré, Circus pygargus (L.). 15. Buzard blafard, Circus macrurus (Gmel.). 16. Milan roval, Milvus milvus (L.). 11. — Palmipèdes voiliers, Oiseaux marins, ne battant en général que fort rarement des ailes et volant à voile pendant des heures entières en utilisant presque uniquement les variations de vitesse du vent horizontal (vitesse moyenne : 40 à 50 kilomètres à l'heure). 1. Albatros hurleur, Diomedea exu- lans L. 2. Frégate, Fregata aquila (L.). 3. Fou de Bassan, Sula bassana (L.). 4. Puffin cendré, Puffinus kuhli Boie. 5. Thalassidrome tempête, Hydro- bates pelagicus (L.). 6. Goéland marin, Larus marinus L. III. — Échassiei's ranio-planeiirs. Oiseaux de marais en général, dont le vol battu, effectué lentement, est interrompu fréquemment par des plane" ments assez longs et qui sont susceptibles de voler à voile, pour la plupart, en utilisant les vents à composante ascendante ou les vents horizontaux irréguliers faibles et moyens (vitesse moyenne : 45 kilomètres à l'heure). Héron cendré, Ardea cinerea (L.). Aigrette blanche, Egretta alba (L.). Butor commun, Botaurus stel- laris (L.). Bihoreau d'Europe, Nycticorax nyc- ticorax (L.). Spatule blanche, Plaialea leuco- rodia L. 6. Cigogne blanche, Ciconia ciconia 11.). 7. Grue cendrée, Megalornis grus (L.). 8. Marabout à sac, Leptoptilus cru- meniferus Less. 9. Vanneau huppé, Vancllus vanel- lus (L.). IV. - Rapaces nocturnes ranio-planeurs, Oiseaux terrestres, à vol lent et silencieux, ne donnant que des coups d'ailes peu fréquents (1 à 2 à la seconde) et pouvant planer de façon remarquable (vitesse moyenne : 30 à 40 kilomètres à l'heure). 4. Petit-Duc, Otus scops (L.). 5. Effraye commune, Tyto alba (L.). 6. Chouette hulotte, Strix aluco L. 7. Chevêche commune, Athene noc- tua (Scop.). 1. Grand-Duc ordinaire, Bubo bubo (L.). 2. Hibou Moyen-Duc, Asio otus (L.). 3. Hibou brachyote, Asio flammeus Pont. V. — Rapacesdiurnes ramo-planeurs. Oiseaux terrestres, à vol rapide, ca- pables d'effectuer des planements quelquefois d'assez longue durée, parfois des vols à voile, mais qui ne s'élèvent et ne progressent qu'au moyen de battements plus ou moins rapides (2 à 7 à la seconde) (vitesse moyenne : 80 à 100 kilomètres à l'heure). Autour des palombes, Accipiter gentilis (L.). Épei'vier ordinaire, Accipiter nisus (L.). LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 107 3. Caracara, Polyborus tharus (Mol.) 4. Faucon Crécerelle, Falco tinnuri- culus L. 5. Faucon pèlerin, Falco peregrinus Tunst. 6. Faucon hobereau, Falco subbuteo L. 7. Faucon émerillon, Falco colum- barius resulus Pall. VI. — Corvidés rnnio-plaiieui-is, Oiseaux terrestres à vol assez lent, dont les battements peu rapides (1 à 3 à la seconde) cessent fréquemment pour être remplacés par des temps de planement plus ou moins longs, et qui utilisent parfois les vents ascendants ou horizontaux pour esquisser des vols à voile (vitesse moyenne : 40 à 50 kilomètres à l'heure). 1. Corneille noire, Corvus corone L. 2. Corneille mantelée, Corvus cornix L. 3. Freux ordinaire, Trypanocorax fra- gile gus (L.). 4. Choucas gris, Colœus monedula spermologus (Vieill.). 5. Crave ordinaire, Pyrrhocorax pyr- rhocorax (L.). 6. Chocard des Alpes, Graculus gra- culws (L.). 7. Casse-noix vulgaire, Nucijraga ca- ry ocat actes (L.). 8. Rollier vulgaire, Coracias garrtt- lus L. 9. Pie ordinaire, Pica pica (L.). 10. Geai ordinaire, Garrulus glan- darius (L.). 11. Huppe vulgaire, Upupa epops L. 12. Geai des Incas, Xanthoura yncas (Bodd.) . VII. — Passereaux ramo- plan eurs,Oiseaux terrestres, à vol très rapide, sus- ceptibles de belles périodes de planement séparés par des temps de battements rapides, souvent spasmodiques (3 à 10 à la seconde) (vitesse moyenne : 80 à 150 kilomètres à l'heure). 1. Coucou gris, Cuculus canorus L. 2. Engoulevent d'Europe, Caprimul- gus europseus L. 3. Martinet noir, Apus apus (L.). 4. Hirondelle des cheminées, Chelidon rustica (L.). 5. Hirondelle des fenêtres, Hirundo urbica (L.). 6. Hirondelle de rochers, Riparia ruppstris (Scop.). VIII. — Palmipèdes i*aiiio-plaiieui'.«i,Oiseauxmarinsouderivage, progres- sant à l'aidedebattementsde fréquence moyenne (2à6 à la seconde), planant de façon remarquable, et susceptibles de s'aider des vents ascendants et hori- zontaux faibles et moyens (vitesse moyenne : 50 à 70 kilomètres à l'heure). 1. Cormoran ordinaire, Phalacrocorax carbo (L.). 2. Puffin des Anglais, Puffinm puffi- nus (Brunn.). 3. Goéland argenté, Imius argenlatus Pontopp. 4. Goéland cendré, Larus canus L. 5. Goéland tridactyle, Rissa tridac- tyla (L.). 6. Mouette rieuse, Larus ridibun- dus L. 7. Sterne Pierre-Garin, Sierna hirun- do L. IX, — Passereaux rameurs à vol soutenu, représentés par la plupart des petits Oiseaux terrestres, qui en général rament avec rapidité (5 à 14 bat- tements à la seconde), puis filent comme des flèches, les ailes en partie ramassées, et recommencent ensuite à donner des coups d'ailes (vitesse moyenne : 40 kilomètres à l'heure). .\NN. DRS se. NAT. ZOOL., 10» série. V, 12 168 A. MAGNAN 1. Gobe-mouche gris, Muscicapa striata (Pallas). 2. Gobe-mouche noir, Ficedula hypo- leuca (PalL). 3. Alouette des champs, Alauda nr- vensis L. 4. Pipi des prés, Anthiis pratensis (L.). 5. Pipi des arbres, Anthus trivia- lis (L.). 6. Bergeronnette grise, Motacilla alba L. 7. Bergeronnette printanière, Mota- cilla flaca L. 8. Bergeronnette boarule, Motacilla cinerea Tunstall. 9. Pie-grièche' grise, Lanius excu- bitor L. 10. Pie-grièche rousse, Lanius sena- tor L. 11. Pie-grièclie écorcheur, Lanius col- lurio L. 12. Rossignol ordinaire, Luscinia >ne- garhy?icha Brehm. 13. Rouge-gorge familier, Erythacus rubecula (L.). 14. Rossignol de muraille, Phœnicu- rus phœnicwus (L.). 15. Rouge-queue tithys, Phœnicurus ochrurus gihraltatiensis (Gm.h 16. Tarier ordinaire, Pratincola rube- tra (L.). 17. Tarier rubicole, Pratincola rubi- cola (L.). 18. Pouillot de Bonelli, Phylloscopus bonellii Vieill. 19. Pouillot véloce, Phylloscopus ru- jus Bechst. 20. Loriot jaune, Oriolus oriolus (L.), 21. Merle bleu, Monticola solita- rius (L.). 22. Merle de roches, Monticola saxa- tilis (L.). 23. Merle noir, Turdus merula L. 24. Merle de Naumann, Turdus nau- manni Temm. 25. Grive draine, Turdus viscivorus L. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 3'i. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 46. 47. 48. 49. 50. Grive litorne, Turdus pilaris L. . Grive musicienne, Turdus musi- cus L. Grive mauvis, Turdus iliacus L. Merle à plastron, Turdus torqua- tus L. Étourneau vulgaire, Stumus çul- garis L. Bec croisé ordinaire, Loxia curci- rostra L. Gros-Bec ordinaire, Coccothraustes coccothraustes (L.). Bouvreuil ordinaire, Pyrrhula pyr- rhula europseaW-GiW. Serin cini, Serinus canarius seri- nus (L.). Verdier ordinaire, Chloris chlo- ris (L.). Pinson ordinaire, Fringilla cse- lebs L. Pinson d'Ardennes, Fringilla nionti fringilla L. Moineau domestique, Passer do- mestica (L.). Moineau friquet. Passer mon- tana (L.). Moineau soulcie, Petronia petro- nia (L.). Chardonneret élégant, Carduelis carduelis (L.). Tarin ordinaire, Spinus spi- nus (L.). Linotte vulgaire, Acanthis canna- bina (L.). Venturon alpin, Spinus citri- nella (L.). Bruant jaune, Eniheriza citri- nella L. Bruant zizi, Einberiza cirlus L. Bruant ortolan, Emberizahortu- lana L. Bruant fou, Eniheriza cia L. Bruant des vo^e?iMX,\Emberiza scîiœniclus L. Roitelet huppé. Begulus regu- lus (L.). X. — Passereaux rameurs à vol peu soutenu, comprenant des Oiseaux adaptés plus ou moins à la vie arboricole, comme les Mésanges et les Pics, dont le vol est le plus souvent de courte durée, ou des espèces ne^volant presque plus comme les Troglodytes. 1. Gorge bleue ordinaire, Cyanecula suesica cyanecula (Wolf.). 2. Fauvette à tête rttricapilla (L.). noire, Sylvia LES CARACTEIUSTIQUES DES OISEAUX 69 3. Fauvette des jardins, Sylvia siin- plex Lath. 4. Fauvette grisette, Sylvia covunu- nis Lath. 5. Accenteur-Mouchet, Prunella mo- dulai is (L.). 6. Hypolaïs icterine, Hypolaïs icte- rina (Vieil!.). 7. Phragmite des joncs, Acrocepha- lus schœnobsenus (L.). •S. Rousserolle effarvate, Acrocepha- lus cirpaceus Herni. •.». Mésange charbonnière, Parus ma- jor L. 10. Mésange bleue, Parus cœruleus L. 11. Mésange huppée, Parus cristatus mitratus Brehm. 12. Mésange nonnette, Parus palus- tris longirostris Kleinsch. 13. Mésange des marais, Parus palus- tris communis Kleinsch. Mésange à longue queue, JE^i-> thalus caudatus (L.). Pic vert, Gecinus viridis (L.). Pic-épeiche, Dryobates major pine- torum (Brehm.). Pic-épeichetle, Dryobates minor hortorum (Brehm.). Torcol ordinaire, Jynx torquilla L. Grimpereau ordinaire, Certhia br.a- chydactyla Brehm. Sittelle-torchepot, Sitta curopœu cœsia Wolf. Tichodrome-Échelette, Tichodro- ma mur aria (L.). 22. Troglodyte mignon. Troglodytes troglodytes (L.). 20 21 XI. ~ Passereaux vibrateurs, qui ne se sustentent qu'en faisant vibrer leurs ailes. 1. Oiseau-mouche, iiMp^e/'usa exf/«ta (Del.) XII. — Échassiers rameurs terrestres, battant rapidement des ailes (5 à 10 coups d'ailes à la seconde), ne planant que sur de courts espaces et ne restant les ailes étendues et immobiles que pour descendre (vitesse moyenne : 60 à 80 kilomètres à l'heure). Grande Outarde, Otis tarda (L.). Outarde canepetière, Otis tetrax, L. Œdicnème criard, Burhinus œdi- cnemus (L.). Pluvier doré, Charadrius aprica- rius L. 5. Pluvier giiignard, Charadrius mo- rinellus L. G. Râle de genêts, Crex crex (L.). 7. Bécasse commune, Scolopax rusti- cola L. XIII. — Échassiers rameurs riverains, progressant à l'aide de batte- ments rapides (5 à 10 coups à la seconde), séparés par des temps de pla- nement exécutés les ailes fléchies, les pointes étant ramenées eu arrière (vitesse moyenne : 60 à 80 kilomètres à l'heure). 8. Bécasseau cincle, Erolia ulpina (L.). 9. Tournepierre interprète, Arenaria in ter près (L.). 10. Sanderling des sables, Calidris leucophœa (Pall.). 11. Combattant variable, Machetes pugnax (Ij.). 12. Chevalier aboyeur, Triiiga nebu- larius (Giinn.). 13. Chevalier arlequin, Triiiga ery- thropus (Pall.). l'i. Chevalier gambette, Tringa tota- nus (L.). 1. Courlis cendré, yumenius arqua- tus (L.). 2. Huitrior-Pie, Ilœmatopus ostrale- gus L. 3. Grand Pluvier à collier, Chara- drius hiaticula L. 'i. Pluvier suisse, Squatarola squata- rola (L.). .'ï. Bécassine ordinaire, Gallinago gal- linago (L.). 6. Bécassine sourde, Limnocryptes gallinula (L.). 7. Maubèche canut, Canutus canu- tus (L.). 170 A. MAGNAN 15. Chevalier cul blanc. Tri nga ochro- i 18. Barge à queue noire, Liniosa li- phus L. tnosa (L.). 16. Chevalier guignette, Tringa hy- polcucus (L.). 17, 'BaxgeroMsse .Liniosalapponicn (L.). 19. Avocette à nuque noire, Recuni- rostra avoretia L. XIV. — Colombius rameur»*, Oiseaux terrestres, au vol rapide, se sustentant et progressant au moyen de coups d'ailes assez rapides (3 à 8 à la seconde), pouvant planer un certain temps quand leur vitesse est suffisante ou glis- sant sur l'air les ailes fléchies en arrière (vitesse moyenne : 80 à 100 kilo- mètres à l'heure). 1 . Pigeon ramier, Columba palum- bus L. 2. Pigeon colombin, Co/«m6fl cp^os L. 3. Tourterelle vulgaire, Turtur turtur (L.K XV. — Gnllinaeés rameurs. Oiseaux terrestres, progressant à l'aide de pé- riodes de battements rapides (6 à 12 à la seconde) séparées par des périodes de planement les ailes étendues, portant sur un espace d'une cinquantaine de mètres (vitesse moyenne : 60 à 80 kilomètres à l'heure). 1. Grand coq de bruyères, Tetrao urogallus L. 2. Petit Coq de bruyères ou Tétras lyre, Lyrurus tetrix (L.). 3. Lyre intermédiaire, Tetrao mé- dites Mey. 4. Lagopède muet, Lagopus mutus (Martin). 5. Lagopède blanc, Lagopus lagopus (L.). 6. Grouse, Lagopus scoticus Lath. 7. Gilinotte des bois, Tetrastes bona- sia (L.), 8. Perdrix rouge, Caccabis rufa (L.). 9. Perdrix bartavelle, Caccabis saxo- tilis Meyer et W. 10. Perdrix grise, Perdix perdix (L. 11. Caille commune, Coturnix cotur- nix (L.). 12. Colin du Mexique, Colinus pecto- ralis Gould. 13. Tinamou roussâtre, Rhynchotus rufescens (Temm.) XVI. — Palmipèdes nageurs rameurs, Oiseaux aquatiques, rapides, pouvant plonger, volant en battant énergiquement des ailes (5 à 12 coups à la seconde) de façon continue, ne planant presque jamais, sauf les Cygnes et les Oies (vitesse moyenne : 100 à 120 kilomètres à l'heure). 1. Cygne sauvage, Cygnus cygnus (L.). 2. Oie sauvage, ylnser /a 6a//s (Lath.). 3. Oie cendrée, Anser anser (L.). 4. Oie rieuse, Anser albifrorts (Scop.). 5. Bernache cravant, Branta ber- nicla (L.). 6. Bernache nonette, Branta leu- copsis (Bechst.). 7. Canard sauvage, Anas platyrhyn- chus L. 8. Souchet commun, Spatula cly- peata (L.). 0. Canard pilet, Dafila acuta (L.). 10. Canard siffleur, Mareca Pénélo- pe (L.). 11. Sarcelle d'hiver, Querquedula crecca (L.). 12. Sarcelle d'été, Querquedula quer- quedula (L.). 13. Garrot vulgaire, Clangula clan- gula (L.). 14. Fuligule nyroca, Nyroca nyroca (Guld.). " 15. Fuligule morillon, Nyroca fuli- gula (L.). 16. Fuligule milouin, Nyroca ferina (L.). LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 171 17. Fiiligule milouinan, iV^z-oca ma- 1 19. !Macreu.se brune, Oïdemia fus- rila (L.). ca (L.). 18. Macreusenoire,Oirfemianjg'/'a(L.). ' XVII. — Palmipèdes plongeurs rameurs, adapté.s à la vie aquatique, sus- ceptibles toutefois, pour la plupart, de vols d'une certaine étendue exécutés à l'aide de battements rapides (vitesse moyenne : 40 à 50 kilomètres à l'heure). 1. Harle huppé, Mergus serrator L. 2. Harle bièvre, Mergus mer gan- ser L. .'). Harle piette, Mergus albellus L. 1. Grèbe huppé, Colymbus cristatus L. 5. Grèbe jougris, Colymbus grisei- gcna Bodd. 0. Grèbe castagneux, Colymbus rufi- collis Pall. 7. Plongeon catmarin, Gavia sep- tentrionalis (L.). 8. Plongeon lumme, Gavia arctica (L.). 9. Pingouin macroptère, Alca torda L. 10. Guillemot troille, Uria troille (L.). 11. Macareux moine, Fratercula arc- tica (b.). 12. Mergule nain. Aile aile (L.). XVIII. — Écliassiers plongeurs rameurs, adaptés plus ou moins à la vie aquatique, capables de vols en général de peu d'étendue. 1 . Foulque noire, Fulica atra L. 2. Poule d'eau ordinaire, Gallinula chloropus (h.). 3. Râle marouette, Porzana porzana (L.). 4. Râle d'eau, Rallus aquaticus L. XIX. — Passereaux plongeurs rameui-s, volant à l'aide de battements rapides (8 à 10 à la seconde) et plongeant admirablement. 1. Martin-pêcheur vulgaire, Alcedo ispidah. XX. — Oiseaux coureurs ou incapables de voler. 1. Nandou, Rhea americatia (L.). I 2. Pingouin du Cap, Spheniscus de- \ mersus (L.). Lorsque j'ai publié les premiers résultats certains de mes recherches, le nombre des groupes d'Oiseaux que j'avais formés était moins grand qu'à l'heure actuelle. Gela tient à ce que les différences qui séparent les Oiseaux, doués d'un genre de vol déterminé, des autres individus utilisant un autre mode de vol apparaissent plus clairement à mesure que le nombre des espèces étudiées augmente et obligent à une nouvelle classification, sans toutefois que les premières conclusions en soient modifiées, car beaucoup de groupes ne sont en réalité que des sous-groupes des premiers. On remarquera toutefois que ces groupes ou sous-groupes représentent presque tous des ordres ou des sous-ordres de la classe des Oiseaux. Bien que fondée sur l'observation des es- 172 A. MAGNAN pèces dans la nature, la classification que je donne diffère notablement de celle à laquelle est arrivée Mouillard (71). Cet auteur rassemble en effet, dans une même série qu'il dénomme type Aqiiila, l'Alouette, le Faucon pèlerin, le Cir- caète, l'Aigle, le Balbuzard et le Pygargue, espèces dont le mode de vol est loin d'être identique comme je le montre, le Faucon étant un rameur, l'Alouette aussi évidemment, alors que les autres Rapaces sont des voiliers. Il réunit de même, pour former le type Lariis, l 'Oiseau-Mouche, dont les ailes vibrent, et l'Albatros, qui vole sans battement, ce qui constitue à mon avis une erreur. Ceci dit, j'exposerai maintenant mes propres recherches sur les organes du vol chez les Oiseaux et leurs rapports avec le mode de vol. J'examinerai en même temps si mes conclu- sions concordent avec les résultats fournis par les auteurs qui ont traité le même sujet chez des animaux différents. Je tâcherai ensuite de tirer tout l'enseignement utile de cette étude, car, si j'ai effectué de cette façon une œuvre d'ordre biologique, comme beaucoup de mes prédécesseurs, j'ai pu en extraire aussi des applications pratiques. J'ai été en effet le premier à montrer que les conclusions que l'on obtient par l'étude des caractéristiques des Oiseaux pouvaient suggérer de nombreuses idées pour la construction des avions et la détermination de leur forme, et qu'elles pouvaient consti- tuer un moyen de mieux connaître les conditions aérody- namiques du vol. CHAPITRE II La surface des ailes- Le rapport de la i^urface alaire à la surface du corps. La surface alaire relative p suivant les modes de vol. Etude comparée de la charge — chez les Oiseaux et les o avions monoplans. Parmi les organes du vol, les ailes apparaissent, à première vue, comme les plus importants. Aussi l'étude de leur sur- face a-t-elle suscité de nombreux travaux. Le rapport de la surface alaire au poids du corps, surtout, a attiré depuis long- temps et tout particulièrement l'attention des savants, que le vol des Oiseaux a passionné. DuBOCHET {20) a montré le premier que, lorsqu'on prend des Oiseaux de forme identique et possédant le même mode de vol,^ on constate que, si les espèces sont de bailles diffé- rentes, c'est au plus petit que revient la plus grande surface alaire. De Lucy {42) poursuivit des recherches analogues. Il trouva, en faisant porter ses observations sur plusieurs sortes d'Oiseaux, que les individus possédaient d'autant plus de su,rface alaire qu'ils étaient moins pesants. Ses comparaisons ont été faites aussi bien sur les Insectes que sur les Oiseaux, pour lesquels il calculait la surface des ailes par kilogramme d'animal. Il arrivait ainsi à conclure qu'un Cousin de 1 kilo- gramme aurait 10 mètres carrés de surface alaire, alors qu'une Grue de 1 kilo, n'en posséderait que 8 centimètres carrés. MouiLLARD {71), de son côté, par des comparaisons iden- tiques, est arrivé à formuler la loi suivante : La quantité de surface proportionnelle nécessaire à un Oiseau pour un genre de vol donné diminue avec l'augmentation du poids de l'Oiseau. En un mot, d'une espèce à l'autre ou même dans une même espèce, la surface relative de l'aile augmente à mesure que le poids du corps diminue. IT't A. MAGNAN Moi) ILLARD a voulu expliquer cette loi qui résulte d'un rapport entre la manière de croître des volumes et des sur- faces. Il a pensé que les surfaces représentent par leur frotte- ment des causes retardatrices. Par contre, les volumes, par leur masse, produisent des eiïets accélérateurs. Ce bien et ce mal n'augmenteraient pas dans les mêmes proportions. D'autres auteurs, auxquels cette loi a paru aussi difficile à comprendre, ont tenté à leur tour de fournir une explication raisonnée du fait. Après Mare Y (69), Sée (82) croit que la nature, dans la construction des ailes des Oiseaux, s'est heurtée à une loi physique suivant laquelle les poids augmentent comme les cubes et les surfaces comme les carrés. Il compare un Aigle à un Pigeon. Si l'Aigle pèse quatre fois plus et si on lui donne quatre fois plus d'ailes en surface, ces ailes pèseront huit fois plus et seront ainsi deux fois trop lourdes. Afin de ne pas exa- gérer le poids de ces ailes, la nature aurait ainsi dû, en aug- mentant le poids, réduire la surface alaire comparée au poids. Ce raisonnement conduit l'auteur à exphquer de cette façon l'incapacité de voler pour l'Autruche, dont la surface alaire serait réduite ainsi mathématiquement. D'autres, comme Cousin (77), ont cherché avec les chiffres de MouiLLARD le rapport qui pouvait exister entre les sur- faces et les poids. Quand; par exemple, le poids augmente de 10, 100, 1 000, de combien doit diminuer la surface alaire ? L'auteur constate lui-même qu'il n'a pu arriver à aucun ré- sultat. J'ai repris cette étude de la surface alaire chez les Oiseaux, mais, au lieu de calculer géométriquement cette surface, comme l'ont fait presque tous mes prédécesseurs, j'ai décalqué, avec autant d'exactitude que possible, les ailes des Oiseaux que j'ai étendues sur du papier millimétré, de façon à donner aux rémiges î'écartement copiant le mieux celui réalisé dans la nature. J'ai dessiné alors leur contour, y compris les espaces digités qui se rencontrent fréquemment à l'extrémité de certaines ailes. J'ai pu avoir ainsi la surface réelle des ailes en centimètres carrés, très proche de la réalité. J'ai tout d'abord divisé ces surfaces réelles exprimées en LES CAfiACTERISTlQUES DES OISEAUX 175 centimètres carrés par le poids du corps exprimé en grammes. J'ai cherché ensuite quelle était cette surface par kilo d'animal. Voici les chiffres moyens que j'ai obtenus pour mes divers groupes, chiffres qui sont donnés par espèces dans les grands tableaux des pages 177 et suivantes, exception faite pour celles chez lesquelles les sexes sont de poids très différents : Poids moyen uu corps. Surface alaire par kilo. Palmipèdes voiliers Echassiers ramo-planeurs Gr. 2 552,7 2 301,6 1 869,5 1 578,1 1 380 861,2 736,5 697,1 466,4 423,7 326,3 272 260 176,9 46,7 36,4 33,1 23,9 2,85 DlIKI. 21,7 21 26,6 17,1 8,9 10,2 9,2 30,7 40,5 29 2 18^2 32,2 19,5 25,9 57,2 29,6 51,6 57 54 Rapaces diurnes voiliers Echassiers rameurs terrestres Palmipèdes nageurs rameurs Gallinacés rameurs Palmipèdes plongeurs rameurs — ramo-planeurs Rapaces nocturnes ramo-planeurs — diurnes ramo-planeurs Colombins rameurs ■ Corvidés ramo-planeurs Echassiers plongeurs rameurs — rameurs riverains Passereaux ramo-planeurs — plongeurs rameurs — rameurs à vol soutenu .... — rameurs à vol peu soutenu . — vibrateurs De Texamen de ce tableau il peut sembler résulter qu'il y a un rapport inverse entre la surface alaire par kilo et le poids du corps. Or, il apparaît cependant de suite que ce rap- port ne varie pas d'une façon simple. Tout au plus peut-on dire qu'approximativement et d'une manière générale, chez les Oiseaux, ce sont les plus gros qui ont le moins de surface alaire par kilo et les petits qui en offrent le plus. Cette approxi- mation serait, d'ailleurs, en partie contraire à l'observation courante. En effet, si l'on regarde une Caille et une Chouette, il paraît évident que cette dernière est la mieux voilée; mais c'est au résultat contraire que l'on arrive en effectuant le rapport dont je viens de parler. Disons de suite que ce résultat n'a aucun sens ; il est la conséquence d'artifices mathéma- tiques. En effet, le rapport : 176 A. MAGNAN Surface des ailes _ K/* _ K Poids du corps K'i^ lv7 n'est pas homogène. Il demeure fonction d'une dimension linéaire de TOiseau. Donc plus celui-ci sera grand et plus le rapport en question sera petit. La simple étude de ce rapport ne présenterait que peu d'in- térêt, si elle ne permettait pas de montrer que, malgré l'arti- fice mathématique, il est possible de mettre en partie en évi- dence les différences réelles de surface alaire existant suivant les divers types. Il sufïît, pour cela, de comparer, sur le ta- bleau précédent, les groupes de poids moyens les plus rap- prochés. Ainsi les Palmipèdes nageurs rameurs (Oies, Ca- nards) ont trois fois moins de surface alaire par kilo que les Rapaces diurnes voiliers (Vautours, Aigles), bien que pesant, en moyenne, une fois et demie moins. Il en est de même en ce qui concerne les Rapaces diurnes ramo-planeurs (Autours, Faucons) et les Colombins rameurs (Pigeons); on se rend compte que les Colombins, qui devraient, si la loi d'inversion était exacte, posséder le plus de surface portante par kilo, en ont au contraire le moins. Par conséquent, nous pouvons affirmer que, malgré l'artifice mathématique employé, les Rapaces diurnes voiliers et ramo-planeurs ont beaucoup plus de surface alaire que les Palmipèdes nageurs rameurs et que les Colombins rameurs. C'est ce que j'ai pu démontrer par une autre méthode. J'ai estimé qu'il fallait rapporter une sur- face à une surface, par conséquent établir des rapports homo- gènes, comme l'avaient fait antérieurement d'autres auteurs, qui comparaient la racine carrée de la surface alaire à la racine cubique du poids. C'est Precht (80) le premier qui eut recours à ce procédé. Hartings (26), dans la suite, opéra de la même façon. Il trouva des rapports divers qu'il estima assez voisins pour établir des moyennes. Marey (69) ajouta de nouveaux Oiseaux à la liste de Har- tings et trouva un rapport moyen de 4,2. MuLLENHOFF (73) chcrcha à comparer les Insectes et les Oiseaux. Il se servit des mêmes rapports que ses prédéces- seurs et en calcula le logarithme. Il classa ainsi les animaux ij:s (:\uacteristiques des oiseaux 177 Surface Rapport Poids Poids alaire de la surface alaire supporté par par kilo à la surface mètre carré du corps. du corps de surface d'animal. VF? alaire. I. Rapaces diurnes VOILIERS. Gr. Dmq. Kg. Gyps fulvus (Habl.) 7 269 14,5 22,5 6,8 Gypoëtus barbatus grandis Storr 5 385 13,8 17,7 24,2 21,2 7,2 5,6 Catharistaatrata (Bartr.). . 1 702 Aquila chrysa tus (L.). . . 3 712 14,5 22,5 6,8 H ieraëus jasciatus (Vieill. ). 2 060 15,4 19,6 6,4 Helotarsus ecaudatus (Daud.) 2 095 17,1 22 5,8 Geranoa tus melanoleucus (Vieill.) 2 125,50 16,7 21,5 5,9 Circa tus gallicus {(irnoX.) . 1 655 24,9 29,5 4 Buteo buteo (L.) 1 027 26,2 26,9 3,8 Peniis apivorus (L.) 615 30,8 26,2 3,2 Pandion halia tus (L.). . . 1 105 25,4 26,3 3,9 Circus œruginosus (L.) . . 680 33,3 29,2 3, Circus cyaneus (L.) Ç . . . . 471,50 37,3 29 2,6 — cyaneus (L.) cT 331 42,5 29,4 2,3 — pygargus (L.) 236,50 54,8 33,9 1,8 — macrurus (Gmel).. 386 36,6 26,6 2,7 M il vus milvus (L.) 927 31,3 30,5 3,1 II. Palmipèdes voiliers. Diomedea exulans L 8 502 7,3 14,9 13,6 Fregata aquila (L.) 1 620 20 23,3 5 Sula, bassana (L.) ..../.. 2 690 9,1 12,7 10,8 Puffinus kuhli Boie 572 22,4 18,6 4,4 Hydrobates pelagicus (L.).. 17,40 57,4 14,7 1,7 Larus marinus L 1 915 14,2 17,7 7 III. ËCHASSIERS RAMO- PLANEURS. Ardea cinerea (L.) 1 408 25,5 28,6 3,9 Egretta alba (L.) 1 178 24 25,3 4,1 Botaurus stellaris (L.).... 1 198 22,5 23,9 4,4 Nycticorax nycticorax (L) . . 512 30,8 24 3,2 Platalea leucorodia L 1 565 15,9 18,5 6,2 3 438 14,4 21,8 6,9 Megalornis grus (L.) . . . . 4 175 13,3 21,5 7,4 Leptoptilus crumenijerus . Lcss 7 030 211 11,7 31,6 21,5 18,8 8,5 3,1 Vanellus vanellus (L.) . . . IV. Rapaces nocturnes RAMO-PLANEURS. Bubo bubo (L.) 1 720 21,6 25,9 4,6 Asio otus (L.) 247 43,8 27,4 2,2 — flammeus Ponl 390 35,8 23,8 2,7 178 A. MAGNAN Surface Rapport Poids Poids alaire de la surface alaire à la surface supporté par mètre carré du corps. par kilo du corps de surface d'animal. Ip^ alaire. Gr. Dmq. Kg. Otus scops (L.) 49,75 81,4 30 1,2 Tyto alba (L.) 279 41,7 27,3 2,3 3,2 3,5 Strix aluco J^ 418 31^2 28,4 23^3 Athene noctua (Scop) .... 161,50 15^5 V. Rapaces diurnes RAMO-PLANEURS. Accipiter gentilis (L.).... 708 18,6 16,6 5,3 — nisus (L.) 9 221 37,2 22,5 2,6 — nisus (L.) cJ 136 39 20,1 2,5 Polyborus tharus (Mol) . . . 1 209 19,2 20,5 5,6 Falco tinnunculus L. ç .. 245 28,9 18,1 3,4 Falco tinnunculus 'L. ^ .. 172 40,9 22,7 2,4 Falco peregrinusTnnst .. 813 15,8 14,7 6,3 Falco subbuteo L — columbarius regulus. 165 33,8 18,6 2,9 Pall 145 30,2 15,9 3,3 VI. Corvidés ramo- PLANEURS. Corvus corone L 470 22,5 17,5 4,4 — cornix L 633 20,8 17,9 4,7 Trypanocorax jrugilegus (L.) 470 29,5 23 3,3 \'/ Colœus monedula spernto- logus (Vieill.) 253 26,3 16,6 3,7 O \ T.»"-*"*/ •• • Pyrrhocorax pyrrhocorax (L.) 390 24,3 44,7 17,8 27,1 4,1 Giaculus graculus (L.) . . 223 2,2 Kucifragacaiyocatartes{h.). 161 32 17,4 3,1 C Gracias garrulus L. .... 128 37,7 19,1 2,6 Pica pica (L.) 214 29,9 17,9 18,8 3,3 Garrulus glandarius (L.) . . 160 34,6 2,8 Upupa epops L 91 40,2 18,1 2,4 Xanthourayncas (Bodd). . 71,3) 44,3 18,4 2,2 VIL Passereaux RAMO-PLANEURS. Cuculus canorus L . 104 40,3 19 2,3 Caprimulgus europseus L. . 92 43,3 19,6 2,3 Apus apus (L.) 36,20 45,6 15,1 2,1 Chelidon rustica (L.) 18,35 73,4 19,5 1,3 Hirundo urbica (L.) 14,35 64,1 15,5 1,5 Riparia rupestris (Scop.). 15,50 76,7 19,1 1,3 VIII. Palmipèdes RAMO-PLANEURS. Phalacrocorax carbo (L.). 2 115 9,3 11,9 10,7 Puffinus puffinus (Brùnn.). 342 16,8 11,7 5,9 Larusargentatus Pontop .. 1 189 ' 17,7 18,8 5,6 LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 179 Larus canus L Rissa tridactyla {L.) . . . . Larus ridibundus L Sterna hirundo L IX Passereaux rameurs. A VOL SOUTENU. Muscicapa striala (Pallas). Ficedulahypoleuca (Pall).. Alauda arvensis L Anthus pratensis (L.). . . . — trivialis (L.) Motacilla alba L — flava L — cinerea Tuiis- tall Lanius excubitor L — senator L — collurio L Luscinia megarhyncha. Brehni Erythacus rubecula (L.).. Phanicurus phœnicurus (L.] — Oihrurus gibral- tariensis (Gmel.) Pratincola rubetra (L.)... — rubicola (L.) . . . . Phylloscopus boTielUiVinïU Phylloscopus rufus Bechst Oriolus oriolus (L.) Monticola solitarius (L.). — saxatilis (L.) . . Turdus merula L — naumanni Temm.. — viscivorus L — pilaris L — musicus L — iliacus L — torquatus L Stiirnus vulgaris L Loxia curvirostra L Coccothro listes coccothraus- tes (L.)- Pyrrhula pyrrhula euro- pssa Vieillot Serinus canarius seri- tius (L.) Choris chloris (L.) Fringilla ceelebs L — rnonfifringilla L. .. Poids du corps. Gr. 367 488 261 118 14,35 12,50 28,30 18 20,70 22 16,50 16 50,50 26,10 30,95 17,10 17,75 13 16,95 13,05 11,45 7,65 5,25 72 62,80 47,50 91,50 76,20 106 98 70,30 56 96,50 79,50 47,60 42 21,40 8,35 23,70 21,15 25,10 Surfacf alaire par kilo d'animal. Dmq. 31,3 59,7 32,7 47,7 83,1 72,8 57,5 53,8 60,3 60 61,2 57,5 41,5 55,1 58,7 58,5 49,6 70 72,2 75,7 67,1 82,3 91,8 38 37,5 33,6 28,4 29,5 29 23 27,1 32,1 23 24,1 35 35,2 44,3 87,6 42,4 48,4 49 Rapport de la surface alaire à la surface du corps if: 22,5 15,6 20,9 23,4 20,3 17,1 17,7 14,2 16,8 16,9 15,7 14,8 15,4 16,3 12,5 15,1 12,9 16,5 18,8 17,9 15,3 16,5 16 15,8 15 12,2 12,8 12,5 13,7 10,6 11,2 12,3 10,5 10,4 12,7 12,3 12,3 17,8 12,2 13,4 14.1 Poids supporté par mètre carré de surface alaire. Kg. 3,1 5 3 2 1,2 1,3 1,7 1,8 1,6 1,6 1,6 1,7 2,4 1,8 2,5 1," 2 1,4 1,3 1,3 1,4 1,2 1 2,6 2,6 2,9 3,5 3,3 3,4 4,3 3,6 3,1 4,3 4,1 2,8 2,8 2,2 1,1 2,3 2 180 A. MAGNAN Poids Surface alaire Rapport de la surface alaire à la surface Poids supporté par mètre carré du corps. par kilo du corps de surface d'animal. Vpk alaire. Gr. Bmq. Kg. Passer d ornes tica (L.). . . . 30 33,7 10,5 2,9 — montana (L.) 15,20 50 12,4 2 Petronia petronia (L.)... 25 40 11,7 2,5 Carduelis carduelis (L) . . 16,65 55,3 14,1 1,8 Spinus spinus (L.) 11,80 57,6 13,3 1,7 Acanthis cannabina (L.). 15,80 60,8 15,5 1,6 Spinus citrinella (L.). . . . 11,95 61,8 14,2 1,6 Emheriza citrinella L. . . ,25 52 15,3 1,9 — cirlus L 23,10 45 12,6 2,2 — hortulana L. . . 33 36,9 11,9 2,7 — cia L 21,40 50,4 14 1,9 — schœniclus L . . 20 57 15,4 1.' Regulus regulus (L.) 3,80 84,7 13,4 1,1 X. Passereaux rameurs A VOL PEU SOUTENU. Cyànecula suesica cyane- cula (Wolf.) :.... 14,30 55,2 13,4 1,8 Sylvia atricapilla (L.).. . . 16,25 54,7 13,9 1,8 — simplex Lath 15,80 47,4 12 1,8 — conimunis Lath... . 18,65 46,7 12,4 2,1 . Prunella niodularis (L.). . .18 44,5 11,7 2,2 Hypolais icterina (Vieill.). 10,65 75,1 16,6 1,3 Acrocephalus cirpaceus . U' rm 12,80 52,5 12,4 1,9 — schœnobsenus. [h.) 10,40 50,9 11,2 1.9 Parus major L 21,45 47,5 13,3 2,1 — cseruleus L 11 60 13,4 1,6 — cristatus mitratus Brehm 10,20 71,5 15,5 1,3 ParUs palustris longiros- tris Kleinsch 10,90 58,8 13,1 1,6 Parus palustris conimunis Kleinsch 11,75 61,2 14,1 1,6 ^ githalus caudatus (h.) . . . 8 72,5 14,5 1,3 Gecinus viridis (L.) 156 29,3 15,7 3,4 Dryobates major pineto- rum (Br.) 73 . 32,6 13,6 3 — minor hortorum (Brehm.) 15,50 37,30 66,4 31,1 16,6 10,4 1,5 Jynx torquilla L 3,2 Certhiabrachydactyla Br. . 8,50 77,6 16 1,2 Sitta europsea cœsia Wolf. 21,10 62,9 17,4 1,5 Trichodromamuraria (L.). 15 116 29,1 0,8 T ro glodytes tro glodyies . (L.) 10,10 41 9 2,4 XI. Passereaux YIBRATEURS. Eupherusaexiinia (Del.) . . 2,85 54 ~r^ 1,8 LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 81 Poids du corps Sui'face alaire. par kilo d'animal. XII. ÉCHASSIERS RAMEURS TERRESTRE.S. Otis tarda (L.) — tetrax L Burhinus œdicnemus (L Charadrius apricarius L. . — jnorinellus L Crex crex (L.) Scolopax rusticola L . . . XIII. ÉCHASSIERS RAMEURS RIVERAINS. Numenius arquât us (L. H œmatopus ostralegus L. Charadrius hialiculah. . Squatarola squatarola (L Gallinago gallinago (L.) Limnocryptes gallinula[\^ Cariutus canutus (L.).. Erolia alpina (L.) Arenaria interpres (L.). Calidris leucophsea (Pall. Machetes pugnax (L.).. Tringanebularius (Gùnn — crythropus (Pall.) — lotanus. (L.) — ochrophus L — hypoleucus (L.).. Limosa Japponica (L.) Limosa limosa. (L.)... Recurvirosra avoretta. L XIV. COLOMBINS RAMEURS. Colwnha palumbus L .., — œnas L Turtur turtur (L.) XV. Gallinacés RAMEURS. Tetrao urogallus. L. — urogallus. L. 9 J.yrurus tetrix. (L.) ô — tetrix. (L.) Ç . . l'ctran médius M('\'.. ("■r. 950 830 522 178 90 155 322 768 438 62,20 216 95,50 57 88 44 107,80 41,90 180 156 133 133 72,70 48,50 197 228 295 495 306 178 3 361 1 890 1 030 940 1 193 Diiiq. 6,4 12,5 14,5 20 27,4 20,5 18,5 15,3 14,2 30,2 19,1 25,5 31,2 30,6 28,6 19,8 38,2 25,4 26 24,5 27,5 34,1 30,5 26,4 23,1 23,2 16,1 17 4 21,1 4,2 5,7 9,4 9 8.2 Rapport de la surface alaire à la surface du corps 13,4 12,5 11,7 11,2 12,3 11 12,7 14 10,7 12 11,5 11,4 12 13,7 10,1 9,4 10,5 14,4 14 12,5 14 14,2 11,2 15,4 14,1 15,4 12,7 11,8 11,8 6,3 7 9,5 8,8 8.7 Poids supporté par mètre carré de surface alaire. Kg. 15,4 7,9 6,8 5 3,6 4,8 5,3 6,5 7 3,3 5,2 3,9 3,2 3,2 3,4 5 2,6 3,9 3,8 4 3,6 2,9 3,2 3,7 4,3 4,2 6,2 5,7 4,7 23,4 17,4 10,5 11 12,1 182 A. MAGNAN Lagopus mutus (Martin. — lagopus (L. ) — scoticus Lath Tetrastes bonasia (L.)... Caccabis rufa (L.) — saxatilis Mey. et Wolf ■ Perdix perdix (L.) Coturnix coturnix (L.)... Colinus pectoralisGo\i\(\.. . Rhynchotus rujescens. (Temm) XVI. Palmipèd es NAGEURS RAMEURS. Cygnus cygnus (L.) Anser jabalis (Lath.) .... — anser (L.) — albif rons {Scop.). . . Branla hernicla (L.) — leucopsis Œechst.).. Anas platyrhynchus L. . . Spatula clypeata (L.) . . . . Dafila acuta (L.) Mareca penelope (L.) . . . . Querquedula crecca (L.) . . — querquedula (L.)... Clangula clangula (L)... Nyroca nyroca (Gùld.). . . — fuligula ( L.) — ferina (L.) — marila (L.) Oidemia nigra (L.) — fusca (L.) XVII Palmipèdes PLONGEURS RAMEURS. Mergus serrator L — mer ganser L ... — albellus L Colymbus cristatus L . . — griseigena Bodd . — ruficollis Pall Gavia septentrionalis (L — arctica. (L. ) . . . . Alca torda L Uria troille (L.) Fratercula arctica (L.) . , Aile aile (L.) Poids du corps. Gr. 462.50 620 624 278 490 606,50 387 83,20 131,50 821,70 925 110 065 715 273 150 105 633 955 830 293 327 622 512 741 842 675 870 578 818 7,2 1 470 5,8 495 8,7 790 7,1 480 11,3 180 13,1 957 9,3 1 495 8 780 4,9 1 010 4,2 272 12,7 91,20 18,3 Surface alaire par kilo d'animal. Dmq. 10,5 10,1 9,5 13,9 10,6 7,8 11,2 20,6 14,9 5,7 8.6 8,8 10,7 10,9 10 8,4 9,7 11,9 12 2 8,3 10 6,4 7,3 9,2 7,8 6,4 Rapport de la surface alaire à la surface du corps 8,1 8,6 8,1 9,1 8,4 6,6 8,2 9 7,6 7,5 16,5 12,5 12,7 12,8 11,8 10,5 8,7 8,4 8,6 7,5 7,9 8,4 7,1 8 5,8 6,9 8,1 7,4 7,4 6,7 6,6 6,9 6,6 8,8 7,6 9,1 9,1 4,5 4,2 8,3 8,3 Poids supporté par mètre carré de surface alaire. Kg. 9,4 9,8 10,4 7,1 9,3 12,7 8,8 4,8 6,7 12,4 17,3 1 1 ,5 11,3 9,3 9,1 9,9 11,8 10,2 11,3 12,4 8,3 8,1 12 10 15,5 13,6 10,8 12,7 15,6 13.8 17,1 11,4 13,9 8,8 7,6 10,7 12,4 20,3 23,4 7,8 5,4 LKS CARAr.TÉRISTIQLES DES OISEAUX 183 XMII. ÉCHASSIERS PLONGEIRS RAMEURS. Fulica atra L Gallinula chloropus (L. Porzana porzana (I..).. Rallus aquatieus L XIX. Passereai X PLONGEIRS RAMEURS. Alcedo ispida L XX. Oiseaux NE VOLANT PLUS. Rhea ainericana (L.)... Sphenisrus demersus (L roids du corps. Gr. 578 265 69 128 36,40 10 555 2 944 Surface alaire par kilo d'animal. D inq. 10,7 13,9 33 20,4 29,6 4,o 0,3 Rapport de la surlace alaire à la surface du corps 8,9 8,9 13,6 10,3 9,9 9,9 0,4 Poids supporté par mètre carré de surface alaire. 9,3 3 3,3 22 327 qu'il avait étudiés : 1° Type Caille : log. = 0,25 à 0,5. Le vol de ces animaux est assez rapide, mais de courte durée. La surface alaire est très réduite : Dytique, Hydrophile, Poule d'eau. Caille. 2° Type Faisan : log. = 0,6. Le vol est plus long, la surface plus grande : Faisan, Paon, Lucane; 3® Type Moineau : log. = 0,6. Le vol est plus rapide : Passereaux ; 40 Type Corneille : log. = 0,6. Le vol rapide est plus pro- longé : Hirondelle ; 50 Type des Planeurs : log. — 0,7 ; 6^ Type des Voiliers à grandes ailes. — Milan, Aigle, Vautour : log. = 0,8. RiCHET (81) a fait de son côté de très nombreuses mensu- rations sur des Oiseaux très divers pendant un voyage au Brésil ; il a comparé la racine carrée de la surface alaire à la racine cubique du poids. Il a trouvé un rapport assez constant; cependant il cons- tate un écart du simple au double, ce qui, d'après lui, n'esl A.NN. DES se. NAT. ZOOI-., 10" Scric- V, i:î 184 A. MAGNAN pas beaucoup si Ton songe à la diversité des conditions d'exis- tence des Oiseaux examinés et à la diversité de leur taille. En analysant les chiffres extrêmes, il remarque que le rap- port le plus faible 2,8 se rencontre chez le Tinnamiis giittatiis, qui est, dit-il, un Gallinacé qui vole à peine. Puis viennent les petits Oiseaux qui volent avec des battements d'ailes ra- pides, tels que Sicalia flaveola (R = 3, 2). Le rapport maximum est donné par le Toucan. Richet estime que cet Oiseau a un énorme bec qui, tant par sa surface que par son poids, rend le vol difficile et exige certainement un grand effort pour vaincre la résistance de l'air et pour compenser cette dévia- tion du centre de gravité reporté en avant, beaucoup plus que chez les autres Oiseaux, par suite de cette singulière confor- mation du bec. Il ajoute qu'il existe de gros Oiseaux comme les Palmipèdes dont les rapports sont très faibles, qui compensent la faiblesse de leur surface par la rapidité de leurs battements d'ailes et qui ne planent que très rarement, et il conclut de son étude que ce n'est pas par la taille, mais par la nature du vol, qu'il y a, chez les divers Oiseaux, un rapport différent. Richet a, comme beaucoup d'autres auteurs, étudié aussi la surface totale de l'Oiseau, ailes et corps compris. Je n'ai pas cru nécessaire de m'attacher à l'étude de cette question, car, si la résistance à l'avancement dans l'air est occasionnée par le corps tout entier, par sa carène et ses ailes, je pense que, indiscutablement, la sustentation est assurée presque uni- quement par les ailes, dans certains cas aussi par la queue, et pas du tout par le corps. Dans les recherches organométriques que j'ai entreprises sur les ailes, j'ai préféré, ce qui n'avait pas été encore tenté, rapporter la surface alaire réelle des Oiseaux exprimée en centimètres carrés à la surface du corps calculée par la formule ^p"-, P étant exprimé en grammes. Dans ces conditions, on obtient des rapports de surfaces relatives plus faciles à comparer, qui sont homogènes et qui offrent une valeur indis- cutable. De plus, on verra plus loin que cette méthode permet de déterminer les dimensions idéales des aéroplanes suscep- tibles de se soutenir dans l'air en volant à voile ou en planant comme les Oiseaux. LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 185 Voici les résultats moyens que j'ai trouvés pour les divers oiseaux : Poids moyen du corps. Rapport de la surface alaire àla racine cubique (lu poids porté au carré. Rapaces diurnes voiliers — nocturnes ramo-planeurs Écliassiers ramo-planeurs Gr. 1 869,5 466,4 2 301,6 272 423,7 46,7 697,1 2 552,7 23,9 33,1 176,9 1 578,1 326,3 260 36,4 1 380 861,2 2,85 736,5 25,9 24,7 22,6 19,1 18,8 17,9 17,8 16,9 14,3 14,2 12,6 12,1 12,1 10,4 9,9 9,3 8,1 7,7 7,2 Corvidés ramo-planeurs Rapaces diurnes ramo-planeurs Passereaux ramo-planeurs Palmipèdes ramo-planeurs — voiliers Passereaux rameurs à vol peu soutenu .... — rameurs à vol soutenu Échassiers rameurs riverains — rameurs terrestre*^ Colombins rameurs Échassiers plongeurs rameurs Passereaux plongeurs rameurs Palmipèdes nageurs rameurs Gallinacés rameurs Passereaux vibrât eurs Palmipèdes plongeurs rameurs Je dirai tout d'abord que je n'ai pas eiîectué de moyennes pour les Oiseaux qui ne volent pas, étant donné leur genre de vie très différent. On voit que le rapport moyen de la surface alaire à la sur- face du corps varie beaucoup d'un type à l'autre. L'écart va de 7,2 à 25,9 ; il est plus considérable encore si l'on examine les chiffres extrêmes. La surface relative de l'aile atrophiée du Pingouin du Cap n'est que de 0,4, alors que celle-ci est de 33,9 chez le Buzard cendré ; cette surface est encore assez grande chez le Nandou, puisqu'elle est voisine de celle des Palmipèdes plongeurs qui volent de façon assez convenable, sur de courtes étendues, il est vrai. Il est bon de dire, en outre, que les chiffres moyens sont susceptibles de varier avec le nombre des Oiseaux étudiés ; ils sont exacts pour les poids du corps donnés ; ils seraient, toutefois, très voisins de ceux contenus dans le tableau si les poids étaient différents. 86 A. MAGNAN J'ai voulu aussi chercher à déterminer la surface réelle du corps de l'Oiseau afin de parer à l'objection qui peut m'être faite de l'emploi dans les calculs d'une surface du corps fictive. Pour cela, je me suis servi d'une méthode nouvelle, que j'ai le premier appliquée avec un collaborateur. J'ai composé une peinture lourde en mélangeant intime- ment 26 grammes de céruse avec 100 grammes d'huile de lin. J'ai enduit le corps de l'animal de cette peinture. Il m'a suffi de peser le corps déplumé de l'Oiseau avant et après l'opé- ration pour avoir le poids exact P de peinture déposée. En divisant la surface réelle des ailes par P. on trouve des rapports identiques à ceux du tableau précédent. Les Oiseaux se classent de façon pour ainsi dire analogue, comme le prouve le tableau suivant : Vautour fauve, Gyps jidvus (Habl.) Marabout à sac, Leptoptilus cru- menijerus Less Crécerelle, Falro tinnunculus L. . Choucas gris, [Colœus monedula spennologus (Vieill. ) Bouvreuil, Pyrrhula pyrrhula europœa Vieill Perdrix grise, Perdix perdix (L.) . . Chevalier gambette, Tringa to- tanus (L.) Canard sauvage, Anus jdatijrhyn- chus L Poids du corps. 7 269 7 030 245 253 21,4 387 133 1 105 Poids de céruse déposée sur le corps. 75 87 7,50 8,5(J 1,80 10 Surface réelle des ailes. 7 252 8 270 708,2 666,5 95 435 366 936 Surface alaire relative. 96 95 94 52 43 61 39 Les Oiseaux sont donc de toute évidence plus ou moins voilés. Ceux qui possèdent la plus grande surface alaire rela- tive sont des voiliers ou de bons planeurs. En fait, ils sont capables d'effectuer des vols à voile ou des planements de longue durée justement parce qu'ils sont bien voilés. Toute- fois, il y a lieu de remarquer que les grands voiliers comme les Palmipèdes, qui utilisent surtout le vent horizontal fort coupé de rafales, ont une plus petite surface portante que LES C.VRACTÉRISTIQIES DKS OISEAlX 87: les Rapaces voiliers, qui se servent du vent ascendant ou du vent horizontal faible, lesquels nécessitent, pour avoir une' action efficace, une surface d'ailes plus étendue. En outre, les Rapaces nocturnes, bien que rameurs et planeurs, possèdent une voilure presque égale à celle des Rapaces voiliers. C'est peut-être pour cette raison qu'ils peuvent effectuer des vols battus silencieux. Je reviendrai sur ce point en étudiant le poids des ailes. Les Rapaces ramo-planeurs, par contre, ont des ailes plus réduites, et c'est pour cela qu'ils sont obligés de ramer. Les groupes qui ont une surface relative d'ailes moyenne ou petite sont tous formés d'individus rameurs, qui peuvent quelquefois effectuer des planements de courte durée lorsque leur vitesse est suffisante, comme les Gallinacés, les Colombins, ou qui ne sont susceptibles de se soutenir dans les airs qu'en battant continuellement des ailes, tels que les Palmipèdes rameurs. Les Oiseaux-Mouches, qui ne se maintiennent en l'air qu'en faisant vibrer leurs ailes, possèdent une des plus petites surfaces alaires. J'ajouterai enfin, comme on peut le voir par lexamen des chiffres individuels, que, dans les divers groupes, les rapports sont assez voisins et que jamais, par exemple, on ne trouve un Rapace voilier présentant une surface réduite comme celle d'un Palmipède rameur, et réciproqu?ment. En réalité, les individus des groupes rameurs ont tous une surface alaire relative, inférieure à 17. Par conséquent, on peut dire qu'au-dessous d'une telle surface, le vrai planement devient difficile et que le vol ramé plus ou moins continu est seul possible, ce vol étant d'autant plus défectueux et court que la surface est plus réduite. C'est pour cette raison que les Galli- nacés et les Palmipèdes plongeurs sont des Oiseaux qui ne volent que fort peu et passent la plus grande partie de leur vie sur terre ou dans l'eau. Il est possible de rendre encore plus frappantes les diffé- rences qui existent entre les diverses surfaces alaires des groupes d'Oiseaux. Pour cela, j'ai pris des photographies d'ailes grandeur naturelle, et je les ai réduites de façon à les ramener aux dimensions qu'auraient ces mêmes ailes, si les Oiseaux pesaient tous un gramme. La planche I met sous les 188 A. MAGNAN 5o So lo yeux, d'une manière évidente, les variations de la surface alaire. Ce pro- cédé, qui est ri- goureusement exact, permet de mieux saisir les différences qui apparaîtraient déjà sans cet ar- tifice ; lie tra- duisent la valeur de l'aile dans cha- que type. On voit que ce procédé mécanique donne le même classe- ment qu'en fai- sant la moyenne des rapports de la surface alaire à la surface du corps suivant les divers groupes. J'ai été obligé jusqu'ici de don- ner des moyen- nes, d'abord pour rendre la démonstration plus saisissante et aussi parce qu'il n'était pas possible de dis- cuter tous les chiffres individuels, faute de place. Mais on pourrait dire que l'emploi des moyennes entraîne peut-être une simphfication excessive. Sans elles, peut-être aurait-on tiré une conclusion différente. J'ai voulu montrer qu'en considérant tous les indi- Fiff. 13. Tnhlei'U comparatif de la surface alaire relative suivant le mode de vol. I. Rapaces diurnes voiliers. — II. Palmipèdes voiliers. — III. Echassiers ramo-planeurs. — IV. Rapaces nocturnes ra- mo-planeurs. — V. Rapaces diurnes ramo-planeurs. ~ VI. Corvidés ramo-planeurs. — VII. Passereaux ramo-pla- neurs. — VIII. Palmipèdes ramo-planeurs. — IX. Passereaux rameurs à vol soutenu. — X. Passereaux rameurs à vol peu soutenu. — XI. Passereaux vibrateurs. — XII. Echassiers rameurs terrestres. — XIII. Echassiers rameurs riverains. — XIV. Colombins rameurs. — XV. Gallinacés rameurs. — XVI. Palmipèdes nageurs rameurs. — XVII. Palmipèdes plongeurs rameurs. — XVIII. Echassiers plongeurs rameurs. — XIX. Passereaux plongeurs rameurs. LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEACX 180 vidiis dans chaque série formée par des Oiseaux de même genre de vol, les résultats restaient analogues en même temps que l'illustration était plus nette. Pour cela, il suffit de schématiser cette étude de la surface alaire dans un gra- phique (fig. 13). Après avoir rangé préalablement les Oiseaux d'un même groupe, les Palmipèdes voiliers, par exemple, de façon à ce que leur surface d'ailes aille en croissant, je porte sur la ligne des abscisses autant de points qu'il y a d'individus dans cette série. A chaque point ainsi obtenu, j'élève une ordonnée dont la longueur s era proportionnelle à la surface alaire relative de l'Oiseau correspondant. Je dessine ainsi une ligne ascendante, si je joins les points par un trait continu, puisque les animaux sont rangés par rapport croissant. La hauteur de cette ligne au-dessus de l'axe des abscisses repré- Rapaces diurnes voiliers — nocturnes ramo-planeurs .... Échassiers ramo-plancurs Corvidés ramo-planeurs Rapaces diurnes ramo-planeurs Passereaux ramo-planeurs Palmipèdes ramo-planeurs Palmipèdes voiliers Passereaux rameurs à vol peu soutenu — rameurs à vol soutenu .... Échassiers rameurs riverains — rameurs terrestres Colombins rameurs Échassiers plongeurs rameurs Passereaux plongeurs rameurs Palmipèdes nageurs rameurs Gallinacés rameurs Passereaux vibrateurs Palmipèdes plongeurs rameurs Nombre d'espèces ou individus. 17 7 9 12 9 6 6 22 50 19 7 3 4 1 19 15 1 12 Valeur de l'abscisse m m . 6,2 16,6 12,5 9 12,5 20 16,6 20 4,7 2 5,5 16,6 50 33,3 100 5,5 7,1 100 9 sentera la valeur de cette surface dans le groupe considéré. Si j'agis ainsi pour les dix-neuf premières séries dont j'ai donné la liste plus haut et si je condense sur un même croquis les dix-neuf dessins ainsi obtenus, j'ai un graphique sur lequel s'inscriront des lignes superposées dont les différentes hauteurs, je le répète, au dessus de la ligne des abscisses; donneront un lyO A. MAGNAN classement des Oiseaux, d'après leur surface relative. Cepen- dant, il y a lieu de tenir compte d'un élément dans la cons- truction de ces diverses lignes avant de les établir. Dans chaque groupe, le nombre des individus n'est pas évidem- ment le même. Il faut faire équivaloir ces nombres et donner à tous les groupes la même étendue horizontale, ce à quoi on parvient en choisissant pour chacun une valeur d'abscisse fixée d'après le nombre par le tableau ci-dessus (p. 189). Ce graphique, que j'ai fait en ce qui concerne le rapport de la surface alaire à la racine cubique du poids porté au carré et que je reproduis ici, fournit encore le même classement que les moyennes. C'est à peine si quelques groupes paraissent subir un léger déclassement, ce qui est compréhensible, la vision d'ensem.ble donnée par le procédé des moyennes étant moins précise peut-être, d'autant plus que chaque ligne est établie au moyen de rapports fournis par des individus dont les extrêmes pratiquent souvent un genre de vol faisant pas- sage aux autres modes de locomotion aérienne. On se rend compte toutefois que la plupart des séries sont nettement séparées et que, malgré tout, l'usage de chiffres moyens ne donne pas de résultats factices, puisque les Rapaces voiliers, par exemple, sont bien en haut et les Palmipèdes et les Galli- nacés rameurs en bas de l'échelle. Les légers déclassements que l'on peut constater proviennent aussi de ce que, comme je viens de le dire, dans chaque groupe il existe des espèces qui font passage aux autres groupes. C'est ainsi que les Cygnes et les Oies possèdent une surface alaire plus développée que les Canards ; ce fait obligerait presque de les mettre dans une série à part qui ferait transition entre les Anatidés vrais et les Palmipèdes ramo-planeurs, car les Anséridés sont en effet susceptibles de certains planements que n'effectuent jamais les Canards. Cependant, il est une caractéristique, examinée en aviation sous le nom de charge, qui représente le nombre de kilo- grammes soulevés par mètre carré de surface portante et que nos conclusions ne mettent pas en évidence. La charge, rapport d'un poids à une surface, n'est pas un nombre ; elle conserve une dimension linéaire de l'appareil LliS CARACTÉRISTIQUES DES OISKALX li) OU de l'animal considéré et ne peut, par conséquent, prêter à de légitimes comparaisons qu'entre appareils ou animaux de même taille. Pour ce qui est des aéroplanes, quand ils sont à peu près équivalents comme poids, la comparaison est très intéres- sante à faire. Mais s'il s'agit, sans précautions, de comparer la charge d'un aéroplane à celle d'un Oiseau cent fois plus petit que lui, ou celle d'un Aigle à celle d'un Oiseau-Mouche, on risque de commettre les plus grossières erreurs et, par exemple, d'être amené à conclure, comme on l'a déjà fait, que les plus gros Oiseaux sont les moins bien doués pour le vol, ce qui est manifestement inexact. Cependant, pour lacomparaison avec les aéroplanes, il serait peut-être utile de faire apparaître la valeur des charges. Dans chaque groupe, j'ai fait les moyennes des poids totaux des diverses espèces et les moyennes des charges supportées par mètre carré. J'ai obtenu les deux premières colonnes du ta- bleau suivant : Palmipèdes voiliers Échassiers ramo-plaiieurs Rapaces diur'iies voiliers Échassiers rameurs terrestres .... Palmipèdes nageurs rameurs .... Gallinacés rameurs Palmipèdes plongeurs rameurs. . . — ramo-plaiieurs Rapaces nocturnes ramo-planeurs. — diurnes ramo-planeurs. . . Colombins rameurs Corvidés ramo-planeurs Échassiers plongeurs rameurs . . . — rameurs riverains .. . . Passereaux ramo-planeurs — plongeurs rameurs . . . rameurs à vol soutenu. — rameiirs à vol peu soutenu. Passereaux vibrateurs Poids moveiis Gr. 552,7 301,6 869,5 578,1 380 861,2 736,5 697,1 466,4 423,7 326,3 272 260 176,9 46,7 36,4 33,1 23,9 2,85 Charge P Kg par mq. 7, 5,3 4,4 6,9 11,6 11 12,7 5 2,8 3,8 5,5 3,2 6 4 1,8 3,3 2,1 1,8 1,8 K. 1,00 1,10 1,36 1,61 1.85 2,96 3,46 3,66 5,47 6,02 7,82 9,38 9,81 14,42 54,65 70,12 77,35 106,80 895.64 •\K. 1,00 1,03 1,10 1,17 1,22 1,43 1,51 1,54 1,76 1,81 1,98 2,10 2,14 2,43 3,79 4,12 4,26 4,74 9,63 \ K P S Kg. par mq. 7 5,4 4,8 8 14,1 15.7 19,1 7,7 4,9 6,8 10,8 6,7 12,8 9,7 6,8 13,5 8,9 8,5 17,3 Les animaux étant rangés j)ar poids moyens décroissants, 192 A. MAGNAN il serait tout naturel, d'après ce que nous avons expliqué, d'attendre aussi un rangement par charge décroissante. Or cette décroissance de charge n'est pas nette. Il y a donc un phénomène que l'artifice mathématique signalé n'arrive pas à masquer ; il s'agit alors de le démasquer tout à fait et de le dégager. Comme je l'ai dit, la considération de la charge est légitime entre animaux de même taille. Or supposons tous nos Oiseaux de même densité, ce qui est assez juste, et de même forme ou semblables entre eux, ce qui ne l'est pas, et soient PV P2- PZ Pu les différents poids moyens. Les quotients ^1 T' P^ ,r Pi T- P' T- — = Kl, — = Kç, — = K3... — = Kn. Pi P2 Ps p" nous fournissent des nombres K tels que. si l'on multiplie, par exemple, le poids py- par Ka, on doit obtenir p^. De même, avec les hypothè ses f aites, si l'on multiplie une surface Sx par le coefficient yK-, on doit retrouver S,, la même surface dans le premier groupe d'Oiseaux. De même encore, si l'on multiplie une longueur Lx par le coefficient y'K^, on doit retrouver L^, la même dimension dans le premier groupe d'Oiseaux. P Cela étant, la charge ^ est un certain nombre N multiplié par une dimension linéaire L. En sorte que, d'une façon géné- rale, on devrait avoir, si les Oiseaux étaient semblables entre eux et si la loi de Hartings était juste : Ka px 3 ~ poL J"ai alors calculé les coefficients K, puis vK, effectué la multiplication de chaque charge par le coefficient correspon- dant et trouvé, enfin, les nombres qui constituent la dernière colonne du tableau précédent, donnant les charges que sup- LKS C.VRACTKRISTIQUE^^ DKS OISKAIX 03 portent les ailes des différents ordres d'Oiseaux, ramenés à la même taille. Ces charges ne sont point égales, il s'en faut. Leur considération permet le classement suivant : Charge Kg. par mètre carré de surface alaire. Rapaces diurnes vo ili^'rs. . 4,8 Rapaces nocturnes ramo -pla- neurs . . . 'i.9 Échassiers ramo-pl meurs. 5,4 ('orvidés ramo-planeurs. . . 6.7 Rapaces diurnes ramo-planeurs 6,8 Passereaux ramo-planeurs.... 6.8 Palmipèdes voiliers. ^ — ranin-nlanpiirs "- - Échassiers rameurs terrestres . 8 Passereaux rameurs à vol peu soutenu . 8.5 charge . Kg. par mètre carré de surface alaire. Passereaux rameurs à vol sou- tenu 8,9 Échassiers rameurs riverains. . 9,7 Colomhins rameurs 10,8 Échassiers plongeurs rameurs. 12,8 Passereaux plongeurs rameurs. 13,5 Palmipèdes nageurs rameurs. . . 14,1 Gallinacés rameurs 15,7 Passereaux vibrateurs 17,3 Palmipèdes plongeurs rameurs. 19.1 Il est encore identique dans l'ensemble à celui fourni par l'é- tude de la surface alaire relative. Ce sont les voiliers et les ramo-planeurs dont les ailes supportent la plus petite charge. Ce sont les grands rameurs et les vibrateurs dont les ailes portent la plus lourde charge. Enfin il est bon de faire observer que, si les avions actuelle- ment en usage étaient ramenés par un raisonnement analogue à la même taille que précédemment, c'est-à-dire à la dimen- sion d'un Oiseau d'un mètre d'envergure environ, on s'aper- cevrait que certains groupes d'Oiseaux portent une charge beaucoup plus considérable que les appareils actuels. Ainsi, un appareil de 10 mètres d'envergure portant 40 kilos au mètre carré, réduit à un mètre d'envergure, ne porterait plus que 4 kilos au mètre carré ; de même un Palmipède plongeur rameur de 10 mètres d'envergure soulèverait 191 kilos au mètre carré. Il est possible, d'ailleurs, de comparer de façon })lus précise les Oiseaux aux aéroplanes et de mettre encore mieux en évi- dence les diverses valeurs des charges par le procédé que j'ai employé pour les Oiseaux seuls. Pour cela, j'ai calculé les charges, les coefficients R, pus la \K de certa'ns monoplans f) i A. MAGNAN exposés *aii dernier salon de l'Aéronautique et de certains Oiseaux intéressants par leur mode de vol bien caractéris- tique. J"ai ensuite effectué la multiplication de chaque charge réelle par \ K et obtenu les charges que supportent les divers appareils et êtres volants ramenés ainsi approximativement à la même taille. Ces nombres ont été consignés dans le tableau suivant : Poids. Charge P 8 K. \k. Charge V^8 Monoplan Ernoul Monoplan Hanriot (course) .... Albatros (Palmipède voilier).. . . Gypaète (Rapace voilier) Coq de bi'uyères (Gallinacé ra- meur) i".r. 2 990 000 750 000 8 502 5 385 1 890 1 010 Kg. 46 106 13,6 7,2 17,4 23,4 1 4 351 557 1 582 2 960 1 1,5 7 8,2 11,6 14,3 Kg. 46 159 95,2 59 201,8 334,6 Guillemot (Palmipède rameur) . On se rend compte que le Gypaète qui se sert fréquemment du vent ascendant ou du vent horizontal faible pour voler à voile, et que l'Albatros, qui vole contre le vent de façon remar- quable et pendant des heures entières sans donner pour ainsi dire un seul coup d'aile, portent beaucoup plus par mètre carré que le premier monoplan, moins par contre que l'appa- reil de course. Par contre, le Coq de bruyères, qui, à certains moments de son vol, peut être comparé au monoplan Han- riot, pendant les temps de planement précédant l'atterris- sage par exemple, possède des surfaces d'ailes qui supportent des charges plus grandes que cet avion. Le Guillemot, animal plongeur, mais capable d'effectuer des vols d'une certaine distance au-dessus des flots, grâce à des coups d'ailes rapides, se révèle le plus puissant. Muni d'ailes très réduites pour son gros corps, il m'est apparu comme le volateur supportant la P plus lourde charge parmi les Oiseaux, la charge — étant chez lui de 23^8,4, alors qu'elle n'est en moyenne que de 19^^,1 pour les espèces de son groupe. LI-:S CARACTÉRFSTIQrivS DES OISEAUX 195 Or, tous les Oiseaux que j'ai examinés, ce ne sont que des avions à vide, alors que j'ai considéré le poids total en ordre de marche des monoplans. Un Oiseau est, en effet, susceptible d'enlever beaucoup plus que son poids, et sa puissance sus- tentatoire est beaucoup plus grande que celle indiquée dans le tableau précédent. CHAPITRE lïl Le poids des ailes. Le poids des ailes, des bras et des plumes alaires par kilo d'animal. Le rapport des ailes, des bras et des plumes alaires suivant l'étendue des ailes. Ailes lourdes et légères. Pour l'examen de cette question, deux points sont à consi- dérer : c'est, d'une part, le rapport du poids réel des ailes au poids du corps et, d'autre part, le rapport du poids des ailes à la surface alaire, ce qui nous renseignera sur leur légèreté ou sur leur lourdeur. Il y a en effet un gros intérêt à préciser si les ailes sont plus ou moins massives ou légères relativement à l'étendue de leur surface. Marey {69} s'était rendu compte de l'importance de cette étude au point de vue de la structure générale des ailes, bien qu'il ne l'ait pas tenté. Sur la façon de peser les ailes, il n'y a rien de bien particulier à dire. Il suffît seulement d'opérer avec précision et de cher- cher le poids, aussi exact c{ue possible, des ailes désarticulées de l'épaule. Les pesées des membres supérieurs privés de plumes et celle des rémiges et couvertures sont aussi faciles à réaliser. Ce sont ces divers poids que j'ai rapportés pour chaque espèce au poids du corps et à la surface des ailes. J'ai consigné les chiiîres ainsi trouvés dans les grands tableaux ci-joints (pages 198 à 203). Pour présenter un premier aperçu du sujet, je vais d'abord envisager dans chaciue groupe caractérisé par un mode de vol différent la moyenne de la quantité relative d'ailes, de membres supérieurs dépourvus de plumes et de plumes elles- mêmes, c'est-à-dire le poids de ces organes par kilo d'animal. Je résumerai les résultats que j'ai obtenus dans le tableau sui- vant, qui donne un classement des groupes d'Oiseaux suivant le poids relatif de leurs ailes. LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 197 Poids Poids Poids relatif Poids relatif du relatif des ailes des membres supérieurs des plumes corps. entières. déplumés. des ailes. Gr. G Gr. Gr. Rapaces diurnes voiliers 1 869,5 214,5 148 66,5 — nocturnes ramo-planeurs 466,4 195,4 142,1 53,3 "Échassiers ramo-planeurs 2 301,6 186,6 129,1 57,5 Rapaces diurnes ramo-planeurs .. . 423,7 183,7 130,6 53 Palmipèdes voiliers 2 552,7 172,4 162,5 123,2 49,2 — ramo-planeurs 697,1 107,6 54,9 Passereaux ramo-planeurs 46,7 154,3 113,1 41,2 Corvidés ramo-planeurs 272 147,1 104,9 42,2 Colombins rameurs 326,3 1 578,1 141,2 124,2 107,5 90,5 33,7 33,7 Échassiers rameurs terrestres . . . Palmipèdes nageurs rameurs 1 380 117,4 88,5 28,8 Échassiers rameurs riverains 176,9 115 81,1 33,9 Passereaux rameurs à vol sou - tenu 33,1 109,9 81 28,9 Passereaux rameurs à vol peu sou- tenu 23,9 103,2 76,2 27 1 Passereaux plongeurs rameurs . . . 36,4 103 81 22 Gallinacés rameurs 861,2 90,7 68,3 22,3 Palmipèdes plongeurs rameurs . . . 736,5 87,2 65,9 21,3 Échassiers plongeurs rameurs . . . 260 79,2 57,9 21,2 Passereaux vibrateurs 2.85 62 47 15 De l'examen de ce tableau, il ressort à première vue, que le poids relatif des ailes varie, en somme, comme la surface alaire. L'identité de cette variation apparaîtra de façon plus évidente si nous employons la méthode graphique (fig. 14). A cet effet, représentons sur la hgne des abscisses par des points équidis- tants les dix-neuf premières séries d'Oiseaux rangés par poids décroissant. Portons sur les ordonnées élevées en chacun de ces points les quantités moyennes de surface alaire relative et les poids relatifs des ailes correspondant à chacune de ces séries. En réunissant les points relatifs à chacun des deux rap- ports, on se rend compte que la surface alaire et le poids des ailes varient dans le même sens en passant d'un groupe défini par un mode de vol à un autre groupe défini par un autre mode de vol. Il y a pour ainsi dire très peu de divergences à signaler. Ce sont les voiliers et les ramo-planeurs à grande surface alaire dont le poids des ailes par kilo d'animal est le plus élevé. Il est égal au cinquième du poids du corps chez les Rapaces voiliers et les Rapaces nocturnes, au sixième du poids du corps chez les Palmipèdes voiliers. Par contre, les I !>8 A. MAGNAN I. Rapaces dilrnes voiliers. Poids du corps. = e p^ S Gyps julvus (Habl . ) Gypattus haibatus grandis tilorr Catharista atrata (Bartr.) Aquila chrysa tus (L.) Hieraétus jasciatus (Vieil!) Helotarsus ecaudatus (Daud.) ! 2 Geranoa tus melanoleucus (Vieill.) Circa tus gallicus (Gniel.) Buteo buteo (L.^ Pernis apivorus (L.) Pandion halia tus (L.) Circus seruginosus (L.) — cyaneus \L.) Ç — cyaneus (L.) o — pygargus (L.) — macrurus (Gmel . ! Mih'us inilvus (L.) II. Palmipèdes voiliers. Dioinedea cxulans L Fregata aquila (L.) Sula bassana (L.) Puffmus kuhli Boie Hydrobates pelagirus (L.) Larus marinus L III. ÉCHASSIERS RAM0-PLA\EURS. Ardea cinerea (L.) Egvelta alba (L.) Botaurus stellaris (L.) Nycticorax nycticorax (L.) Platalea leucorodia L Ciconia ciconia (L.) Megaloriiis grus (L.) Leptoptilus CTumeniferus Lcss Vanellus vanellus (L.) IV. Rapaces nocturnes ramo-planeurs. Buho bubo (L.) Asio otus '(L.) Asio flammeus Pont Otus scops (L.) Tyto alba (L.) 269 385 702 712 060 095 125,50 655 027 615 105 680 471,50 331 236,50 386 927 8 502 1 620 2 690 572 17,40 1 915 1 408 1 178 1 198 512 1 565 3 438 4 175 7 030 211 720 247 390 49,75 279 x ^ 2 "5 ir. ■= Gr. 220 237,6 192 219 198 194 189,2 241,6 176,2 177,1 280,5 207,3 214,2 212 260 194,5 235,1 162 201 144,9 171,3 150 205,7 234 191,2 142,7 152,3 180,1 195 194 215,6 175,3 212,7 202 192.3 227,1 195,3 Gr. 145 152,2 141 155 146,6 141 138,7 176.2 126,7 128,1 180,9 143,5 139,9 139 177,5 129,5 156,4 129 136 110 113,6 108 143 165,9 126,2 95,4 101,5 132,9 128,8 126,9 156,7 127,9 156,9 142 140 184,3 140,5 -3 r. •a -2' '3-z 85,4 51 64 51,4 53 50,5 65.4 49,5 49 99,6 63,8 74,3 73 82,5 65 78,7 33 65 34,9 57,7 42 62,7 68,1 65 47,3 50,8 47,2 66,2 67,1 58,9 47,4 55,8 60 52,3 42,8 54,8 2 205 1 718 1 087 1 506 1 281 1 131 1 131 968 712 574 101 622 507 498 474 531 751 2 201 1 102 1 578 762 260 1 440 779 797 633 493 127 327 1 1 1 451 1 833 553 983 462 537 279 492 •^ 9. ■3 2 Gr. 257 249 200 155 144 120 207 196 202 194 193 110 148 184 156 148 178 177 166 125 515 409 168 308 139 191 128 180 11; 23 153 934 568 400 506 62 a XI Gr. 192 163 120 100 97 89 167 134 152 137 143 70 95 133 113 109 128 133 125 86 432 333 141 237 109 147 83 130 1 681 865 715 410 271 361 461 W2. A. MAGNAN XIII. ÉcHASSIERg RAMEURS RIVERAINS. Numeilius arquatus (L.) Hsematopus ostralegtis L Charadrius hiaticula L Squatarola squatarola (L.) Gallinago gaUinago (L.) Limnocryptes gallinula (L.l Canutus canutus (L.) Erolia alpina (L.) Arennria interpres (L.) Calidris leucophœa (PaJJ.) Machetes pugnax (L.) Tringa nebularius (Gûnn . ) — erythropus (Pall.) — totanus (L.) — ochroph us L — hypoleucus (L.l Limosa lapponica (L.) — liDiosa (L.) Becurvirostra avocctta L XIV. COLOMBINS RAMEURS. Columba palumbus L — œnas L Turiur turtur (L.) XV. Gallinacés rameurs. Tetrao urogallus L. $ — urogallus L. 9 Lyrurus tetrix (L.) ^ — tetrix (L.) 9 Tetrao médius Mey Lagopus mutus (Martin.) — lagopus (L.) — scoticus Lath Tetrastes bonasia (L.) Caccabis rufa (L.) — saxatilis Mey et W'ulf Perdix perdix (L.) Coturnix coturnix (L.) Colinus pectoralis Gould Rhynchotus rufescens (Temin.) ... XVI. Palmipèdes nageurs rameurs. Cygnus cygnus (L.) Anser fabalis (Lath.) Poids du corps. Gr, 768 438 62,20 216 95,50 57 88 44 107,80 41,90 180 156 133 133 72,70 48,50 197 228 295 495 306 178 •- .S 140,6 146,1 94,8 110,1 97,3 112,2 127,2 82,9 90,9 100,2 125 118,9 116,5 106,7 114,8 87,6 140,1 132,8 141 141,4 144,7 137,6 &( p" 361 890 030 940 193 462,50 620 624 278 490 606,50 387 83,20 131,50 821,70 5 925 3 110 101 108,9 102,4 103,1 108,9 90,8 92,4 89 77 79 78 91,3 75,2 75 165 136,6 96,3 109,5 69,1 76,1 62,8 84,2 96,5 .54,5 50 66,8 82,2 88,4 84,9 75,9 81,1 62,6 103,1 96,9 100,3 107 111,7 103,9 78 83,4 79,6 75,5 81,5 62 70,3 67,3 56,6 66,1 62,6 60,7 66 57 59 124 102, Gr. 44,3 36,6 25.7 34 34,5 28 30,7 28,4 40,9 33,4 42,8 30,5 31,6 30,8 33,7 25 37 35,9 40,7 34,4 33 33,7 23 25,5 22,8 27,6 27,4 28,8 22,1 22,4 20,9 21 16,8 17,8 25,3 18,2 16 41 33.8 ïï ?; a; -Zj ci ^ b ^ Gr. 983 1 028 313 577 381 359 414 289 457 262 491 455 474 387 336 286 528 573 606 877 828 651 2 365 1 900 1 085 1 143 1 321 860 906 939 555 816 1 012 698 441 504 955 B^t « ry. a; Si S as u 5^ i; î^ 2 654 1 584 Gr. •ob Gr. 804 179 771 257 228 85 488 89 245 136 269 90 314 100 181 108 252 205 175 87 323 168 339 116 342 132 275 112 237 99 205 81 389 139 420 153 431 175 662 215 635 193 492 159 828 455 844 837 988 588 690 704 406 619 798 540 319 382 755 1 944 1 193 537 445 241 306 333 272 216 235 149 197 214 158 122 122 200 710 391 LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 203 Anser anser (L.) — albijrons (Scop .) Branla bernicla (L.) — leucopsis (Bechst) Anas platyrhy fichus L. .- Spalula clypeata (L.) Dafila acuta (L.) Mareca penelcrpe (L.) Querquedula créera ( 1^ . ) — querquedula (L.) Clangula clangula (L.) Nyroca nyroca (Gûl(1) — fuligula (L.) — feriiia (L.) — inarila (L.) Oidemia nigra (L.) — fusra (L.) XVII. Palmipèdes PLoNiiEiRS rameurs Mergus serrator L — mersanger I — albellus L Colymbus cristatus L — griseigena Bodd — rufieollis Pall Gai'ia septentrionalis (L. ) Gaçia arctica (L.) Alca tarda L . . . Uria troille (L.) Fratercula arctica (L. ) Aile aile (L.) XV'III. ÉCHASSIERS PLONGEIRS RAMEIRS. Fulica atra L Gallinula chloropus (L.) Porzana porzana (I.) Rallus aquaticus L XIX. Passereaux pi.o.ngeirs ramei its. Alcedo l'spida L XX. Oiseaux coi ueirs or NE VOLANT PLUS. Rhea arnericana (L.) Spheniscus demcisus (L.) Poids du corps Gr. 3 065 715 273 150 105 633 955 830 293 327 622 512 741 842 675 870 578 818 1 470 495 790 480 180 957 1 495 780 1 010 272 91,20 578 265 69 128 36,40 10 555 94 4 Xi ^ 160,1 171,4 129,6 130 105,5 104,2 102,6 100, 105,8 110,7 91.6 97,6 75,5 95 146,1 101,1 101,3 95 113,6 82,8 91,1 90 60,8 106,5 112,6 61,5 61,3 85 70 79, 93, 103 •5 3-C dr. 120.7 128.2 98,9 95,6 85,9 85,3 77^4 71,6 81,8 84,4 73,9 78,1 47,2 67,3 100,1 80,4 78,5 66 80,2 56,5 70,8 70 47,7 92,9 84,5 46,1 48,5 65 63,5 53,6 53,5 72,4 52,3 81 39,4 43,2 30,7 34,8 19,6 18,9 25,2 29,1 24 26,3 17,7 19,5 28,3 27,7 46 20,7 22,8 29 33,4 26,3 20,3 20 13,1 13,6 28,1 15,4 12,8 22 21,5 16,4 25,7 21 21,9 £ t- t. .^^ <- — ■-t ? — ai j^ w V. o 5 El m 2 -O C u t- 1%'- Gr. Gr. Gr. 1 830 1 371 459 1 600 1 197 403 1 181 902 279 1 297 951 346 1 245 1 014 231 1 060 870 190 1 163 878 285 1 257 895 362 885 691 194 900 686 214 1 100 888 212 976 781 195 1 176 735 441 1 294 917 377 1 529 1 081 448 1 294 1 029 265 1 584 1 227 357 1 312 893 419 1 946 1 375 571 949 648 301 1 267 985 282 795 619 176 463 363 100 1 143 997 146 1 322 972 350 1 250 937 313 1 441 1 139 302 681 509 172 462 346 116 739 555 184 567 383 184 282 219 63 364 255 109 3 '.7 273 74 » 204 A. MAGNAN rameurs qui ont une petite surface portante possèdent les ailes les plus légères comparativement au poids du corps. Ce poids équivaut à dix fois celui des ailes chez les Passereaux (•e ioo îo lo- s^ ".Ë Fig. 14. — Courbes de la variation de la surface alaire om'^'â relative et du poids relatif des ailes suivant le mode de vol. ^"^ ;= I Surface alaire relative. ■M^-S'h Poids relatif des ailes. et les Gallinacés ; il est seize fois plus considérable en ce qui concerne les Passereaux vibrateurs. Si l'on examine le poids des membres supérieurs déplumés et celui des plumes des ailes, on voit que le classement est encore sensiblement le même, sauf quelques décallages peu importants a priori. Il m'a semblé intéressant de rechercher si les ailes sont plus ou moins massives ou légères, relativement à l'étendue de leur surface. Cayley {15), qui parait avoir été le premier et le seul à se préoccuper de cette question, cite le Héron comme type pour les ailes légères ; le Fou, au contraire, aurait les ailes deux fois et demie plus pesantes à surface égale. Cayley a été conduit à ces études, dit Mare y {69), parledésirde trouver le LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 205 type le plus avantageux pour construire des ailes mécaniques destinées à une machine volante. D'après ses calculs, une aile de 54 pieds carrés, construite sur le type Héron, pèserait 7 livres ; la même surface d'aile, dans le type Fou de Bassan, pèserait 18 livres. Il est assez difficile de se rendre compte directement de la plus ou moins grande légèreté des ailes suivant l'étendue de celles-ci, car il est assez rare de rencontrer des Oiseaux appar- tenant à des groupes différents et dont la surface alaire soit à peu près la même. J'ai pu rassembler, toutefois, quelques espèces qui se trouvent dans ce cas et dont je donne les sur- faces et po ids réels des ailes dans le tableau suivant : Première série. Tetrao urogallus. L. : Coq de bruyères (Gallinacé rameur) Gavia septentrional is (L.) : Plongeon catmarin (Palmipède rameur) Otis tetrax L. : Outarde canepetière (Échassier rameur) Puffinus kuliU Buie : Puffin cendré (Palmipède voilier) Larus canus L. : Goéland cendré (Palmipède ramo-planeur) Corvus corone L. : Corneille noire (Corvidé ramo- planeur) Circus pygargus (L.) : Buzard cendré (Rapace voilier) Asiootus (L.) : Moyen-Duc (lîuj)ace ramo-planeur). Deuxième série. Coturnix coturnix (L.) : Caille (Gallinacé rameur).. , Limnocryptes gallinula (L.) : Petite Bécassine (Échassier rameur) Loxia curvirostrn L. : Bec croisé (Passereau rameur). Apusapus{L.) : Martinet (Passereau ramo-planeur). Surface alaire en cmf{. 084 116 040 080 040 090 130 082 172 178 167 105 Poids des ailes en gr. 206 184 120 98 92 60 50 7,60 6,40 5,82 4,99 Bien que les surfaces alaires ne soient pas exactement les mêmes, il apparaît avec évidence que les poids des ailes sont très variables suivant les groupes pour des surfaces d'ailes voisines. Ainsi le Coq de bruyères, pour une étendue d'ailes identique, possède des ailes quatre fois plus pesantes que le 206 A. MAGNAN Moyen-Duc. De même la Caille a des ailes plus lourdes que le Martinet. Mais, comme il est difficile de pouvoir juger par ce moyen de la plus ou moins grande légèreté des ailes chez tous les groupes d'Oiseaux caractérisés par un mode de vol différent, il y a donc lieu d'employer un autre procédé. A cet effet, j'ai calculé les rapports moyens qui existent entre le poids des ailes et la surface de celles-ci, et de même que pour l'étude de la charge supportée par les ailes, j'ai multiphé ces rapports par les coefficients yK qui sont contenus dans le tableau de la page 191 et qui sont applicables ici puisque les poids moyens du corps sont toujours les mêmes. J'ai opéré de même manière pour le poids des membres supérieurs déplumés et pour celui des plumes. Cette étude m'a fourni trois classements dont voici le premier concernant le poids des ailes : Poids des ailes engr. ^k| par mq. de surface alaire. Passereaux rameurs à vol, peu soutenu 952 Rapaces nocturnes ramo-p!a- neurs 976 Corvidés ramo-planeurs 1 022 Échassiers ramo-planeurs... 1 028 — plongeurs rameurs. 1 044 Pa.ssereaux rameurs à vol .sou- tenu 1 053 Échassiers rameurs terrestres. 1 073 Ptapaces diurnes voiliers 1 086 Passereaux vibrateurs 1 097 — ramo-planeurs 1137 Poids des ailes 3 / P en gr. » / k ~ par mq. de surface alaire Échassiers rameurs riverains. 1 176 Palmipèdes ramo-planeurs.. 1 185 — voiliers 1 223 Rapaces diurnes ramo-pla- neurs 1 250 Passereaux plongeiirs ra- meurs 1 429 Gallinacés rameurs 1 4 77 Colombins rameurs 1 554 Palmipèdes plongeurs ra- meurs 1 638 Palmipèdes nageurs rameurs, l 643 Il y a donc des Oiseaux à ailes lourdes. Il y a des Oiseaux à ailes légères ; les Passereaux rameurs et les Échassiers sont dnas ce cas, ainsi que les Rapaces nocturnes, ce qui fait comprendre pourquoi ces derniers, bien que ramant fréquem- ment, semblent ne pas se livrer à des efforts exagérés ; de plus, ils peuvent voler silencieusement grâce à la légèreté de leur appareil de sustentation. Les Rapaces voiliers ont des ailes beaucoup moins lourdes que les Palmipèdes voiliers, alors que Jes Rapaces diurnes ramo-planeurs, qui rament violemment, LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 207 ont des ailes plus pesantes que les Rapaces voiliers. Il semble bien que tous les Oiseaux qui rament de façon continue et avec une certaine violence aient tous des ailes lourdes, nécessaires probablement pour que l'action du battement soit plus efficace. Chez ces Oiseaux vraiment rameurs le poids des ailes est en effet au moins une fois et demie plus con- sidérable, par rapport à l'étendue de la surface alaire, que dans les autres groupes. Examinons maintenant le classement que fournissent les rapports moyens des poids des membres supérieurs déplu- més à la surface des ailes, multipliés par le coefficient \K: Poids des membres supérieurs déplumés. par mq. de surface alaire. Gr. Rapaces nocturnes ramo-pla neurs 691 Échassiers ranio-planeurs. . 709 Passereaux rameurs à vol peu soutenu 720 Corvidés ramo -planeurs 730 Passereaux vibrateurs 731 Passereaux rameurs à vo soutenu 741 Rapaces diurnes voiliers. . . . 745 Échassiers plongeurs rameurs 755 Échassiers rameurs terrestres 795 Palmipèdes ramo-planeurs. . 814 y Poids des membres supérieurs déplumés par mq. de surface alaire. Gr. Passereaux ramo-planeurs.. . 826 Échassiers rameurs riverains. 855 Rapaces diurnes ramo-pla- neurs 890 Palmipèdes voiliers 916 Gallinacés rameurs 1 120 Passereaux plongeurs ra- meurs 1 12 4 Colombins rameurs l 180 Palmipèdes plongeurs ra- meurs 1 230 Palmipèdes nageurs rameurs. 1 235 Ce classement est voisin de celui que nous a donné le poids de l'aile complète comparée à la surface alaire. Toutefois, il y a quelques décallages qui méritent d'être signalés. Si les Rapaces nocturnes ont encore un poids de membres supé- rieurs privés de plumes, faible, les Rapaces voiliers se rap- prochent davantage de ces derniers et des Échassiers ramo- planeurs par la légèreté de leurs bras. Les différences que l'on constate en ce qui concerne les poids de membres déplumés par mètre carré de surface alaire; sont encore aussi grandes. Les vrais rameurs possèdent en effet des rapports au moins une fois et demie plus élevés que les autres. 208 A. MAGNAN Voyons maintenant ce qui donne le rapport du poids des plumes alaires à la surface des ailes. Poids des plumes alaires. -i S 5£ = Rapport delà distance G^C. à la \' P. Échassiers ramo-plaiipurs Gr. 2 301,6 46,7 697,1 2 552,7 272 1 869,5 2,85 23,9 33,1 176,9 36,4 423,7 1 380 260 736,5 466,4 326,3 1 578,1 861,2 ',1 6,3 6,3 6,1 6,1 6, 6 5,9 5,8 5,8 5,7 5,6 5,5 5,4 5,3 5,2 5,2 5,1 4,9 2 1,79 1,95 2,15 1,75 1,89 1,81 1,85 1,84 1,89 1.87 1,96 2,09 2,20 2,50 1,75 1.87 1,96 1,85 1,20 1,03 1,11 1,08 1 1,08 1 1,06 1,07 1,10 1,10 1,13 1,08 1,20 1,12 1,13 0,96 1 1,06 Passereaux ramo-planeurs Palmipèdes ramo-planeurs — voiliers Corvidés ramo-planeurs Rapaees diurnes voiliers Passereaux vibrateurs — rameurs à vol peu soutenu . . — rameurs à vol soutenu Échassiers rameurs riverains Passereaux plongeurs rameurs Rapaees diurnes ramo-planeurs Palmipèdes nageurs rameurs Échassiers plongeurs rameurs Palmipèdes plongeurs rameurs Rapaees nocturnes ramo-planeurs Colombins rameurs Échassiers rameurs terrestres Gallinacés rameurs Le tableau précédent, s'il révèle la variation de la longueur relative du corps comme je l'ai indiqué, nous montre par contre que le tronc est sensiblement égal proportionnelle- ment dans tous les groupes, ainsi que la distance G. G. qui sépare les cavités cotyloïde et glénoïde, sauf chez les Oiseaux aquatiques, où la longueur du tronc a été accrue par l'action tourbillonnaire de l'eau. Cette dernière mesure a son intérêt, comme on pourra le voir plus loin, étant donnée sa fixité rela- tive chez les Oiseaux. Les dimensions propres de l'aile, longueur et largeur, n'ont que fort peu retenu l'attention générale ; seule l'envergure, qui est la distance séparant les deux extrémités des ailes, lorsque celles-ci sont étendues au maximum, a été étudiée par quelques auteurs. BoRELLi {12) a montré que les ailes n'ont pas la même lon- gueur chez les Oiseaux ; très faibles chez l'Autruche, elles sont plus développées chez les Gallinacés, plus encore chez les Pigeons.; elles prennent leur plus grande longueur chez les Aigles, les Cygnes, les Hirondelles, pouvant, toutes plumes LES GARACTÉRISTIQL'ES DES OISEAIX :>l I I. Rai-aces diurnes voiliers. Gyps julvus (Habl.) GypaUus barbatus grandis tStorr Catharista atrata (Bartr.) Aquila chrysa tus (L.) HieraHus fasciatus (Vieill.) Helotarsus ccaudatus (Daud. ) Geranoa tus inelanuleucus (Vieill.) Circa tus gallicus (Gmel . ) Buteo buteo (L.) Pejiiis apivorus (L.) Pandion halia tus yL.) Cirrus seruginosus (L.) — cyaneus (L.) 9 — cyaneus (L.) çj — pygargus (L.) — inacrurus (Gnirl . ) Alih'us mihnis (L.) II. Palmipèdes voiliers. Dioniedf'a exulans L Fregata aquila (L.) Sula bassana (L.) Puffinus kuhli Boit' Hydrobates pelagicus (L.) Larus mari nus L III. ÉcHASSIERS RAMO-PLANEl RS. Ardea cineiTa (L.) Egretta alba (L.) Botaurus slcllaris (L.) Nyclirorax nyclicorax (L.; Platalea leucorodia L Ciconia ciconia (L.) Megnlornis grus (L.) Leptoptilus rrumenijcrus Less Vanellus vandlus (L.) IV. UaPACES NOCTURNES R A MO-PLAN EU RS Bubo bubo (L.) Asio otus (I^.) — flammeus Poiil Otus scops (L.) Tyto alba (L.) Striv aluco L Athene noctua (>Sco|j.) Poids du corps. 7 209 5 385 1 702 3 712 2 060 2 095 2 125,50 1 655 1 027 615 1 105 680 471,50 331 236,50 386 927 8 502 3 ■" SE n 2. -^ — a 620 690 572 17,40 915 408 178 198 512 565 438 175 030 211 720 247 390 49,75 279 418 161,50 5,9 6,1 5,1 6,1 5,1 4,5 5,1 5,9 5,5 6,3 6 6,1 6,8 6,8 7,1 6,5 6,9 6 7,4 6,6 5,9 5,3 5,8 8,5 8,3 7,1 ',1 6,7 6,8 6,9 7,3 5,5 5,3 5,6 5,3 5,4 5,2 5,4 4,5 13,2 14,4 11,8 13,7 12,2 12' 11,3 15,3 13,1 14,1 15,2 15,3 15 15,1 17,8 15,2 16 16,7 17,2 13,2 14,6 12,8 13,9 15,4 13,7 12,5 13,1 11,8 13,1 13,1 14.7 12,6 13,7 15 14,7 14,2 14,9 12,7 10,8 O -^ 2,22 2,34 2,29 2,28 2,38 2,65 2,22 2^58 35 22 54 47 18 2,27 2,48 2,31 2,39 2,79 2,28 2 2,46 2,39 2,36 1,80 1,63 1,76 1,82 1,76 1,90 1,88 2 2,26 2,57 2,66 2,77 2,60 2,85 2,31 2,41 2. ~ t. "^ 2,12 2,25 2,38 2,45 2,20 2.20 2,35 2,46 2,59 2,64 2,27 2,67 2,80 2,76 2,71 2,48 2,61 1,12 1,95 1,15 1,56 1,92 1. 2,44 2,32 2,23 2,33 1,93 2,05 2 2,38 2,06 2,54 2,47 2,30 2,75 2,55 2,67 2,18 ses 0,35 0,36 0,45 0,40 0,42 0,48 0,46 0,41 0,46 0,41 0,37 0,43 0,40 0,41 0,38 0,37 0,37 0,1! 0,26 0,17 0,26 0,36 0,31 0,28 0,27 0,31 0,32 0,28 0,28 0,2{ 0,32 0,3: 0,47 0,4^ 0,43 0,50 0,48 0,48 0,48 212 A. MAGNAN V. Rapaces diurnes ramo-planeurs. Accipiter gentilis (L.) . Accipiter nisus (L.) ç — lîisus (L.) cî Pohjhorus tharus (Mol.) Falco tinnunculus L. Ç' — tinnunculus L. o — peregrinus Tunst — subbuteo L — columbarius regulus Pal) VI. Corvidés ramo-planel rs. Corvus coi'one L — cornix L Trypanocorax frugilegus (L.) Colœus monedula spermologus (Vieill.) PyrrJiocorax pyrrhororax (L.) Graculus graculus (L.) Nucifraga caryocatactes (L.) Coracias garrulus L Pica pica (L.) Garrulus glandarius (L.) Upupa epops L Xanthoura yncas (Bodd.) VII. Passereai X ramo-planeurs. Cuculus canorus L Caprimulgus europseus L Apus apus (L.) Chelidon rustica (L.) Hirundo urbica (L.) Riparia rupestris (Scop.) VIII. Palmipèdes ramo-planeurs. Phalacrocorax carbo (L.) Puffinus puffinus (Brùnn) Larus argentatus Pontopp — canus L Bissa tridactyla (L.) Larus ridibundus L Sterna hirundo L IX. Passereaux rameurs a vol soutenu Muscicapa striata (Pallas.) Ficedula hypoleuca (Pallas.) Poids du corps. Gr. 708 221 136 209 245 172 813 165 145 470 633 470 253 390 223 161 128 214 160 91 71,30 104 92 36 20 18,35 14,35 15,50 2 115 342 1 189 367 488 261 118 14,35 12,50 J2 ci P^ ti 6,3 6,1 5,2 5,7 6,2 4,9 5 5,5 5,9 5,7 6,3 5,6 5,6 6,8 6,3 5,9 7,8 6,8 5,7 5,9 ",1 6 5,7 7,7 6 5,8' 5,1 5,6 5,9 5,5 6,3 7,9 6,2 6 -ri 9 t£ Ec U i_ K >ia; ^ 3 £■ » >- n 05 ffî 11,3 1,95 12,4 1,95 12,1 1,95 12,7 2,47 11,8 2,06 13,5 2,18 11,4 2,30 13,8 2,43 11,5 2,07 11,5 1,91 11,4 1,98 12.5 1,98 11,2 2, 9,2 1,64 12,9 1,89 11 1,71 12,2 2,05 9,9 1,26 10 1,60 10,6 1,84 9 1,52 12,4 1,74 12,6 2,09 12,7 2,22 12,5 1,62 12 1,99 12,6 2,13 13,3 1,69 11,6 2,25 13,5 2,39 15,1 2,54 13,4 2,42 15,2 2,40 16,9 2,12 11 1,77 10,5 l,/5 MJPn 3 3 ni ® ^:;^ . A i-i t_, Vi a, s 2j 0! S O -^ ■a ^ â ~ 2,26 2,25 2,27 2,03 2,08 2,09 2,24 2,21 2,01 2,25 2,11 2,46 2,53 2,22 2,26 2,23 2,25 2,13 2,09 2,01 2,08 2,03 2 1,95 1,77 2,01 1,87 1,74 1,96 1,87 2,27 2,47 1,95 2,35 2,06 1,87 2,02 1,89 2,11 1,98 2,08 2,23 2,19 2,' 19 1,87 2,31 2,35 2,43 5 ~ ./ ^ = ê T' -.Si te. := t. as C ai — u Z ^ o — a — Alauda an'ensis L (tT. 28,30 18 20,70 22 16,50 16 50,50 26,10 30,95 17,10 17,75 13 16,95 13,05 11,45 7,65 5,25 72 62,80 47,50 91,50 76,20 106 98 70,30 56 96,50 79,50 47,60 42 21,40 8,35 23,70 21,15 25,10 30 15,20 25 16,65 11,80 15,80 11,95 25 23,10 33 21,40 20 3,80 5,6 6 6,3 6,8 6,7 7,7 6,8 6,5 5,7 6,3 5,6 6,4 6,2 5,6 5,8 6,3 6,5 6,1 6 5,5 6 6,2 5,9 5,9 5,3 6,1 6,1 5,2 4,9 5,1 5,8 5,7 5,2 6,1 5,5 5,2 5,5 5,2 5,6 5,2 5,8 5,6 6,1 5,7 5,3 5,9 5,8 5,8 10,4 9,9 10,4 10,1 9,8 10, 9,6 10,6 9,1 9,9 8,7 10,9 10,5 10 9,6 9,7 10 11,3 9,7 9,8 9 8,9 9,3 9,3 8,9 9,7 9,3 9,1 8,8 9,2 9,2 10,9 9,4 10,3 9,6 8,1 8,8 9,7 9,7 9,4 9,9 10,7 9,6 8,7 8,5 9,3 9,4 9,2 1 84 0,39 0,37 0,36 0,29 0,31 0,27 0,32 0,34 0,35 0,35 0,37 0,38 0,40 0,39 0,38 0,34 0,32 0,33 0,34 0,36 0,34 0,33 0,33 0,33 0,33 0,32 0,30 0,33 0,39 0,36 0,39 0,43 0,37 0,38 0,36 0,35 0,36 0,35 0,37 0,37 0,36 0,39 0,35 0,38 0,34 0,39 0,40 0,41 4,6 4,4 4,5 4,9 4,7 4,7 4,3 4,8 4,5 4,3 4,1 4,4 4,1 4,5 4,2 4,3 4,2 5,3 4,6 4,8 4,3 4,3 4,6 4,7 4,9 4,8 5 5,2 4,5 4,9 4,1 4,4 4,8 4,4 4,6 4,3 4,3 5,2 4,5 4,7 4,7 4,8 4,4 3,9 4,5 4 4 3,8 Anthus pratensis (L.) ■^ ,64 ,65 ,48 47 28 40 63 59 56 56 71 67 76 63 52 52 85 59 77 49 47 57 58 66 57 87 72 79 77 58 91 80 68 73 55 58 85 73 79 74 89 56 51 59 57 56 59 — ti'ivialis (L.) Motacilla alba L — flava L — cinerea Tiinstall Lanius excubitor L — senator L — collurio L Luscinia ))iegarhi/nc/mBvehm Erythacus rubecula (L.) Phœnicurus phœnicurus (L.) — ochrurus gilbraltariensis (Gm.).... Pratinrola rubetra (L ) . . . . — rubicola (L.) Phylloscopus bonellii VieiJl — rufus Bechst Oriolus oriolus (L.) ....'. jMonticola solitarius (L ) . — saxatilis (L.) Turdus menda L — naumanni Temni — çiscii'orus L — piloris L. . . — ))iusirus L — iliacus L — torquatus Jj. . Sturnus çulgaris L Loxia curvirostra L Coccothraustes coccothraustes (L ) Pyrrhula pyrrhula ewopaea Vieillot Serinns caiiarius serinus (L.) Chloris chloris (L.) .... Fringilla cselebs L — montijringilla L Passer domestica (L ) — moiiiann (L.) Petronia pelronia (L.) Carduelis carduelis (L ) Spinus spinus (L.) Acanthis cnnnabina (L.) Spinus citrinella (L ) Emberiza citrinella L — cirlus L — hortulana L — cia L — scliŒniclus L Regulus regulus (L.) 214 A. MAGNAN X. Passereaux ramel rs a vol peu soutenu Cyanecula suesica cyanecula (Wolf.) Sylvia atricapiUa (L.) Sylvia simplex Lath — communis Lath Prunella modularis (L.) Hypolais icterina (Vieill. ) Acrocephalus cirpaceus Herm — schœnobsenus (L.) Parus major L — caeruleus L — cristatus mitratus Brelim — palustris longirostris Kleinsch — palustris communis Kleinsch M githalus caudatus (L.) Gecinus viridis (L.) Dryobates major pinetorum (Brehm) — minor hortorum (Brehm) Jyn.r torquilla L Certhia hrachydactyla Brehm Sitia europsea cœsia Wolf Tichodroma muraria (L.) Troglodytes troglodytes (L.) XI. PaSSEREAT X VIBRATEURS. Eupherusa e.riinia (Del. ) , . . . XII. ficHASSIERS RAMEURS TERRESTRES. Otis tarda (L.) — tetrax L Burhinus œdicnemus (L.) Charadrius apricarius L — morinellus L Crex crex (L.) Scolopax rusticola L XIII. ÉCHASSIERS RAMEURS RIVERAINS. Numenius arquatus (L.) H aematopus ostralegus L Charadrius hiaticula L Squatarola squalarola (L.) Gallinago gallinago (L.) Limnocryptes gallinula (L.) Canutus canutus (L.) Erolia alpina L.) Arenaria interpres (L.) s\^ b£ -j C — Poids 2. -^ c« S ^ S du corps. 13 ■= Oh 1; !=< = ci — CD 3 1.38 1,07 1,22 1,04 1,15 1,26 1.17 1,03 1,10 1,14 1.15 1,02 1,25 1,17 1,18 1,23 0,81 0,80 1,09 1,26 1,34 1,65 1,70 1,68 1,57 2 0,3' 0,23 0.21 0,23 0,21 0,22 0,23 0,21 21 0.18 0,18 0,22 0,18 0,22 0,26 0,18 0,20 0,17 0,1 : 0.21 0^24 0,28 0,29 0,30 0,27 0,2: 0.41 0,08 6,9 7,6 6,9 7,4 7,1 7,3 7,6 8 7,6 7,3 6,8 8,3 7,5 6,7 8,9 8,4 9 6,8 G, 5,6 5,6 4,9 5,5 3, 8,2 comprises, arriver à mesurer trois fois la longueur du corps. Tatin (87) a signalé, au sujet de l'envergure, que le rap- port des deux dimensions de l'aile, largeur et longueur, était de 1 à 6 pour les bons volateurs et de 1 à 5 pour les passables. LES CARACTÉRISTIQUIES DES OISEAUX 217 Cependant, il fait remarquer que, chez le Martinet par exemple, le rapport est de 1 à 8, et que chez les Oiseaux de mer, comme les Procellariés, il devient de 1 à 10, sans toute- fois en donner d'autre interprétation que l'explication ma- thématique. La plupart des auteurs, et &*urtout Mouil- LARD (77), avaient constaté ce fait sans donner, sauf celui-ci, de chiffres résultant de mesures précises. Mouillard avait vu, en effet, avec Faure, que les Oiseaux marins ont une aile étroite; mais, je le répète, aucun autre n'a donné de dimen- sions d'ensemble concernant l'envergure et la largeur de l'aile. RiCHET {81), qui a publié des chiffres d'envergure relative dans les tableaux de son étude sur le vol des Oiseaux, n'a pas tiré non plus de conclusions de ses observations. Il a simple- ment remarqué que les ailes étroites semblaient être l'attri- but des volateurs dont le vol est souple et apte à de fréquents virages, tels que les Mouettes et les Hirondelles, qui évoluent avec une vitesse et une mobilité exceptionnelle. J'ai repris cette étude des dimensions de l'aile des Oiseaux avec toute l'ampleur désirable. C'est chose délicate. La re- cherche de l'envergure doit être effectuée avec une certaine précision. La pratique de ce travail doit être rigoureusement personnelle ; si l'on veut des résultats exacts, la même main est indispensable, les ailes devant être, avant toute mensu- ration, tendue de même façon. Ce point a une certaine im- portance, non si les envergures que l'on étudie sont dans le rapport de 1 à 2 ou plus, mais si leurs longueurs sont assez voisines. Ce sont toutes les dimensions que j'ai trouvées en exami- nant mes Oiseaux que j'ai rapportées à diverses autres lon- gueurs artificielles ou réelles de l'animal et que j'ai consignées espèce par espèce dans les grands tableaux précédents (p. 211 à 216). Pour mieux saisir les variations dans la longueur de l'en- vergure qui peuvent exister suivant le mode de vol, j'ai résumé dans le tableau suivant les résultats moyens que j'ai obtenus. Si l'on examine le classement que donne l'envergure me- 218 A. MAGNAN Palmipèdes voiliers Rapaces diurnes voiliers Palmipèdes ramo-planeur^ Rapaces nocturnes ramo-planeurs.. . . Écjhassiers ramo-planeurs Passereaux ramo-planeurs Rapaces diurnes ramo-planeurs Corvidés ramo-planeurs- Échassiers rameurs riverains — rameurs terrestres Colombins rameurs . Palmipèdes nageurs rameurs Passereaux rameurs à vol soutenu.'. . — rameurs à vol peu soutenu. — vibrateurs tchassiers piongeurs rameurs Passereaux plongeurs rameurs Palmipèdes plongeurs rameurs Gallinacés rameurs Poids du corps. Gr. 552,7 869,5 697,1 466,4 301,6 46,7 423,7 272 176,9 578,1 326,3 380 33,1 23,9 2,85 260 36,4 736,5 861.2 Rapport de l'envergure à la '\ p. 14,7 14.2- 14,1 13,7 13,3 12,4 12,2 10,9 10 7 9,8 9,5 9,5 9,5 9,3 9,2 8,8 8,7 8,5 7,6 à la longueur réelle du corps 2,38 2,36 2,25 2,59 1,86 1,96 2,15 1,78 1,84 1,89 1,80 1,72 1,64 1,58 1,53 1,63 1,52 1,60 1,53 surée en centimètres et comparée à laracine cubique du poids, on s'aperçoit de suite qu'il est presque identique à celui fourni parla surface alaire rapportée à la racine cubique du poids porté au carré. Les différences révélées par les chiffres sont encore plus frappantes si les Oiseaux types sont ramenés à la dimension d'un Oiseau pesant un gramme, comme je l'ai fait dans les deux planches II et III. Les espèces représentées ont été photo- graphiées dans une position analogue. Toutefois, certains groupes, comme les Palmipèdes voiliers, les Échassiers rameurs, entre autres, sont plus remontés dans le classement par l'envergure que par la surface alaire. Qu'est-ce à dire, si ce n'est que, parmi les Oiseaux, ils se distinguent par une aile longue et peu large. C'est ce que je démontrerai plus loin. Par contre, il y a lieu de signaler que le Nandou, qui ne vole pas, a une envergure relative aussi grande que celle de beaucoup de Palmipèdes rameurs et que l'envergure est la plus petite chez le Pingouin du Cap [Sphetiisciis demersiis (L.)j. Si nous faisons à nouveaux puurles dix-neuf séries la courbe LES CARACTflRISTIQUES DES" OISEAUX 219 IS 3o iû lo comparative de l'envergure et de la surface alaire relatives suivant le mode de vol, comme nous Tavons déjà l'ait pour le poids des ailes, c'est-à-dire en rangeant nos séries par poids du corps décroissant, nous obtenons un grajjliique (fig. 15) qui montre fort bien les varia- tions de même sensde ces deux valeurs, en même temps que les décal- lages concer- nant les Palmi- pèdes et les Échassiers et dont je viens de parler. Mais il est une objection que Ton peut faire à ces ré- sultats, c'est que les dimensions de l'Oiseau sont comparées à la racine cubique du |)oids du coj'ps. Ui', ce poids est variable chez un même individu. Ainsi un Oiseau I)èse davantage avant qu'après une migration. Pour parer à cette objection, j'ai rapporté l'envergure réelle à la lon- gueur réelle du corps pour chaque animal; il est évident que, dans la nature, ces deux dimensions sont assez intimement liées l'une à l'autre. Les chiffres moyens que j'ai obtenus par ce procédé se classent encore une fois de la même ma- nière, mais il apparaît ici quelques nouveaux décallages qui sont dus, cette fois, aux différences que j'ai signalées ])lus haut dans la longueur du corps. Les observations que j'ai pu fain^ sur la largeur de l'aile en sont pas moins intéressantes. Pour avoir des termes de com- parais(Mi, j'ai mesuré la hu'geur de l'aile au niveau de l'articu- Fiof. 15. — Courbes de la varialioii di' la surface alaire et de l'envergure relatives suivant le mode de vol. — '■ surface alaire. — — — enverf,nire. 220 A. MAGNAN lation de la main, et je l'ai comparée ensuite à la longueur réelle du corps et à la racine cubique du poids. J'ai aussi recherché à connaître l'acuité des ailes en divisant l'envergure par la largeur de l'aile. Voici les chiffres moyens que m'a donnés cette étude : A. Rapaces nocturnes ramo-planeurs . . . — diurnes voiliers i Corvidés ramo-planeurs i Rapaces diurnes ramo-planeurs ) Passereaux rameurs à vol peu soutenu. — rameurs à vol soutenu Colombins rameurs Passereaux ramo-planeurs Gallinacés rameurs Èchassiers rameurs terrestres Passereaux vibrateurs [ Èchassiers ramo-planeurs i Palmipèdes ramo-planeurs . . . - \ Èchassiers plongeurs rameurs ■r. ] Passereaux plongeurs rameurs '\ Èchassiers rameurs riverains.. j Palmipèdes voiliers / — nageurs rameurs ' — plongeurs rameurs Poids du corps. Gr. 466,4 869,^ 272 423,7 23,9 33,1 326,3 46,7 861,2 578,1 2,85 301,G 697,1 260 36,4 176,9 552,7 380 736,5 5? aj 3 "S s a Pi MO 0,46 0,40 0,39 0,37 0,37 0,35 0,33 0,30 0,29 0,28 0,22 0,30 0,28 0,28 0,27 0,25 0,25 0,22 0,20 5^ 2,49 2,46 2,47 2,15 2,20 2,13 1,75 1,96 1,50 1,52 1,32 2,19 1,77 1,59 1,57 1,51 1,59 1,31 1,10 Acuité des ailes. 5,5 5,7 4,4 5,7 4,2 4,5 5,4 6,3 5,1 6,4 6,9 6 7,9 5,6 5,5 7 9,7 7,2 7,8 Or, il se trouve que les Oiseaux se groupent en ce qui con- cerne la largeur et l'acuité des ailes en deux séries : lo La série A, dans laquelle l'aile est large ou assez large et l'acuité petite ; cette série est formée par les Oiseaux terrestres ramo-planeurs, rameurs, ou voiliers utilisant les vents ascen- dants ou horizontaux faibles ; 2^ La série B, constituée par des Oiseaux à forme aquatique ou riveraine, habitués à vivre dans des régions où régnent de grands courants d'air et à se servir de vent horizontal plus fort pour trouver une aide dans le vol ou pour pratiquer véritablement le vol à voile. Dans cette série, les individus possèdent une aile étroite et une grande acuité des ailes, et LES CARACTÉKISTIorES DES OISEAUX 221 cela quelque soit le genre de vol. Il apparaît, dans ces con- ditions, que Faction des courants d'air semble être la cause de cette réduction de Taile en largeur ou mieux qu'une aile étroite est nécessaire pour voler dans un tel milieu. Gela est si vrai que, chez les Palmipèdes voiliers, l'aile est d'autant moins profonde que l'Oiseau est plus coutumier des vols dans les vents violents. En ce qui concerne les Passereaux ramo- planeurs (Martinets...), il faut chercher une autre raison pour expliquer leur conformation voisine de celle des voi- liers marins. J'y reviendrai plus loin. CHAPITRE V Les dimensions des rayons osseux des bras. — L'envergure osseuse. Les variations du développement de Vhiunérus, du cubitus et des os de la main. La longueur relative du jouet. Son rapport avec la fréquence des kattements . Uenvergure osseuse comparée à l'a racine cubique du poids et à la distance qui sépare V articulation de Vépaule de celle de la hanche. Cousin {18)., le premier, a tenté des recherches biométriques sur les bras de quelques Oiseaux. Il en a conclu que plus ranimai est bon voilier, plus l'avant-bras dépasse l'épaule. Constatant que, chez le Vautour, ce dépassement, au delà de l'ovoïde antérieur du corps, est de 60 millimètres, il pense avoir la preuve que c'est l'allongement de l'avant-bras qui fait le voilier. D'EsTERNO (2i), avant lui, avait déjà signalé les varia- tions qui existent dans les proportions relatives des diffé- rents rayons osseux de Faile chez des Oiseaux d'espèces diverses ; il avait fait remarquer, entre autres-, l'atrophie de l'avant-bras que l'on observe chez l'Autruche et le grand développement de ce rayon chez l'Albatros et la Frégate. Alix (7) avait constaté aussi avec d'autres auteurs que l'humérus est excessivement court chez les Martinets et les Oiseaux-Mouches où sa longueur dépasse à peine celle de l'os caracoïdien, qu'il a au contraire une grande longueur chez la, plupart des Rapaces diurnes, mais sans fournir non plus de chiffres. J'ai repris cette étude, et j'ai mesuré pour cela les longueiirs des divers rayons osseux des 223 espèces que j'ai disséquées. J'ai mensuré en même temps le fouet, c'est-à-dire la longueur qui va de l'articulation carpienne à l'extrémité des rémiges primaires. Voici les résultats moyens que j'ai retirés des chiffres contenus dans les tableaux établis avec toutes les es- pèces (p. 224 à 229), et qui ont été obtenus en rapportant les longueurs des différents rayons osseux et du fouet à la ra- cine cubique du poids de l'animal pour chaque espèce. LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 223 Rapaces diurnes voiliers Passereaux ramo-planeurs Palmipèdes ramo-planeurs — voiliers Rapaces nocturnes ramo-planeurs .. . , — diurnes ramo-planeurs Corvidés ramo-planeurs Passereaux vibrateurs Échassiers ramo-planeurs Échassiers rameurs riverains Colombins rameurs Passereaux rameurs à vol soutenu... . Passereaux rameurs à vol peu soutenu. Échassiers rameurs terrestres Palmipèdes nageurs rameurs Passereaux plongeurs rameurs Échassiers plongeurs rameurs Palmipèdes plongeurs rameurs Gallinacés rameurs Poids du corps. Gr. 869,5 46,7 697,1 552,7 466,4 423,7 272 2,85 301,6 176,9 326,3 33,1 23,9 578,1 380 36,4 260, 736,5 861,2 3 K t- 1,23 0,66 1,21 1,43 1,20 0,97 0,80 0,35 1,27 0,93 0,73 0,68 0,66 0,94 0,99 0,90 0,83 1,03 0,78 1,53 0,96 1,35 1,50 1,55 1,18 1 0,48 1,46 0,98 0,75 0,87 0,81 1,01 0,90 1,02 0,63 0,87 0,74 1,17 1,12 1,23 1,34 1,07 1,05 0,83 1,13 1,20 1,03 0,93 0,75 0,69 0,91 0,97 0,72 0,84 0,80 0,71 4,4 4,4 4,3 4,1 4 3,9 3,7 3,6 3,6 3,2 3,1 3, 2,9 2,8 2,7 2,5 2,3 2,2 2,2 On peut constater tout d'abord que le fouet est le plus long chez les voiliers et aussi chez certains ramo-planeurs qui donnent des coups d'ailes brusques pour obtenir une pro- gression rapide, tels que les Martinets, les Hobereaux, les Sternes Pierre-Garin; les Oiseaux-Mouches eux-mêmes sont dans ce cas. Le fouet est beaucoup plus réduit chez les rameurs continus ; il est le plus court chez les Gallinacés. D'un autre côté, les dimensions relatives des divers rayons osseux du membre supérieur sont en rapport direct avec l'envergure. Plus celle-ci est grande, plus l'humérus et le cubitus sont déveloj)pés, celui-ci dépassant alors de beaucoup le premier en longueur. C'est pour cette raison que ces dimensions apparaissent les plus importantes chez les voi- liers. Je pense que la raiise du déveloj^pement du cubitus et de l'humérus est liée simplement, dans ce cas. à l'allongement de l'aile et, par conséquent, indirectement au mode de vol. Par contre, chez les rameurs continus à envergure 224 A. MAGNAN I. Rapaces diurnes voiliers. Gyps fulvus (Habl.) Gypaëtiis barbatus grandis >Storr. Catharista atrata (Bartr.) Aqiiila chrysaëtus (L.) il ieraëtus jasciatus (Vieiil.) Helolarsiis ecnudadus (i'aud.).... GeranoaHus melanoleucus (Vieiil), Circaëlus gallicus (Gmel.) . Buteo buteo (L.) Pernis apivorus (L.) Pandion haliaëtus (L.) Circus œruginosus (L.) — cyaneus (L.) 9 — cyaneus (L.) o" — Pygargus (L.) niacrurus (Gmel.) Milvus niilvus (L.) Il- — -Palmipèdes voiliers. Diomedea exutans L Fregata aquila (L.) Sula bassana (Ij.) Puffînus kuhli Boie Hydrobaies pelagicus (L.) Larus inarinus T; ni. ÉCHASSIEHS RAMO-PL.\KErilS. Ardea cinerea (F...) Egretta nlba (L.) Botaurus stellari'i (L.) Nycticorax nyrticorar (L.) . . . . Platalea leucorodia L Ciconia ciconia (L.) Megalornis grus (L.) Leptoptilus crnnieniferns Less. Vanellus vanellus (L.) IV. Rapaces nocturnes ramo-plakeijrs. Bubo bubu (Tj.) Asio otus (L.) Asio flamnieus Pont Otus scops (L.) Tyto alba (L.) Poids du corps. Gr. 269 385 702 3 712 060 095 125,50 655 027 615 105 680 471,50 331 236,50 386 927 502 620 690 572 17,40 915 'lOS 178 198 512 565 438 175 030 211 oj z; oj — H^i-S 1,37 1,31 1,28 1,2; 1,10 1,27 1,10 1,35 1,0' 1,09 1.35 1,20 1,22 1,25 1,40 1,20 1,28 1,98 1,43 1,4 1,42 1,11 1,20 1,/^ 1,71 1,55 1,51 1.41 1.65 1.40 1,70 1,30 1,31 1,76 1,59 1,37 1,38 1,89 1 ,51 1,38 1,94 1,83 1,32 1,56 1,05 1,35 720 247 390 49 75 279 1,35 1,30 1,30 1,37 1,16 1,25 1,30 1,41 1,05 1,37 1,46 1,10 1,14 1.31 1,0/ 1,48 1,46 1,57 1,29 1,45 1,49 1,75 1,09 1.66 1.7' 1,47 1,55 1.47 eu >i; 3 OJ •- fO r- 1,19 0,90 1,08 1,11 0,98 1,14 1 1,15 0,96 0,99 1,42 1,38 1.25 1.26 1.45 1.35 1,33 1,35 1,54 1,25 1,50 1,20 1,25 1,28 1,20 1,16 1,32 1,03 1,12 1,18 1 33 1,20 1,08 1,07 1,24 1 ,1 7 1,22 3,3 5,2 3,5 4,2 4,8 4,1 3,9 4,1 3,3 3,4 3,2 3 3,5 4,1 3,8 9,1 8,5 8 8,1 8,2 8,5 8,3 9, 6,8 7, 9, 10, 10,2 8,8 9,2 9 8,5 10,2 8,5 8,1 8, ^,4 7.9 8 9 5 3,6 5 4,5 4,1 4,3 8,8 8,7 TJ* 8 7,9 LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 225 Poifls du corps. Stri.r atuco L Athene noctua (Scop.) \'. Rapaces diurnes ramo-planet rs Accipiter gentilis (L.) — nisus (L.) Ç — nisus (L ) .J* , Polybarus tharus (Mol ) , Falco tinnunculus L. Ç — tinnunculus L. T — peregrinus Tunst — subbuteo L — columbarius regulus Pâli \ I. (loRVIDÉS RA MO-PL ANEURS. Curcus corone L — cornix L Trypanocornx frugilegus (L.) Colœus rnonedula spermologus (Vieill.).. Pyrrhocorax pyrrhocorax (L.) Graculus graculus (L.) Nucifraga raryocatactes (Ij) Coracias garrulus L Pica pica (L.) Garrulus glandarius (i ;) Upupa epops L Xnrithoura yncas {Bodd.) \\\. Passereaux ramo-planfurs. Ciiculus canorus L Caprimulgus européens ]> . Apus apus (L.) Chelidon ruslica (L.) Hirundo urbica (L.) Riparia rupestris (Scop.) VIII. Pal.micèdks uamo-p;.aneurs. Phalacrocorax carbo (L.) PufjUnus pufpnua (Brùnn.) Larus argentatus Pontopp — cnnus L Hissa tridw.tyta (L.) Larus ridibiindus L Slrrna hirundo L Gr, 418 161,50 708 221 136 209 245 172 813 165 145 470 633 470 253 390 223 161 128 21 i 160 91 71.30 104 92 36,20 18,35 14,35 15,50 2115 342 189 367 488 261 118 3 2 o - 0,95 1,17 0,90 1,13 1,77 0,87 1,03 1,04 1.01 0.97 0.89 0,95 0,93 1,02 0,95 0,83 0,85 0,90 0,75 0,78 0,74 0,77 1 ,05 0,71 0,79 0,75 0,76 0,90 0,88 0,30 0,68 0,57 0,67 1.43 1,11 1 ,1 4 1,16 1,18 !,-'« 1,22 1,24 1,29 1,36 1,05 1,12 1,16 1,11 1,22 1,10 0,96 0,97 1,10 0,94 0,91 1,02 1,01 1,33 0,91 0,95 1,02 0,94 1,1 'i 1,15 0,63 0,95 0,95 0,94 1.70 0,80 1,35 1,28 1,35 1,49 1,53 1,11 1,10 1,03 0,98 0,83 1 ,02 1 , 1 3 1 22 1 M) 0,90 0,90 1 0,82 0,80 0,99 0,82 1,09 0,50 0,77 0,72 0,75 1,14 1,21 1,36 0,98 1,07 0,99 1,10 1,35 1,24 1,18 1,24 1,36 1,18 t St| ^1 0. > "> 5 rt <-" .,-* 11 t/ ' 3 tj- a. o o o. tu « 7,2 6,4 3,4 3,9 3,7 3,9 3,7 4,6 3,7 4,6 3,7 3.8 3,7 '',1 3,7 3,6 4,6 3 3,9 3,2 3,5 3,5 3.4 4,3 5,3 4,5 '•,1 4,5 3.3 3,4 4 4.8 4,1 4,8 5,8 6,6 6,1 6,9 6,9 6,9 5,9 5.8 6,1 5,3 5,3 5,7 5,4 6,8 4.5 5,4 6,5 4,5 6,5 6,7 5 5,3 5,2 5.3 9,2 7,1 8,3 8,3 8 8,7 7,8 226 A. MAGNA N IX. Passereaux rameurs a vol soutenu Muscicapa striata (Pallas.) Ficedula hypoleuca (Pallas.) . Alauda arvensis L Anlhus pratensis (L.) — trivialis (L.) Moiacilla alba L flai'a L — cinerea. Tunstall Lanius excubitor L — senator L — collurio L Luscinia megarhyncha Brclun Erythacus rubecula (L.) Phœnicurus phœnicurus (L.) . , — ochrurus gibra/taricn.-is (Giiiel.) Pratincola riibetra (L.) Pratincola rubicola (L.) Ph>/lloscopus bonellii Vicill — rujus Bechsl Oriolus oriolus (L.) Monticola solitarius (L.) — saxatilis (L.) Tnrrhis nierula L — naunianni Temm — viscivorus L — piloris L — inusicus L iliacus L — torquatus L Sturnus çulgaris \i Loxia eurvirostra L Coccothraustes coccothraustes (L.) Pyrrhula pyrrhula europœa\'\9\\\(j\ Serinus canarius serimis (L.^ Chloris chloris (L.) Fringilla cselebs L Fringilla inontifringilla L Passer donicstica (L.) — montana (L.) Petronia petronia (L.) Carduelis carduelis (L.) Spinus spinus (L.) Acanthis cannabina (\..] Spinus citrinella (L.) Poi(J.s ■lu corps. 14,35 12,50 28,30 18 20,70 22 16,50 16 50,50 26,10 30,95 17,10 17,75 13 16,05 13,05 11,45 7,65 5,25 72 62,80 47,50 01.50 76,20 106 08 70,30 56 96,50 79,50 47,60 42 21,40 8,35 23,70 21,15 25,10 30 15,20 25 16,65 11,80 15,80 11,95 5=5 0,9» 0.94 05 95 74 72 75 73 67 66 65 68 68 72 71 60 63 81 65 69 0.71 0.68 0.66 0^65 0,65 0,73 0,67 0,67 0,69 0,68 0,68 0,74 0,66 0,65 0,6 0,63 0,6 0,63 0,66 0,5 0,68 0,70 3 ,94 8 ,92 ,82 83 89 90 76 81 73 79 73 73 80 85 93 74 76 80 85 80 75 75 71 69 72 69 82 65 74 68 46 74 66 76 74 63 64 66 80 69 3,4 3,1 3 3,3 3,2 3 3,2 3 3,7 2,8 3,2 2,6 3.4 3,4 3.3 2,9 2,9 3,1 3,7 3,1 3,1 3 2, o 2,9 2,9 2,8 2,8 2,9 3,5 3 3,2 3,1 2,^ 2,9 3,1 3,1 3 3,2 5,6 5 6 5.5 5.5 5/i 5,5 5,1 5,3 5,3 4,8 5 4,5 5,1 5,1 5,6 5,2 4,9 4.9 5,8 5 5,3 4,8 4,5 4,: 4; 5,1 4.9 4,6 4,3 4.9 4 5,4 4, 5,2 4,7 4.3 4,8 5 LES CARACTÉRISTIQUES DES fVÏSEAlX 2-27 Emberiza citri ne/la L — cirlus L — hortulana L — cia L schœniclus L Regulus regulus (L.) X. Passereaux rameurs A VOL PEU SOUTENU. Cyanecula suesica cyanecida (Wolf.) . Sylvia atricapilla (L.) Sylvia siniplex Lath — communis Lath Prunella modularis (L.) Hypolalsicterina (Vieill.) Acrocephalus cirpaceus Herm — schœnobaenus (Ij.) Paras major L — cœruleus Ij — cristatus milratui: Brelun — palustris longirostris Kleinsch. — palustris communis Kleinsch.. .F.gitboJus caudatus (L.) Cccinus viridis (L.) Dryobatps major pinetorum (Brehni.). Dryobates minor hortorum (Brehm.).. Jyiix torquitla, L Certhia hracbydactyla. Brehm Sitla europœa rœsia Wolf Tichodroma >n tir aria (L.) Troglodytes troglodytes (L.) Poids (lu corps XI. Passereaux vibrateurs. J'JiipliPrusa eximia (Dnl.) XII. f^CHASSIKRS RAMEURS terrestre Otis larda (L.) — telrax L Burhinus œdicnemus (L. Charadrius apricarius L — morinellus Jj. . . Crex crex (L.) Scolopax rusti^ola L. . . . (!r. 25 23.10 33 21,40 20 3,80 14,30 16,25 15,80 18,65 18 10,65 12,80 10,40 21,45 11 10,20 10,90 11,75 8 156 73 15,50 37,30 8,50 21,10 15 10,10 2,85 05O 830 522 178 yo 155 322 0,72 0,69 0,62 0,63 0,66 0,51 0,35 1,04 1,05 1,01 0,85 0,93 0,91 0,80 0,8 0,69 0,80 0,74 0,78 0,83 0,86 0,79 0,80 0,71 0,68 0,86 0,72 0,73 0,72 0,81 0,87 0,76 0,83 0,70 1,02 0,93 1,01 0,88 0,78 0,86 1,05 0,65 0,'i8 1,16 1,16 1,14 1,01 1 ,04 0,81 0,80 0,75 0,68 0, 0,70 0,72 0,76 0,73 0,75 0,80 0,6: 0,57 0,72 0,64 0,74 0,53 0,67 0,69 0,67 0,70 0,55 0,81 0,65 0.85 0,59 0, 0,79 0,89 0,45 1,13 0,96 0,95 0,93 0,97 0,69 0,87 1,02 Z^Z^^ ^ o —> 3,1 2,6 2,7 2,8 2, 3,2 2,6 3 n o 2,7 2,5 3 2,9 2,8 2,7 3 2,9 2,8 3 3,1 3,4 2,6 3 3,1 4 9 9 3,6 2,5 2,4 2,9 3,1 3,3 2,6 3 5,1 4,8 4,9 4,9 4, 4 5,3 4,9 4,8 4.5 4,4 4,8 '4,1 4.5 3,9 4,9 4,9 6,2 6,1 6,1 6,2 5,2 5. 5,6 228 A. MAGNAN XIII. ÉCHASSIERS RAMEURS RIVERAINS. Numenius arquatus (L.)... H sematopus astrale g us L. . Charadrius hiaticuln L. ... Squatarola squatarola (L.). Gallinago gallinago (L.)... Limnocryptes gallinuLa (L. Canutus canutus (L.) Erolia alpina (L.) Arenaria interpres (L.).... Calidris leiicophœa (Pal!).. Machetes pugiiax (L.) Tri'^ga nehidariits (Gùnii.) — erythropus (Pall.).. . — totanus (L.) — ochrophus L — hypoleitcus (L.j Lininsa lapponica (L.) . . . . — limosa (L.) Reciirvirostra aQocettn L... XIV. GOI.OMBINS RAAIEURS. Columba pulumbus L. — œnas L Turtur turtur (L.) . . . . XV. Gallinacés rameurs. Tetrao urogallus L. q — urogallus L. Ç Lyrurus tetrix (L.) c? — tetrix (L.) ç Tetrao médius Mey Lagopus mutus (Martin) Lagopus lagopus (L.) — scoticus Lath Tetrastes bonasia (L.) Caccabis rufa (L.) — saxatilis Mey. et Woll'. Perdix perdix (L.) Coturnix coturnix (L.) Colinus pectoralis Gould Rhynchotus rufescens (Temm.) Poids du corps. 768 438 62,20 216 95,50 57 88 44 107,80 41,90 180 156 133 133 72,70 48,50 197 228 295 495 306 178 ta 3 ai- 1,03 0,95 0,88 0,90 0,87 0,91 0,99 0,79 0,86 0,86 0,97 1,02 0,96 0,87 0,88 0,90 1 0,99 1,18 0,75 0,74 0,71 tip; .2 " 361 890 030 940 193 462,50 620 624 278 490 606,50 387 83,20 131,50 821,70 0,85 ,0,84 0,84 0,83 0,82 0,71 0,81 0,81 0,78 0,72 0,70 0,78 0,87 0,68 0,67 1,14 1,01 1,01 0,92 0,65 0,88 1,12 0,75 0,94 0,97 0,93 1,07 1,07 0,98 0,98 0,98 1,0 1,06 1,27 0,74 0,74 0,78 0,84 0,85 0,84 0,78 0,86 0,75 0,72 0,70 0,76 0,68 0,67 0,68 0,77 0,68 0,66 j" a 3 lu © Ij Qi IV tf 0,92 0,96 1 ,01 0,91 0,87 1,06 1,17 1,07 0,94 1 1,06 1,01 1,03 1,02 1,26 0,96 1,12 1,14 1.15 0,92 0,96 0,92 0,71 0,72 0,70 0,76 0,83 0,68 0,81 0,81 0,84 0,69 0,61 0,71 0,80 0,49 0,60 ■>,û 3, 3,3 3,4 3,5 3,1 3,1 3,3 3,4 3,5 3,2 2,9 3,5 3,1 3,8 3,4 3,3 3,1 3,1 3,1 2,4 2,3 2,3 2,2 2,4 2,4 2,5 2,5 2,5 6,6 6,2 5,7 5,9 5,3 6,3 6, 6 5, 5, 6,5 6,5 6,1 6 6,7 5,5 6,9 6,8 7,5 4,9 5,4 5,3 5 5,3 5,1 5,1 5,5 4,6 4,4 5 5,2 4,6 4,3 4,1 5,5 3,9 4,1 LKS CAUACTKUISTIQL'ES DES OISEAUX 220 XVI. Palmipèdes nagkurs rameij1!s. Cygnus cygnus (L.) Anserfabalis (Lath.).... — anser (L.) — albifrons (Scop) . Branta bernicia (L.) . . . — leucopsis (Bechst. Anas platyrhynchus L.. Spatula clypeata (L.) . . Dafila aciita (L.) Mareca penclope (L.) . . Querquedula crecca (L). — querquedula (L Claiigula clangula (L.) . .Xyroca nyroca (Gûld.). — juligula (L.) . . . . — jerina (L.) — Diarila (L.) Oidemia iiigra (L.) . . . . — fusca (L.) . .^. . . XVII. Palmu'kdes ploageurs rameii'.s. Mergus serrator L — niei'sanger L — albellus L Colymbus crislatus L — griseigcna Bodd — ruficolUs Pall Gavia septentrionalis (L.) — arctica (L.) Alca larda L Uria troillc (L.) Fratcrcula arctica (L.) Aile aile (L.) XVIII. ÉCIIASSIERS PLU.MJKUKb KAiME LJiS. Fulica alra Ij Gallinuln chloropus (L.) Porzana porzana (L.) Hallus aquaticus L XIX. Passereaux pi.om.ki.ks iîamki ns. Alccdo ispida L XX. Oiseaux coureurs o\'' ise volant pas. Rhea americana (L.) S pheniscus demersus (L.) Poids du corps ttr. 5 925 3 110 3 065 1 715 1 273 1 150 1 105 633 955 830 293 327 622 512 741 842 675 870 1 578 818 l 470 495 790 480 180 957 I 495 780 l 010 272 91. 0, SI) t- îir- 3 . — 5 ' —•■a 20 578 265 69 128 36.40 10 555 2 944 1,10 1,09 1,27 1,29 1,15 1,17 0,95 0,89 0,92 0,94 0,93 0,94 0,82 0,80 0,80 0,90 1 ,08 0,95 0,93 0,98 0,94 0,71 1,09 1,24 0,97 1,37 1,36 0,86 0,88 0,97 0,99 0,86 0,77 0,87 0,83 0,90 1,11 0,38 1,10 1 ,09 1,22 1,25 1,01 1,06 0,83 0,85 0,80 0,81 0,70 0,72 0,70 0,72 0,74 0,68 1,02 0,93 0,90 1,11 1,07 1,29 1,2: 1,13 1,14 0,97 0,75 0,97 0,99 1 1,01 0,82 0, 0,80 0,86 0,74 0,94 0,91 0,89 0,86 0,55 1 .02 1,21 0,93 1,01 1,26 0,53 0,49 0,89 0,90 0,72 0,4 (' 0,73 0,63 0,80 0,80 0,82 0,75 0,56 0.76 0,81 0,96 0,90 0,79 0,83 0,85 0,81 0,96 0,85 0,75 1,02 0,84 0,36 3,1 3,2 3,2 3,4 3,1 3,4 2,5 2 2,6 2,7 2. 2, 2,3 2,3 2, 2,3 2,5 2,4 2,2 8,4 7,2 7 2 7 ',5 7,3 7,2 5,7 5,: 5,6 5,6 5,5 5,9 5,3 5,3 5,2 5,4 5,9 6,2 5,2 0,38 0,48 2,4 2,3 2,2 1,9 2,1 1,8 2, 2, 2^1 2 2,5 2,8 2,8 2. .3 2,1 0,69 5,2 5,5 ■*,/ 6,5 6,5 5,6 5,7 7,7 9,2 5 5,9 5,7 5,2 5,7 5 6,4 7,5 6,8 6,9 6,7 6,8 5,3 5,5 5 5,5 5,4 5,4 5 5 5,6 5,1 6,1 5,5 5 5 5 4,6 6,8 6,8 5,9 4,9 7 4,7 /. .^ 3,6 2,7 2,6 230 A. MAGNAN plus réduite, ces deux rayons sont relativement bien moins allongés et souvent sensiblement égaux. Je signa- lerai, en outre, que chez la plupart des espèces aquatiques, voiliers ou autres, le cubitus est presque toujours plus court que Thumérus, et cela quelle que soit l'importance du développement de ce dernier os. Il en est de même pour le Nandou [Rhea americana (L.)] et pour les Galli- nacés. Toutefois pour toutes les espèces des groupes, vi- vant dans les régions aquatiques et qui font du vol battu ; les os du bras et de l'avant-bras sont bien moins grands relativement que chez les voiliers marins. Palmipèdes voiliers Rapaces diurnes voiliers Échassiers ramo-planeurs Palmipèdes ramo-planeurs Rapaces nocturnes ramo-planeurs.. — diurnes ramo-planeurs Échassiers rameurs riverains Palmipèdes nageurs rameurs — plongeurs rameurs Échassiers rameurs terrestres Corvidés ramo-planeurs Passereaux ramo-planeurs — plongeurs rameurs Échassiers plongeurs rameurs Colombins rameurs Passereaux rameurs à vol soutenu. — rameurs à vol peu soutenu. . . . — vibrateurs Gallinacés rameurs Poids du corps. 552,7 869,5 301,6 697,1 466,4 423,7 176,9 380 736,5 578,1 272 46,7 36,4 260 326,3 33,1 23,9 2,85 861,2 Rapport de l'envergure osseuse. h la Vp. 9,4 8,5 8,4 8,2 7,7 6,9 6,2 6,1 6,1 5,8 5,6 5,6 5,5 5,4 5,2 4,9 4,9 4,9 4,7 à la distance G. C. 8,9 7,8 7,4 7,4 6,7 6,3 5,8 5,8 5,4 5,7 5,5 5,6 5 3,9 5,4 4,6 4,6 4,8 4,4 Il y a lieu de faire remarquer aussi que les Oiseaux qui battent des ailes de façon spasmodique, comme les Oiseaux- Mouches et les Martinets, ont le bras très court comparati- vement à l'avant-bras. Enfin les os de la main sont développés chez tous les individus dont le fouet est grand, chez les voiliers, chez la plupart des- ramo-planeurs et aussi chez les Oiseaux- LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 231 Mouches où cette portion du bras est plus considérable que les autres rayons osseux, comme cela existe pour les Martinets et les Engoulevents. Le planche XI met bien en évidence ces résultats. En même temps que j'étudiais les dimensions des divers segments osseux du membre supérieur des Oiseaux, j'ai m.esuré l'envergure osseuse, c'est-à-dire la distance qui sépare les extrémités des os de la main privée déplumes lorsque les bras sont étendus au maximum. J'ai comparé les mesures obtenues à la racine cubique du poids et aussi à la distance G. C. qui sépare l'articulation de l'épaule de celle de la hanche. Les chiffres moyens que j'ai obtenus sont contenus dans le tableau de la page 230, les rapports individuels étant consi- gnés dans les grands tableaux précédents (p. 224 à 229). On se rend compte que les classements que donne cette étude sont identiques et concordent dans l'ensemble avec celui fourni par l'étude de l'envergure totale des Oiseaux. Ce sont encore les voiliers qui offrent la plus grande envergure osseuse, comme ils possèdent la plus grande envergure totale. De même, ce sont toujours les Gallinacés qui présentent les envergures totales et osseuses les plus faibles. Il y a seulement à signaler quelques déclassements du fait que les Palmipèdes rameurs, entre autres, ont leur envergure osseuse plus déve- loppée que leur envergure totale, alors que c'est le contraire qui se produit chez les Passereaux.. Gela tient à ce que ces derniers ont les os de la |main moins longs (propor- tionnellement que les premiers. A.NX. DES SU. NAT. ZOOL., 10« série. V, 10 CHAPITRE VI La forme des ailes. Les diverses jormes. Leurs rapports avec le mode de vol, la fréquence des battements et le milieu ambiant. Les modifications morphologiques de Vaile dans le volbaltu et le vol à voile. La torsion des rémiges primaires et secondaires. La courbure transversale des ailes. L'épaisseur des ailes. Ailes épaisses et ailes minces. Chaque groupe d'Oiseaux se montre donc comme carac- térisé par des dimensions et, par conséquent, par une forme d'ailes particulières. On s'est contenté jusqu'ici de désigner les différentes ailes d'Oiseaux sous les termes d'ailes obtuses, subobtuses, surobtuses, aiguës, suraiguës, subaiguës. Mais on n'a que fort peu et fort rarement cherché à interpréter et à classer ces observations d'ordre morphologique. On trouvera en examinant les planches I, IV, V, VI, VII, VIII, IX, X, les diverses formes d'ailes que j'ai rencontrées chez les Oiseaux étudiés par moi. J'ai ramené en même temps ces ailes aux dimensions qu'elles auraient si chacun des Oiseaux pesait un gramme, de façon à montrer aussi leur grandeur relative. Je considère que la forme typique de l'aile est la forme ovale, la forme elliptique. On la trouve chez les Rapaces diurnes voiliers, avec cette particularité que les extrémités libres de ces ailes sont découpées en lanières, par suite du rétrécissement brusque du bout des grandes pennes qui lais- sent alors entre elles des espaces interdigités variables, mais toujours analogues. Cet aspect déchiqueté semble être causé par l'action de l'air sur l'extrémité d'ailes longues au moment des battements et aussi par l'écoulement des filets d'air au cours du vol par vent ascendant ou horizontal faible. Il existe, en effet, une aile déchiquetée à sa partie libre dans d'autres groupes, chez les Êchassiers pourvus de grandes surfaces por- tantes, qui, surtout rameurs et planeurs, pratiquent quel- LES C.VHACTEiilSTlQL'ivS DES OISEAUX 233 quefois le vol à voile, chez quelques Rapaces nocturnes ramo- planeurs qui volent en ramant lentement ou en planant silen- cieusement. : D'autres Oiseaux qui, à certains moments, volent comme de& Papillons le long des rochers, tel le Ticho- drome, ou qui ne vo- lent presque plus, tel le Troglodyte, Ipossèdent une aile presque [ronde (fig. 16). Par contre, les groupes, qui battent tou- jours assez rapidement des ailes, ont celles-ci qui Fig. 16. — La forme de l'aile (en grandeur relative) chez les Passereaux rameurs suivant la qualité de leur vol. l. Pie-grièche grise, Lanius excubitor L. rameur normal. 2. Tichodromc-Échelette, Tichodroma muraria, (L.) à vol papillonnant. ". Troglod^'te Mignon, Troglodytes troglodytes (L.) à envolées très rar s. Fig. 17.— L'allongement de l'aile (en grandeur relative) chez les Gallina- cés suivant la fréquence des batte- ments. 1. Petit coq de bruyères, Lyrurus tetrix (L.), 8 battements à la secomie. 2. Caille commune, Coturnix coturnix (L.),.12 battements h la seconde. s'amincissent plus ou moins suivant la vitesse des battements et qui prennent, de ce fait, une forme plus ou moins aiguë. Chez la plupart des Passereaux, 'chez les Golombins et les Gallinacés, c'est la partie appelée fouet, c'est-à-dire la por- tion de l'aile située en dehors de l'articulation da la main, qui s'effile seuls. L'aile prend alors une forme ovoïde, el gros bout étant près du corps. Dans le groupe des Gallinacés, en outre, les grandes rémiges ont leur extrémité rétrécie et lais- 234 A, MAGNAN sent entre elles des intervalles, comme dans le groupe des Ra- Fig. 18. — L'allongement de l'aile (en grandeur relative) chez les Rapaces diurnes ramo-planeurs suivant la fréquence des battements. 1. Faucon Crécerelle, Falco [tinnunculus L., 2 battements à la seconde. — 2. Faucon hobereau., Falco subbuteo L., 5 à 6 battements à la seconde. Fig. 10. — L'allongement de l'aile (en grandeur relative) chez les Passereaux ramo-planeurs suivant la fréquence des battements. 1. Hirondelle des fenêtres, H irundo urbica (L.), ."î à 4 battements à la seconde. — 2. Mar- tinet noir, Apus apiis (L.) , 7 à 8 battements à la seconde. paces voiliers, sauf en ce qui concerne la Caille, qui vole de LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 235 façon pour ainsi dire spasmodique et dont l'aile ici encore s'est effilée considé- rablement (fig. 17). Chez les Rapaces diurnes ramo -pla- neurs qui battent des ailes pour progresser et n'utilisent que très peu le vent pour se soutenir dans les airs, l'aile devient plus aiguë à mesure que la vitesse des battements augmen- te. On retrouva tous les passages depuis l'aile pointue seule- ment dans la région du fouet, qui existe chez les Autours, jus- qu'à l'aile en forme de faux des Faucons Hobereaux (fig. 18), qui rament rapide- ment à la façon des Hirondelles et des Martinets. Ces der- niers. Passereaux ra- mo-planeurs, ont aussi une aile très effilée, d'autant plus aiguë que ses mou- pig 9J, _ L'alioii,'oment de l'aile (en grandeur rela- tive) chez les petits Échassiers suivant le milieu. î. Courlis cendré, Numenius arquatus (L.) (Oiseau riverain vivant dans les grands courants d'air). — 2. Outarde canepetière, Olis tetrax L. — .3. Bécasse commune, Scolopax rusiicola L. — 4. Vanneau huppé Vanellus vamllm (L.) (Oiseaux vivant en plaine). vements sont plus nombreux, comme c'est le cas pour le Martinet (fig. 19). L'influence de la vitesse de battement sur la forme de l'aile est si vrai que les Oiseaux-Mouches, qui rament si vite que leurs membres supérieurs semblent vibrer, ont tous aussi me aile ressemblant à une faux. 236 A. MAGNAN La forme aiguë se rencontre encore dans d'autres groupes d'Oiseaux, chez tous les Palmipèdes, en général, et chez la plupart des petits Échassiers; mais la cause de Teffilement ici n'est pas unique ; elle est en rapport, pour certains, avec la vitesse des coups d'ailes, mais elle réside aussi dans l'action des courants d'air dans lesquels volent ces espèces, action qui a pour effet de diminuer la profondeur des ailes, à tel point que certains voiliers, comme l'Albatros, montrent un corps soutenu par des surfaces portantes comparables à des baguettes étroites. Tous les Oiseaux d'eau ou de rivage, qui volent dans ces conditions, ont tous une aile plus étroite que celle des indi- vidus volant au-dessus des teries, et cela quel que soit leur mode de vol, ramé ou à voile. Ce sont bien les conditions de vie aérienne qui sont la raison de cette transformation, puisque les petits Échassiers vivant en plaine comme le Vanneau, la Bécasse, les Outardes, sont pourvus d'ailes beaucoup moins effilées que celles de leurs congénères \ivant au bord des eaux et ayant une fréquence de battements sensiblement égale (fig. 20). Des expériences que je poursuis actuellement m'ont déjà prouvé que les explications que je viens de donner au sujet des causes de la variation de forme des ailes, ne sont pas une simple vue de l'esprit. Par des modifications apportées à la voilure des Oiseaux, j'ai pu me rendre compte, en effet, que les formes des ailes sont dues à l'action du milieu ambiant ou à la manière dont elles se meuvent, les réactions occasionnées par les mouvements ayant pour effet de les effiler totalement ou en partie. Les ailes des Oiseaux présentent d'autres particularités. Elles sont toutes concaves en dessous, quelle que soit leur forme, et cela dans tous les sens. La concavité longitudinale, bien que très nette, n'est pourtant jamais très forte; elle est à grand rayon pour toutes les espèces. La concavité transver- sale, par contre, est très variable. Examinée sur sa face infé- rieure, une aile montre d'abord à l'avant un plan résistant peu profond, incliné vers le haut de 3 à 10 degrés sur l'axe du corps. LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 237 Ce plan, qui est sous-jacent aux masses osseuses et musculaires du membre supérieur, est égal en moyenne au tiers de la largeur de l'aile chez les Oiseaux à ailes étroites et au quart chez ceux pourvus d'ailes profondes. Puis viennent les rémiges, qui sont toujours arquées vers le -^- — Fig. 21, — Sections schématiques d'ailes d'oiseaux montrant leur largeur et leur épaisseur relatives, ainsi que leur courbure suivant le genre de vol. 1. Gypaète barbu, Gypaëius barbatus grandis, Storr. (Rapace voilier). — 2. Grand- Duc ordinaire, Bubo bubo (L.) (Rapace nocturne ramo-planeur). — 3. Albatros hurleur, X)i'omerf«a earw/ans L. (Palmipède voilier).— 4. Héron cendré, Ardeacinerea {L.) (Écliassier ramo-planeur). — 5. Martinet noir, Apus apus (L.) (Passereau ramo-planeur). — 6. Bruant jaune, Emberiza citrinella L. (Passereau rameur). — 7. Pigeon ramier, Co- lumba palumbus L. (Colombin rameur). — 8 Petit Coq de bruyères, Lyrurus lelrix (L.) (Gallinaci' rameur). — 9. Fuligule milouinan, Nyroca marila (L.) (Palmipède nageur rameur). — 10. Grèbe jougris, Colymbus griseigena, Bodd (Palmipède plongeur rameur). bas et font avec le premier plan un angle plus ou moins accen- tué, d'autant moins obtus que Ton se rapproche du corps. Pour la généralité des Oiseaux, cet angle est très grand, comme on le voit par l'examen de la figure 21 et du tableau sui- vant. 238 A. MAGNAN Angle formé par les rémiges avec le plan antérieur de l'aile au milieu de l'avant-bras. 1° Oiseaux volaist dans les grands courants d'air. Diomedea exulans L. (Albatros) 125° Fregata aquila (L.) (Frégate) 1250 Colymbus ruficollis Pall. (Grèbe castagneux) 126° Pufjinus puffiniis (Briinn.) (Puffm des Anglais).... 128° Puffinus kuhli. Boie. (Puffin cendré) 129° Colymbus griseigena Bodd. (Grèbe jougris) 129° Sula bassana (L.) (Fou de Bassan) 130° Larus argentatus Pont. (Goéland argenté) 130° Larus marinus L. (Goéland marin) 135° Gavia arctica (L.) (Plongeon lumme) 136° Nyroca marila (L.) (Filugule milouinan) 137° Limosa lapponica (L.) (Barge rousse) 138° Calidris leucophsea (Pall.) (Sanderling des sables).. 140° Phalacrocorax carbo (L.) (Cormoran) 140° Sterna hirundo L. (Sterne Pierre Garin) 140° Becurvirostra avocetta L. (Avocette) 140° Platalea leucorodia L. (Spatule) 141° Megalornis grus (L.) (Grue cendrée) 148° 2° Oiseaux volant au-dessus des terres. Lyrurus tetrix (L.) (Tétras lyre) 148° Carduelis carduelis (L.) (Chardonneret) 148° Pica pica (L.) (Pie) 150° Falco peregrinus Tunst. (Faucon pèlerin) 150° Emberiza cirlus L. (Bruant zizi) 150° Tichodroma muraria (L.) (Tichodrome) 150° Turtur turtur (L.) (Tourterelle) 150° Lagopus mutus (Mart.) (Lagopède muet) 150° Burhinus œdicnemus (L.) (Œdicnème criard) 150° Circus cyaneus (L.) (Buzard Saint-Martin) 151° Lanius excuhitor L. (Pie-Grièche grise) 152° Otus scops (L.) (Petit-Duc) 152° Coccothraustes coccothraustes (L.) (Gros-Bec) 154° Dryobates minor hortorum (Biehm). (Pic-Épeichette). 155° Colœus monedula spennclogus (Vieill.) (Choucas). 155° Jynx torquiUa L. (Torcol) 155° Circus seruginosus (L.) (Buzard harpaye) 155° Acrocephalus schœnobsenus (L.) (Phragmite des joncs). 155° Hiera:tus fasciatus {\\Q\\\.) (Aigle de Bonelli) 156° Caprimulgus europseus L. (Engoulevent) 158° Otis tetrax L. (Outarde canepetière) 158° Upupa epops L. (Huppe) 158° Circus pygargus (L.) (Buzard cendrej 159° Gypatus barbatus grandis Storr. (Gypaète) 159° Columba œnas L. (Colombin) 159° Falco subbuteo L. (Hobereau) 160° Acrocephalus cirpaceus Herm. (RousseroJle efïarvate). 160° Sylvia atricapilla (L.) (Fauvette à tête noire).... 160° Coturnix coturnix (L.) (Caille) 160° Strix aluco L. (Hulotte) 160° Milvus milvus (L.) (Milan) , . 160° LES CARACTÉRISTIQUES DES OISKAUX 239^ Angle formé par les r6migj& avec le plan antérieur de l'aile au milieu de l'avant-bras. Troglodytes troglodytes (L.) (Troglodyte) 161° Apus apus (L.) (Martinet) 162° Oriolus oriolus (L.) (Loriot) 162° Bubo bubo (L.) (Grand-Duc) 162° Cuculus canorus L. (Coucou) 162" Au contraire, pour les espèces aquatiques qui vivent dans les grands courants d'air, Tangle est beaucoup plus petit,, toujours inférieur, d'après mes propres recherches, à 140\ Chez les grands voiliers, comme l'Albatros, la Frégate, le Fou, cet angle est tout près de l'articulation du coude de 120°, ce qui fait qu'à cet endroit l'aile paraît très arquée vers le bas et présente, étant donnée son étroitesse, la forme d'une gouttière sur laquelle le vent a une action très efficace. Cet angle est plus obtus, à mesure que l'on se rapproche de la pointe de l'aile. J'ai recherché quelle était, en plusieurs points, la flèche de l'aile du Fou de Bassan, c'est-à-dire la plus grande distance qui sépare la corde de l'aile de sa surface ventrale, la corde étant ici, comme dans les avions, la droite qui joint les extrémités de la courbe de profil que l'on obtient en coupant l'aile par un plan parallèle à l'axe longitudinal de l'Oiseau. Voici les chiffres que j'ai trouvés : Flèche. 1. A 18cm (Je la pointe de l'aile (j^^Ji 2. A 30fm — — Ofn\85 3. A 48cni — — (carpe). 2cn>,7 4. A 58cni _ — 3cm^2 5. A l'articulation du coude Scm.S Il résulte de ces chiffres que l'aile est à peine concave en dessous dans la région du fouet. Sa courbure se précise à mesure qu'on se rapproche du carpe et devient de plus en plus forte aussitôt qu'on s'éloigne de cette articulation vers le corps de l'Oiseau; on peut faire la même constatation, d'ail- leurs, chez tous les Oiseaux, et cela quelle que soit l'importance de la courbure de l'aile. Longueur de la corde. de à) de Rapport ! la flèche a longueur la corde. OC'^jO 0.04 jOcni g 0.06 14cn>.5 0,1B lL.t'",0 0,21 1jC'",5 0,22 240 A. MAGNAN Rapaces diurnes voiliers. \Gyps fulvus (Habl.) (Aigle fauve) Circus pygargus (L.) (Buzard cendré) [Buteo buteo (L.) (Buse) Palmipèdes voiliers. Diomedea exulans L. (Albatros) Fregata aquila (L.) (Frégate) Sula bassana (L.) (Fou de Bassan) Rapaces nocturnes ramo-planeurs. Bubo bubo (L.) (Grand-Duc) Strix aluco L. (Hulotte) Tyto alba (L.) (Effraye) ÉCHASSIERS RAMO-PLANEURS. Ardea cinerea (L.) (Héron cendré) Rapaces diurnes ramo-planeurs. Accipiter gentilis (L.) (Autour) Falco tinnunculus L. (Crécerelle) COLOMBIAS rameurs. Columba palumbus L. (Ramier) Corvidés ramo-planeurs. Trypanocorax frugilegus (L.) (Freux) Échassiers rameurs. Machetes pugnax (L.) (Combattant) Numenius arquatus (L.) (Courlis cendré). . . . Passereaux rameurs. Chloris chloris (L.) (Verdier) Turdus pilaris L. (Grive litorne) Alcedo ispida L. (Martin-Pêcheur) Emberiza citrinella L. (Bruant jaune) — . Gallinacés rameurs. Tetrao urogallus L. (Coq de bruyères) Perdix perdix (L.) (Perdrix grise) Lyrurus tetrix (L.) (Tétras lyre) Lagopus scoticus Lath. (Grouse) Passereaux ramo-planeurs. Apus apus (L.) (Martinet) Passereaux vibrateurs. Eupherusaeximia (Del.) (Oiseau-Mouche). Palmipèdes rameurs. Cygnus cygnus (L.) (Cygne sauvage) Anas platyrhynchus L. (Canard sauvage) . Colymbus griseigena Bodd. (Grèbe jougris) Nyroca marila (L.) (Fuligule milouinan).. Mergus serrator L. (Harle huppé) Gavia arctica (L.) (Plongeon lumme) Querquedula crecca (L.) (Sarcelle d'hiver) . . Épaisseur de l'aile rapportée à la racine cubique du poids à l'articulation du coude. 0,38 0,37 0,80 0.39 0,38 0,30 0,37 0,31 0,28 0,36 0,18 0,15 à l'articulation de la main 0,25 0,26 0,20 0,26 0,25 0,24 0,26 0,25 0,20 0,30 0,30 0,25 0,25 0,17 0,32 0,22 0,30 0,20 0,25 0,22 0,15 0,15 0,23 0,16 0,22 0,12 0,20 0,19 0,10 0,08 0,24 0,22 0,18 0,18 0.15 0,17 0,12 0,15 0,12 0,12 0,18 0,12 0,15 0,10 0,12 0,07 0,12 0,07 0,12 0,09 0,10 0,09 0,10 0,09 LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 241 Les ailes des Oiseaux offrent, en outre, une épaisseur va- riable suivant les groupes, et, par conséquent, les modes de vol. En section, une aile montre à la partie moyenne de l'éven- tail un bord antérieur arrondi, une courbure inférieure concave et une courbure supérieure qui s'élève d'abord assez rapidement pour se rabattre suivant un arc plus allongé, après avoir fait un angle plus ou moins important. A ce point, se trouve la plus grande épaisseur, le maître-couple, qui est plus élevé au niveau du coude qu'au niveau de l'articulation de la main, comme l'indiquent les chiffres de la page 240. L'aile a de ce fait une conformation particulière ; elle diminue d'épaisseur depuis son point d'attache jusqu'à son extrémité et aussi depuis son maître-couple jusqu'à son bord de fuite, où elle est mince. L'examen de ce tableau prouve que les voiliers ont l'aile très épaisse, comparativement aux autres Oiseaux. L'aile se révèle la plus épaisse chez l'Albatros. Par contre, celle-ci est la plus mince chez les Gallinacés et chez les Palmipèdes ra- meurs, qui possèdent cependant une aile lourde, comme je l'ai indiqué. L'examen de la planche XI apporte l'explication de ce paradoxe. L'aile reste mince chez les Gallinacés, parce que, comme chez la plupart des Palmipèdes nageurs d'ailleurs, les muscles des bras sont aplatis dans le plan horizontal antéro- postérieur de l'aile. La figure 21 montre, d'une manière très saisissante, comment se présente la section de l'aile suivant les principaux groupes d'Oiseaux, alors que les planches II et III font voir très nettement, en même temps que la diver- sité d'épaisseur des ailes, comment est conformé le bord antérieur de ces ailes suivant les groupes. Les ailes des Oiseaux sont susceptibles en outre de subir des déformations particulières au cours du vol. Pettigrew {79) a signalé que la marge antérieure ou épaisse de l'aile et la postérieure ou mince forment différentes courbes semblables à tous égards à celles faites par le corps du Pois- son nageant. Ces courbes peuvent être divisées, pour la clarté, en courbes axillaires et digitales, les premières se présentant vers la racine de l'aile, les dernières vers son extrémité. Les courbes (axillaires et digitales) qui se trouvent sur la marge 242 A. MAGNAN antérieure de l'aile sont toujours les inverses de celles qu'on rencontre sur la marge postérieure, c'est-à-dire que la con- vexité de la courbe axillaire antérieure est dirigée vers le bas, celle de la courbe axillaire postérieure est dirigée vers le haut, et de même des courbes digitales antérieure et postérieure. Les deux courbes axillaires et digitales que l'on rencontre sur la marge antérieure de l'aile sont de même antagonistes, la convexité de l'axillaire étant toujours dirigée vers le bas lorsque la convexité de la digitale est dirigée vers le haut, et vice versa. La même chose est vraie des courbes axillaires et digitales se présentant à la marge postérieure de l'aile. Les courbes axillaires et digitales se renversent complètement pendant les actes d'extension et de flexion ; il en est de même courbes postérieures axillaires et digitales. Amans {2) a publié des conclusions très justes sur la forme des ailes qu'il a dénommées zooptères. De ces travaux, la syn- thèse est la palette zooptère qu'il définit ainsi : « J'appelle hélice zooptère une hélice propulsive basée sur la géométrie des palettes propulsives animales. A première vue, les traits distinctifs sont : un bord antérieur épais, con- vexe en avant ; un périmètre triangulaire curviligne, trois ou quatre fois plus long que large, le maximum de largeur étant proximal et non distal, comme dans les hélices généralement employées ; l'épaisseur de la palette va en diminuant d'avant en arrière, et du proximum au distum ; la surface est concave- convexe (c'est la face qui attaque le fluide qui est concave) ; cette palette est tordue, mais en sens inverse de l'hélice géomé- trique; dans celle-ci, l'angle des sections de profil avec l'équa- teur diminue à mesure qu'on s'éloigne de Taxe, tandis qu'il augmente dans les palettes zooptères ; cet angle est, en outre, immuable dans une hélice géométrique d'un pas donné, tandis qu'il est mobile dans la zooptère, en vertu de son élasticité. « En examinant la zooptère de plus près, on voit que la concavité diminue de la base vers la pointe, la palette étant presque plane dans la région postéro-distale ; la charpente de l'aile est formée par des nervures divergentes à double cour- bure ; la surface elle-même est à double courbure. » L'étude que j'ai faite sur les Oiseaux et sur leur vol m'a LES CAHACTEUISTIQUES DES OISEAUX 2i3 amené à définir toutes les déformations que subissent les ailes suivant le mode de locomotion. Au cours du vol battu, les rémiges primaires sont plus ou moins relevées vers le haut par le coup de fouet. La partie distale de l'aile présente donc à ce moment une concavité plus ou moins accentuée dirigée vers le haut. 11 en est de même d'ailleurs chez les espèces qui pratiquent le vol à voile, comme Fig. 22. — All)atro.s, Dicmedea exulans L. vu de face pendant un vol à voile. (Sur cette photogravure se voient très nettement la grande épaisseur des ailes, ainsi que le re- lèvement des extrémités et de la partie postérieure des ailes.) le Vautour, l'Aigle, le Fou de Bassan, l'Albatros. L'extrémité des ailes se recourbe vers le haut, comme le montre la figure 22. L'éventail, par contre, offre une courbure spéciale pendant la locomotion aérienne. J'ai dit qu'en dehors de toute influence une aile de Palmi- Fig. 23. —Position et lornij à duubl^ courbure de l"aik' (faire l'ai liculation du couue et celle du caroe) chez un Albatro?, Diomedea exulans L. en vol à voile. pède voilier était arquée fortement vers le bas et pré- sentait l'aspect d'une gouttière sur laquelle le vent avait une action très efficace. Mais, dès que l'Oiseau vole à voile, la puissance du vent frappant la partie inférieure de l'aile a pour effet de relever les rémiges. L'aile montre alors une 244 A. MAGNAN courbure nouvelle très caractéristique. Sur ses deux tiers antérieurs, elle présente encore une concavité inférieure, sinon très accusée, du moins assez nette. Par contre, le tiers postérieur se relève de manière à offrir une légère concavité tournée vers le haut, comme l'indique la figure 23. Cette double courbure se retrouve chez tous les Oiseaux au cours du vol, quel qu'il soit ; au cours du planement, comme dans le vol battu. Cette torsion mérite de retenir l'attention. Mais, chez les voiliers, il se produit en outre un phénomène particulier qui a son importance. L'extrémité des rémiges pri- maires de l'aile, ainsi que la partie postérieure de l'éventail, vibrent de façon continue sous l'action du courant d'air. En effet ces portions de l'aile battent constamment au cours d'un vol à voile, s'élèvent et s'abaissent sans cesse, avec une amplitude et une fréquence qui sont indiscutablement liées aux pulsations rapides secondaires du vent et à sa vitesse momentanée. Ces vibrations, qui jouent un rôle pré- pondérant dans le vol à voile, sont automatiques et indépen- dantes de la volonté de l'animal. Des expériences que je poursuis m'ont déjà montré la relation intime qui existe entre les pulsations rapides du vent et les vibrations rapides des extrémités des rémiges primaires et secondaires ; elles m'ont amené aussi à trouver qu'un voilier marin, en particulier^ dont l'aile est art'ficiellement rendue absolument rigide^ ne peut pour ainsi dire plus évoluer au milieu des rafales ; il tend à tout instant à être culbuté ; on sent que sa machine ne rend plus comme il faut. Ceci prouve que l'élasticité de l'aile est indispensable pour la pratique du vol à voile, même chez rOiseau. CHAPITRE VII Les dimensions de la queue. Son rôle. La longueur, le poids et la surface relative de la queue suivant le mode de vol et le milieu. Le rapport de la surface alaire à la surface caudale. Le Poids des rectrices suivant Vétendue de la queue. Les dimensions de la queue chez les Oiseaux présentent un gros intérêt à être précisées. La queue a, en effet, chez ces animaux, une importance considérable, et son rôle est mul- tiple. Il est évident que la queue n'est pas toujours un organe de vol ; pour certaines espèces, elle constitue souvent un orne- ment. Pour d'autres, comme les Bergeronnettes, elle agit aussi comme balancier pendant la marche à terre. Mais, le plus souvent, elle sert surtout de gouvernail pendant le vol. G'estr. en même temps, un appareil d'équilibrage pendant l'avancée dans les airs et un appareil de freinage à l'atterrissage. Sa forme est, en général, celle d'un segment de cercle, dont la pointe est placée au point d'insertion des rectrices et dont la courbure extérieure est plus ou moins forte. Quelques espèces possèdent cependant une queue bifurquée, qui est toujours en mouvement en raison des virages incessants qu'exécutent ces Oiseaux. Ces mouvements sont la cause de la transformation constatée dans la forme de cette queue qu'on rencontre chez le Milan royal, le Naucler, le Martinet, la Sterne-Hirondelle, la Frégate, etc., pratiquant un vol à évolutions nombreuses et rapides. BoRELLi {12) a soutenu que la queue n'avait de mouve- ment que de haut en bas et de bas en haut, mais son opi- nion n'a pas été acceptée. Barthez (7) a bien démontré que la queue des Oiseaux se meut dans tous les sens, comme d'ailleurs le fait voir l'étude de ses muscles. Alix (7) a pensé de même que la queue peut étaler ses. 246 A. MAGNAN plumes ou les resserrer dans un moindre espace. Elle peut s'élever, s'abaisser, s'incliner à droite et à gauche, se tordre sur son axe. En se relevant, elle redresse la partie antérieure du corps ; en s'abaissant, elle le fait incliner en bas ; en se portant à droite, elle fait tourner le corps à droite, et c'est le contraire si elle s'incline à gauche ; en se tordant sur son axe, elle concourt au maintien de l'équilibre, soit qu'elle contrarie ou favorise le roulement du corps sur son axe lon- gitudinal. Elle joue donc bien, dit-il, comme le voulait Aristote, le rôle d'un gouvernail, mais c'est un gouvernail qui se meut dans tous les sens, tandis que le gouvernail d'un navire ne va que d'un côté à l'autre. D'EsTERNO (21) a affirmé que, dans le vol à voile, elle est constamment élargie dans toute son étendue, tandis que, dans le vol ramé, elle serait toujours pliée, sauf au départ, à l'arrivée et dans les mouvements tournants, ce qui est exact. Si l'Oiseau vole contre le vent, dit encore cet auteur, elle agit de la même manière que dans le vol ramé, se relevant pour que l'avant du corps se porte en bas, s'abaissant pour que l'avant du corps se porte en haut, s'inclinant à gauche pour que l'avant du corps se porte à droite, et réciproque- ment, devenant oblique en se tordant pour empêcher ou favoriser au besoin le roulement du corps sur son axe lon- gitudinal. Si l'Oiseau vole vent arrière, elle se relève pour que l'avant du corps se relève ; elle concourt aussi à pousser l'Oiseau en avant. Tout ceci est manifestement inexact; en particuher, jamais un Oiseau, d'après mes observations, n'est poussé par le vent qui lui vient de l'arrière. MouiLLARD {71), de son côté, a considéré que l'étude de la queue ne peut donner que des indications trop vagues pour être utilisées. Il considérait que cet organe est souvent un ornement, qu'il est fréquemment rudimentaire chez beaucoup d'Oiseaux très fins A^oiliers, qu'il grandit souvent ou diminue sans cause apparente. RiCHET (81) a trouvé que la moyenne du rapport de la queue aux ailes, résultant d'ailleurs de chiffres très peu homo- gènes, est de 6,8, chiffre qui, selon lui, indique à peu près quelle LES CARACTKRISTIQUES DES OISEAUX 247 doit être la surface relative de la queue envisagée uniquement comme gouvernail chez les grands et petits Oiseaux. De l'étude approfondie que j'ai faite des dimensions de la queue des Oiseaux, j'ai pu retirer des enseignements utiles. J'ai pesé les rectrices, mesuré la longueur et calculé la surface de cette queue en étalant celle-ci au maximum et en ayant soin que les plumes restent imbriquées comme dans la nature. J'ai rapporté ces données au poids, à la longueur ou à la surface du corps pour avoir des chiffres comparables. J'ai établi aussi le rapport qui existe entre la surface alaire et la surface caudale. Tous ces chiffres sont contenus dans les grands tableaux annexés à ce chapitre (p. 250 à 255). Gomme je n'ai étudié que des individus dont la queue ne joue aucun rôle ornemental, les rapports moyens suivants gardent tout leur intérêt au point de vue du vol. Passereaux vibrateurs Rapaces diurnes ramo-planeurs Golombins rameurs Corvidés rarro-p.'aneurs Passereaux ranieuis à vol soulemi . — ramo-planeurs — rameurs à. vol peu soulenu Gallinacés rameurs Pvapaoes diurnes voiliers — nocturnes raino-plarieurs . . Échassiers rameurs terrestres Passereaux ()longt'Ui'.s rameurs Palmipèdes ramo-planeurs Échassiers rameurs riverain.s Palmipèdes voiliers — nageurs rameurs Échassiers ramo-planeurs Palmipèdes plongeurs rameurs Échassiers plongeurs rameurs Poids (lu corps. Gr. 2,85 423,7 326,3 272 33,1 46,7 23,9 «(i4, 869,5 466,4 578,1 36,4 697,1 176,9 2 552,7 1 380 2 301,6 820,9 260 3_> 2,3 2,5 1,9 2,4 2,3 2,7 2,3 1,4 2,5 2 1,2 1,1 1,8 1,3 1,8 0,9 1,3 0,8 0,9 2,5 2,2 2,7 2,5 2,5 2,1 2,5 3,5 2,4 2,5 /. 3,4 'i,2 3,5 5,7 5,1 6,7 6 S S 10,5 11 8,5 8,2 6,6 8,8 5,9 2,8 9,5 5,2 1,8 1,6 3,8 2,2 4,5 1.4 2,2 1,2 0,9 o V Ci -a 5,8 6,5 4,2 6 4,4 5,7 4,2 2,2 7,2 4,1 1,8 1,8 2,9 2 2,3 1,1 2.3 0,7 1 S. - 1.3 2, 3,1 3,1 3,3 3,4 3,5 4,3 4,4 5,5 6,8 5,4 5,9 6,2 8 8,6 9,9 11,1 12,3 AXN. DES se. NA'I". ZOOL., 10« série. V, 17 248 A. MAGNAN On voit de suite, par l'examen de ce tableau, qu'il existe deux séries d'Oiseaux très distinctes : 1^ La série A formée par les espèces volant au-dessus des terres, chez lesquelles les divers rapports concernant la queue sont, quoique variables, toujours assez grands. Dans ces groupes, au contraire, le rapport de la surface alaire à la surface caudale est assez petit. Il apparaît aussi que la longueur de la queue est liée à l'envergure. Grande chez les Oiseaux à ailes allongées, la queue se réduit le plus sou- vent chez ceux qui sont à ailes courtes. C'est pour cette rai- son que les Gallina- cés possèdent une queue relativement peu développée. 2o La série B, constituée par les Oiseaux habitués à voler dans les ré- gions aquatiques, et qui ont à supporter l'action des grandes courants d'air, chez lesquels la queue est petite, alors que le rapport de la surface alaire à la surface caudale est très grand. Or c'est aussi de cette façon que se classent dans l'ensemble les groupes quand on étudie l'acuité de l'aile. Les planches IV à X de cet ouvrage mettent d'ailleurs ces résultats très en évidence. De plus, si l'on construit un gra- phique en classant les groupes par poids décroissants et en portant sur les ordonnées les quantités relatives de largeur alaire et de longueur caudale, on aperçoit immédiatement la relation qui existe entre l'acuité de l'aile et la longueur de la queue (fig. 24). Par conséquent, chez les Oiseaux qui vivent dans les ré- Fig. 2A. — Courbes de la variation de la largeur alaire et de la longueur caudale relatives suivant les groupes d'Oiseaux. Longueur de la queue. Largeur de l'aile. LES CARACTÉHISTigUES DKS OISEAIX 249 gions très ventilées, en même temps que l'aile est étroite, la queue est courte, et il paraît bien qu'il ne peut en être autrement, car, dès qu'un Oiseau à ailes larges et à queue longue est pris dans un vent violent, il est bousculé, roulé, alors que les Puiïîns cendrés, avec des ailes étroites et une courte queue, évoluent par les tempêtes les plus violentes. J'ai publié ces faits, en collaboration avec Houssay, au début de 1912 {29), et je puis dire avoir été le premier à les observer ;MouiLLARD (72) a, de son côté, fait des constatations identiques, mais ses observations inédites n'ont paru qu'à la fin de 1912 dans une publication posthume. Cet auteur a en outre affirmé que les Oiseaux sans queue avaient tousTavant- bras très long. Gela est vrai, si l'on veut, pour certains Pal- mipèdes voiliers ; cela est moins exact en ce qui concerne l'Al- batros et le Fou de Bassan en tout cas ; cela ne l'est plus pour les Palmipèdes rameurs. Par contre, les Rapaces voiliers ont un très long avant-bras et une très longue queue. Les résultats que j'ai obtenus amènent donc à considérer qu'une machine volante construite sur le modèle d'un Rapace voilier devrait, à certains moments du vol et pour l'atter- rissage, en particulier, disposer d'une surface caudale de 2"^'î,50 pour une surface portante de 10 mètres carrés. Un appareil conçu pour voler au-dessus de la mer, à la manière des Palmi- pèdes voiliers, devrait, par contre, être pourvu d'une surface caudale bien moins importante, celle-ci étant de l"^q,4 pour une surface de 10 mètres carrés. Il y a, en outre, quelques remarques à faire au sujet de la queue chez les Oiseaux. Dans l'ensemble, les longueurs, poids et surfaces relatives se classent de façon presque identique. Le classement reste le même si l'on compare la longueur de la queue non plus à la racine cubique du poids, mais à la lon- gueur réelle du corps. Les Rapaces voiliers, par exemple, qui ont la plus grande surface alaire, ont aussi une des plus grandes longueurs, un grand poids et une plus grande surface relative de la queue. Leur surface caudale est même plus grande que celle des Oiseaux des autres groupes, et il n'est pas sans intérêt de mettre ce fait en évidence. En effet, dans le vol à voile, la 250 A. MAGNAN Pouls du corps. I. Rapaces durées voiliers. Gyps ful'.'iis (Habl.) Gypa tufi barbât us grandis (StoiT.) Catharis{a atrata (Bartr.) Aquila chrysaHus (L.) HieraUas fasciatns (\'ieiil.) Helotarsus ecaudatiis (Daud.) Geranoa tus melanoleucus (\ ieiii.) CircaHus gallicus (Gmel.) Biiteo biiteo (L.) Pernis apivorus (L.i Pandion halia tus (L.) Circus seruginosus (L.) . — cyaneus (L.) 9 — cyaneus (L.) o — pygargus (L.) — inacruriis ((Imoi.) Milvus mih'us (L.) II. Palmii'Èdes voiliers. Dloinedea exulons (L.) Fregata aquila (L.) Sula bassana (L.) Puffinus kuhli (Boic) Hydrobates pelagicus (L.) Larus marinu<; (L.) III. Échassiers ramo-planeurs. Ardea cinerea (L.) Egretta alba (L.) Botaurus stellaris (L.) Nycticorax nycticorax (L.) Platalea leucorodia (L.) Ciconia ciconia (L.) Megalornis grus (L.) Leptoptilus crumeni férus (Less.) Vanellus vanellus (L.) IV. Rapaces nocturnes ramo-planeurs Bubo bubo (L.) Asio otus (L.) — flammeus (Pont.) Otus scops (L.) Tyto câba (L.) Strix aluco (L.) Athene noctua (Scoj>.) Gr. 269 38.5 702 712 060 095 125,50 655 027 615 105 680 471,50 331 236,50 386 927 8 502 1 620 2 690 572 17,40 1 915 1 408 1 178 1 198 512 1 565 3 438 4 175 7 030 211 720 247 390 49.75 279 418 161,50 5 ci a, ~ 1,6 2,7 1,6 2Ji 2 1 2,1 2,2 2,3 2,6 9 9 3,2 3,5 3,5 3,7 1 3,2 1,6 1,6 2 1,6 1,3 1,4 1,1 1,3 1,1 1,4 1,3 1,4 1,7 2,2 2,4 2,1 1,9 1,8 2,3 1,6 C r- OJ .—«0; O (-.-a P.O 3,5 2 2 3/J 2.4 2,4 4,1 2,6 2,6 2,3 2,3 2,7 2,2 2 2 2 1,9 1,8 5,8 2,3 4 3,6 2,5 3,4 5,7 5,9 5,9 5,3 5,9 4,7 5,1 4,8 3.2 2, A 2,2 2.5 2.8 2,7 2,3 2,7 "3 ° "3 j^ Oi 9, 10 11, 7, 12, 12 15,8 12,1 15,6 2,6 11,2 2,2 3, 4,1 3,8 2,6 2, 0, 1,6 1,7 1,8 1,5 3.2 U ■? 6 8 4,6 4 4,3 3,8 6,3 3,4 5,8 4,7 1,6 4,8 6,3 5,9 7,3 6 9 12 8,9 13,7 13 8,8 1,1 o 1,4 2,3 3,4 2,6 2,6 2,5 1,3 2 1,5 2,4 2,2 2^5 3,9 239 272 131 264 262 158 203 150 166 116 202 75 79 91 71 70 173 291 330 212 121 31 201 114 114 61 65 129 110 111 245 64 4,3 4,6 3,7 3,6 4,9 2,8 144 119 65 39 76 77 93 a ^ LES CAI^ACTKlilSTKJl'KS DES OISEAIX V. RaPACES DIUR.\ES RAMO-PLAÎVEIRS. Accipiter gentilis (L.) — nisus (L.) 9 — iiisus (L.) o Poli/horus tharus ( AFoI ) Falco tinnunculus (L.) V — tinriuiirulus (L.) j — pvegrinus (Tunst.) — subbuteo (L.) — columbarius regulus (Pall.) VI. COKVIDKS RAMO-PT,A\Kl'ns. Corvus corolle (L.) — coriii.T (L.) Trypanocorax frugilegus (L.) Colœus monedula spennogolus (Vieill.)... Pyrrhocorax pyrrhocorax (L.) Graculus graculus (L.) Nucifraga caryocatnctes (L.) Coracias garridus (L.) Pica pica (L.) Garridus glandarius (L) Upupa cpops (L.) Xanthoura yncas (Bodd.) VII. Pa.s.sereaux ramo-planeurs. Cuculus canorus (L.) Caprinudgus europaeus (L.) Apus apiis (L.) Chelidon rustica (L.) H irundfl urbira (L.) Ri paria rupcstris (Scop) VIII. Palmipèdes RAMo-PLA^Kl■Rs. Plialacrocornr carbo (L.) Pufflnus puffinus (Brunn.) Larus argeiitatas (Ponlopi).) — caniis (L.) Rissa tridactyla (L.) Larus ridibundus (L.) Sterna hirundo (L.) IX. PaS.SKREAUX RAMEURS A \ 01, SOUTEM Miiscicapa striata (Pallas.) Ficcdula hypoleura (Palia.s.) Alauda arvcnsis (L.) Poids du corps. Gr. 708 221 136 209 245 172 813 165 145 470 633 470 253 390 223 161 128 214 160 91 71,30 104 92 36,20 18,35 14,35 15,50 2 115 342 1 189 367 488 261 118 14,35 12,50 28,30 11=^ 2,6 3 2,9 2 2,6 3 1,8 2,3 2,3 2,1 ■2,3 2,3 2,1 2 3 2,1 2,3 4 2,9 2,4 9 3,6 2,7 2,5 3 2,6 1,9 1 1,7 1,8 1,6 2 3.1 2,5 2,2 1,9 r^-O ^ 3 OS 5 2.1 2 2,1 2.5 2,1 2 2,6 2.3 2.3 1.9 2,1 2 2 1^9 2,2 <■? 5 4,7 3,3 3,1 3.2 3,5 2.5 2,4 2,6 2,8 11.8 12,1 13 0, 10,6 13,9 8, 10 9.6 5,8 6,3 7,2 5,5 5,6 13,2 5,2 13.6 7,9 8,4 13,7 6,1 20 8,6 5,5 7,3 6.2 5,5 3,2 2,4 3,9 4 3,4 4,2 5,8 8,3 6,4 9,1 6,5 9.4 8,7 4,8 5,3 7.4 4,8 6,1 6 4,8 4,6 6,8 4,8 4,7 9,6 5,4 4,2 7,5 9 5.9 8,9 8,3 3,8 4,8 4.5 2,2 1,4 2,4 3,9 3,3 3.1 2.9 ;^ ^ 1 50 77 77 217 125 104 169 89 83 85 115 82 72 87 82 52 163 59 46 103 48 109 47 47 40 33 34 186 119 143 74 81 85 70 30 91 252 A. MAGNAN Anthus pratensis (L.) — trivialis (L.) Motacilla alba (L.) — flava (L.) — cinerea (Tunstal]. ) Lanius excubitor (L.) — senator (L.) — collurio (L.)- Luscinia inegarhyncha (Brt'lmi. ) Erythacus rubecula (L ) Phœnicurus phœnicurus (L ) — ochrurus gibraltariensis (Gmei Pratincola rubetra (L.) — riibicoln (L.) PhyUoscopus honcllii ( Vieii; ) — rufus (Bechst . ) Oriolus oriolus (L.) Monticola solitarius (L.) — saxatilis (L.) Turdus merida (L.) — naumanni (Tenun ) — viscivorus (L.) — pilaris (L.) — musicus (L.) — iliacus (L.) — torquatus {L.) Sturnus vulgaris (L ) Loxia curvirostra (L.) Coccothraustes coccothraustes (L.) Pyrrhida pyrrhula eiiropsea (Vieillot.). Serinus canarius seriniis (L.) Chloris chloris (L ) Fringilla caslebs (L.) — niontifringilla (Ij I Passer domestica (L ) . . — niontana (L.) Petronia petronia (L.) Carduelis carduelis (L ) Spinus spinus (L.) Acanthis cannabina (L ) Spinus citrinella (L.) Emberiza citrinella (L i — cirlus (L.) — hortulana (L ) — cia (L.) — schœniclus (L ) Regulus regains (L.) g la; 3 5 3 3 M 61) . o ■a "3 1 ■^ = rt C C '3J Poids ■^ -tlj O o = «^ C ft3 = 3 ï O 'Z ^ ^ c3 3 re, rt .2 3 du corps. ri 3 ■a s -- tr CD -3 ■a o ^ ri ci -Il o ctf •a ^ ft 3 ft"» tn n 0) ^^ 05 ^ os " c^ -a a^-o (^ -fS tf -^ Gr. 18 2,6 2,6 5,5 3,7 38 3.8 20,70 2.4 2,6 8 5 42 3,5 22 3,2 2,1 8,3 7,1 32 2,3 16,50 2,9 2,2 10,1 6,2 42 2,5 16 4,1 1,9 9,3 ■7,5 31 2 50,50 2,8 2,3 11,4 6,4 65 2,3 26,10 2,7 2,3 9,5 4,7 59 2,7 30,95 2.3 2,4 5,7 5 36 2,3 17,10 2,5 2,4 5,8 5,4 27 2,6 17,75 2,2 2,5 8,4 4,4 50 2,9 13 2,5 2,3 9,9 5,6 41 2,9 16,9f 2,5 2,4 7 6,6 27 2.8 13,0^ 2,1 2,8 5,3 3,5 35 5 11,45 2,6 2,6 6,1 3,6 38 4,2 7,65 2,3 2,6 6,5 5,2 25 3,1 5,25 2,5 2 7 11.4 5 38 3,1 72 2 2,9 4,8 4,7 42 3,3 62, 8( 2,1 2,8 5,2 5,2 40 2.7 47, 5C 1.8 2,9 3 2,8 40 4,4 91,50 2.3 2,5 6,5 5,1 57 2,4 76,20 2,3 2,5 5,2 4,9 45 2,5 106 2,4 2,4 7.5 4,4 81 3,1 98 2,2 2,5 3 3,3 42 3,1 70,30 1,8 2,8 2,9 3 40 3,6 56 2,2 2,7 4,8 4,7 38 2,5 96,50 2,3 2,6 6 4,2 63 2,5 79,50 1,4 3,6 2,8 2,1 51 4,8 47, 6C 1,8 2,6 3,3 2,8 4Î? 4,5 42 1.5 3,3 3,3 1,9 50 5,1 21,40 2,2 2,4 7,9 3,5 62 3,5 8,35 2,3 2,4 5,9 4,3 27 4 23,70 2 2,6 3,7 2,9 37 4,1 21,15 2,5 2,4 / 5,9 33 2.2 25,10 2.2 2,5 5,1 4,5 32 3,1 30 1,7 2,9 4,6 3,4 42 3 15,20 2 2,7 6,6 2,9 55 4,2 25 2 2,8 5,5 4,7 30 3 16,65 2 2,7 6 3.7 40 3,7 11,80 2 2,6 4,1 3,2 29 4 15,80 2,2 2.6 5,3 4 31 3,8 11,95 2,4 2,3 5,8 3,7 35 3,8 25 2,5 2,4 8 5 46 3 23,10 2,3 2,4 6,6 4,3 40 2,9 33 2,1 2,4 4,5 4 36 2,9 21,40 3 2,1 13,1 6 51 2,7 20 2,8 2,3 13,5 6 54 3 3,80 2,4 2,4 6,5 3,7 27 3,6 LES CAR.VCTÉRISTIQUES DES OISEAUX 253 X. Passereaux rameurs a vol PEU soutenu. Cyanecula suesica cyanecula (Wolf.) Sijlvia (dricapilln (L.) — siinplex (Lath.) — roDiiniinis (L^itli.) Prunella n/odularis (L.) Hypolais icterina (Vieill.) Acrocephalus cirpaccus (Herm.) — schœnobsenus (L.) Parus major (L.) — cseruleus (L.) — crislatuf: initratus (Brehm.) — palustris longirostris (Kleinsch.). . . — palustris communis (Kleinsch.) . . . Mi^ithalus caudalus (L.) Gecinus viridis (L.) Dryobates major pinetorum (Brelim.) Dnjobates minor hortoruin (Brehm.) Jynx torquilla (L.) Certhia brachydactyla (Brehm.) Sitta europsea cœsia (Wolf.) Tichodroma muraria (L.) Troglodytes troglodytes (Ij.) Xr. Passereaux vibrateurs. Euplicrusa eximia (Del.) XII. Éghassiers rameurs terrestres Otis tarda (L.) — tetrax (L.) Burhinus œdicncmus (L.) Charadrins apricnrius (L.) — w.orinellus (L.) Crex crex (L.) Scolopax rusltcola (L.) XIII. Éghassiers rameurs riverains Numrnius arqnatus (L.) II sematopus ostralegus (L.) Charadrins hiaticula (L.l Squatarola squatarola (L.) Gallinago gallinago (L.) Lininocryptes gallinula fL i Canutus canutus (L.) Erolia alpina (L.) , u '■' «- 5c "^ il î\i Poids ^ o Ils 3 ^ V .7} o ^ ï-^- ^ ^ ■a 0. (lu Cdl'p.S. t; 0.i) J£S o -a Kb. ^o- 1 ^ a oj ta^ Ph a rt - " Gr. 14,30 2 2,8 3,5 3,8 16,25 2,5 2,3 6,1 5,3 15,80 2,2 2,5 5 4,7 18,65 2,4 2,3 4,8 4,8 18 2,6 2,8 4,4 3,9 10,65 2,2 2,7 4,6 4,1 12. 8C 2,4 2,6 4,6 5 10, 4( 2,1 2,9 4,8 4,5 21,45 2,2 2,3 3,2 3,6 11 2,4 2,3 6,3 4,8 10,20 2,4 2,4 • 6,7 4,2 10,90 2,3 2,3 6,3 4,6 11,75 2,6 2,2 6,3 4,2 8 4 1.8 8,7 6,2 156 2 2,8 8,8 2,4 73 1,9 2,9 8,2 2,9 15,50 2.2 2,5 9 4,5 37,30 2 2,7 4 3.6 8,50 2,8 2,2 10,5 4,3 21,10 1,7 3 4,7 3 15 2,3 3 6 6,1 10,10 1,6 2,9 4,8 2,1 2,85 2,3 2,5 10,5 5.8 8 950 1,3 3,7 2,5 1,5 830 1,1 4,2 2 1,4 522 1,4 3,6 1,1 2,1 178 1,2 3,8 2,2 1,8 90 1,5 3,4 2,7 3 155 1 5,2 0,9 1 322 1,2 'i,3 1,5 2 768 1,3 4,5 1,9 1 ,9 438 1,1 4,6 2,3 1,4 62,20 1,4 3,4 2,4 2,6 216 1,3 3,5 2 2,1 95,50 1,4 4,9 1,5 1,6 57 1,2 4,2 1,7 1,2 88 1,3 4,1 2,2 2,3 44 1,4 3,9 2,2 2 ;2? 22 29 33 26 29 25 22 23 24 25 33 30 34 27 191 116 49 36 50 43 24 50 25 360 117 43 68 41 44 53 93 33 36 56 41 54 43 40 234 A. MAGNAN Arenaria interpres (L.) . . . . Calidris leucophsea (Pall.).. Machetes pugnax (L.) .... Tringa nebularius (Giinn.) Tringa erijthropus (Pall.) . totanus (L.) — ochrophiis (L.) — hj/poleiirus (L.) .... Limosa lapponica (L.).... — li.moso. (L.) Recurvirostra avocetta (L.). XIV. COLOMBINS RAMEURS. Columba }>aiumbus (L.) — *'*^-^ (L-J 7 urtnr tuitur (lj.) aV CtALT^r-iAcns R^MFl:^.-. To'rojj nrogoMu<: (L.) J. . . , , urogaUu^ (I..) 9 l.yrunis Mrix ((, ) ? teU-ix (L.) 9 Tetrao médius (Mey.) l.agopus 'niiins (Martin.) lagopus ([j.) — scoiirits (l.ath.) TetraF.tns bonosia (f ,.) Caccabis rufa ((-.) — szrnti/ifi (Uçy. et Wolf) . . Perdix peHix (L.) . _ Coturnix coturnix (fj.) Colinus pectoralis (Gould.) Rhijncholus 7'ufescens (lenim.) XVï. Palmipèdes nageurs rameurs. Gygnus ciignus [L.) A user f abolis (Lath.) — anse?' (L.) .... - — albifrnns (Scop.) Branta bernicla (t^.) -- leucopsis (Bechst.) Anas plntyrhyncJnis (L.) Spatula chipeala {\j.) \ \\ Dafila acuta ( L ) Marecn penelope (L.) Querqucdula crecca (tj.) \\\ — querquedula (L.) Poiiis du corps 3ilA G-r. m:. 80 il/JO I8U 156 i;^3 133 72,70 4 8,. 50 'l'.i7 228 2'.»5 495 306 17S 361 890 030 940 193 462,50 620 624 278 490 606,50 387 83,20 131,50 821,70 925 110 065 715 273 150 105 633 955 830 293 327 1,3 1,4 1.3 1/' 1,5 1,3 1,5 1,5 1,3 1,3 1.3 |S ^ G a 2 o p ^ -3 S — — f «■« s "> 1 7 1,5 1 8 1,1 3,7 3,7 4,3 4,4 4,7 4,2 3,9 3,6 5,1 4,8 5,1 2,6 2.9 2/7 a.o 3 3 2,9 4,3 2,3 3,5 1,9 2,9 1,'* 3 1.5 3,3 1.3 3.6 2 2,8 1,2 3,6 1 4 1,2 3.7 0.9 5 1 4 0,9 8 1 5,1 1 5,5 1 5,5 1 5,2 1 5.3 0,9 5,7 1,1 5,3 1,4 4,5 1,1 4,2 1 5 0.9 6 2,5 14 5 6 6,1 4 2 3 9 4 4,3 4 2,2 2,5 2,8 •5,7 1,8 1,8 2,3 0,8 1,2 1,6 1,2 1,5 1,5 1,4 1.4 1,4 1,9 2,4 1,3 1,7 1 ,9 S 9 ' A s 2,6 2,1 1,8 2.4 2,1 1,9 2,6 1,5 2,4 2.1 2.3 3 5.1 3.5 3,6 2,4 1.6 2 4,3 1,7 1,1 2 0,8 1 2,3 1,2 1,5 1,4 1,3 1,3 1,1 1,1 1,3 1,4 0,9 1 42 46 83 35 53 50 44 50 61 77 71 236 142 67 180 136 168 255 152 69 86 118 87 81 139 81 44 59 193 147 146 132 124 112 125 150 184 87 125 130 3,6 4,9 7,6 5,: 5,9 7,3 5, ",4 6,4 6,9 6,5 2.(i 1.8 l'.9 3,9 5.2 3J 3,2 3,5 3,9 2,1 4.7 6 3.9 10,8 ,2 6,9 10,5 8,4 9,1 9,1 8,1 ",6 7,4 6,5 5 8.5 8 LES CARACTERISTIQIES DES OISEALX 255 Clangula clan gain (L. Nyroca nyroca (GûUJ. — juligula (L.) . . — jerina (L.) . . . . — marila (I ).. . . Oideniia nigra {V,.)... ■- fnsca (L.) . . . XVII. Palmipèdes plongeurs rameurs. Mergus serrator (L.) — niersanger (L.) — albellus (L.) Cobinibus cribtaïus (Tj ) ^riseigcna (Bod;'.) rufunlis (Piul.) Gavia sepUntrionalis (F.) Gmna arctica (L.) . Alca t'irda (Ij.) I lia troille {[..) Fratei'cula arctica (L.) Aile aile (L.) .. XVIII ÉCHASSIERS PLONGEURS RAMETIRS. Fiilina aira (L.) Liallinula chlorojnis {\j.) Purzana porzana (I .) , liallus aquaticiis (L.) XIX. Passereaux plongeurs rameurs. Alcedo ispida (L.) , XX. Oiseaux coureurs ou ne volant pas Rliea ainericana (L.) ?\^ Sp/ieniscKS dernersu^ (!-'•)■ Poids du corps Gr. 622 512 741 842 675 870 578 818 L 470 W3 7 '.10 4'^0 180 957 1 405 780 1 010 272 01,20 5t Eb s c a^ -2.2 ? -il 578 265 69 128 .".6.40 10 2 94 0,9 0,8 0,6 0,6 0,9 1,1 0,9 0,9 1 0.5 0,8 0,8 0,5 1 0,7 0,6 1 1,1 1,1 1,1 5,2 6,3 8 7,8 5,8 5 5 ^A 5,3 5,1 10.9 7,1 5,8 8,3 4,6 7.1 7,5 4,8 6,4 5,3 1.7 1,1 0,6 0,7 1,1 1,3 1,9 1,9 1,9 1,9 0,7 0.9 0,9 0,4 1,8 1,2 0,4 1,1 1,3 1,1 1.6 2 ^ 1 0.9 0,5 0.5 0,8 0,7 0,7 0,9 1,4 1,1 0.3 0,4 0,4 0,3 1 0,8 0,4 1,3 1 1,3 130 99 117 138 118 171 315 175 162 137 197 223 192 138 107 66 89 54 55 30 6,5 8,8 10,8 13 9,8 9,8 10,6 6.9 4,9 6 23,3 19.8 9.1 1 1 ,9 8,2 10,1 22 6,3 13.3 5,4 queue contribue pour une grande part, soit comme balancier, soit comme gouvernail, à ce genre de locomotion. Cet organe joue en outre un rôle important dans le vol à voile pratiqué par les rapaces voiliers ; elle constitue chez ces derniers une troisième aile, si je puis m 'exprimer ainsi, en ce sens qu'elle est portante. Elle représente une surface qui aide à la sustentation de l'animal pendant qu'il décrit ses orbes et qui assure sa 256 A. MAGNAN stabilité longitudinale en même temps. Son ablation a, en effet, pour résultat de déséquilibrer le vol de ces Oiseaux. Chez les voiliers marins, la surface caudale est beaucoup plus réduite, à cause de Taction violente des grands courants d'air, mais la queue n'en est pas moins un organe des plus importants pour ces Oiseaux, malgré sa réduction. Les obser- vations que j'ai faites m'ont montré le rôle de premier ordre que joue la queue au cours des manœuvres exécutées par les voiliers marins. Constamment étendue, pendant leur vol, elle sert, selon la volonté de l'animal, à provoquer les ascen- sions ou les descentes planées ; relevée au moment où le vent a sa vitesse qui croît, elle assure la montée de l'Oiseau ; abaissée quand la rafale est à son maximum et va décroître en inten- sité, elle amène le basculement du corps et la glissade sur les couches d'air. En outre, et cela vient à l'appui de la distinction que j'ai faite entre les facteurs qui sont la cause de l'étroitesse presque identique des ailes de certains rameurs comme les Hobereaux, les Martinets et les Oiseaux-Mouches et des Oiseaux aqua- tiques comme les Palmipèdes voiHers, la queue est grande et très développée chez les premiers ; elle est, au contraire, ré- duite chez les seconds. Cela prouve que c'est bien l'action des courants d'air qui a raccourci l'aile de ces Oiseaux aqua- tiques en largeur et leur queue en longueur. Enfin, on se rend compte que les Oiseaux plongeurs pos- sèdent une queue extraordinairement réduite, plus réduite que celle des autres Oiseaux fréquentant les rivages ou les marais, mais ne menant pas la vie aquatique. On sait, comme plusieurs auteurs l'ont établi, que les Poissons ont leur extrémité posté- rieure effilée. Cet effilement de la partie postérieure de leur carène est la conséquence de l'action tourbillonnaire de l'eau. J'ai montré que ce modelage par l'eau s'est exercé sur les Oiseaux plongeurs de façon identique, effilant la partie pos- térieure de leur corps et réduisant les rectrices en longueur et en poids souvent au point de les faire disparaître presque complètement, et cela est aussi vrai chez les Palmipèdes et les Échassiers que chez les Passereaux plongeurs, tels que les Martins-Pêcheurs, dont la longueur relative de la queue LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 257 est de 1,1, alors que, chez les autres Passereaux, cette lon- l'ig. 25. — La longueur relative de la queue chez les Passereaux suivant les conditions de leur existence! 1. Grive litorne, Tardas piloris {h.) (rameur à vol soutenu).— 2. Oiseau-Mouche, Euphe- rusaeximia (Del) (vibrateur). — 3. Martin-Pècheur, Alcedo ispida (L.) (rameur plongeur). gueur est en moyenne de 2,3, comme le montre la figure 25. 238 A. MAGNAN De plus, il semble que certaines queues soient plus lourdes que d'autres. Pour le démontrer, j'ai cherché quel était le poids de la queue par mètre carré de surface caudale. J'ai multiplié en- suite ces rapports par les coefficients \ K qui se trouvent à la page 191, toujours dans les mêmes conditions que pour la détermination de lacharee. J'ai obtenu les chiffres suivants : liapport du poiils de la queue à la surface caudule(par niq.) v/^- s Gr. Échassiers ranio-planeiirs 115 Échassiers rameurs terrestres. . 120 Passereaux plongeurs rameurs. 123 Échassiers rameurs riverains. . . 128 Échassiers plongeurs rameurs. . 128 Rapaces nocturnes ramo-pla- neurs 153 Palmipèdes ramo-planeurs. . . . 166 Gallinacés rameurs 168 Corvidés ramo-planeurs 172 Palmipèdes nageurs rameurs. . . 175 Rapport du poids de la queue à la surface caudale (par niq.i v'' kL S Gr. Rapaces diurnes voiliers 176 Passereaux rameurs à vol sou- tenu 178 Passereaux ramo-planeurs.... 193 Palmipèdes voiliers 197 Passereaux rameurs à vol peu soutenu 199 Rapaces diurnes ramo-planeurs . 219 Palmipèdes plongeurs rameurs. 220 Passereaux vibrateurs 240 (lolombins rameurs 293 Gomme les ailes, la queue est lourde ou légère. Cet organe est pesant chez les Oiseaux, lorsque le milieu exerce une action violente sur l'animal qui s'y déplace. C'est ce qui a lieu pour les individus adaptés au milieu aquatique, et qui s'y dé- placent en déployant une certaine énergie, comme les Plon- geons, les Pingouins, les Guillemots, pour ceux qui vivent dans les grands courants d'air ou qui volent avec une grande vitesse. La queue est pesante aussi chez les espèces arboricoles comme les Pies par exemple. Chez tous ces Oiseaux, la queue a besoin de posséder une certaine résistance. Les volateurs, dont la vitesse de progression, au cours du vol, n'est jamais grande, ont une queue légère. Les Rapaces nocturnes, dont les ailes sont légères, sont pourvus aussi d'une queue légère pour la même raison. CHAPITRE VIII Le moteur des Oiseaux . Le poids des muscles pectoraux. La relation entre le développement des muscles pectoraux et la surface alaire. Le poids des abnisseurs et des releveurs. Son rapport avec la vitesse des coups d'ailes. Le poids des muscles pectoraux par mètre carré de surface portante. La longueur rela- tive des ahaisseurs et des releveurs. Le poids du cœur, et ses rapports avec refjori musculaire. Les dimensions du sternum, du bréchet et de l'os coracoïdien. Lorsqu'on examine les muscles qui sont utilisés par les Oiseaux pour pratiquer le vol, on y retrouve les dispositions générales des m.uscles qui s'attachent aux membres antérieurs des Vertébrés. Mais certains d'entre eux, qui jouent un rôle très important dans le mouvement des ailes, apparaissent comme ayant subi un développement anormal : ce sont le grand pectoral, dont l'action consiste à abaisser l'aile, et le petit pectoral, qui sert à la relever. Jean Ray en 1676 insiste le premier sur le volume des muscles pectoraux des Oiseaux. II fit même la remarque que, chez r Homme, ce sont les muscles du membre inférieur qui prédominent, et il en conclut que, si celui-ci voulait voler, ce serait avec ses jambes et non avec ses bras qu'il pourrait y parvenir. Hartings (26) a indiqué, dans son étude sur l'étendue des ailes et le poids des muscles pectoraux chez les Vertébrés vo- lants, que ces muscles pèsent ordinairement le sixième du poids total, alors que la surface alaire est variable. Tatin (87) s'était demandé si les surfaces alaires par kilo d'animal, relativement réduites chez les gros Oiseaux, néces- sitent un surcroît de travail musculaire. II ne le pensait pas, car, pour lui, le poids des muscle-s employés pendant le vol est toujours, chez les gros comme chez les petits Oiseaux, dans un rapport assez constant avec le poids du cor])s, d'un sixième en moyenne avec assez peu de variantes, ainsi que l'avaient 200 A. MAGNAN trouvé aussi Légal et Reichel (J5). Déplus, les travaux de ces derniers amenaient à penser que la relevée de l'aile peut se faire sans le secours d'aucun effort musculaire. C'est ce que Mare y et Tatin (87) ont appelé la relevée passive de l'aile au cours de laquelle les muscles abaisseurs eux- mêmes travailleraient pour ralentir cette remontée, qui, sans cette action modératrice, serait, croyaient-ils, parfois trop brusque. Il m'a semblé cependant utile de rechercher si les muscles pectoraux, si développés chez les Oiseaux, n'offraient pas des différences de poids suivant les divers genres de vol. Aussi ai-je essayé de pénétrer le problème dans ses détails. Les études que j'ai poursuivies sur le poids des pectoraux m'ont amené à des résultats qui conduisent à des conclusions autres que celles de mes prédécesseurs, comme il ressort de ce tableau : Rapaces nocturnes ramo-planeurs . . . . Palmipèdes voiliers Rapaces diurnes voiliers Corvidés ramo-planeurs Palmipèdes ramo-planeurs Rapaces diurups ramo-planeurs Échassiers ramo-planeurs Passereaux plongeurs rameurs — ramo-planeurs — rameurs à vol soutenu Palmipèdes nageurs rameurs Échassiers rameurs riverains — rameurs terrestres Gallinacés rameurs Golombins rameurs Passereaux vibrateurs Échassiers plongeurs rameurs Palmipèdes plongeurs rameurs Passereaux rameurs à vol peu soutenu Oiseaux coureurs Poids du corps. 10 Gr. 466,4 552,7 869,5 272 697,1 423,7 801,6 36,4 46,7 33,1 380 176,9 578,1 861,2 326,3 2,85 )) 260 736,5 23,9 555 «- o 11 119,7 130,4 141,7 142,6 143 168,2 170,4 186,2 190.4 195,9 198,3 233,1 236.1 259,6 273,2 341 )> 128,3 145,7 153,8 5,7 113 122,3 134,7 131,5 130,8 159,9 155.7 165,2 172,5 178,6 177,5 202,8 206 197,5 233,7 300 » 111,3 124,3 139,6 6.7 8,1 7 11 12,1 8,3 14,6 21 17,9 17,3 20,7 30,3 30,1 62,1 39,5 41 » 17 21,4 J4,2 LES CAK.Vr.TÉUISTIOUKS DKS OISKACX 261 On voit de, suite que le poids relatif des petits pectoraux varie en somme comme celui des grands pectoraux, mais qu'en outre, de même qu'il y a des groupes plus su moins bien voilés, il existe des groupes plus ou moins bien musclés, avec cette particularité que ce sont les mieux voilés qui se révèlent les moins musclés. Or on sait, en physiologie,, que le travail dont un muscle est capable est proportionnel à son poids. On trouve, en effet, que les muscles sont d'autant plus forts qu'ils sont plus gros, c'est-à-dire qu'ils contiennent un plus grand nombre de fibres. De l'étude que j'ai elTectuée sur la surface alaire et les muscles pectoraux, il ressort que ce sont les Oiseaux voi- liers et ramo-planeurs qui, dans l'ensemble, possèdent la plus grande surface portante relative et le plus petit poids relatif de muscles pectoraux. Par contre, les rameurs offrent une petite surface alaire alliée à de gros muscles pecto- raux. Le poids relatif de ces derniers varie dans le rapport de 1 à 4 chez les Oiseaux carinatés ; alors que, chez les vrais voiliers, il oscille entre 100 et 130, il dépasse 200 et souvent même 300 chez les rameurs qui, de ce fait, se trouvent avoir un moteur égalant parfois le tiers du poids du corps. De manière à rendre le phénomène plus intelligible, schématisons dans un graphique les résultats que nous avons obtenus pour ces deux organes. A cet effet, représen- tons sur la ligne des abscisses, par des points équidistants, nos 19 séries d'Oiseaux rangées par poids décroissants (fig. 26, p. 268). Portons sur les ordonnées élevées en chacun de ces points les quantités moyennes de surface alaire et celles des muscles pectoraux correspondant à chacune de ces séries. En réunissant les points relatifs à chaque organe par une même ligne, il ressort que surface alaire et muscles pectoraux varient dans l'ensemble en sens inverse, en passant d'un groupe défini par un mode de vol à un autre groupe défini par un autre mode de vol. J'ai mis en évidence, en 1911, cette relation inverse qui existe entre la puissance du moteur des Oiseaux et la grandeur 262 A. MAGNAN 1. Rapaces diurnes voiliers. Gups fulvus (Habl.) GypaHus barbatus grandis (Slorr.) Catharista atrata (Bartr.) Aquila chri/saHus (L.) Hiera-tus fasciatus (Vieill.) Helotarsus ecaudatus (Daud.) GeranoaHus melanoleucus (Vieill.).. Circa tus gallicus (Gmcl.) Buteo buteo (L.) Pernis apivorus (L.) PandioJi halia lus (L.) Circus asruginosus (L.) — cyaneus (L.) ç ^ cyaneus (L.) d" — pygargus (L.) ... : — macrurus (Gnicl j MiU'us milçus (L.) II. Palmipèdes voiliers. Diomedea exulans (L.) Fregata aquila (L. • Sula bassana (L ) Puffinus kuhli Boie Hydrobates pelagicus (L.) Larus marinus (L.) III. Éciiassiers ramo-plaaeurs. Ardea cinerea (L.) Egretta alba (L.) Botaurus stellaris (L.) Nycticorax nycticorax (L.) Platalea leucorodia, (L.) Ciconia ciconia (L.) ,. . Megalornis grus (Ij.) Leptoptilus crwneniferus (Les?..)... Vanellus vanellus (L.) IV^ Rapaces nogtirnes RAMO-PLANEURS. Bubo bubo (L.) Asio otus (L.) — flainmeus (Pont.; Otus scops (L.) Tyto alba (L.) Strix aluco L Alhen-; iinclua (Soop) ._ O •A 3 Poiiis 7i CLj ■5 a ci rt •X li ir ^ rr *^ " s (iU COlp.-i. 2Û e si •a ."S A< p. s- 0, « p. te 3 eS-O OJ to P5 c8 -0 T3 ■a -rt Gr. Par Jliq. 7 269 140,2 131,7 8,5 1 390 5 385 141,4 132.7 8,7 1 020 1 702 184,4 175,4 9 1 030 3 712 135,2 128,3 6,9 920 2 060 115,1 108 7,1 740 2 095 134,6 128,7 5,9 750 2 125,50 96,4 91,3 5,1 570 1 655 142,9 136,3 6,6 540 1 027 119,2 110,5 8,7 450 615 136,3 130 6,3 380 l 105 142,9 134,9 8 560 680 129,4 123,9 5,5 440 471,50 163,4 156,5 6,9 430 331 169,4 162,5 6,9 390 236,50 159,1 152.2 6.9 290 386 129,3 124,3 5 350 927 171,2 162,7 8,5 540 8 502 129 122 7 1 760 1 620 121 115 6, 600 2 690 127,7 120 7,7 1 430 572 125 117,6 7,4 470 17,40 149,1 140,2 8,9 260 1 915 131 119 12 910 1 408 165,3 153,8 11,5 650 1 178 148,5 136,5 12 610 1 198 153,7 139,3 14,4 680 512 149,5 134,9 14,6 480 1 565 186,2 170,6 15,6 1 160 3 438 170,1 156,1 14 1 170 4 175 147,5 131,7 15,8 1 100 7 03(1 185,3 170,6 14,7 1 570 211 227,9 208,5 19,4 720 1 720 150,3 142,7 7,6 690 2'i7 117,4 110.4 7 260 390 125,5 118,9 6,6 350 49,75 99,9 94,4 5,5 140 279 126,5 118,8 7,7 300 418 99,9 94,4 5,5 320 161.50 118,7 111,4 -,., JIO se ?3 1,12 1,10 1,11 1,03 1,02 1,11 1,09 1,14 1,07 1,05 1,10 1,20 1,0: 1,08 1,05 0,94 1,09 1 0, 1,34 0,96 1,20 1.20 1,26 1,17 1,07 l.i 1,20 1 1,2'i 1,20 1,25 1,03 1,05 1,09 1,12 1 ,05 1,11 1.10 3 « bu o a o. 0,7: 0,74 0,78 0,60 0,55 0,74 0,75 0,80 0,83 0,76 0,80 0,73 0,79 0,79 0,69 0,68 0,70 0,76 0,72 0,60 0,56 0,60 0,60 0,98 0,95 0,93 1,08 1 0,76 0,93 0,95 1,17 0,87 0,85 0,84 0,94 0,82 0,99 0.81 LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 263 V. Rapaces diurnes RAMO-PLANEURS. Accipiter gentilis (L.) — nisus (L.) 9 — nisus (L.) (5^ , Polyborus tharus (Mo].) , Falco tinnunculus (L.) 9 — tinnunculus (L.) S — peregrinus (Tunst. ) , — subbuteo (L.) , — coluinbarius regulus (Pall.) . . . . . VI. Corvidés ramo-planeurs. Corvus corone (L.) — cornix (L.) Tnjpanocorax frugilegus (L.) Colœus monedula s permolo gus (Vieill.) Pyrrhocorax pyrrhocorax (L.) Graculus graculus (L.) Nucifraga caryocatactes (L.) , Coracias garrulus (L.) Pica pica (L . ) , Garrulus glandarius (L.) , Upupa epops (L.) , Xanthoura yncas (Bodd.) , VII. Passereaux. r\mo-i'[,\iN'F,urs. Cuculus canorus (L.) Caprimulgus europseus (L.) Apus apus (L.) , Chelidon rustica (L.) , Hirundo urbica (Ij.) Riparia rupestris (Scop.) , Vlli. Palmipèdes RAMO-PLANF.UnS. Phalncrocorar carhn (L.) Puffinus puffmus (Briinn) , I.arus argrntatus (Pontopp) Larus canus (L.) Hissa Iridartyla (Ij) Larus ridibundus (L. ) , Stcrna hirundo (L.) Poids du corps. Gr. 708 221 136 1 209 245 172 813 165 145 470 633 470 253 390 223 161 128 214 160 91 71,30 104 92 36,20 18,35 14,35 15,50 115 342 189 367 488 261 118 154,5 214,6 176,7 130,7 122,2 131,9 191 190,5 201,7 139,9 145,4 157,9 143,2 145 134,2 152,4 137,5 135,2 130,5 169,2 121,5 203,3 200,5 211,2 203,3 144,2 180,1 136,1 136,4 128,6 137,8 146 139 177,1 — • o tu Q, •^ © (^ a 149,2 204 167,6 122,8 115,5 122,9 182,9 181,8 192,4 129,5 135,7 147,1 132,4 135 124,6 139,7 125 125 118,4 157,2 109,3 187,5 180,4 186,4 185,4 132,4 163 123,0 124,4 118,4 128 133,1 127,5 161 5,3 10,6 9,1 7,9 6,7 9 8,1 8,7 9,3 10,4 9,7 10,8 10,8 10 9,6 12,7 12,5 10,2 12,1 12 12 2 15,8 20,1 24,8 17,9 11,8 17.1 12.5 12 10,2 9,8 12,9 11,5 16,1 o =*t: ■a Par mq. 820 570 450 670 420 320 1 200 560 660 620 690 530 540 590 300 470 360 450 360 420 270 500 'i60 460 270 220 230 450 820 720 430 700 420 350 (3j -i^ o 1,12 1,32 1,35 1,13 1,04 1,07 1,23 1,1 1,20 1,09 1,08 1;05 1,10 1,10 1,0' 1,0 1,07 1 1,12 1,20 1,10 1 27 1^15 1,21 1,17 1,18 1.17 1 ,33 1,07 1,24 1,20 1,15 1,18 1,22 0,8: 0,87 0,81 0,67 0,79 0,80 0,83 0,79 0,81 0,88 0,93 0,92 0,94 0,95 0,85 0,88 0,94 0,83 0,92 1.08 1,01 1,12 0,99 1,15 1,10 1,11 1.09 1,01 0,64 0,95 0.90 0,8-' 0,96 0,97 A.NN. DES se. ZOOL., 10« série. V, 18 264 A. MAGNAN IX. Passereaux rameurs A VOL SOUTENU. Muscicapa striala (Palla*;) Ficedula hypoleuca (Palj) Alauda arvensis (L.) Anthus praie/isis (L.) — trivialis (L.) Molacilla alba (L. ) — flava (L.) — cinerea (Tunstiill) Lanius excubitor (L.) — senalor (L.) — collurio (L.) Luscinia megarhyncha (Breliin) .. . . Erythacus rubecula (L.) Phœnicurus phœnicurus (L.) — ochrurus gibraltariensis(GTr\ Pratincola rubelra (L.) — rubicola (L.) Phylloscopus bonellii (Vieill) — rujus (Bechst) Oriolus oriolus (L.) Monticola solitarius (L.) — saxatilis (L.) Turdus merula (L. ) — naumanni (Temni) — viscivorus (L.) — pilaris (L.) — niusicus (L.) — iliacus (L.) — torquatus (L.) Sturnus vulgaris (L.) Loxia curvirostra (L.) Coccothraustes coccothraustes (L.) . . Pyrrhula pyrrhula europœa (Vieillot. Serinus canarius serinus (L.) Chloris chloris (L.) Fringilla cselebs (L.) — montifringilla (L.) Passer domestica (L.) — montana (L.) Pelronia petronia (L.) Carduelis carduelis (L.) Spinus spinus (L.) Acanthis cannabina (L.) Spinus citrinella (L.) Emberiza citrinella (L.) — cirlus. (L.) Poids du corps. Gr. 14,35 12,50 28,30 18 20,70 22 16,50 16 50,50 26,10 30,95 17,10 17,75 13 16,95 13,05 11,45 7,65 5,25 72 62,80 47,50 91,50 76,20 106 98 70,30 56 96,50 79,50 47,60 42 21,40 8,35 23,70 21,15 25,10 30 15,20 25 16,65 11,80 15,80 11,95 25 23,10 160,2 172 233,1 236,3 210 224 221,7 249,3 158,1 160,4 112,9 154,3 134,5 190,9 162,2 171,5 160,6 175,1 142,8 221 146,7 167,3 178,6 167,3 229 2 25l'9 219 212,4 179,1 208,3 237,7 215,2 168,1 239,4 262,4 252,9 179,2 177,9 189,4 215,6 226,4 219,4 250,5 221,7 222 220,7 146.3 156 213, 216,9 191,7 206,8 206 231,2 142,9 145,5 103,3 137,4 120,5 173,9 147,5 156,2 145,8 156,8 123,8 204,1 133,7 152,6 160 149,6 212,2 233,1 199,1 194,6 162,6 188,9 216,3 194,5 149,5 219,1 242,6 234 163,3 161,6 167,7 196 205,4 205 227,8 200,8 200 203,4 1^ n A p. 13,9 16 19,4 19,4 18,3 17,2 15,7 18,1 15,2 14,9 9,6 16,9 14 17 14,7 15,3 14,8 18,3 19 16,9 13 14,7 18,6 17,7 17 18,8 19,9 17,8 16,5 19,4 21,4 20,7 18,6 20,3 19,8 18,9 15,9 16,3 21,7 19,6 21 14,4 22,7 20,9 22 17,3 o >^ cS t- p,<2 Pï -2 Par mq. 170 230 480 430 340 370 380 400 380 300 280 260 340 230 230 220 220 210 150 580 390 490 620 560 780 090 800 660 770 •860 670 610 370 270 610 490 360 520 370 530 400 380 410 350 420 480 > '^ t-5 03 1,33 1,25 1,28 1,32 1,36 1,34 1,27 1,15 1.30 1,17 1,05 1,'jO 1,13 1,14 -1,17 1,19 1,21 1,14 1,22 1,24 1,18 1,24 1,15 1.20 1,28 1,2 1,25 1,28 1,28 1,30 1,32 1,33 1,11 1,43 1,21 1,38 1,09 1,16 1,40 1,25 1,32 1,19 1,28 0,87 1,43 1,06 S p. 1,15 1,16 1,15 1,20 1,21 1,14 1,18 1,07 1,19 1,04 0,92 1,30 1,05 1,06 1,05 1,11 1,11 1,01 1,10 1,10 1,08 1,10 1 0,99 1,24 1,21 1,01 1,20 1,23 1,16 1,17 1,22 1,0 1,38 1,20 1,25 1,05 1,06 1,35 1,20 1,25 1,05 1,20 0,82 1,40 1,03 11,8 13,6 15,9 9,9 12 15,5 13 9,3 15,8 10,8 10 10,5 11,2 13 13 19,1 14,9 14,3 13,3 18,7 10,6 15,3 9,2 10,4 10,5 11,2 10,6 10,8 11,5 12,8 16,1 13,9 13,4 19,1 20,6 15,2 10,7 13,3 15,1 13,6 13,8 19,4 17,1 16,1 14 13,8 JJ LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 265 Poids du corps. ri O ai a ■a o 3 £ P. II ■Ji ru >< es .3 c « r/) S ■s o '-3 ■a 'A > 2 '.3 o gSL 1-1 ÏÏ u 5JD eu o 3 8 'S Çk 10,6 11.1 10,7 13,1 13 10,1 12,6 10,7 10,5 9.3 11,7 12,4 10,2 13,6 11,7 13,7 14,4 15,6 13,4 14,3 13,5 12,9 10,5 10,4 13,3 11,8 20~1 14.5 18,6 10,8 17,4 17,7 10 11,5 12,2 11,6 Einberiza hortulana (L.) Gr. 33 21,40 20 3,80 14,30 16,25 15,80 18,65 18 10,65 12,80 10,40 21,45 11 10,20 10,90 11,75 8 156 73 15,50 37,30 8,50 21,10 15 10,10 2,85 8 950 830 522 178 90 155 322 768 438 141,7 199,4 215 131,5 140,4 121,7 113,9 131,3 146,6 124,1 132,7 130,7 139,8 177,2 153,9 176 159 171,2 175,6 193,6 177,3 199,1 162,2 165,8 164,6 128,6 341 225 246,3 174,4 265,3 253,8 178,6 309,8 212,2 170,4 127,2 184,5 200 118,4 122,3 107,6 100 117,9 133,3 111,1 118,7 117,3 128,2 160,9 139,2 160,5 144,6 156,2 163,1 178 161,2 186,3 147 151,6 153,3 113,8 300 200 219,2 156,8 231,4 223,3 157 254,6 188,8 150,6 14,5 14,9 15 13,1 18,1 14,1 13,9 13,4 13.3 13 14 13,4 11,6 16,3 14,7 15,5 14,4 15 12,5 15,6 16,1 12,8 15,2 14,2 11,3 14,8 41 25 27,1 17,6 33,9 30,5 21,0 55,2 23,4 19,8 Par mq. 380 390 370 150 160 220 240 280 320 180 250 250 290 290 210 290 260 230 560 590 240 210 200 260 140 310 640 3 480 1 960 1 190 1 320 920 760 1 680 1 380 1 200 1,09 1,25 1,26 1,08 1,23 1,16 1,28 1,11 1,22 1,18 1,15 1,10 1,08 1,10 1,15 1,22 1,10 1,15 1,22 1,14 1,17 1,07 1,02 1,10 1,10 1,06 1,35 1,42 1,40 1,14 1,36 1,34 1,38 1,36 1,05 1,32 1,06 1,14 1,15 1,02 1,12 1,06 1,08 0,98 1,10 1,09 1,07 1,05 1,01 1,01 1,06 1,08 1,01 1.05 i.ts i.(': i.(>'. 0,95 0,81 1,01 0,85 0,97 1,30 0,96 1,07 1,03 1.33 1,18 1,08 1,12 1,01 1,22 cia (L . ) — scJiceniclus (L.) Regulus regulus (L.) X. Passereaux rameurs. A VOL peu soutenu. Cyanecula suesica cyanecida (Woll) . Sylvid Œtricupilld (L) — simplex (Latli.) — commun is (Lai h.) Prunello, niodularis (L.) Hypolais icterina (Vieill.) Acrocephalus cirpaceus (Herm.) . . . . — schœnobsenus (L.) Parus major (L . ) — cseruleus (L.) — cristatus mitratus (Brehm.) . . . — palustris longirostris (Kleinsch) — palustris communis (Kleinsch) . ^ giihalus caudatus (L.) Gecinus viridis (L.) Dryobates major pinetorum (Br.) .... — miiior hortorum (Brehm.) . , Jynx torquilla (L.) Certhia brachydactyla (Brehm. ) Sitta europsea cœsia (Wolf) Tichodroma muraria (L.) Troglodytes troglodytes (L.) XI. Passereaux vibrateurs. Eupherusa exUnia (Del) XII. ÉCHASSIERS rameurs TERRESTRES. Otis tarda (L.) — tetrax (L.) Burhinus œdicnemus (L.) Charadrius apricarius (L.) — morinellus (L.) Crex crex (L.) Scolopax rusticola (L-)-. •■• XIII. ÉCHASSIERS RAMEURS RIVERAINS. ]Vumenius arquatus (L) Ilsematopus ostralegus (L.) 266 A. MAGNAN Charadrius hiaticula (L.) Squatarola squatarola (L.) Gallinago gallinago (L.) Limnocryptes gallinula (L.) Canutus canutus (L.) Erolia alpina (L.) Arenaria interpres (L.) Calidris leucopJtsea (Pall) Machetes pugnax (L.) Tringa nebularius (Giinn) — erythropus (Pall.) — totanus (L.) — ochrophus (L.) . . . ^ — hypoleuciis (L.) , Limosa lapponica (L.) , — limosa (L.) , Recurvirostra avocetta (L.) , XIV. COLOMBINS RAMEURS. Coluinba palumhus (L.) — œnas (L.) Turtur turtur (L.) XV. GALLIN.A.CÉS RAMEURS. Tetrao urogallus (L.) 7S A. MAGNAN I. Rapaces diurnes voiliers. Gyps fuU'us (Habl) Gypaëtus barbatus grandis (Storr) Catharista atrata (Bartr) Aquila chrysaitus (L.) Hiera tus fasciatus (Vieill.) Helotarsus ecaudatus (Daud.) Geranoattus tnelanoleucus (Vieill.) Cire a tus gallicus (Gmel.) Buteo buteo (L.) Pernis apivorus (L.) Pandion haliaëtus (L.) Circus œruginosus (L.) Circus cyaneus (L.) Ç — cyaneus (L.) S — pygargus (L.) — macrurus (Gmel) MUvus milvus (L.) II. Palmipèdes voiliers. Diomedea exulans (L.) Fregata aquila (L.) Sula bassanc (L. ) Puffinus kuhli (Boie) Hydrobates pelagicus (L.) Larus marinus (L.) III. ÉCHASSIERS RAMO-PLANEURS. Ardea cinerea (L.) Egretta alba (L.) Botaurus stellaris (L.) Nycticorax nycticorax (L.) Platalea leucorodia (L.) Ciconia ciconia (L.) Megalornis grus (L.) Leptoptilus crumeniferus (Less. ) Vanellus vanellus (L.) IV. Rapaces nocturnes ramo-planeurs Bubo bubo (L.) Asio otus (L.) — flammeus (Pont.) Otus scops (L.) Tyto alba (L.) Strix aluco (L . ) Athene noctua (Scop.) Poids ùu corps. Gr. 269 385 702 712 060 095 125,50 655 027 615 105 680 471,50 331 236,50 386 927 8 502 1 620 2 690 572 17,40 1 915 1 408 1 178 1 198 512 1 565 3 438 4 175 7 030 211 720 247 390 49,75 279 418 161,50 : \fu " S 0,81 0,57 0,80 0,74 0,55 0,68 0,60 0,54 0,57 0,72 0,81 0,76 0,66 0,69 0,67 0,64 0,56 0,75 0,75 0,57 0,78 0,80 0,89 1 0,95 0,73 0,85 0,88 0,94 0,93 0,78 1,05 0,63 0,47 0,57 0,49 0,50 0,49 0,60 0,66 0,64 0,68 0,74 0,77 0,77 0,65 0,66 0,57 0,78 0,81 0,63 0,54 0,60 0,62 0,63 0,52 0,73 0,60 0,97 0,69 0,71 0,80 0,88 0,82 0,58 0,63 0,85 1,05 0,87 0,69 1,03 0,57 0,52 0,59 0,62 0,42 0,43 0,58 0,13 0,12 0,18 0,14 0,14 0,17 0,16 0,16 0,16 0,18 0,22 0,16 0,20 0,19 0,19 0,16 0,20 0,17 0,15 0,17 0,22 0,24 0,24 0,23 0,20 0,18 0,23 0,27 0,27 0,31 0,28 0,31 0,19 0,19 0,18 0,17 0,15 0,17 0,15 3 O . ci j2 0,07 0,11 0,16 0,12 0,13 0,15 0,16 0,15 0,16 0,20 0,25 0,14 0,16 0,16 0,16 0,15 0,19 0,17 0,16 0,16 0,20 0,21 0,21 0,20 0,17 0,15 0,17 0,26 0,31 0,26 0,23 0,32 0,17 0,16 0,16 0,20 0,12 0,15 0,15 0,57 0,48 0,53 0,53 0,47 0,53 0,57 0,60 0,49 0,51 0,42 0,59 0,64 0,57 0,59 0,54 0,59 0,63 0,52 0,40 0,-57 0,53 0,51 0,41 0,42 0,41 0,50 0,51 0,42 0,24 0,52 0,47 0,55 0,60 0,57 0,76 0,61 0,53 0,55 LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 279 V. Rapaces dilrnes ramo-planeurs. Accipiter geniilis (L.) — nisus (L.) 9 — nisus (L.) S Polyborus tharus (Mol.) Falco tinmuicidus (L. 9 . ) — tinnunculus (L. S) — peregrinus (Tunst . ) — subbuteo (L. ) — columbarius regulus Pall, VI. Corvidés ramo-pla^eurs. Corvus corone (L.) , — cornix (L.) Trypanocorax jrugilegus (L.) Colœus monedula spennologus (Vieill. Pyrrhocorax pyrrhocorax (L.) Graculus graculus (L.) Nucifraga caryocatactes (L.) Coracias garrulns (L.) Pica pica (L.) Garrulus glandarius (L.) Upupa epops (L.) Xanthojira yncas (Bodd.) VII. Passereaux ramo-plakeiirs. Cucidus canorus (L.) Caprimulgus europseiis (L. Apus apiis (L.) Chelidon rustica (L.) .... Hirundn urbica (L.) Riparia rupestris (8cop.) . MIL Palmipèdes ramo-planeurs. Phalacrocorax carbn (L.) Pufpnus puffinus (Brùmi.) Larus argentatus (Ponlopp.) — canus (L.) Rissa tridaclyla (L.) Larus ridibundus (L. ) Sterna hirundo (L.) IX. Passereaux rameurs a vol soutenu. Muscicapa slriata (Pallas) Ficedula hypoleuca (Pall.) , Alauda arvensis (L.) Poid.s du coip. .s la. 60 ca C o o "* -. 'î?ci> 3 104 708 221 136 209 245 172 813 165 145 470 633 470 253 390 223 161 128 214 160 91 71,30 104 92 36,20 18,35 14,35 15,50 1 1 5 342 189 367 488 261 118 14,35 12,50 28,30 0,86 0,96 0,95 0,76 0,62 0,62 0,79 0,83 0,76 0,64 0,74 0,74 0,66 0,66 0,64 0,62 0,79 0,65 0,71 0,63 0,72 0,80 0,84 0,96 0,79 0,78 0,79 1,19 0,97 0,80 0,83 0,86 0,95 1 0,76 0,64 0,82 0,82 0,81 0,75 0,82 0,62 0,58 0,74 0,70 0,64 0,20 0,25 0,2 0,15 0,16 0,20 0,23 0,25 0,26 0,6^ 0,75 0,74 0,66 0,65 0,60 0,66 0,76 0,61 0,75 0,74 0,74 0,84 0,97 0,88 0,75 0,76 0,76 0,82 0,87 0,70 0,85 0,89 0,80 0,94 0,71 0,57 0,78 0,21 0,22 0,21 0,23 0,23 0,23 0,20 0,19 0,18 0,20 0,20 0,21 0,2' 0,31 0,42 0,24 0,22 0,24 0,30 0,25 0,23 0,22 0,24 0,21 0,30 0,24 0,23 0,29 0,19 0,21 0,20 0,17 0,16 0,19 0,21 0,21 0,22 0,21 0,22 0,21 0,23 0,23 0,21 0,21 0,19 0,17 0,21 0,23 0,22 0,50 0,66 0,70 0,47 0,57 0,5 0,62 0,65 0,62 0,47 0,46 0,54 0,48 0,43 0,50 0,53 0,51 0,57 0,28 0,35 0,38 0,23 0,22 0,23 0,21 0,23 0,20 0,22 0,25 0,26 0,27 0,23 0,21 0,28 0,61 0,51 0,77 0,66 0,67 0,72 0,66 0,67 0,53 0,73 0,58 0,70 0,85 0,66 0,60 0,83 0,74 0,82 0,61 0,57 0,43 0,47 0,50 0,46 0,55 0,82 0,68 0,85 0,54 0,53 0,55 0,55 0,54 0,52 0,44 0,51 0,53 0,53 0,55 0,53 0,56 0,50 0,37 0,57 0,59 0,57 0,50 0,48 0,50 0,52 0,46 0,49 0,44 0,60 0,56 0,65 .•\.NN. DKS se. ZOOL., lO" si'ric V, 19 280 A. MAGNAN Anthus pratensis (L.) — trwialis (L.) Motacilla alba (L.) , . . , — flava (L.) — cinerea (Tlinstall.) Lanius excubitoj- (L.) — senator (L.) — collurio (L.) Luscinia megarhyncha (Brehm.) Erythacus rubecula (L.) Phœnicurus phœnicurus (L.) — ochrurus gibraltariensis (Gm. Pratincola rubetra (L.) — rubicola (L.) Phylloscopus bonellii (Vieill . ) — rufus (Bechst.) Oriolus oriolus (L.) Monticola solitarius (L.) — saxatilis (L.) Turdus merula (L.) — naumanni (Temm. ) — viscivorus (L. ) — pilaris (L.) — musicus (L.) — iliacus (L. ) — torquatus (L.) Sturnus vulgaris (L. ) Loxia curvirostra (L. ) Coccothraustes coccothraustes (L.) Pyrrhula pyrrhula e uro pas a (VieiWoi) . . . . Serinus canarius serinus (L.) Chloris chloris (L.) Frmgilla caslebs (L.) — inontijrinjilla (L . ) Passer domestica (L.) — rnontana (L.) Petronia petronia (L.) Carduelis carduelis (L.) Spinus spinus (L.) Acanthis cannabina (L.) Spinus citrinella (L.) Emberiza citrinella (L.) — cirlus (L.) — hortulana (L.) — cia (L. ) — schœniclus (L.) Régulas regulus (L.) Poids du corps. Gr. 18 20,70 22 16,50 16 50,50 26,10 30,95 17,10 17,75 13 16,95 13,05 11,45 7,65 5,25 72 62,80 47,50 91,50 76,20 106 98 70,30 56 96,50 79,50 47,60 42 21,40 8,35 23,70 21,15 25,10 30 15,20 25 16,6.5 11,80 15,80 11,95 25 23,10 33 21,40 20 3,80 T. 2 0,74 0,84 0,82 0,86 0,80 0,73 0,70 0,63 0,73 0,61 0,76 0,70 0,70 0,64 0,71 0,52 0,90 0,65 0,71 0,75 0,82 0,78 0,75 0,82 0,86 0,74 0,88 0,88 0,83 0,72 0,89 0,86 0,86 0,74 0,72 0,89 0,92 0,82 0,66 0,84 0,78 0,92 0,83 0,78 0,72 0,80 0,54 oc — 3 7- ni = ii 0,70 0,74 0,79 0,78 0,80 0,62 0,63 0,62 0,63 0,65 0,68 0,72 0,60 0,61 0,59 0,50 0,79 0,65 0,68 0,66 0,74 0,78 0,83 0,82 0,78 0,68 0,88 0,75 0,72 0,64 0,85 0,83 0,92 0,73 0,64 0,78 0,84 0,72 0,68 0,72 0,85 0,83 0,80 0,71 0,73 0,71 0,56 Wç^ ^-eci 0,28 0,27 0,32 0,29 0,28 0,24 0,23 0,17 0,23 0,19 0,26 0,25 0,24 0,24 0,22 0,21 0,27 0,22 0,27 0,2 0,26 0,27 0,28 0,26 0,28 0,25 0,26 0,33 0,28 0,28 0,29 0,31 0,30 0,25 0,24 0,30 0,27 0,29 0,26 0,32 0,28 0,30 0,27 0,28 0,25 0,31 0,16 0,27 0,24 0,31 0,26 0,28 0,20 0,21 0,17 0,20 0,20 0,24 0,26 0,20 0,23 0,20 0,19 0,24 0,22 0,26 0,22 0,24 0,27 0,28 0,26 0,26 0,23 0,26 0,27 0,25 0,25 0,29 0,30 0,32 0,25 0,21 0,26 0,25 0,25 0,2 0,2 0,30 0,28 0,26 0,25 0,28 0,25 0,16 tij « Pi ■= B\^ 0,68 0,73 0,82 0,86 0,76 0,75 0,66 0,70 0,70 0,76 0,59 0,62 0,85 0,80 0,68 0,57 0,76 0,70 0,66 0,71 0,70 0,80 0,76 0,77 0,78 0,65 0,74 0,71 0,74 0,72 0,68 0,62 0,65 0,61 0,74 0,80 0,71 0,64 0,70 0,66 0,64 0,61 0,62 0,59 0,60 0,62 0,60 0,57 0,66 0,50 0,59 0,5^ 0,65 0,60 0,60 0,53 0,62 0,55 0,58 0,57 0,56 0,57 0,58 0,58 0,62 0,58 0,58 0,63 0,63 0,61 0,74 0,62 0,58 0,50 0,58 0,64 0,70 0,80 0,61 0,75 0,62 0,62 0,65 0,69 0,64 0,61 0,60 0,65 0,61 0,52 0,56 0,61 0,62 0,57 LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 281 X. Passereaux rameurs A VOL PEU SOUTENU. Cyanecula suesica cyanecula (VVolf .) Syh'ia atricapilla (L.) Sylvia siinplex (Lath) — coiHDiunis (Lath) Prunella modularis (L.) Hypolais icterina (Vieill.) Acrocephalus cirpaceus (Herni) — schœnobsenus (L.) Parus major (L.) — cseruleus (L .) — crislatus niitratus (Breliiu) — palustris longirostris (Kleinscll).. . . — palustris cointnunis (Kleinsch) .Egithalus caudatus (L.) Geciniis viridis (L.) Dryobates major piiietorum (Br.) Dryobates minor hortorum (Brelim) Jynx torquilla (L. ) Certhia brachydactyla (Brehin) Sitta europssa cœsia (Wolf) T ichodroma muraria (L.) Troglodytes troglodytes (L.) XI. Passereaux vibrateurs. Eupherusa eximia (Del . ) XII. ÊCHASSIERS RAMEURS TERRESTRES. Otis tarda (L.) — tetrax (L.) Burhinus œdicnemus (L.) Charadrius apricarius (L. ) — morinellus (L.) Crex crex (L.) Scolopax rnsticola (L. ) XIII. ÉcHASSIERS RAMEURS RIVERAI.N'S yunu'utus arquatus (L.) Hseniatopiis ostralegus (L. ) Charadrius hiaticula (L.) Squatarola squatorola (L.) Gallinago gallinago (L.) Limnocry ptes gallinula (L.) Canutus canutus (L.) Erolia alpina (L.) Poids du corps. Gr. 14 16 15 18 18 10 12 10 21 11 10 10 11 8 156 73 15 37 8 21 15 10 2,85 8 950 830 522 178 90 155 322 768 438 62,20 216 95,50 57 88 44 - S 0,70 0,55 0,68 0,52 0,64 0,71 0,51 0,64 0,59 0,58 0,57 0,54 0,61 0,65 0,76 0,71 0,77 0,71 0,53 0,68 0,69 0,50 1,34 0,89 1,13 0,99 0,15 J ,09 0,94 1,09 1 0,91 1,03 1,05 1,22 1,11 0,96 0,98 fcc u — 3 rt C o ■S 3- 2. c ■5 t 0,62 0,46 0,62 0,51 0,60 0,58 0,51 0,53 0,61 0,59 0,58 0,60 0,70 0,68 0,80 0,71 0,75 0.66 0,64 0,70 0,60 0,40 1,3^ 0,92 1,07 1,01 \,2l 1,16 0,71 1,07 1 0,90 1,02 1,03 1,05 1,07 0,89 0,94 0,22 0,19 0,24 0,16 0,15 0,22 0,17 0,22 0,21 0,22 0,18 0,22 0,19 0,25 0,22 0,25 0,24 0,23 0,19 0,17 0,16 0,13 0,63 0,28 0,29 0,28 0,35 0,39 0,28 0,39 0,36 0,31 0,35 0,33 0,43 0,33 0,40 0,36 0,20 0,16 0,22 0,16 0,14 0,18 0,17 0,19 0,21 0,22 0,19 0,25 0,22 0,26 0,22 0,25 0,23 0,2: 0,23 0,18 0,14 0,11 0,63 0,30 0,27 0,29 0,30 0,41 0,21 0,38 0,35 0,30 0,35 0,32 0,3: 0,32 0,37 0,35 0,66 0,71 0,80 0,67 0,68 0,72 0,60 0,73 0,60 0,54 0,60 0,54 0,52 0,70 0,59 0,62 0,56 0,59 0,58 0,57 0,54 0,64 0,31 0,48 0,53 0,4: 0,53 0,60 0,14 0,55 0,43 0,50 0,50 0,46 0,56 0,31 0,72 0,50 282 A MAGNAN Arenaria interpres (L.) Calidris leucophœa (Pall. ) Machetes pugnax (L.) Tringa nebularius (Gûnn.) , — erythropus (Pall.) — totanus (L.) — ochrophus (L. ) — hypoleucus (L.) Limosa lapponica (L.) — limosa (L.) Recurvirostra avocetta (L.) XIV. COLOMBINS RAMEURS. Columha palumbus (L.) — œnas (L. ) Turtur turtur (L.) XV. Gallinacés rameurs. Tetrao urogallus (L.) (J — urogallus (L.) ç Lyrurus tetrix (L.) ^ — tetrix (L.) 9 Tetrao médius (Mey) Lagopus mutus (Martin) — lagopus (L.) — scoticus (Lath. ) Tetrastes bonasia (L.) Caccabis rufa (L.) — saxatilis (Mey et Wolf) Perdix perdix (L.) Coturnix coturnix (L.) Colinus pectoralis (Gould) Rhynchotus rufescens (Temm.) XVI. Palmipèdes nageurs rameurs Cygnus cygnus (L.) Anser f abolis (Lath.) — anser (L.) — albifrons (Scop.) Branta bernicla (L.) — leucopsis (Bechst.) Anas platyrhynch^s (L.) Spatula clypeata (L.) Dafila acuta (L.) Mareca penelope (L.) Querquedula crecca (L.) Poids du corps. Gr. 107,80 41,90 180 156 133 133 72,70 48,50 197 228 295 495 306 178 361 890 030 940 193 462,50 620 624 278 490 606,50 387 83,20 131,50 821,70 925 110 065 715 273 150 105 633 955 830 293 - e 1,03 0,86 1,08 1,09 1,03 1,07 1,22 0,93 1,15 0,98 1,05 1,13 1,23 1,10 1,05 1,06 1,11 1,06 1,13 0,71 0,89 0,97 0,95 0,82 0,67 0,89 0,71 0,88 0,66 1,22 1,08 1,17 1,11 1,10 1,10 1,06 1,10 1,06 1,01 0,94 1, 0,83 0,98 1,03 1 1 1,13 0,89 1,06 0,96 0,95 1,20 1,27 1,14 1,11 1,13 0,98 0,97 1,04 0,79 0,85 0,87 0,88 0,81 0,67 0,90 0,54 0,84 0,67 0,94 1,12 1,09 0,99 1,01 1 0,99 1,05 0,95 1 0,98 0,36 0,34 0,39 0,37 0,37 0,35 0,39 0,35 0,41 0,34 0,28 0,37 0,37 0,37 0,36 0,35 0,34 0,31 0,32 0,27 0,30 0.33 0.38 0,24 0,21 0.31 0,32 0,29 0,22 0,28 0,24 0,25 0,27 0,24 0,25 0,22 0,23 0,24 0,22 0,27 = O O -. S «« '^1 0,38 0,33 0,35 0,35 0,35 0,32 0,36 0,34 0,38 0,33 0,26 0,40 0,38 0,38 0,37 0,36 0,30 0,28 0,29 0,29 0,29 0,30 0,35 0,23 0,20 0,31 0,24 0,28 0,22 0,21 0,25 0,24 0,24 0,22 0,22 0,20 0,22 0.21 0,25 0,25 2i S 0,65 0,68 0,53 0,44 0,70 0,54 0,50 0,46 0,51 0,45 0,51 0,73 0,74 0,64 0,56 0,56 0,69 0,66 0,64 0,54 0,55 0,58 0,52 0,40 0,42 0,40 0,50 0,58 0,41 0,55 0,54 0,64 0,53 0,55 0,54 0,56 0,51 0,54 0,68 0,60 ^ ~ 0,42 0,34 0,46 0,40 0,43 0,35 0,43 0,31 0,51 0,44 0,46 0,54 0,50 0,39 0,54 0,55 0,58 0,53 0,57 0,45 0,46 0,45 0,49 0,49 0,47 0,52 0,55 0,54 0,48 0,56 0,51 0,51 0,48 0,51 0,50 0,53 0,57 0,54 0,45 0,51 LES CARACTERISTIQUES DES OISEAUX 283 Querquedula querquedula (L.) Clangula clangula (L.) Nyroca nyroca (Gûld.) — fuligula (L.) — ferina (L.) — marila (L.) Oidemia nigra (L.) — fusca (L.) XVII. Palmipèdes plongeurs rameurs. Mergus serrator (L.) — merganser (L.) — albellus (L . ) Colyinbus cristatus (L. ) , — griseigena (Bodd. ) — ruficollis (Pall . ) Gai>ia septentrionalis (L.) Gavia arctica (L. ) Alca torda (L . ) Uria troille (L.) Fratercula arctica (L.) Aile aile (L.) XVIII. ÉCHASSIERS PLONGEURS RAMEURS. Fulica atra (L.) Gallinula chloropus (L.) Porzana porzana (L.) Rallus aquaticus (L. ) XIX. Passereaux plongeurs rameurs. Alcedo ispida (L.) XX. Oiseaux coureurs ou ne volant pas. Rhea amcricana (L.) Spheniscus demersus (L.) Poids du corps. Gr. 327 622 512 741 842 675 870 1 578 818 1 470 495 790 480 180 957 1 495 780 1 010 272 91,20 578 265 69 128 36,40 10 555 2 944 kl O) 1,09 1,06 0,98 0,97 0,95 1,12 1,14 1,15 1,28 1,09 1,01 0,88 0,93 0,6 1,62 1,74 1,46 1,50 1,40 1,35 0,70 0,74 0,92 0,81 0,84 0,77 0,93 1 1,01 0,97 1 ,03 0,90 1,15 1,1 1,12 1,09 1,03 0,99 0,82 0,90 0,79 1,32 1,35 1,39 1,34 1,30 1,30 0,59 0,56 0,61 0,58 0,78 0,88 0,23 0,21 0,21 0,20 0,20 0,23 0,24 0,23 0,19 0,17 0,21 0,24 0,23 0,15 0,25 0,21 0,26 0,26 0,25 0,24 0,14 0,23 0,26 0,29 0,21 0,18 s u g ^ 3-- .«! 0,21 0,20 0,20 0,22 0,19 0,24 0,24 0,22 0,16 0,15 0,20 0,23 0,22 0,16 0,17 0,17 0,24 0,24 0,22 0,22 0,12 0,17 0,17 0,21 0,20 0,17 - iS o Z a « 0,63 0,70 0,65 0,64 0,61 0,83 0,75 0,70 0,60 0,61 0,63 0,58 0,60 0,74 0,62 0,69 0,43 0,37 0,40 0,40 0,48 0,31 0,24 0,15 0,66 « "O 0,61 0,45 0,38 0,27 0,46 abdominale du sternum. La largeur du sternum a été mesuré à cette même extrémité pour avoir des chifîres comparables. Dans la généralité des cas, cette plus grande largeur se trouve à l'extrémité abdominale du sternum : quelquefois cependant elle est située au quart ou au tiers inférieur de l'appareil sternal, comme chez les Colombinset les Gallinacés. 284 A. MAGNAN Voici les résultats moyens que j'ai obtenus : Rapaces diurnes voiliers Rapaces nocturnes ramo-planeurs . Palmipèdes voiliers Corvidés ramo-planeurs Rapaces diurnes ramo-planeurs . . . Passereaux plongeurs rameurs .... Palmipèdes nageurs rameurs — ramo-planeurs Échassiers ramo-planeurs . . . , Passereaux rameurs à vol soutenu. — ramo-planeurs Gallinacés rameurs ' Échassiers rameurs terrestres Échassiers rameurs riverains Golombins rameurs Passereaux vibrateurs Passereaux rameurs à vol peu soutenu Palmipèdes plongeurs rameurs Échassiers plongeurs rameurs , Poids du corps. Gr. 869,5 466,4 552,7 272 423,7 36,4 380 697,1 301,6 33,1 46,7 861,2 578,1 176,9 326,3 2,85 » 23,9 736,5 260 0,16 0,17 0,19 0,20 0,21 0,21 0,23 0,25 0,25 0,26 0,28 0,30 0,32 0,35 0,37 0,63 » 0,20 0,22 0.23 r^ "4; O tf " 0,15 0,15 0,18 0,21 0,19 0,20 0,22 0,23 0,23 0,24 0,28 0,28 0,30 0,34 0,38 0,63 » 0,20 0,19 0,16 0,66 0,53 0,75 0,68 0,79 0,84 1,07 0,94 0,90 0,76 0,82 0,90 1,04 1,03 1,15 1,34 » 0,62 1,24 0,79 o 0,66 0,5 0.75 0.69 0,72 0.78 1,02 0,83 0,82 0,72 0,82 0,87 1,02 0,99 1,20 1,34 » 0,61 1,13 0.58 feDM'> rt Ki 0,54 0,59 0,52 0,65 0,59 0,66 0,61 0,51 0,43 0,71 0,75 0,53 0,47 0,52 0,70 0,31 » 0,62 0,55 0,29 La largeur du sternum paraît la plus grande chez les Pas- sereaux, la plus petite chez les Palmipèdes plongeurs, sans qu'il y ait, à mon avis, d'autres indications à en tirer pour l'instant, en ce qui concerne le vol. On peut se rendre compte de l'importance du développement du sternum par l'examen de la planche XIV où ces organes sont photographiés vus de face et ramenés aux dimensions qu'ils auraient si tous les Oiseaux pesaient le même poids. Par contre, le classement que fournit l'étude du bréchet est très voisin de celui que donne le poids relatif des muscles pectoraux. Les variations de cet organe sont encore plus ty- piques si l'on étudie les rapports individuels. Leurs relations directes avec le développement des pectoraux ressort encore mieux de l'examen du graphique construit en portant sur les LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 285 "500 0,60 o,5û %00' ' ordonnées les valeurs proportionnelles des pectoraux et des bréchets correspondant à chacun des groupes d'Oiseaux (fig. 29). Nos conclusions sont donc indiscutables. Le déve- loppement du bréchet est bien lié à celui des muscles pectoraux. Alix (7) pensait avec Guvier que les Oiseaux de proie diurnes ont le sternum grand avec une crête saillante, tout comme les Rapaces nocturnes d'ailleurs. C'est le con- traire qui est vrai. Un bré- chet peu élevé et un sternum peu long cor- respond en t toujours à des ailes longues et de grande sur- face. L'espèce o^o à laquelle ils appartiennent vole à voile ou donne des coups d'ailes lents : Rapaces et Palmipèdes voiliers, Rapa- ces nocturnes ramo-planeurs. Un bréchet assez élevé avec un ster- num plus long indique l'existence chez l'Oiseau d'ailes de surface assez grande ou moyenne. L'individu possesseur d'un tel système osseux bat des ailes avec une fréquence relative : Rapaces diurnes, Échassiers et Corvidés ramo- planeurs. Enfin, un bréchet très élevé et un sternum long accompagnent toujours des ailes de surface petite ou moyenne. L'animal, qui en est pourvu, vole à l'aide de battements rapides ou très rapides : Passereaux ramo-planeurs et ra- o.3o ,2o' 0,10 ioo — o — ' Fig. 29. — Courbes de la variation du poids relatif des muscles pectoraux et de la hauteur relative du bréchet suivant le mode de vol. Muscles pectoraux. Bréchet. 286 A. MAGNAN meurs, Gallinacés, Golombins, Échassiers, Passereaux vibra- teurs chez lesquels la hauteur du bréchet est la plus grande, alors qu'elle est presque la plus réduite chez les Troglodytes, qui ne volent qu'exceptionnellement. L'étude précédente s'applique aux Oiseaux carinatés, c'est-à-dire capables de s'enlever et de voler bien ou mal. Les Oiseaux, qui sont dans l'impossibilité de quitter le sol et qui ont perdu la faculté de voler, comme les Autruches, n'ont pas de bréchet à leur ster- num. De plus, leurs muscles pectoraux sont très atrophiés. Ainsi, j'ai trouvé pour ceux-ci un poids relatif de 5,7, chez le Nandou. Par contre, le poids relatif des muscles pectoraux est de 95,1 chez le Pingouin du Cap, dont les ailes sont très réduites et se sont transformées en palettes natatoires; il se révèle donc presque aussi élevé que chez certains bons vola- teurs. Mais ces ailes atrophiées battent constamment dans l'eau pendant les plongées pour assurer la progression de l'ani- mal, et il en résulte un effort assez considérable. C'est pour cette raison que les pectoraux de cet Oiseau sont assez volumineux» La puissance relative des moteurs aviaires ainsi que leur forme générale ressort avec netteté de l'examen des planches XII et XIII, qui renferment les sternums et bréchets types des divers groupes d'Oiseaux ramenés au poids de 1 gramme et grossis trois fois. J'ajouterai que les résultats restent les mêmes, que l'on compare la hauteur du bréchet à la racine cubique du poids de l'animal ou à la longueur G. G. qui sépare l'articulation de l'épaule de celle de la hanche. Ce dernier rapport, établi par moi pour la première fois, présente un véritable intérêt, car il permet de définir le genre de vol d'Oiseaux dont on ne possède pas le poids, mais seule- ment le squelette. En divisant l'envergure osseuse et les di- mensions du bréchet par la distance qui sépare la cavité glénoïde de la cavité cotyloïde, on trouve des chiffres grâce auxquels il devient possible de connaître, en effet, le mode de vol des individus ayant vécu au cours des diverses périodes géologiques. Alix (1) avait cru pouvoir affirmer que l'os coracoïdien présente une grande longueur chez les Palmipèdes totipalmes, chez la Frégate, en particulier, sa longueur suppléant à la LES CARACTERISTIQUES DES OISEALX 287 brièveté du sternum et augmentant retendue de la surface d'insertion du grand pectoral. Sa longueur serait encore re- marquable chez les Manchots, les Cigognes, les Hérons, les Gallinacés, les Golombidés et les Rapaces. Voici les rapports moyens que j'ai trouvés en comparant la longueur réelle de l'os coracoïdien à la racine cubique du poids. Échassiers rameurs riverains. . Passereaux vibrateurs Échassiers plongeurs rameurs. Échassiers rameurs terrestres. Palmipèdes plongeurs rameurs. Colombins rameurs Palmipèdes ramo -planeurs. . . Palmipèdes voiliers Rapaces diurnes ramo -planeurs Rapaces diurnes voiliers Palmipèdes nageurs rameurs. . Longueu r relative de 1 os cora- Cfïdien . 0,40 . 0,42 0,42 0,4 4 0,45 0,47 0,48 0,48 0,49 0,50 0,51 Largeur relative de l'os cora coïdien Gallinacés rameurs 0,51 Rapaces nocturnes ramo-pla- neurs 0,52 Corvidés ranio-planeurs 0,52 Passereaux ramo -planeurs. . . . 0,52 Échassiers ramo-planeurs 0,54 Passereaux rameurs à vol sou- tenu 0,59 Passereaux rameurs à vol peu soutenu 0,59 Passereaux plongeurs rameurs. 0,61 Ces résultats basés sur des mesures précises sont presque à l'inverse de ceux fournis par Alix et fondés sur l'observation simple. Ce sont les Passereaux qui ont proportionnellement l'os coracoïdien le plus long, ce qui accroît les surfaces d'inser- tion et par conséquent la longueur des muscles pectoraux chez ces animaux, alors que les Oiseaux d'eau, au contraire, sont dans l'ensemble parmi ceux qui ont relativement l'os le plus court. Or il est bon de rappeler que ces groupes se révèlent comme possédant le sternum le plus long. CHAPITRE IX La forme du corps. La largeur et la hauteur maxima du corps. Le maître -couple. Sa forme et sa position suivant les groupes d'Oiseaux. Le centre de gravité. Technique de sa détermination. Sa position suivant les divers types. Si les caractéristiques des Oiseaux sont intimement liées à la manière dont ces animaux se déplacent dans les airs, la forme de leur corps est de même le résultat d'une adaptation à la locomotion aérienne. Fabrice d'Acquapendent (22) avait signalé que l'en- semble du corps de TOiseau afîecte une forme pyramidale bien disposée pour fendre Tair et que, pour mieux concourir à ce but, les pattes viennent se placer sous le ventre. Alix {1) de son côté, sans apporter de précision d'ailleurs, avait remarqué que le tronc de l'Oiseau afîecte la forme d'un ovoïde avec le gros bout tourné en avant. C'est là une propo- sition exacte si l'on considère la masse seule des régions thora- ciques et lombo-sacrées, comme j'ai pu le montrer de façon évidente par l'étude du maître-couple de cette partie du corps de l'Oiseau. Cette étude n'a pas fait l'objet de recherches précises. Seul Cousin {18), sans avoir déterminé expérimentalement la forme du maître-couple, a dit que celui-ci serait, selon lui, le plan passant par les épaules et le bord antérieur de l'arête sternale ou bréchet, dont la forme serait sensiblement celle d'un triangle curviligne. Ce plan serait incliné de haut en bas et d'avant en arrière sur l'horizon, de façon à se présenter à l'air sous une ligne fuyante. Cette inchnaison varierait for- cément suivant les espèces et leur donnerait leur aptitude à la vitesse. Amans, en 1888, dans un travail intéressant par ses con- ceptions nouvelles, avait étudié quelques formes typiques de Poissons. Ses recherches l'avaient amené, entre autres, à mettre LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 289 en évidence le renflement antérieur du corps du Poisson et à en décrire le maître-couple. On a souvent songé à caractériser la forme du Poisson par celle d'un ovoïde dont le gros bout serait en avant. Le maître-couple, par conséquent la plus grande section transversale, apparaîtrait dans ce cas comme un cercle qui se projetterait sur le plan vertical selon une droite perpendiculaire à Taxe du corps. Mais, comme Ta montré G. Wehyer (89), sur le Brochet, le corps du Poisson est aplati à l'avant dorso-ventralement, c'est-à-dire dans le plan horizontal. A l'arrière, il est aplati en sens inverse, c'est-à-dire latéralement, dans le plan ver- tical. Dans ces conditions, l'ovoïde de révolution qu'est le corps du Poisson ainsi inversé aura un maître-couple qui ne sera plus un cercle, mais une courbe compliquée. Projeté sur le plan vertical, ce maître-couple figurera une courbe para- bolique dont le sommet se trouvera du côté de la tête, donc du gros bout, parce que l'inversion a amené les parties laté- rales postérieures en avant. Projeté sur le plan horizontal, il se montrera sous l'aspect d'une courbe parabolique dont le sommet sera situé du côté de la queue, donc de la partie effiléC; sur les lignes dorsale et ventrale, parce que l'inVersion a amené aussi les parties dorsale et ventrale antérieures en arrière. Il m'a paru utile de bien préciser cette question. C'est pour- quoi je me suis livré d'abord, chez les Poissons, puis chez les Oiseaux, à une étude approfondie du maître-couple, dont j'ai recherché sur de nombreuses espèces la forme, la position et les dimensions, en m'en tenant en particulier à la projection sur les plans vertical et horizontal. Celle-ci est la ligne qui se projette sur le corps de l'animal, dans le premier cas, lors- qu'il est couché sur le côté, dans le second lorsqu'il est placé, par exemple, sur le dos. Pour déterminer exactement le maître-couple de mes sujets d'expérience, j'ai fait construire une série d'appareils analogues à ceux qu'a utilisés Houssay (57), mais de grandeurs diffé- rentes de façon à rendre les manœuvres plus [faciles. Chaque appareil se compose d'un plateau de bois sur lequel sont fixées deux tiges de cuivre graduées en millimètres. Ces deux tiges possèdent des anneaux pouvant glisser facilement de haut en 290 A. MAGNAN bas, et réciproquement, et auxquels sont attachées les extré- mités d'un fil de nickel que l'on maintient très tendu à l'aide de vis. Enfin, au milieu de la planche, se trouve rapportée une planchette munie d'un repère et qui peut glisser d'avant en arrière le long d'une règle graduée (fig. 30). Pour déterminer le maître-couple sur le corps de l'animal, je place ce dernier couché, sur le côté par exemple, sur la planchette, de façon à ce que son grand axe soit parallèle à la hgne qui joint les pieds des tiges de cuivre, son bord ven- tral se trouvant à la hauteur de cette ligne. Gomme le plan de symétrie du corps se trouve penché vers le bord ventral et vers la queue, je soulève l'abdomen et la région caudale, et je maintiens le corps à l'aide de plaques de liège de manière à ce que son plan de symétrie soit bien horizontal. Je déplace alors mes anneaux jusqu'à ce que, ceux-ci mis sur deux divisions correspondantes des tiges, le fil vienne toucher en un point la ligne ventrale de l'animal. J'ai ainsi le point ventral du maître-couple, que je marque avec une épingle. Je note la hauteur du fil et la division qui est en regard du repère de la planchette. Je relève le fil. Je pousse ensuite la planchette mobile ; une autre tranche du corps arrive dans le plan pas- sant par les tiges de cuivre ; de nouveau, je descends mon fil de nickel et j'obtiens un deuxième contact sur lequel j'enfonce une seconde épingle. Je note à nouveau la hauteur du fil et la division où se trouve le repère. Je recommence l'opération jusqu'à ce que j'arrive à la ligne dorsale du corps. Toutes mes épingles dessinent sur le corps une ligne qui re- présente le maître-couple, en même temps que mes gradua- tions me donnent tous les éléments pour obtenir le contour apparent de ce maître-couple. Pour les Oiseaux, on obtient les mêmes résultats, que l'animal soit intact ou déplumé, mais il est plus commode d'opérer avec des individus privés des plumes du corps, si l'on veut fixer les rapports du maître-couple avec les autres parties de ^organisme. J'ai ainsi montré que, chez les Poissons qui sont rapides comme le Saumon, la courbe, formée par le maître-couple projeté sur le plan vertical, est régulière. Son sommet est situé LKS CARACTERISTIOIES DES OISKAUX 291 presque sur Taxe du corps et ses branches, très écartées, font entre elles un angle de 130o. Par contre, chez les Poissons très rapides ou chez ceux qui sont très lents, la forme du maître-couple, tout en conservant l'allure générale indiquée ci-dessus, est modifiée. Les Poissons très rapides, comme le Fig. 30. — Ap|)areil pour la délp-nriinalion du niailre-couple. Requin, le Brochet, ont un maître-couple très allongé. Le sommet de la courbe voisin de Taxe du corps donne nais- sance à deux branches qui fuient vers l'arrière. Au contraire, les Poissons lents, comme le Grondin, ont un maître-couple dont la courbe est peu accentuée. Dans son ensemble, celle-ci forme presque une droite perpendiculaire à l'axe du corps. J'ai établi aussi que la plus grande hauteur du corps du Poisson se trouve à l'endroit où les branches de la courbe formée par le maître-couple rencontrent les lignes dorsale et ventrale et la plus grande épaisseur au sommet de la même courbe, ce qui est logique étant donnée l'inversion signalée plus 'haut ; mais, et c'est là un point nouveau et important, cette plus 292 A. MAGNAN grande hauteur est très voisine du milieu du corps chez les Poissons rapides comme le Requin, la Truite, le Brochet, si bien que j'ai été amené à considérer le corps de ces animaux comme grossièrement formé d'un cône allongé, la moitié pos- térieure du corps, et d'une calotte sphérique, la tête, séparés par un tronc de cône à grande base postérieure. C'est la forme de moindre résistance à l'avancement dans l'eau pour les grandes vitesses. Par contre, à mesure que le maître-couple se rapproche de la tête, la rapidité du Poisson diminue en même temps que sa forme le rend moins bon nageur. L'ovoïde de révolution constitué par une calotte sphérique, la tête, sur- montée à sa base d'un cône de révolution, correspond donc à une forme assez défectueuse de Poisson. En effet, lorsque le maître-couple est très près de la tête de l'animal, on a toujours affaire à des espèces vivant plutôt dans les bas-fonds et qui, sans être immobiles, sont susceptibles de rester assez long- temps tranquilles. Le maître-couple des Oiseaux possède une forme qui rap- pelle étrangement celle qu'il a chez les Poissons. On constate, dans l'une comme dans l'autre classe de Vertébrés, une inver- sion du corps, c'est-à-dire une compression en avant dans le plan horizontal et une compression en arrière dans le plan ver- tical. Le maître-couple des Oiseaux projeté sur le plan vertical ou sur le plan horizontal a donc aussi la forme d'une courbe parabolique. Si l'animal est couché sur le côté, le sommet de la courbe est placé du côté de la tête, à l'endroit de la plus grande largeur du corps qui correspond toujours à la partie moyenne de l'articulation de l'épaule; il est sur l'axe du corps, c'est-à- dire sur la droite qui joint le bec à la queue. Le plan hori- zontal qui. passe par cet axe divise le corps en deux parties fort inégales. La partie ventrale est de beaucoup la plus im- portante ; aussi la branche du maître-couple qui lui appartient est-elle la plus longue. Lorsque l'Oiseau est couché sur le dos, le sommet de la courbe est, au contraire, situé sur la ligne ven- trale du côté de la queue, et les deux branches sont égales. La forme et, par conséquent, la position de ce maître- couple varient aussi avec le mode de vol. Sa projection sur le plan horizontal est une courbe parabohque dont les branches LES CARACTEKISTIQUES DES OISEAUX 293 sont très écartées et dont le sommet est très en avant du corps proprement dit chez les voiliers et les ramo-planeurs. En ce qui concerne les rameurs, cette projection présente une forme allongée. Les branches qui naissent près des articula- tions de Fé- paule fuient vers l'arrière en faisant un angle aigu et se rejoignent sur la ligne ventrale, vers le milieu du corps, à peine en avant du milieu des ailes. La pointe ventrale du maître-couple est donc en avant du corps pour les Oiseaux à faible moteur qui sont en général à vitesse réduite et beaucoup plus en arrière pour ceux munis d'un gros moteur dont le vol est rapide dans l'ensemble (fig. 31). Voici d'ailleurs pour quelques espèces les distances relatives qui séparent la pointe ventrale du maître-couple de la ligne passant par le bord antérieur des ailes et que j'ai obtenues en divisant les distances réelles par la racine cubique du poids : Fig. 31. — Forme et position du maître- couple. 1. Canard sauvage, Anas platyrhynckus (h.) (Palmipède nageur) - 2. Buse commune, Buteo buteo (L.) (Rapace diurne voilier. Maître-couple. Buteo buteo (L.) 0,40 Accipiter gentilis (L.) 0,45 Larus ridibundus (L.) 0,50 Bubo bubo (L.) 0,50 Aiiser anser (L.) 0,65 Perdix perdix (L.) 0,80 Uriatroille (L.) 0,80 Anas platyrhynchus L 0,85 On voit que cette pointe ventrale du maître-couple est beaucoup plus éloignée chez les rameurs que chez les voiliers,, comme le montrent très nettement les planches IV et V. J'ai cherché à connaître aussi les hauteurs et largeurs maxima du corps privé de plumes, dimensions qui sont situées aux sommets de la courbe du maître-couple. Les longueurs que j'ai trouvées ont été déterminées rigoureuse- ment avec un compas d'épaisseur. Je les ai rapportées à la racine cubique du poids. Voir les tableaux suivants : 294 A. MAGNAN I. Rapaces diurnes voiliers. GypaHus barbatus grandis (Storr.) Hiera'Hus fasciatus (Vieill.) Buteo huteo (L.) Pernis npivorus (L.) Circus cyaneus (L.) — pygargus (L.) — macrurus (Gmel.) Mile us niilvus (L.) II. R APACESDI URNES RAM 0-PLANEURS Accipiter gentilis (L.) — nisus (L.) Falco peregrinus (Tunsi.) — tinnunculus (L . ) — columbarius regulus (Pall.) . . . . — subbuteo (L.) III. Rapaces nocturnes RAMO-PLANEURS. Bubo bubo (L.) Asio flammeus (Ponl. Otus scops (L.) Tyto alba (L.) IV. ÉCHASSIERS RAMO-PLANEURS. Ardea cinerea (L.) Nycticorax nycticorax (L. Platalea leucorodia (L.). Megalornis grus (L.) . . . . V. Palmipèdes voiliers. Sula bassana (L.). Larus marinus (L. VI. Palmipèdes ramo-planeurs. Larus argentatus (Pont.) Rissa tridactyla (L.) Larus ridibundus (L.) VII. Corvidés ramo-pl\neurs. Corvus. cornix (L.) Trypanocorax frugilegus (L.).. . . '. . Coiœus monedulaspermologus{Vie'ûl. Graculus graculus (L.) Garrulus glandarius (L.) Upupa epops (L.) Poids du corps. 385 060 027 615 471,50 236,50 386 927 708 221 813 172 145 165 1 720 390 49,75 279 1 408 512 1 565 4 175 2 690 1 915 1 189 488 261 633 470 253 223 lao 91 Largeur relative maxinia du corps. 1,19 1,02 1,14 1,10 1,18 1,16 1,09 1,23 0,95 1,07 1,05 0,94 1.02 1,13 1,16 1,30 1,08 1,14 0,95 0,87 1,03 1,05 1,07 1,04 0,89 0,84 0,95 1,01 1,09 0,94 1,03 0,88 0,97 Hauteur relative maxima du corps. 0,88 0,79 0,82 0,88 0,79 1 0.75 0,92 0,73 0,75 0,84 0,86 0,81 0,78 0,87 1,02 0,89 0,82 1,04 1 0,97 0,99 0,64 0,87 0,84 0,85 0,87 0.90 0,86 0,87 0,95 0,90 n 88 Rapport de la largeur à la hauteur du corps. 1,35 1,30 1,39 1,25 1,48 1,16 1,45 1,33 1,26 1,41 1,25 1,14 1,25 1,44 1,30 1.26 1,21 1,38 0,90 0,86 1,06 1,06 1,66 1,20 1,05 0,99 1,09 1,11 1,26 1,09 1,08 0,97 1,09 LE? CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 2o:j VIII. Passereaux ramo-planeurs. Caprimulgus européens l L. ) A pus apus (L.) Chelidon rustica (L.) IX. Passereaux rameurs A VOL SOUTENU. Muscicapa striata (Pall.) Ficedula hypolcuca (Pall.) Alauda orvensis (L. ) Anthus pralensis (L) Motacilla alla (L.) — jlava (L.) Lanius excubitor (L.) — collurio (L.) Erythacus rubecula (L. i Phœnicurus ochrurus gibraltariensis (Gm.) Pratincola rubetra (L) Phylloscopus bonellii (Vieill.) — rujus (Bechst.) Oriolus oriolus (L.) Monticola solitarius (L.) — saxatilis (L.) Turdus merula (L.) — naumanni (Temm . ) — musicus (L.) — iliacus (L.) Sturnus vulgaris (L) Loxia curvirostra (L. ) Fringilla montifringilla (L.) Passer dornestica (L.) Petronia pctronia (L.) Carduelis carduelis (L.) Embcriza citrinella (L.) — cirlus (L.) — hortulana (L.) — cia (L.) — schœniclus (L. i Régulas regulus (L.) X. Passereaux rameurs A VOL PEU soutenu. Cyanecula suesica cyanecula (Woir.) Sylvia alricapilla (L.) — co/nmunis (Latll. j Acrocephalus cirpaceus fHerm.;.. — schœnobœnus (L.) Parus cristatus tnitratus [Brehm. . Gecinus viridis (L.) Dryobates major pinetorum (Br.).. Poids du corps 92 36,20 18,35 14,35 12,50 28,30 18 22 16,50 50,50 30,95 17,75 16,95 13,05 7,65 5,25 72 62,80 47,50 91,50 76,20 70,30 56 79,50 47,60 25,10 30 25 16,65 25 23,10 33 21,40 20 3,80 14,30 16,25 18,65 12,80 10,40 10,20 156 73 Largeur Hauteur Rapport de la relative relative largeur mjixiina maxinia à la hauteur du corps. du corps. du corps. 1,05 0,98 1,07 1,01 0,90 1,12 0,98 0,90 1,08 0,90 0,97 0,95 0,99 0,99 1 0,98 0,95 1,03 0,76 0,88 0,86 0,89 0,89 1 0,78 0,82 0,95 0,86 0,92 0,94 0,92 0,83 1,11 0,94 0,84 1,11 0,97 0,85 1,13 1,02 0,85 1,20 1,05 0,96 1,08 1,01 0,86 1,16 1,08 0,90 1,18 0,95 0,80 1,18 0,91 0,85 1,06 0,95 0,80 1,19 0,85 0,89 0,94 0,89 0,89 1 0,96 0,96 1 0,81 0,76 1,06 0,96 0,99 0,97 0,84 0,84 1 0,96 0,87 1,11 0,85 0,93 0,91 0,98 0,98 1 0,92 0,92 1 0,90 0,94 0,96 0,78 0,85 0,90 0,85 0,93 0,91 0,81 0,95 0,86 0,96 0,89 1,07 0,78 0,90 0,85 0,86 0,79 1,12 0,90 0,79 1,14 0,90 0,81 1,10 0,89 0,85 1,05 1,01 0,87 1,15 0,96 0,83 1,15 1,07 0,91 1,18 ANN. DES se. ZOOL., l()e série. V, 20 296 A. MAGNAN Jynx torquilla. (L. ) Sitta europsea cœsia (Wolf. Troglodytes troglodytes (L.). XI. ÉCHASSIERS RAMEURS TERRESTRES. 'Otis tetrax (L.) . . . . Burhinus œdicnemus (L.). Charadrius apricarius (L.) — niorinellus (L. )■ Crex crex (L.) XII. ÉCIIASSIERS RAMEURS RIVERAINS. Numenius arquatus (L.).. Ch aradr ius h iat icula ( L . ) ■ Squatarola squaLarola (L.) Canutus canutus (L.) Arenaria interpres (L.) . . . Calidris leucophœa (Pall.) Tringa nebularius (Gunn. — erythropus (Pall.). — totanus (L.) — ochrophus (L.) . . . . — hypolcucus (L.) . . . XIII. COLOMBINS RAMEURS. Tuiiur turlur fL.) Poids du corps. Gr. XIV. Gallinacés rameurs. Tctrao urogallus (L.) 1 Lyrurus tetrix (L.) ! 1 Tetrao médius (Mey . ) . . j 1 Lagopus mutus (Mart.) ! Tetrastes bonasia (L.) Caccabis rufa (L.) — saxatiUs (Mey. et W.) Perdix perdix (L.) Cotiirnix coturnix (L.) XV. Palmipèdes nageurs rameurs. Cygnus cygnus (L.) Anser anser (L.) Allas platyrliytichus (L.), Dafila ncula (L.) Querquedida créera (L.) . . Mareca penelope (L.). . . , Nyroca fuligula (L.) .... 37,30 21,10 10,10 830 .522 178 90 15.5 768 62,20 216 88 107,80 41,90 156 133 133 72,70 48,50 178 890 030 193 462,50 278 490 606,50 387 83,20 5 925 3 '065 l'l05 955 293 830 741 Largc-iif relative niaxima du corps. 0,95 0,90 0,85 1,01 0,86 0,96 0,95 0,70 0.88 0.85 1 0,94 0,94 0,83 0,92 0,92 0,92 0,91 0.82 0,80 0,82 0,84 0,91 0,83 0,90 0,82 0,88 0,83 0,84 0.88 0,78 0,91 0,86 0,97 0,94 0,92 Hauteur relative maxima du corps. 0,85 0,79 0,73 0,97 0,88 1 1,02 1,02 0,93 0,93 1,01 1,03 0,82 0,92 0,98 0,96 0,92 0,89 0,96 0,83 0,88 1,04 0,97 0,94 0,96 0,82 1 0,89 0,% 0,89 0,86 0,73 0,86 0,90 0,82 0,77 Rapport de la largeur à la hauteur du corps. 1,11 1,13 1,17 1,03 0,99 0,96 0,93 0,70 0,95 0,89 0,98 0,91 1,15 0,90- 0,94 0,95 1 1,03 0,83 0,95 0,92 0,80 0,94 0,88 0,93 1 0,88 0,93 0,88 0,99 0,91 1.25 1 1,08 1,15 1,20 LES CARACTÉRISTIQUES DES OISEAL'X 297 Poiiis (iu corps. Largeur relative luaxima du corps. X\'I. Palmipèdes plongeurs RAMEURS. Alergus })ier ganser (L.) 1 470 - _ albellus (L.) 495 Colytnbus cristatus (L.) 790 - ruftcollis (Pall.) : 180 Gavia septentrionalis (L.) , 957 Uria troille (L.) j 1 010 XVII. Passereaux plongeurs RAMEURS. I A l cedo isp ida . ( L . ) . 36.40 1 1,05 0,81 0,63 1,02 0,83 0,90 Hauteur relative maxima lu corps. Rapport de la larg.'ur à la hauteur du corps 0.74 0,81 0,81 0.70 0,71 0.83 0,81 1,35 1,30 1 0,90 1,41 1 1,11 L'examen de ces tableaux permet déjà de se rendre compte que les Rapaces ont un corps large, mais, comme la lecture de tous les chiffres qu'ils contiennent est fastidieuse, j'em- ploierai encore la méthode des moyennes pour rendre les résultats plus apparents: Rapaces nocturnes ramo-planeurs.. — diurnes voiliers Palmipèdes voiliers Rapaces diurnes ramo-planeurs . . . Passereaux ramo-planeurs Corvidés ramo-planeurs Échassiers ramo-planeurs I Passereaux rameurs à vol souLeiiu. — rameurs à vol pou soutenu. I Passereaux plongeurs rameurs \ Échassiers rameurs riverains j Palmipèdes ramo-planem's t — nageurs rameurs — plongeurs rameurs Échassiers rameurs terrestres Gallinacés rameurs Colombins rameurs Largeur relative iiiaxiina du corps. 1.17 1,13 1,05 1,02 1,01 0,98 0.97 0,91 0,91 0,90 0,90 0,89 0,89 0,89 0,89 0,85 0,80 Hauteur relative maxima du corps. 0,90 0,85 0,75 0,79 0,92 0,89 1 0,89 0,82 0,81 0,92 0,85 0,83 0,76 0,97 0,94 0,83 Rapport de la largeur il la hauteur du corps. 1,28 1,33 1,43 1,29 1,09 1,10 0,97 1,02 1,10 1,11 0,95 1,04 1,08 1,16 0,92 0,90 0,95 Nous voyons que les Rapaces ont tous une grande largeur relative de corps et que celle-ci est la plus petite chez les 298 A. MAGNAN Golombins, les Gallinacés et les Oiseaux nageurs et plongeurs. Par contre, les Palmipèdes voiliers comme les Fous de Bassan possèdent la plus petite hauteur relative de corps ; chez les autres Palmipèdes, celle-ci est un peu plus grande; elle est la plus élevée chez les Échassiers. L'examen du rapport de la largeur du corps à la hauteur du corps donne des résultats intéressants. Lorsque ce rapport est supérieur à 1, cela signifie que la largeur est supérieure à la hauteur. Quand il est inférieur à 1, c'est le contraire qui a lieu. Il résulte de notre étude que les Oiseaux terrestres voiliers et ramo-planeurs, qui possèdent un rapport plus grand que 1, ont un corps aplati dans le plan horizontal. Il en est de même en ce qui concerne les Oiseaux vraiment aquatiques comme les Palmipèdes voiliers, les Canards, les Plongeurs. Par contre, le rapport est inférieur à 1 chez les Golombins, Gallinacés, Échassiers. Or il est à remarquer que ces Oiseaux sont à gros muscles pectoraux et à bréchet élevé. C'est là la raison du développement du corps en hauteur. Chez les Palmipèdes rameurs, l'aplatisse- ment du corps dans le plan horizontal est dû, malgré l'im- portance des muscles pectoraux, à l'action de l'eau qui a allongé ces muscles et diminué de ce fait leur hauteur. Ces résultats sont très apparents sur la figure 32. Si l'on examine maintenant la forme générale du corps de l'Oiseau, on peut dire que, d'une manière très évidente, celle-ci copie la forme du Poisson. Le corps, ainsi que l'aile, montre, en effet, un gros bout à l'avant et une partie effilée à l'arrière, et cette conformation est particulièrement nette chez tous les Rapaces et Passereaux garnis de leurs plumes ; elle est moins frappante, bien qu'évidente encore, chez les autres Oiseaux à cause de l'allongement du cou. Cousin (18) a constaté que les Oiseaux qui vivent dans les plus grands courants d'air, les Oiseaux marins par exemple, ont le cou plus long, tandis que les Oiseaux terrestres, qui volent dans les vents plus faibles, ont le cou plus court. Il conclut que l'allongement du cône antérieur n'a donc pas pour résultat d'augmenter les résistances, comme on serait tenté de le croire, mais au contraire de les diminuer. LES CARACTÉinSTIQl KS DES OISEAUX 200 Comparant la structure des divers Oiseaux au point de vue de la forme de leur cône de pénétration, il les classe en deux catégories : les Oiseaux à cou court et les Oiseaux à long cou. Mais il remarque aussi que les Oiseaux à cou court ont propor- tionnellement une tête plus grosse que les Oiseaux à long cou, et enfin que les Oiseaux à cou court et à grosse tête sont les Oiseaux les moins rapides et généralement des rameurs, tan- dis que les Oiseaux à long cou et à tête plus effilée ont plus de vitesse et sont des voiliers. Il résulte de ces faits, selon lui : l^ Qu'il semble y avoir un rapport inverse entre la gros- seur de la tête et la longueur du cou ; 2^ Qu'il existe un rapport direct entre la longueur du cou et le diamètre transverse du corps, c'est-à-dire le maître- couple ; 3^ Et par conséquent, qu'il existe un rapport direct entre la grosseur de la tête et le diamètre du corps. C'est d'ailleurs une affirmation gratuite que de dire que les Oiseaux à cou long et à tête effilée sont les plus rapides et sont des voiliers. Si cela est vrai pour les Palmipèdes voiliers comme l'Alba- tros, cela n'est plus exact si l'on considère certains plongeurs comme la Poule d'eau, le Râle d'eau dont le cou est aussi développé que celui de l'Albatros. D'un autre côté, certains Oiseaux comme les Faucons, les Martinets, qui ont une grosse tête et un cou court, sont très rapides. En vérité, le rapport de la longueur du cou à la racine cu- bique du poids du corps varie de 1,5 à 2,2 pour les Oiseauv terrestres qui ont pour ainsi dire tous une grosse tête, alor^ qu'il est supérieur à 3 et dépasse même 4 pour les Oiseaux aquatiques. Ainsi la partie de l'Oiseau située en avant des ailes est égale au tiers ou au quart au plus de la longueur totale de l'animal chez les espèces volant au-dessus des terres, à la moitié et quelquefois même à plus de la moitié de cette longueur chez les espèces aquatiques ou riveraines. L'allonge ment que l'on observe chez ces dernières et qui est la consé- quence uniquement d'une adaptation non à un genre de voU 300 A. MAGNAN mais à un genre de vie particulier, a eu pour résultat de modifier légèrement la forme générale du corps dont le gros bout s'est allongé et est devenu conique. La position du centre de gravité chez les Oiseaux a fait l'objet de nombreuses publications, dont beaucoup d'ailleurs ne sont pas basées sur des recherches expérimentales. BoRELLi [12) a fait observer que, puisque les Oiseaux volent ventre prono^ le centre de gravité se trouve nécessairement dans la partie inférieure de la poitrine et du ventre. Il ajoute ensuite que, puisque l'Oiseau est suspendu par ses ailes, le centre de gravité doit se trouver dans la partie inférieure de la poitrine, au-dessous des attaches des ailes, et sur une ligne droite perpendiculaire à l'horizon et à la longueur de l'animal. Il a fait l'expérience suivante : après avoir déplumé un Oiseau, il l'a posé sur le tranchant d'un couteau et a cherché la position dans laquelle l'Oiseau reste en équilibre. Il trouve ainsi que le centre de gravité est sur une hgne droite perpen- diculaire à la longueur de l'animal et menée des attaches des ailes à la ligne médio-sternale. C'est, dit-il, dans cette po- sition que l'Oiseau dort perché, le ventre appuyé sur une branche. Alix (7) croit que les raisonnements de Borelli sont assez justes, mais que son expérience laisse beaucoup à désirer. Le fait seul de la mort amène déjà un grand changement aux conditions que l'on rencontre pendant la vie, et l'enlèvement des plumes vient encore les modifier. On ne saurait donc tirer de cette expérience quelque chose d'exact et de rigoureux, ajoute-t-il. Il a semblé à Alix que l'on pouvait arriver approximati- vement à cette détermination en prenant en considération le poids des muscles pectoraux et celui des viscères thoraciques et abdominaux. « Les muscles grands pectoraux sont situés sous le sternum par leurs deux tiers postérieurs et au devant de lui par leur position claviculaire. La plus grande partie de leur m.asse est formée par cette portion claviculaire et par celle qui occupe la moitié antérieure du sternum. « Le cœur correspond à la moitié antérieure du sternum. LKS CARACTÉRISTIQUES DES OISEAUX 301 Le poids des ailes ne peut porter que sur la partie antérieure de l'ovoïde. « Voilà des poids qui tendent à porter le centre de gravité en avant. Ils sont eontre-balancés par le foie, qui appuie sur la moitié postérieure du sternum, par le gésier placé auprès du foie, par les intestins, par les testicules ou les ovaires et par les reins. « Chez les Oiseaux Rapaces, qui ont des muscles pectoraux plus volumineux et des intestins plus courts, le centre de gra- vité sera nécessairement placé plus en avant; chez d'autre?, comme les Gallinacés par exemple, qui ont des pectoraux moins puissants et des intestins plus longs, le centre de gra- vité sera plus en arrière ; une inégalité entre la masse anté- rieure formée par la tête et le cou et la masse postérieure formée par les membres abdominaux et la queue amènera les mêmes résultats. Chez ceux qui ont un long sternum comme les Cygnes, le centre de gravité est aussi placé un peu plus en arrière ; chez les Frégates au contraire, où le sternum est très court, le centre de gravité se trouve placé plus en avant. « Ainsi, le centre de gravité n'occupe pas la même place dans toutes les espèces d'Oiseaux. Il peut, en outre, varier chez un même Oiseau, ainsi que Borelli et Barthez l'ont démontré. » Toutes ces considérations sont, en grande partie, en contradiction avec les faits. C'est ainsi que, d'après Aux, les Gallinacés auraient des muscles pectoraux moins puis- sants que les Rapaces, ce qui est contraire à la réalité. MouiLLARD {71) lui-même s'est préoccupé de la question du centre de gravité et en particulier de ses déplacements. Il a affirmé en outre que : « Quand l'Oiseau a disposé sa voilure de manière à avoir un équilibre pratique, si un besoin quel- conque l'oblige à monter brusquement, il n'emploie pas sa queue, surtout si elle est faible, parce qu'elle n'aurait pas une action suffisante, mais il étend les ailes en avant. Le centre de gravité et le centre de figure sont énergiquement portés en arrière; l'ascension et le relèvement sont donc forcés. Si, au contraire, il porte les pointes en arrière, le centre de gravité, 302 A. MAGNAN porté en avant, sollicite la chute. » C'est encore inexact, car la fait de porter les ailes en avant avance le centre de gravité au lieu de le reculer ; de même le report en arrière des pointes de Faile recule le centre de gravité au lieu de Tavancer. Cousin (i^) a donné comme un fait indiscutable la position du centre de gravité à la partie supérieure du plan vertical de rOiseau. « Si nous considérons maintenant le plan horizontal pas- sant par l'axe antéro-postérieur dans lequel est située la masse osseuse et musculaire supérieure, nous voyons que c'est au niveau des épaules, où s'est réunie la plus grande masse musculaire, que doit se trouver le centre de gravité. « Nous arrivons donc à cette conclusion que le centre de gravité se trouve à la partie supérieure du plan vertical pas- sant par le maître-couple de l'Oiseau, plan qui, nous l'avons vu dans l'étude des veines fluides, passe par le diamètre biacro- mial et l'extrémité inférieure du sternum. Le centre de gra- vité est donc situé entre les deux épaules. Nous l'avons dé- montré par l'expérience suivante : « Une Mouette est traversée à l'aide d'une fine tige d'acier suivant son grand axe antéro-postérieur (la tige pénétrant par le bec sort par le cloaque). Dans ces conditions, l'Oiseau se trouve en équilibre indifférent autour de cet axe. Par suite de l'asymétrie des deux parties, la dorsale très petite, la ven- trale plus considérable, il est évident que la partie supérieure est plus lourde que l'inférieure. Il faut tenir compte également que, pendant le vol, par suite du gonflement des sacs aériens, la partie inférieure étant plus volumineuse reçoit des poussées plus grandes, ce qui allège cette partie inférieure et augmente le lestage dorsal. Le centre de gravité se trouve donc situé dans le plan horizontal passant par le grand axe antéro-posT térieur de l'Oiseau. « L'Oiseau est alors transpercé transversalement au niveau du plan du maître-couple, légèrement au-dessous et en arrière des épaules. Dans cette position, la Mouette est encore en équi- libre indifl'érent autour de ce nouvel axe. « Le centre de gravité est donc situé à l'intersection des deux axes considérés, intersection qui correspond très approxi- LES CARACTÉRISTKJUKS DKS OISEAUX 303 mativement au point de rencontre des deux axes de l'ovoïde primitif, c'est-à-dire dont le contour est déterminé par le trajet des veines fluides. » J'ai déterminé aussi les positions du centre de gravité de mes Oiseaux. J'ai utilisé à cet effet les méthodes employées par mes prédécesseurs, qui ont paru critiquables à certains auteurs. J'ai employé aussi une méthode personnelle qui a pour but de mettre l'animal dans une position identique à celle du vol, c'est-à-dire de lui maintenir le corps et le cou dans le prolongement l'un de l'autre et de lui conserver les ailes étendues comme dans le vol. A cet effet, après avoir fixé l'animal sur une planche le cou allongé et les ailes déployées, j'ai injecté dans les muscles une solution formolée de manière à leur donner une grande rigidité. J'ai obtenu ainsi, sans modification réelle dans la distribution spécifique, des Oi- seaux en position de vol. En saisissant l'individu par un pa- quet de plumes sur le dos, si l'Oiseau suspendu en l'air incline du côté de la tête ou de la queue, c'est que le point choisi est en arrière ou en avant du centre de gravité. En avançant ainsi de point en point, il arrive un moment où l'animal se tient parfaitement horizontal. On trouve ainsi facilement et de manière exacte le plan transversal, qui renferme le centre de gravité. Si l'on suspend ensuite l'Oiseau par le bec ou parla pointe d'une aile, on détermine un second plan vertical qui contient le point en question. Gomme, en fait, celui-ci se trouve aussi dans le plan vertical passant par le grand axe du corps, il est de cette façon déterminé avec pré- cision. Je me suis servi aussi du procédé employé par Hous- SAY (31) pour rechercher le plan transversal dans lequel se trouve le centre de gravité chez les Poissons longs et souples. On étend l'Oiseau sur une balance de Roberval sans aiguille verticale et pourvue de ])lateaux allongés dans le sens de la longueur de l'appareil. On place la bète approximativement par moitié sur un plateau et par moitié sur l'autre. On fait avancer le corps jusqu'à ce que l'équilibre soit aussi absolu que possible. Le centre de gravité est situé, dans ces conditions, dans le 304 A.MAGNAN plan transversal du corps passant par le milieu du fléau. J'ai trouvé que le centre de gravité chez les Oiseaux est toujours sensiblement dans le plan transversal perpendicu- laire au grand axe du corps et passant par la plus grande hau- teur du corps. Il est donc situé en conséquence très en avant chez les voiliers et les ramo -planeurs et beaucoup plus en arrière chez les rameurs. Il correspond toujours pour les pre- miers au tiers antérieur des ailes et se montre d'autant plus près du sixième antérieur qu'ils sont meilleurs volateurs et meilleurs planeurs. Au contraire, lorsqu'il s'agit de rameurs, on trouve le centre de gravité à la hauteur de la région moyenne des ailes et d'autant plus rapproché de la ligne qui joint le milieu de celle-ci qu'ils sont plus mauvais volateurs. C'est ce que révèle très nettement l'examen des planches IV à X. En outre, le centre de gravité est toujours placé du côté dorsal, si l'on considère le milieu de la hauteur maxima du corps, sauf chez certains Oiseaux à gros pectoraux comme les Gallinacés, où il est légèrement au-dessous de ce milieu. Chez tous les Oiseaux, il est dans un plan horizoatal inférieur à celui passant par l'axe du corps, comme le montre la figure 32. Ce dernier résultat qu'avait déjà entrevu Cousin (19) a paru erroné à certains auteurs qui n'avaient jamais effectué de recherches biométriques sur les Oiseaux ; il n'est pas surpre- nant au contraire pour qui connaît les poids relatifs des divers organes de l'Oiseau. Au-dessus du grand axe de l'animal se trouvent, en effet, en position de vol, les masses osseuses et musculaires de la colonne vertébrale auxquelles sont fixés les poumons, les reins et une partie de l'estornac et de la masse intestinale, ainsi que les ailes qui, chez les voihers, repré- sentent le cinquième du poids du corps. Au-dessous de cet axe, il y a la poitrine avec le sternum et les muscles pectoraux. Or, chez les Rapaces et Palmipèdes voiliers, ces muscles ne constituent que le dixième ou le huitième du poids du corps. Il est donc naturel que cette distribution des organes fasse que le centre de gravité soit nettement dorsal chez les individus de ces groupes. Chez les grands rameurs, où le poids des muscles pectoraux atteint le tiers du poids du corps, le centre de gravité est, par contre, un peu ventral, ce LKS CARACTÉRISTIQLES DES OISRAIX 305 qui se conçoit encore, puisque le poids des ailes n'est plus que le dixième de celui du corps. J'ai représenté aussi dans les 7 8 Fig. 32. — Projections sur le plan i\v front de divers types d'Oiseaux montrant les dimen- sions relatives du corps et la position du centre de gravité. • centre de gravité, + grand axe du corps. 1. Autour des Palombes, Accipiicr gentilis (L.) (Rapace diurne ramo-planeur). — 2. Grand Duc, Bubo bubo (L.) (Rapace nocturne ramo-planeur). — 3. Mouette rieuse, Larus ridibundus{L.} (Palmipède ramo-planeur). — 4. Freux, Trypanocorax frugilegus (L.) (Corvidé ramo-planeur).— 5. Pluvier doré, Charadrius apricarius [L. (Échassier rameur). — 6. Canard sauvage, .-D/asp/a;(rt«<(:>, janvier 1873). 79. Pettigrew. — La locomotion chez les minimaux, Paris, 1887. 80. Pretcul. — Untersuchungen iibcr den Flug der Vôgel, Wien, 1846. 81. Richet et Richet. — Observations reialives au vol tles Oiseaux [Arch. di Fisiologia, vol. VII, 1909). 82. SÉE. — Le vol à voile et la théorie du vol louvoyant, Paris, 1900. 330 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 83. SiLBERSCHLAG. — Von dem Fluge der Vôgel [Schrijten der Berlin. Gesell. Nat. Freunde, Bd. II, 1781-1784). 84. SoREAU. — État actuel et avenir de l'aviation, Paris, 1908. 85. Strauss-Durckheim. — Théologie de la nature, 1852. ^6. Strohl. — Die Massenverhâltnisse des Herzens im Hochgebirge (Zool. Jahrb.,Bà. XIII, 1910). 87. Tatin. — Théorie et pratique de VAviation, Paris, 1910. 88. Tiedemann. — Anatomie u. N atur geschichte der Vogel, Heidelberg, 1810. 89. Weyher. — Revue générale des Sciences pures et appliquées, 15 janv. 1905. 90. Wunsche. — Considération sur le vol des Oiseaux [VAéronaute,]\xm. 1884). EXPLICATION DES PLANCHES Planche I. — Variations et types morphologiques de la surface alairb SUIVANT le mode DE VOL. [Les ailes sont ramenées aux dimensions qu'elles auraient si chaque Oiseau pesait un gramme et réduites ensuite d'un quart.) 1. Circaète Jean le Blanc, Circaëtus gallicus (Gmel.) (Rapace diurne voilier). 2. Effraye commune, Tyto alba (L.) (Rapace nocturne ramo-planeur). 3. Grue cendrée, Megalomis grus (L.) (Échassier ramo-planeur). 4. Goéland marin, Larus marinus (L.) (Palmipède voilier). 5. Grave ordinaire, Pyrrhocorax pyrrhocorax (L.) (Corvidé ramo-planeur). 6. Faucon pèlerin, Falco peregrinus [H\in%\). (Rapace diurne ramo-planeur). 7. Engoulevent d'Europe. Caprimulgus europseus (L.) (Passereau ramo-pla- neur). 8. Grand Pluvier à collier, Çharadrius hiaticula (L.) (Échassier rameur rive- rain). 9. Tourterelle vulgaire, Tnrtur turtur (L.) (Golombin rameur). 10. Tercol ordinaire, Jynx torquilla (L.) (Passereau rameur à vol peu soutenu). 11. Garrot vulgaire, Clangula clangula (L.) (Palmipède nageur rameur). 12. Grand Coq de bruyères, Tetrao urogallus (L.) (Gallinacé rameur). 13. Pingouin torda, Alca torda (L.) (Palmipède plongeur rameur). Planche II. — Envergure et morphologie des divers types d'Oiseaux vus DE FACE. (Les individus sont ramenés à la taille qu'ils auraient s'ils pesaient un gramme et réduits d'un tiers.) 1. Albatros hurleur, Diomedea exulans (L.) (Palmipède voilier). 2. Aigle fauve, Aquila chrysa tus (L.) (Rapace diurne voilier). 3. Effraye commune, Tyto alba (L.) (Rapace nocturne ramo-planeur). 4. Héron cendré, Ardea cinerea (L.) (Échassier ramo-planeur). 5. Faucon-Crécerelle, Falco tinnunculus (L.) (Rapace diurne ramo-planeur). 6. Martinet noir, Apus apus (L.) (Passereau ramo-planeur). 7. Grave ordinaire, Pyrrhocorax pyrrhocorax (L.) (Corvidé ramo-planeur). Planche III. — Envergure et morphologie des divers types d'Oiseaux vus DE FACE. (Les individus sont ramenés à la taille qu'ils auraient s'ils pesaient un gramme et réduits d'un tiers.) 1. Combattant variable, Machetes pugnax (L.) (Échassier rameur riverain). 2. Pigeon ramier, Columba palumbus L. (Golombin rameur). 3. Verdier ordinaire, Chloris chloris (L.) (Passereau rameur à vol soutenu). 332 EXPLICATION DES PLANCHES 4. Oiseau-Mouche, Eupherusa eximia (Del) (Passereau vibrateur). 5. Fuligule milouinan, Nyroca marila (L.) (Palmipède nageur rameur). 6. Macareux moine, Fratercula arctica (L.) (Palmipède plongeur rameur). 7. Grouse, Lagopus scoticus (Lath.) (Gallinacé rameur). Planche IV. — Formes et positioa du maître-couple SUIVANT LE MODE DE VOL. [Les dimensions des Oiseaux vus de dessous sont ramenées à celles quHls auraient si chacun d'eux pesait un gramme et réduites d'un tiers. Maître-couple : trait blanc.) -- • ------- 1. Buse commune, Buteo buteo (L.) (Rapace diurne voilier). 2. Grand-Duc ordinaire, Bubo bubo (L.) (Rapace nocturne ramo-planeur). ; 3. Autour des Palombes. Accipiter gentilis (L.) (Rapace diurne ramo-planeur). 4. Perdrix grise, Perdix perdix (L.) (Gallinacé rameur). Planche V. — Formes et position du maître-couple SUIVANT LE MODE DE VOL. {Les dimensions des Oiseaux vus de dessous sont ramenées à celles qu'ils auraient si chacun d'eux pesait u}ï gramme et réduites d'un tiers. Maître- couple : trait blanc.) 1. Mouette rieuse, Larus ridibundus L. (Palmipède ramo-planeur). 2. Oie rieuse, Anser albifrons (Scop.) (Palmipède nageur rameur). 8. Canard sauvage, Anas platyrhynchus (L.) (Palmipède nageur rameur). 4. Guillemot troille, Uria troille (L.) (Palmipède plongeur rameur). Planche YI. — Position du centre de gravité et caractéristiques SUIVANT LE mode DE VOL. [Les dimensions des Oiseaux vus de dessous sont ramenées à celles qu'ils auraient si chacun d'eux pesait un gramme et réduites d'un tiers. Centre de gra- vité : point noir ou blanc.) 1. Buzard Saint-Martin, Circus cyaneus (L.) ( Rapace diurne voilier). 2. Chouette hulotte, Strix aluco (L.) (Rapace nocturne ramo-planeur). 3. Crave ordinaire, Pyrrhocorax pyrrhocorax (L.) (Corvidé ramo-planeur). 4. Pigeon ramier, Columba palumbus (L.) (Colomb in rameur). Planche VII. — Position du centre de gravité et caractéristiques SUIVANT LE mode DE VOL. [Les dimensions des Oiseaux vus de dessous sont ramenées à celles qu'ils auraient si chacun d'eux pesait un gramme et réduites d'un tiers. Centre de gra- vité : point blanc ou noir.) 1. Faucon-Crécerelle, Falco tinnunculus L. (Rapace diurne ramo-planei-r). 2. Martinet noir, Apus apus (L.) (Passereau ramo-planeur). 3. Grive litorne, Turdus pilaris (L.) (Passereau rameur à vol soutenu). 4. Grand Coq de bruyères, Tetrao urogallus (L.) (Gallinacé rameur). Planche VIII. — Position du centre de gravité et caractéristiques SUIVANT LE MODE DE VOL. [Les dimensions des Oiseaux vus de dessous sont ramenées à celles qu'ils auraient si chacun d'eux pesait un gramme et réduites d'un tiers. Centre de gra- vite : point noir ou blanc.) 1. Héron cendré, Ardea cinerea [h.) (Échassier ramo-planeur). EXPLICATION DES PLAiNCHES 333 '2. Combattant variable, Machetes pugnax (L.) (Échassïer rameur riverain). 3. Courlis cendré, Numenius arquatus (L.) (Échassier rameur riverain). Planche IX. — Position du centre de gravité et caractéristiques SUIVANT le mode DE VOL. [Les dimensions des Oiseaux vus de dessous sont ramenées à celles qu'ils auraient si chacun d'eux pesait un gramme et réduites d'un tiers. Centre de gra- vité : point noir.) 1. Albatros hurleur, Diomedea exulans L. (Palmipède voilier). 2. Frégate, Fregata aquila (L.) (Palmipède voilier). 3. Plongeon lumme, Gavia arctica (L.) (Palmipède plongeur rameur). 4. Macareux moine, Fratercula arctica (L.) (Palmipède plongeur rameur). Planche X. — Position du centre de gravité et caractéristiques SUIVANT LE mode DE VOL. [Les- dimensions des Oiseau.v vus de dessous sont ramenées à celles qu^ils auraient si chacun d'eux pesait un gramme et réduites d'un tiers. Centre de gra* vite : point noir.) 1. Cygne sauvage, Cygnus cygnus (L.) (Palmipède nageur rameur). 2. Grèbe jougris, Colymbus griseigena Bodd. (Palmipède plongeur rameur). 3. Fuligule milouinan, Nyroca marila (L.) (Palmipède nageur ranieur). 4. Harle piette, Mergus alheUus (L.) (Palmipède plongeur rameur). Planche XI. — Grandeur relative des rayons des bras suivant les GROUPES. [Les dimensions des divers segments osseux sont ramenées à celles qu'ils au- raient si tous les Oiseaux pesaient un gramme et grandies trois fois.) 1. Grand-Duc ordinaire, Buho hubo (L.) (Rapace nocturne ramo-planeur). 2. Mouette rieuse; Larus ridibundus (L.) (Palmipède ramo-planeur). 3. Bihoreau d'Europe, Nycticorax nycticorax (L.) (Échassier ramo-planeur). 4. Torcol ordinaire, Jynx torquilla (L.) (Passereau rameur à vol peu soutenu). 5. Aigle de Bonelli, Hieraëtus fasciatus (Vieill.) (Rapace diurne voilier). 6. Œdicnème criard, Burhinus œdicnemus (L.) (Échassier rameur terrestre). 7. Engoulevent, d'Europe, Caprimulgus européens (L.) (Passereau ramo-pla- neur). 8. Choucas gris, Colœus monedula spermologus (Vieill.) (Corvidé ramo-planeur) . 9. Tourterelle vulgaire, Turtur turtur (L.) (Colombin rameur). 10. Canard sauvage, Anas platyrhynchus (L.) (Palmipède nageur rameur). 11. Tétras lyre, Lyrurus tetrix (L.) (Gallinacé rameur). Planche XII. — Le développement du bréchet en fonction du vol. [Les dimensions des bréchets vus décote sont ramenées à celles qu'ils auraient si tous les Oiseaux pesaient un gramme et grossies cinq fois.) i. Aigle de Bonelli, Hiera tus fasciatus (Vieill.) (Rapace diurne voilier). 2. Effraye commune, Tyto alba (L.) (Rapace nocturne ramo-planeur). 3. Frégate, Fregata aquila (L.) (Palmipède voilier). 4. Albatros hurleur, Diomedea exulans L. (Palmipède voilier). 5. Chocard des Alpes, Graculus graculus (L.) (Corvidé ramo-planeur). 6. Bihoreau d'Europe, Nycticorax nycticorax (L.) (Échassier ramo-planeur). 334 EXPLICATION DES PLANCHES 7. Troglodyte mignon, Troglodytes troglodytes (L.) (Passereau rameur à vol presque nul). 8. Faucon hobereau, Falco subbuteo L. (Rapace diurne ramo-planeur). Planche XIII. — Le développement du bréchet en fonction du vol. [Les dimensions des bréchets vus de côté sont ramenées à celles qu'ils auraient si chacun des Oiseaux pesait un gramme et grossies cinq fois.) 1. Martinet noir, Apus apus (L.) (Passereau ramo-planeur). 2. Bruant jaune, Emberiza citrinella (L.) (Passereau rameur à vol soutenu) 3. Oiseau- Mouche, Eupherusa eximia (Del.) (Passereau vibrateur). 4. Pluvier guignard, Charadrius morinellus L. (Échassier rameur terrestre). 5. Tétras lyre, Lyrurus tetrix (L.) (Gallinacé rameur). 6. Tourterelle vulgaire, Turtur turtur (L.) ((lolombin rameur). 7. Oie cendrée, Anser anser (L.) (Palmipède nageur rameur). 8. Pingouin torda, Alca torda (L.) (Palmipède plongeur rameur). Planche XIV. — La grandeur du sternum vu de face. {Les dimensions des sternums sont ramenées à celles qu^ils auraient si tous les Oiseaux pesaient un gramme et réduites de moitié.) 1. Aigle de Bonelli, Hieraëtus jasciatus (Vieill.) (Rapace diurne voilier). 2. Albatros hurleur, Diomedea exulans L. (Palmipède voilier). 3. Effraye commune, Tyto alba (L.) (Rapace nocturne ramo-planeur). 4. Bihoreau d'Europe, Nycticorax nycticorax (L.) (Échassier ramo-planeur). 5. Faucon hobereau, Falco subbuteo L. (Rapace diurne ramo-planeur). 6. Chocard des Alpes, Graculus graculus (L.) (Corvidé rame-planeur). 7. Loriot jaune, Oriolus oriolus (L.) (Passereau rameur à vol soutenu). 8. Pluvier guignard, Charadrius morinellus L. (Échassier rameur terrestre). 9. Martinet noir, Apus apus (L.) (Passereau ramo-planeur). 10. Tétras lyre, Lyrurus tetrix (L.) (Gallinacé rameur). 11. Tourterelle vulgaire, Turtur turtur (L.) (Colombin rameur). 12. Oie cendrée, Anser anser (L.) (Palmipède nageur rameur). DESCRIPTIONS DESPÈCES NOUVELLES DU GENRE "MUSCA" Par le D'^J. VILLENEUVE 1. — Musca Hervei n. sp., ^ et ç. Espèce du groupe de Musca con'ina F. que j'avais d'abord prise pour M. Gibsoni Patton et Cragg, mais distincte et bien caractérisée par le dessin noir du ventre : tous les ster- nites sont noirs formant une bande médiane droite ; de chaque côté, l'extrémité des tergites est bordée de noir, d'où résulte une rangée de macules étroite et concave en dedans, en forme de parenthèse, l'ensemble pouvant être représenté par le schéma <-). Ce dessin pst toujours complet chez le mâle; chez la femelle, où l'abdomen est tout gris, les macules noires latérales ne sont souvent nettes qu'au bout des pre- miers tergites. La taille varie de 5 à 8 millimètres. Chez les grands mâles, l'abdomen est eu majeure partie jaune, et le premier segment est encore maculé de jaune dorso-latéralement ; chez les petits mâles, le jaune disparaît et est remplacé par une colo- ration noire sur laquelle se détachent seulement les refléta de pruinosité blanchâtre. Le thorax des mâles a les bandes noires médianes nettement écourtées peu après la suture ; chez la femelle, ces bandes, comme cela paraît être la règle générale, redeviennent com- plètes. L'aile, à sa face inférieure, ne montre sur la nervure III que quelques longs cils groupés, dans les deux sexes, près de l'origine de la nervure. Cette espèce est dédiée à M. Hervé-Bazin, qui a rapporté beaucoup d'individus du Tonkin et de la Chine. 336 J. VILLENEUVE 2. — Pristirynchomyia lucens n. sp. cf. De la taille et de la forme de Prislirynchomyia lineata Brunetti, mais ayant l'abdomen d'un jaune plus foncé et avec des bandes noires plus larges. Les sternites abdominaux sont tous noirs. Le thorax porte seulement deux larges bandes noires dorsales, laissant entre elles un intervalle pruineux plus étroit ; les bords latéraux du thorax sont noirs au-dessus de l'insertion des ailes et en arrière. Le scutellum est marqué •de noir à sa base et à ses angles antérieurs. Les taches et bandes noires sont assez luisantes. Yeux joints. Cuillerons ocracés et nus. Deux mâles provenant de Kandy (20 mars). MYODAIRES SUPÉRIEIRS PALÉAHCTIQCES NOUVEAUX Par le D'^ J. VILLENEUVE 1. — Weberia speculifera Villen. (1). Le mâle de cette rare et curieuse espèce est encore inédit. Il existe dans la collection Girschner ; Mr. Golbran J. Wain- wTight a bien voulu me le eommuniquer. Il appartient au groupe des Weberia ayant une paire de soies acrosticales au devant de la suture du thorax, et il a assez bien l'aspect d'un Dionsea (R. D.). Yeux distants, le vertex presque de la largeur d'un demi-diamètre d'oeil. Tête toute d'un blanc jaunâtre mat et terne, y compris la bande médio-frontale, aussi large que les orbites en avant, aussi large que le vertex en arrière, où les orbites sont nulles ; l'occiput et le péristome gris. Antennes allongées et noires, un peu moins longues que le clypéus ; le troisième article large est un peu étranglé vers la base et mesure environ deux fois et demie le deuxième; chète noir, pubescent. Palpes noirs, longs et grêles, renflés en palette au devant de la bouche. Thorax, scutellum et abdomen d'un gris uniforme, à l'exception du dernier tergite abdominal, qui est écourté et d'un noir brillant. Appareil génital épais, cylindrique, s'avançant sous le ventre jusqu'au milieu du tergite II ; il porte une rangée transversale de soies près de sa base. Soies sterno-pleurales : 2 -f- 1, développées. Ailes grises, jaunies vers leur insertion ainsi que les ner- vures ; cuillerons d'un blanc sale ; balanciers à massue ob- scure. Pattes noirâtres, à griffes allongées. Taille : 6 milli- mètres. De Meiningen (Saxe), deux mâles. (1) Cf. Bullet. Soc. enl. France, 1919, 11° 17, p. 306. 338 J. VILLENEUVE 2. — Pandelleia otiorynchi, n. sp., cf, et 9. Le genre Pandelleia Villen. (1) appartient au groupe des Phaniinœ caudatœ, de Brauer et Bergenstamm. Il comprend des espèces marquées de deux taches noires, rondes et dis- tantes, sur chaque segment abdominal ; le thorax n'a qu'une soie sterno-pleurale, la postérieure ; la première cellule posté- rieure de l'aile est fermée et à pétiole au moins aussi long que la nervure transverse postérieure. L'abdomen de la femelle est incurvé et se prolonge sous le ventre par un long tube cylin- drique. Deux espèces sont déjà décrites : Pandelleia alpicola Villen. (2) 9 et Pandelleia {Etheria) sexpimctata Pand. cf. Le type de la dernière est un mâle dont les yeux sont un peu distants, séparés par une bande médio-frontale triangulaire, orangée, très large en avant, et par des orbites linéaires^ blanches, à reflet noir. Antennes jaunes, un peu grises à la base, noirâtres sur le troisième article qui est discoïde. Palpes jaunâtres, noircis au bout. Thorax gris montrant une étroite bande rousse, de chaque côté, entre les soies intra- alaires et supra-alaires. Scutellum jaune. Abdomen à fond jaunâtre presque totalement recouvert d'un enduit gris blanc. Pattes jaunes, brunâtres à l'extrême base des fémurs et sur les tarses. Le mâle de Pandelleia otiorynchi a des yeux se touchant en arrière. L'occiput est gris, le front orangé, la face blanche. Antennes et palpes jaunes. Thorax à pleures gris cendré, à tergum d'un gris jaunâtre. Scutellum jaune ainsi que l'ab- domen ; ce dernier montrant, sur chaque segment, les deux taches d'un noir profond, séparées par la bande médio-dor- sale, d'abord noirâtre sur le tergite I, grisâtre sur le tergite suivant, puis effacée sur les derniers tergites plus ou moins vaguement teintés de gris blanc. Ailes hyalines, à nervures pâles ; cuillerons blanchâtres ; balanciers à massue obscure. Pattes jaunes, tarses un peu rembrunis, grifïes non allongées. La femelle est entièrement jaune. Les taches noires de l'abdo- (1) F. des J. Natur., 1908, n" 450 (Extrait : p. 8-9). (2) BuUet. Soc. ent. France, 1919, n" 19, p. 353. .... MYODAIRËS SUPÉRIEURS PALÉARCTIQUES NOUVEAUX 339 men sont souvent effacées sur les tergites I et IV; quant à la bande obscure médio-dorsale, elle peut manquer ou ne subsister que par fragments ; enfin, les derniers tergites peuvent être plus ou moins enduits de gris blanc. L'oviscapte est un tube blanchâtre, parfois déprimé en gouttière longitu- dinale sur son bord supérieur, tronqué au bout, couvrant toute la longueur du ventre. Taille : 5-6 millimètres. Un mâle et deux femelles reçus d'Allemagne où ils sont sortis d'éclosion, en juillet, de larves parasites d'Otiorynchus sul- catus F. Une femelle de France (Reims), que j'avais autrefois rapportée à Pandelleia sexpunctataVdJvà.^ dont la femelle est inconnue, se trouve être bien pareille aux femelles de Pan- delleia otiorynchi d'Allemagne. 3. — Voria pilibasis n. sp. Semblable à Voria trépida Meig. par la taille et la colo- ration; en diffère par l'abdomen sans soies discales, par la nervure I de l'aile ciliée seulement dans le tiers basai, par les gênes larges et n'ayant aucune longue soie tournée en bas {descendante), ne portant que quelques petits cils noirs à leur partie supérieure et une soie frontale ascendante. La tête est blanche. Antennes plus ou moins rousses sur le deuxième article. Palpes entièrement jaunes. Coude de la nervure IV à prolongement court; la transverse apicale se détache à angle droit puis s'infléchit brusquement et reste droite jusqu'au bord de l'aile sans être très inclinée, de sorte que la première cellule postérieure est fermée ou étroi- tement ouverte. Deux individus d'Albanie capturés à Prizren, le 16 mai. 4. — Plagia elata Meig. var. nudinerva Villen. (i). Cette soi-disant variété est bien une espèce distincte. Outre la nervure I nue, on remarque, chez Plagia nudinerva, que la distance entre la petite nervure transverse et la trans- verse apicale est égale à la moitié du prolongement après le (1) Ann. Soc. ont. Belgique, LX, 1920, p. 200. 340 J. VILLENEUVE coude, tandis que chez Plagia elata cette distance mesure toute la longueur dudit prolongement. Il en résulte que la première cellule postérieure se termine, chez Plagia niidinerva^ plus en avant de l'extrémité de Faile. 5. — Pseudophorocera Iriseta n. sp., cf. Se distingue par la présence de quatre soies dorsO'Centrales et de 2 + 1 soies sterno-pleurales, alors que les autres espèces : Pseiidophocera setigera B. B. (3 d. c), Pseudophorocera prima (4 d. c), ont 2+2 soies sterno-pleurales. A laquelle de ces trois espèces correspond la description de Pseudophorocera (Exorista) aristella Rond. ? On ne saurait le dire, car cestrois espèces ne diffèrent que par la chétotaxie, et Rondani ne l'em- ployait pas. Je réserve le nom générique de Ceratochœta B. B. à deux espèces seulement : Ceratochseta caudata Rond. (4 d. c.) et CeratochsstasecundaB .B . (3d. c), qui ont la même coloration gris clair, le scutellum roux et, chez la femelle, le quatrième ter- gite abdominal allongé en cône villeux et sans macrochètes. J'interprète Pseudophorocera setigera B. B. d'après la figure 38 de Brauer et Bergenstamm et d'après l'indication de trois soies dorso-centrales consignée par Brauer dans : Vorarbeiten zu einer Monographie der Muscaria schizometopa (Z. B. Ges.^Bd. XLIII, Abh., p. 478). Un individu de cette espèce, reçu du musée de Wien (Vienne), et qui ne pouvait être l'original, ne m'avait pas paru différent de Phryxe çul- garis Fall. AI. le D^ Zerny m'a envoyé deux mâles de Pseudophorocera triseta, de son voyage en Albanie en 1918, où ils ont été cap- turés à Sisevo, près d'Uskùb, le 11 mai. Je possède un mâle du Dauphiné pris en août. 6. — Agriella Zernyi n. sp., cf. Le genre Agriella. que j'ai décrit pour une espèce vivant en Provence et en Corse [Agriella PandelleiYiWen.), est étroite- ment apparenté au genre Blœsoxipha Loew, dont il a l'aspect^ MYODAIRES SUPÉHIEl HS FALÉARCTIQUES N0UVP:AUX 341 les caractères et la conformation des pièces génitales mâles. Il s'en distingue principalement par l'abdomen marqué d'une bande noire médio-dorsale, ayant, à droite et à gauche, sur chacun des segments, une tache noire, fixe, un peu allongée et reposant sur le bord antérieur du segment; par l'absence de peigne apical sous les fémurs des pattes intermédiaires chez le mâle. Agriella Zernyi a le chète antennaire porteur de cils de moyenne longueur, les gênes densément fournies de petites soies noires sur plusieurs rangs, les soies apicales du scutellum franchement croisées. Agriella Pcmdcllei est de couleur gris blanchâtre ; les soies des gênes sont clairsemées et sur un seul rang ; les cils du chète antennaire sont courts, et les soies apicales du scu- tellum sont grêles, parallèles ou un peu incurvées l'une vers l'autre. Cette espèce nouvelle est dédiée au distingué D^ Zerny, qui m'a communiqué un mâle unique recueilli par lui à Balestrate (Sicile), le 26 mai 1921. Aux espèces qui précèdent j'ajouterai les trois suivantes, dont je n'ai eu longtemps qu'un unique individu. J'aurais désiré ne les publier qu'après avoir vu d'autres exemplaires, car elles sont assez peu différenciées ; cependant, je crois que leur valeur spécifique n'est pas douteuse et que, si elles sont aussi rares qu'elles paraissent, il n'y a pas lieu de surseoir encore à leur description. 7. — Lydella vexillaria n. sp., cf. Ne diffère de Lydella nigripes Fall. que par sa taille plus grande, ses palpes entièrement jaunes, le scutellum en ma- jeure partie roux et dépourvu de soies apicales, même pili- f ormes ; enfin, la première cellule postérieure de l'aile est fermée à sa terminaison. Décrite d'après un mâle recueilli à Tunis (oasis Gafsa). Ce mâle, robuste, mesure 11 millimètres; il a l'abdomen largement rougeâtre sur les flancs des premiers segments. Gomme Lydella nigripes Fall., il a trois paires bien développées de ■i oies acrosticales présuturales ; trois soies dorso-centrales 342 J. VILLENEUVE 2 + 1 soies sterno-pleurales. La nervure III de l'aile porte 4-6 cils, groupés à son origine même. La soie verticale externe est accusée. 8. — Miltogramma Meigeni n. sp., (jf. D'après un mâle de Hongrie ayant le front un peu plus large encore que Miltogramma œstraceum Fall., auquel il ressemble tellement qu'il n'en est réellement distinct que par les tarses antérieurs simples, sans aucune soie différenciée, le péristome à pilosité blanchâtre en arrière de même que sur la partie inférieure de l'occiput (cette pilosité est noire chez Milto- gramma œstraceum) ; le troisième article antennaire, enfm, est un peu moins long, et sa coloration n'est pas entièrement grise, mais en partie jaunâtre. Ce mâle est d'un gris pâle sur lequel tranchent à peine les quatre bandes obscures du thorax et quelques reflets sombres del'abdomen. La face est blanchâtre. Si mes souvenirs sont exacts, ce mâle correspond au type de Meigen de Miltogramma œstraceum du Muséum de Paris. Je viens de recevoir d'Egypte deux mâles qui semblent bien être Miltogramma Meigeni; mais ils sont d'un gris bleu, variété de coloration qu'on observe aussi chez Miltogramma œstra- ceum. On ne les confondra pas avec Miltogramma Germari Meig., si l'on tient compte de la largeur du front, de la pilosité entièrement blanche du péristome ; ici, la blancheur de la face envahit même le front. 9. — Acomyia pyrrhocera nov sp., cf et 9. Caractérisé par les antennes rousses, le troisième article seul noir ; les trochanters sont également roux ; les genoux sont rougeâtres ainsi que la face inférieure des fémurs dans son tiers distal. Le segment abdominal II n'a que deux soies marginales médianes. Une femelle prise à Digne, le 4 juillet, existe dansmacollection. Mr. Colbran J. Wainwright m'a communiqué tout dernière- ment un mâle et une femelle bien pareils et provenant du sud de la France. LE "THECOCARPUS MYRIOPHYLLUM" I ET SKS VARIÉTÉS Par Armand BILLARD PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE POITIERS Au cours de mes recherches sur la famille des Plumularides, j'ai été conduit à établir différentes variétés de l'espèce linnéenne Thecocarpus myriophyllum ; je les ai désignées sous les noms de variétés radicellatus, Bedoti, orientalis, angulatus et elongatus. Bedot, dans un récent et intéressant mémoire (1921), écrit à ce sujet (p. 51) : «Plus tard, après avoir étudié les Hydroïdes du Siboga (1913), il (Billard) est arrivé à la conclusion que les var. Bedoti^ radicellatus et elongatus devaient tomber en synonymie de la var. orientalis. » Cette affirmation de Bedot est due à une méprise ; celle-ci a été causée par le fait que j'ai fait précéder la description du Th. myriophyllum orientalis d'une liste bibliographique de références qui peut, en effet, être prise pour une liste de synonymie. Je publie cette courte note, d'ailleurs à la de- mande de M. Bedot, pour éviter que cette erreur se perpétue, et je donne de nouveau les caractères distinctifs essentiels de la forme typique et de ses variétés. Thecocarpus myriophyllum (L.) typique. — Cette forme, qui a été figurée pour la première fois par Ellis [(1755), PI. VIII, fig. ft, A) est caractérisée par ses grandes colonies (50 centimètres et plus) fasciculées, en général simples, c'est-à- dire non ramifiées, et pourvues de longs hydroclades ; parfois cependant il naît vers la base une branche qui, dans la majeure partie de son étendue, se dresse parallèlement à la tige prin- cipale ; Ellis a représenté trois colonies dont une double ANN. DES se. ZOOL., 10« série. V, 'Jo 344 A. BILLARD naissant de la même hydrorhize (1). L'hydrocaule montre des nœuds obliques qui existent aussi chez les diverses variétés. Les hydrothèques sont plus ou moins profondes et présen- tent un bord denté avec une forte dent médiane excavée sur sa face externe et quatre ou cinq dents latérales ; la cin- quième, située du côté de Taxe, est parfois à peine visible ou complètement effacée ; il existe un repli intrathécal ou mieux une lame intrathécale bien développée, et des épais- sissements périsarcaux internes (cinq à neuf) qui intéres- sent seulement la face ventrale et les faces latérales de rhydroclade, mais n'atteignent pas sa face dorsale ; la dac- tylothèque médiane s'étend jusqu'au tiers environ (2) de la hauteur de l'hydrothèque et présente une partie libre, courte, en forme de gouttière. Je n'ai pas pu apercevoir d'orifice faisant communiquer directement la cavité de la dacty- lothèque médiane et celle de l'hydrothèque ; et pour moi il n'y en a pas contrairement à Kirchenpauer [(1872), p. 7] et àBEDOT [(1900), p. 36], qui n'a pas pu constater sa présence, mais croit cependant qu'elle existe. Les corbules, supportées par un pédoncule à deux ou trois articles munis d'hydrothèques, sont ouvertes ; les côtes ont la forme de lames recourbées pourvues d'une hydrothèque à leur base et d'une rangée de dactylothèques sur leur bord distal (3). La colonie typique que j'ai signalée dans mon travail de 1906 (p. 227) et provenant de l'expédition du Talisman (dragage 8) montre une particularité intéressante que je n'avais'pas remarquée dans les hydrothèques (fig. 1, A) : il part, en effet, de la base de la lame intrathécale un épaissis- sement périsarcal faible qui remonte un peu vers le haut, puis se dirige plus ou moins obliquement vers la face ven- (1) Cette hydrorhize est formée, comme d'ailleurs dans toutes les variétés, d'une touffe de tubes fins emmêlés ; cette sorte d'hydrorhize se rencontre chez de nombreuses espèces d'Hydroïdes et permet la fixation sur les fonds de sable ou de gravier. (2) Dans les formes à hydrothèquespeu profondes, la dactylothèque médiane atteint; jusqu'à la moitié de leur hauteur. (3) Pour de plus amples détails, je renvoie à Pictet et Bedot [(1900), p. 38]. LE « THECOCARPUS MYRIOPHYLLUM » 345 traie, qu'il atteint parfois dans le voisinage du point où la dactylothèque médiane devient libre; en outre, la face ven- trale des hydrothèques au-dessus de la dactylothèque mé- Fig. 1. -- Parties d'hydroclades : A, du T. niyriophylluin du « Talisman » (Dr. 8) ; B, de la var. radicellalus. — Gr. : 108. diane montre un pcrisarque très épaissi; de son milieu, il en part une ligne faible qui se dirige de chaque côté vers le bas à la rencontre de celle qui part du repli intrathécal, et l'on peut, dans certains cas/ observer la continuité entre ces deux lignes ; mais leur disposition est variable. Chez les formes typiques provenant de Naples, on n'aper- çoit, dans certaines hydrothèques, qu'une amorce très faible de l'épaississement partant de la lame intrathécale ; tandis que des colonies typiques provenant de Roscofî ou d'Ouessant montrent cet épaississement, mais plus faiblement marqué que dans le colonie du Talisman. J'ai donné antérieurement (1906) les mesures des hydro- thèques des formes typiques que j'avais étudiées ; elles 346 A. BILLARD montrent des variations assez étendues; depuis, j'ai examiné une colonie typique venant d'Ouessant, où les hydrothèques présentent une plus faible hauteur, 395 à 445 [x (non compris la dent médiane) sur 215 a de largeur à l'orifice. Var. radicellatiis (1). — Les caractères de cette variété [Billard (1906), p. 227] sont les suivants : colonies simples, grand développement des épaississements périsarcaux in- ternes de l'hydroclade qui atteignent sa face dorsale et le font paraître cloisonné (fig. 1, B) ; présence dans l'hydrocaule même d'épaississements irréguliers internes qui n'existent ni chez l'espèce type, ni chez la variété Bedoti ; écartement plus grand des hydrothèques et présence de deux épaississe- ments au-dessous de chaque hydrothèque, au lieu d'un seul chez la forme type. Les dents de l'hydrothèque sont assez fortes et généralement au nombre de quatre ; la lame intra- thécale est bien développée, plus que ne l'indique le dessin de Sars et autant que dans les formes typiques ; l'épaissis- sement périsarcal qui part de sa base existe, mais il est fai- blement marqué ; la face ventrale de l'hydrothèque est for- tement épaissie. Var. Bedoti. — Cette variété [Billard (190(3), p. 227], qui a été bien décrite par Bedot [Pictet et Bedot (1900), p. 37, PL VIII, fig. 1 et 2; PL IX, fig. 5], a pour principal caractère distinctif son hydrocaule ramifié ; les ramifica- tions, comme l'écrit Bedot, sont dirigées sans ordre apparent dans tous les sens, voire même de haut en bas ; les hydro- clades sont en général courts ; les dents latérales des hydro- thèques sont peu marquées, etl'on n'en voit guère que trois ; la lame intrathécale est faiblement développée; les épaissis- sements internes du périsarque sont un peu moins accentués ; le pédoncule des corbules est formé d'un seul article hydro- thécal. (1) Cette variété correspond à VAglaophenia radicdlata décrit par Saks [(1873), p. 97, Tab. II, fig. 1-6], que Bonnevie (1899) et Bedot (1900) ont considéré aussi ccmme appartenant au T. inyriophyllum. LE <( THECOGARPLS M VRIOPHYLLUM 347 Yar.orientalis{\ ). — Cette variété, récoltée pour la première fois dans les mers des Indes néerlandaises par l'Expédition du Siboga, a été depuis signalée au Japon par Jàderholm, [(1919), p. 25, Taf. VI, fig. 5] ; les co- lonies sont fasciculées, simples, comme dans le type, jamais ramifiées, mais de taille plus faible ne dépassant pas 7 cen- timètres; les hydrothèques sont sembla- bles à celles du type (fig. 2), mais plus petites avec trois ou quatre sinuosités latérales et une forte dent médiane ; la lame intrathécale est bien développée, mais les épaississements périsarcaux internes sont faibles ou manquent ; il en existe au maximum trois : un par- tant du fond de l'hydrothèque, un vers le milieu et un correspondant aux dac- tylothèques latérales ; les corbules sont tout à fait caractéristiques, car, au lieu d'être ouvertes comme dans le type, elles sont fermées ; elles sont suppor- tées par un pédoncule court à deux ou trois hydrothèques normales ; leur longueur est de 5 à 7 milhmètres sur 0™"ï,85 de large, et l'on compte une vingtaine de paires de côtes (2) avec une hydrothèque basale flanquée en général de ses deux dactylothèques latérales et supportée par un court pédoncule en forme de crête peu saillante ; cette crête montre une dactyluthèque un peu en contre-bas des dactylothèques latérales ; parfois elle se prolonge au-dessus de l'hydrothèque et porte alors des dac- tylothèques en supplément ; parfois l'axe se prolonge en un court éperon qui supporte une hydrothèque. Var. angulatiis. — Cette variété a été récoltée aussi par (1) Billard (1913), p. et T>'). a, golfe auriculaire : o, golfe oculaire. - Les parties gar- nies' de hachures et ici développées dans le même plan sont orientées verticalement sur le vivant. 358 R. ANTHONY Angle du cap nasal (prolongement des bords rectilignes antérieurs du bouclier céphalique) 550 ^ Angles des caps nuchaux ) ^ "= ' ' d 1120 Fig. 6. — Schéma des mesures angu- laires que l'on peut prendre sur le bouclier céphalique du Scîeropleura. — n, angle nasal; ro, angle retro- oculaire ; an, angle nuchal. Les boucliers céphaliques des autres Tatous se prêtent mal à des mesures de ce genre : cer- tains, par exemple {Ziphila), ont une forme plus ou moins circu- laire ou ellipsoïdale ; d'autres ont des promontoires rétro- oculaires très accusés descen- dant sur les côtés de la face {Priodontes et Tolypeutes). L'examen de la figure 5, cepen- dant, permet de se rendre compte de ce que, au point de vue de la valeur de l'angle nasal et des angles nuchaux, c'est du Priodontes que le Scîe- ropleura se rapprocherait le plus. Priodontes des Collections de Mammalogie. Exem- plaire donné parM.de Cas- telnau (Bahia). Angle du cap nasal 33° Les angles des promontoires rétro-ocu- laires sont impossibles à mesurer en raison du prolongement de ces promontoires sur les côtés de la face. Angles des caps nuchaux. I d. 108° 106° Un autre élément d'information peut être l'étude des pro- portions relatives du bouclier céphalique. ^ !•• ,. largeur X 100 , , Dans r indice — ^ , la largeur a ete mesurée au longueur ruban métrique du fond d'un golfe oculaire au fond de l'autre golfe oculaire, en des points qui correspondent à peu près au milieu de la longueur de l'oeil, et, suivant une direction per- pendiculaire à l'axe du bouclier céphalique. Cette dimension a été préférée à la largeur maxima en raison de ce que les LES AFFINITES DU « SCLEROPLEURA BRUNETI » 359 promontoires rétro-oculaires, dont les pointes sont toujours les extrémités de cet axe, sont chez certaines espèces, comme il a été dit, situées dans un autre plan que le bouclier cépha- lique lui-même. La longueur est la dimension maxima sur la ligne médiane ; elle a été également mesurée au ruban mé- trique. Sériation suivant la valeur croissante de l'indice. DESIGNATION des individus. Tatu novenicinctuni L.. T. nov T. nov T. nov. (jeune) T. nov T. nov T . nov Muletia hybrida Desni Scleropleura T . iio^' T. nov T. nov hybr nov nov nov. (jeune M. r. T. T. T. nov. T. nov T. nov Tolypeutes tricinctus L M. hybr Priodontes gii^anteiis Êi. Geofl'r. P'-. gig Toi. sp.? Pr "i" Toi. conurus Is. Geolîr Dasypus sexcinctus L Chœtophractus villosus Desm.. . D. sex Zaedyus ciliatus Fischer Ch. vill Ch. vill Ch. vill D. sex Ch. vill D. sex Z. cil DU CATALOGUE. 1901-241 A (1). 1911-776 M (2). 1901-235 A. 1880-1934 A. 1917-129 A. 3 oct. 1908 M. 20 fév. 1913 M. 1909-342 M. >i 1901-1088 M. 1868-1362 M. 1893-82 A. 1902-362-2 A. 1902-614 A. 1900-615 A. 1901-403 A. 1913-352 A. 1901-401 A. 1909-106 M. E. 93 M. 1902-362 I. A. 1870-198 A. 1901-1085 M. 1917-177 A. 11677 A. E. 92 M. 1910-243 M. 1918-45 A. 1886-125 A. 1897-447 A. 1880-1008 A. 10954 A. 1898-1594 M. 1880-1005 A. 1884-911 A. 1886-137 A. 1897-458 A. ^ 1 — 38 37 34 30 44 42 30 30 34,5 44 33 30 30 37 38 30 33 34 34 36 27 88 93 41 82 42 64 60 65 31 54 56 53 68 50 65 32 3 S"ï Z J= = 99 92 82 72 105 100 70 70 80 110 75 68 68 83 85 66 72 74 70 73 52 166 171 75 143 71 106 98 106 50 87 90 85 109 80 104 51 38,33 40,2 41,2 41,6 41.9 42 42,8 42,8 43,1 44 44 44,1 44,1 44,5 44,7 45,4 45,8 45,9 48,5 49,3 51,8 53 54,3 54,6 57,3 59,1 60,3 61,2 61,3 62 62 62,2 62,3 62,3 62,5 62,5 62,7 (1) A = Collections d'Anatomie comparée du Muséum. (2) M = Collections de Mammalogie du Muséum. 360 R. ANTHONY DESIGNATION dès individus. Z. «7 Z. cil Ch. vill Ch. vill D. sex Z. cil Z. cil Ch. vill Z. cil Z. cil Ch. vill Z. cil Z. cil Ch. vill Z. cil Ch. vill Z. cil Z. cil Ch. vill Z. cil Z. cil Z. cil Z. cil Z. cil Z. cil Z. cil Z. cil Z. cil Z. cil Ch. vill Z. cil Z. cil Z. cil Z. cil Z. fi/ Z. ci/ Z. ci/ Ziphila lugubris Gray Cabassus unicinctus L, N°s DU CATALOGUE. 1897- 1917- 1917- 1917 1892- 1897- 1883- 1917- 1897- 1897- 1917- 1897- 1897- 3328 1897- 461 A. 171 A. 153 A. 13 M. 1392 M. 452 A. 358 M. 207 A. 460 A. 442 A. 232 A. 456 M. 469 A. A. 470 A. A. A. M. A. A. A. A. 1897-454 1897-450 1908-228 1897-473 1897-466 1897-457 1897-471 1897-446 A. 1897-463 A. 1897-453 A. 13804 A. 1897-467 A. 1897-474 A. 1907-821 M. 1897-449 A. 1897-464 A. 1897-472 A. 1897-468 1897-445 1883-892 1897-455 1886-468 1901-1086 M. 36 34 58 62 70 36 38 59 35 33 57 34 38 59 35 58 35 35 56 38 36 35 35 40 38 32 35 35 35 58 34 39 38 42 38 43 41 46 55 57 53 90 95 107 55 58 90 53 50 86 51 57 88 52 86 52 52 83 56 53 51 51 58 55 46 50 50 50 82 48 55 53 58 52 58 55 59 64 63,1 64,1 64,4 65,2 65,4 65,4 65,5 65,5 66 66 66,2 66,6 66,6 67 67,3 67,3 67,3 67,3 67,4 67,8 67,9 68,6 68,6 68,9 69 69,5 70 70 70 70,7 70,8 70,9 71,6 72,4 73 74,1 74,5 77,9 85,9 Moyenne et mode approximatif de V indice. Mode Moyenne, approximatif. Tatu novemcinctum L 16 individus. 43,4 44 Priodontes giganteus Et. Geoffr . 3 — 54,8 » Dasypus sexcinctus L 5 — 62,3 62 Chœtophractus v illosu s Besm ... 13 — 64,9 62 Zaedyus ciliatus Fischer 30 — 68 67 Le bouclier céphalique du Scleropleura (43.1) se place donc Li:S AFFINITÉS DU « SCLEROI'LEIJRA lilUNETI » 361 dans les boucliers céphaliques étroits, parmi ceux des Tatu et des Muletia (42.8 et 44.1), non loin de ceux des Tolypeutes (49.3 et 54.6) et des Priodontes (1), alors que les boucliers larges seraient au contraire ceux des Dasypodidœ {Dasypus, Chœtophractus, Zaedyus) et plus encore ceux des Cabassinœ {Cabassus et Ziphila). Le bouclier céphalique du Sderopleura est constitué d'une ceinture de plaques ouverte en arrière et qui en compte soixante- trois. D'une façon générale, ces plaques, grandes en arrière, deviennent, comme Ta noté A. Milne-Edwards, plus petites à mesure que l'on va vers l'avant, caractère existant aussi chez le Priodontes. On peut, au point de vue de leur systématisation, considérer que ces plaques tendent à se répartir suivant des lignes con- centriques, une ligne axiale existant en outre en avant. La disposition linéaire est surtout caractéristique en arrière et jusqu'au fond du golfe oculaire (Voir fig. 7, C). C'est du Priodontes et peut-être plus encore du Dasypus sexcinctus L. que le Sderopleura se rapproche le plus à cet égard. Il s'éloigne du Chœtophractus et du Zaedyus^ où l'on voit une ceinture bordante de plaques à l'intérieur de laquelle on dis- tingue, au moins en arrière, et surtout chez le premier, une systé- matisation plutôt transversale, les plaques tendant à se ranger parallèlement à la ligne de celles de la plage postérieure, plus encore des Tatusiidœ, dont les plaques du bouclier cépha- lique ont une systématisation spéciale et très difïérente. Le Sderopleura présente un îlot bien isolé de plaques sous- oculaires très comparable à celui qui existe chez le Dasypus sercinetus L. On sait que, dans les sous-genres Chœtophractus et Zaedyus^ cet îlot de plaques est remplacé par une touffe de poils raides (2). Il existe aussi plus ou moins développé chez le Priodontes. Par contre, ï\ résulte de mes observations qu'il (l)Ce résultat général est le même, que l'on mesure, comme je Tai fait chez les Tatusiidse, \x longueur du bouclier céphaliciue du cap nasal au cap postérieur médian ou du cap nasal au milieu de la ligne joignant les deux caps nuchaux. (2) Notons cependant que (1. Orandidier et Neveu-Lemaire ont signalé chez leur Chœtophractus holiviensis un îlot de plaques sous-oculaires remplaçant la touffe de poils caractéristique du sous-genre Chœtophractus. 3(32 R. ANTHONY serait absent chez les Cahassinae et les Tolypeutidœ. Chez les Tatiisiidœ, le système de plaques qui existe sur les côtés de la face est beaucoup plus compliqué que dans les autres familles. Voici comment il se présente chez un grand exem- plaire de Tatu noi^emcinctiim L. (n^ 1919-129 des Collections d' Anatomie comparée). De derrière l'oreille part une première série de plaques q^ui s'arrête à peu près au milieu de l'angle rétro-oculaire. De devant l'oreille part une seconde série de plaques qui, longeant d'abord le bord du boucher céphahque, passe ensuite au-dessous de l'œil, finissant à peu près au ni- veau de l'angle préoculaire. Enfin un important ensemble de .plaques situé encore au-dessus de la série précédente com- mence au niveau de la région postérieure de l'œil et, après l'avoir contourné par en dessous, va se confondre avec les plaques marginales antérieures du bouclier céphalique. Le Scleropleura ne présente rien de comparable. En résumé, abstraction faite des proportions et de la valeur des angles par lesquelles il se rapproche surtout soit de celui des Tatiisiidœ., soit de celui du PriodorUes, c'est du bouclier céphdiMque du D a sy pus sexcinctus L. que le bouclier céphalique du Scleropleura se rapproche le plus. C'est par le mode d'or- donnancement de ses éléments, par sa forme, par son îlot sous-oculaire, un bouclier céphalique de Dasypus., mais comme rétréci et présentant une solution médiane de continuité. 2. — Bouclier SCAPULA.IRE. La peau du Scleropleura a été sectionnée de telle sorte que les parties bordantes du bouclier scapulaire n'existent plus. Ce qui reste de ce dernier permet néanmoins de juger assez bien de sa forme. Il existe deux types de bouclier scapulaire chez les Tatous : l'un, sensiblement aussi long sur le milieu que sur les côtés, à parties latérales peu développées, à échancrure céphalique étroite et peu profonde, à rangées de plaques parallèles, c'est le type réalisé chez le Priodontes ; l'autre, plus étroit sur le milieu que sur les côtés, à parties latérales très développées, LES AFFINITÉS I)l' « SCLFROPLEUHA lîiU.NETI » .'J03 presque aliformes, encadrant la tète en arrière, à échancrure céphalique large et profonde, et dont les rangées des plaques moyennes sont bifurquées à droite et à gauche, disposition en rapport avec l'élargissement des parties latérales ; c'est le type du Dasypus ■sexcmc^w^ L. par exemple. Chez les r«^M5iïc?«, toujours très particuliers, la profondeur de l'échancrure céphalique atteint son maximum sans que l'élargissement latéral soit notable, ni que, en raison de la disposition très particulière des plaques chez les Tatous de cette famille, on puisse parler de bifurcation de leurs séries. Entre les deux types précités, on observe à peu près tous les intermédiaires. Au point de vue de la forme du bouclier scapulaire, le Scleropleura se rapproche nettement des Dasypodidx et plus particulièrement du Dasypus sexcinctiis L. Comme chez ce dernier, on constate la profondeur de l'échancrure céphalique, l'étroitesse de la partie moyenne comparée aux parties laté- rales et l'élargissement de ces dernières. La disposition des plaques du bouclier scapulaire du Sclero- pleura est la suivante : Par comparaison avec les autres Tatous, on peut d'abord considérer comme limitant en arrière le bouclier scapu- laire la première rangée régulière de plaques bien alignées de droite à gauche que l'on rencontre ; en avant de cette ran- gée postérieure de plaques, et dans la région médiane du corps sont deux autres rangées. Sur les côtés, les plaques paraissent disposées en mosaïque ; mais on peut cependant y compter de chaque côté six rangées de plaques obliquant vers l'arrière, ce qui porterait à sept le nombre des rangées de plaques marginales du bouclier scapulaire du Scleropleura. C'est le chiffre que l'on rencontre le plus habituellement chez les Dasypodidœ (1). Les Cabassidœ. {Cabassus et Prio- dontes) en ont généralement un peu plus (le plus souvent), et il en est de môme des Tolypeutidœ. Ce nombre est beau- coup plus considérable encore chez les TatusUdw. Le bouclier scapulaire du Scleropleura présente deux solu- tions de continuité, l'une antérieure médiane et l'autre, moins (1) Voir R. Anthony, Les subdivisioi s du genre Dcsyjus (Bull. Mus. Ifist- nat., 1920, r.o 4). 364 R. ANTHONY importante, intéressant à droite la rangée de jFig. 7. — Schéma des régions de la carapace et de l'ordonnan- cement des plaques chez le Scleropleura. — C, région cépha. lique; E, région des épaulettes; S, région scapulaire; M, région des bandes mobiles ; P, région pelvienne. Les gros traits noirs séparent les régions. — Les points marquent le centre des plaques. de plaques divisées latéralement, les plaques •dairement disposées de telle sorte que leur plaques posté- rieure. Si l'on observe que la première de ces solutions de continuité ne permet que de supposer la façon dont les plaques se se- raient com- portées si elles eussent existé chez le Sclero- pleura^ mais si l'on tient compte, d'au- tre part, de la très grande lar- geur que pré- sente chez cet animal le bou- clier scapulai- re dans ses ré- gions latéra- les, on envient nécessaire- ment à penser que, comme chez le Dasy- piis sexcinctus L., par exem- ple, le type est celui d'unbou- clier scapu- laire à rangées s'étant secon- sériation origi- LES AFFINITÉS DU « SCLEROPLEURA RRUiNETI » 365 nelle devient difficile à reconnaître. Les épaulettes, qui sont, comme je l'ai dit, des formations particulières aux Dasypo- didœ, car ni les Cabassidœ, ni les TolypeutidcT, ni les Tatiisiidse n'en possèdent, existent chez le Scleropleura. Elles sont doubles, comme le plus souvent chez les Dasypodidœ, c'est-à- dire constituées de deux rangées de plaques, la plus anté- rieure de ces rangées ne comprenant qu'une seule plaque. A droite, la rangée postérieure de l'épaulette compte deux plaques ; à gauche, elle en compte trois. La bande nuchale, constante et très caractéristique de forme et d'aspect chez les Dasypodidœ, n'existe pas chez le Sclero- pleura. La place qu'elle eût occupée, si elle eût été présente, est comprise dans la solution de continuité antérieure et mé- diane de la carapace. En résumé, par la forme générale de son bouclier scapu- laire, l'ordonnancement des plaques qui le constitue, le nombre de ses rangées marginales de plaques, c'est des Dasy- podidœ et en particulier du Dasypus sexcinctus L. que le Scie- ropleiira se rapproche le plus. La présence et la forme des épaulettes conduit aux mêmes conclusions, que n'infirme pas l'absence d'une bande nuchale, puisque la carapace dorsale est précisément interrompue à l'endroit où elle devrait exister. 3. — Bandes mobiles. Le nombre des bandes mobiles, très variable chez les Tatous, est éminemment caractéristique des familles et des genres. i Dasypus : 6 à 7. Dasypodidse . /. . .| Chœto phractus : 7 à 8. f Zaedyus : 6 à 7 (Voir fig. 1). f Cabassus . i Cabassidse | Ziphila. . . \ 12 à 13 ou même 14. f Priodontes . ) iChalmydophorus : 18 environ. Burineisteria :? Lesbandes du bouclierscapulairesemblent également indépendantes. 366 R. ANTHONY „ , . , I Tolypeutes : 3. Tohjpeiitida^ j T^lyp^-^aes : 2. T atusiidœ . \ Tatu : 9. I Muletia : 5, 6 ou au plus 7. Ce qui caractérise d'une façon générale, chez les Tatous, les plaques dermiques des bandes mobiles, c'est d'être tou- jours bien alignées et d'avoir une forme toujours nettement quadrangulaire. Notons que généralement les plaques de la rangée postérieure du bouclier scapulaire et celles de la rangée antérieure du bouclier pelvien participent à la forme de celles des bandes mobiles. Le Scleropleura parait présenter sept ran- gées de plaques répondant plus ou moins à ces caractères dans la région moyenne du corps. Toutes ces bandes sont interrom- pues dans la région dorsale par une large solution de continuité. La première bande mobile présente chez le Scleropleura une intéressante particularité (Voir fig. 8 Se/.). Du côté droit, à partir d'une des premières plaques dont on ne peut exac- tement d'ailleurs indiquer le numéro d'ordre, le bord marginal de la carapace ayant été sectionné, cette bande se bifurque. Mais la bifurcation se présente de telle sorte que du côté gauche le nombre des bandes n'est pas augmenté. La bifurcation des bandes mobiles est rare chez les Tatous. Je ne l'ai jamais observé chez les Dasypodidse {Dasypus. Chœtophractiis^ Zaedyus)^ ni chez les Tolypeatidœ, ni chez le Chlamydophorus^ où pourtant le dédoublement des bandes est fréquent dans le bouclier scapulaire. Ce caractère est au contraire fréquent chez les Cabassidœ {Cabassus et Priodontes); chez le Tatusiidœ^ je l'ai observé une fois. Sur un exemplaire de Cahassus des Collections de Mamma- logie catalogué sous le nom de Cabassus unicinctus L. (Voir fig. 8 Cab.), mais qui accuse en réalité un mélange des caractères du Cabassus et du Ziphila, les choses se présen- tent ainsi : du côté gauche, après la quatrième plaque, la pre- mière bande mobile se divise de telle sorte que l'on compte il bandes • mobiles à gauche, mais 12 à droite, et, sur la ligne médiane. L'exemplaire de Cabassus {Ziphila) lugubris Gray, des Collections d'Anatomie comparée (n*^ 1886-468), ne présente par contre aucun dédoublement des bandes mobiles. LES AFFINITES DU ' SCLEROPLEURA BRUNETI » .367 Chez le Priodontes, voici ce que j'ai observé chez quelques individus : (Nos 1885-389. Collections d'Anatomie comparée.) 12 bandes mobiles. Aucune des bandes mobiles n'est dédoublée, mais la dernière rangée de plaques du bouclier scapulaire Test des deux côtés de façon à peu près symétrique : dans la région Fig. 8. — Dédoublement de la première bande mobile chez quelques Tatous (sch.éma) médiane dorsale, on compte 13 plaques ; des deux plaques extrêmes de cette série partent à droite deux rangées de plaques, l'antérieure en comprenant 11 et la postérieure 10; à gauche existent deux rangées de plaques également, l'an- térieure en comprenant 11 et la postérieure 12. (Nos 1917-194. Collections d'Anatomie comparée.) 12 bandes mobiles (lapremière bande du bouclier pelvien tendant aussi à se mobihser). Aucune de ces bandes mobiles n'est dédoublée, et il en est de même de la dernière rangée de plaques du bou- clier scapulaire. (Nos 1870-198. Collections d'Anatomie comparée.) 13 bandes mobiles (lapremièrepeumobiledansles régions latéro-dorsales). Aucune de ces bandes mobiles n'est dédoublée, mais la der- nière rangée du bouclier scapulaire l'est à droite. Le dédou- blement commence après la vingt-cinquième plaque en ANN, DES se. NAT. ZOOL., KV sr-rie- V, 25 368 R. ANTHONY comptant à partir de la gauche. La branche de dédoublement antérieure compte 8 plaques, la postérieure 10. (Exemplaire des Collections de Mammalogie.) 12 bandes mobiles (la dernière peu mobile faisant la transition avec les bandes du bouclier pelvien). La première de ces bandes mobiles est dédoublée à gauche. Le dédoublement com- mence après la trentième plaque en comptant à partir de la Fig. 9. — Anomalie de la région scapulaire et de la région des bandes mobiles de la carapace chez un Tatu novemcinctum L. droite. La branche de dédoublement antérieure compte 8 plaques, la postérieurs 9 (Voir fig. 8, Vr.). En résumé, les Cahassidœ (1), remarquables par Taligne- ment réguher dans le sens transversal des plaques de leur boucher scapulaire, paraissent présenter dans ce bouclier des dédoublements fréquents de leurs bandes transversales qui vont assez souvent jusqu'à intéresser la première bande mobile. C'est aussi ce qu'on observe chez le Scleropleura. Enfin, je note pour mémoire que j'ai constaté une fois sur un exemplaire de Tatu novemcinctum L. (No 1880-1934 des Collections d'Anatomie comparée) (Voir fig. 9) un dédouble- ment ou plutôt une apparence de dédoublement de la première bande mobile. Il s'agit ici d'une très rare anomalie. La der- nière bande du bouclier scapulaire n'est indépendante de la bande suivante que jusqu'en un point {y.) situé après la trente- quatrième de ces plaques en comptant à partir de la gauche, un peu après la ligne médiane. Au delà de ce point, les plaques de cette dernière bande scapulaire perdent leur allongement antéro-postérieur particuher. La bande suivante figure une dernière bande scapulaire à droite et une première bande (1) Je comprends dans les Cabassidœ le Kenre Cabassus, son sous-genre Ziphila, et le genre Priodontes (Voir Catalogue, fasc. XI, sous fascicule I). LES AFKIMTÉS DU « SCUÎROPLELRA liKl NKTI » 309 mobile à gauche. Elle comporte 55 plaques, mais s'arrête à gauche au point ;b, c'est-à-dire à peu près au niveau de la troisième plaque de la bande suivante qui en compte 58. Il s'ensuit que, sur la ligne médiane, on compte 10 bandes mobiles et 9 seulement aussi bien à droite qu'à gauche (Voy. fig. 9). De ceci il résulte que nous ne sommes pas ici en présence d'un dédoublement de bande en tout comparable au moins à ceux des Cabassidœ et du Scleropleura. En résumé, parle nombre de ses bandes mobiles, le Sclero- pleura se rattache aux Dasypodidœ, mais il présente une ano- malie (dédoublement de la première bande mobile) qu'on ne rencontre guère, au moins semble-t-il,que chez les Cabassidœ. 4. — Bouclier pelvien. En raison tout à la fois de sa large solution de continuité médiane et du fait que probablement la peau a été tranchée de façon à en éliminer une partie notable, le bouclier pelvien du Scleropleura est difficile à étudier. On peut lui compter cependant 10 à 11 rangées de plaques, chiffre que l'on rencontre aussi chez les Dasypodidœ. Les chiffres que j'ai recueilhs chez les autres Tatous sont les suivants : Priodontes 15 à 16 Cabassus 9 à 10 Tolypeutes 12 à 14 Chez les Tatusiidœ^\Qnoxï\hve des rangées est beaucoup plus considérable, et ces rangées sont difficiles à compter dans la région postérieure du bouclier pelvien. Aussi bien à droite qu'à gauche, on observe le dédoublement de certaines rangées, fait que je n'ai observé ni chez les Dasypodidœ., ni chez les Cabassinœ, ni chez les Tolypeutidœ. Quoi qu'il en soit, c'est des Dasypodidœ que le Scleropleura se rapprocherait le plus sous le rapport de son bouclier pelvien. Cependant, le bouclier pelvien du Scleropleura se diffé- rencie à un certain égard de celui des Dasypodidœ et, en parti- culier, de celui du Dasypus. 370 R. ANTHONY Chez le Dasypus sexcinctus L., où l'on compte géné- ralement 10 rangées de plaques au bouclier pelvien, celles de la ligne médiane des quatrième, cinquième et parfois troisième et sixième rangées présentent chacune un grand orifice qui est celui des glandes dorsales. Chez le Chœtophractus çillosus Desm., les orifices des glandes dorsales sont le plus souvent situés sur les plaques axiales des rangées 3, 4, 5, 6 ; mais notons que ces orifices peuvent être absents. Ils le sont généralement chez le Zaedyiù ciliatus Fischer. Je n'ai constaté de semblable disposition ni chez le Ca- bassiis, ni chez le Priodontes, ni chez le Toly pentes, ni chez le Tatii. Il semblerait, a priori, que ces glandes dorsales doivent être regardées comme comparables à quelques égards, quant à leur signification, à la glande uropygienne des Oiseaux. Elles indi- queraient une sorte de concentration, si l'on peut dire, des glandes cutanées à la région postérieure du corps. L'absence macroscopique du moins (car on ne pouvait songer à faire un examen histologique des téguments de la région médiane du corps sur un spécimen unique) de ces glandes chez le Scleropleura l'éloigné du Dasypus sexcinc- tus L.,où elles sont constantes. Mais il convient de remarquer qu'elles sont souvent absentes chez le Chœtophractus et presque toujours chez le Zaedyus. L'absence de squelette dermique dans la région médio-dorsale du corps chez le Scleropleura pourrait d'ailleurs contribuer à expliquer cette absence des glandes dorsales. 5. — Étui caudal. L'étui caudal du Scleropleura est incomplet, ence sens qu'il est dépourvu de plaques en sa région dorsale, en possédant seulement latéralement et peut-être en dessous, ce que l'on ne peut savoir de façon exacte. Les plaques sont localisées dans la partie terminale de la queue, où elles paraissent disposées en quinconces. La queue du Scleropleura était certainement arrondie, et par ce caractère le Scleropleura ressemble à tous les autres Tatous, s'écartant seulement des Chlamydophoridœ^ LES AFFINITÉS DU « SCLEROPLEFRA lîRFNETI » 37 | dont la queue est spatulée et plus large à son extrémité, des Tolypeiitidœ, dont la queue, très courte, est aplatie et large à sa racine et, enfin du Praopus (sous-genre du genre Tatii)^ qui se différencie du Tatu et du Mulelia^ notamment en ce que sa queue est aplatie à sa racine. Les seuls Tatous qui possèdent un étui caudal incomplet, sont les Cabassus [Cahassus proprement dit et Ziphila), et les plaques qui subsistent encore paraissent à peu près disposées chez eux comme chez le Sderopleura. Ce fait est in- téressant à noter. Mais il est, d'autre part, impossible de tirer de la disposition des plaques en quinconce la moindre con- clusion quant aux affinités. Chez tous les Tatous, en effet, quel qu'en soit le groupe, les plaques de la région postérieure de la queue, c'est-à-dire de son extrémité, sont disposées en quinconces, et ce n'est qu'à la racine qu'on les voit disposées en anneaux; cette disposition des plaques en anneaux à la racine de la queue est d'ailleurs également . générale ; on l'observe même chez le Priodontes. L'absence de plaques sur la presque totalité de la queue du Sderopleura se rattache évi- demment à leur absence générale dans la région dorsale du corps. 6. — Proportions des segments de la carapace. Ayant délimitéles différents segments de la carapace du Sde- ropleura^ nous pouvons en calculer maintenant les dimensions relatives et comparer à ce point de vue le Sderopleura aux autres Tatous. Dimensions des segments de la carapace chez le « Sderopleura » [sur la ligne ni-^diane du corps). Longueur totale de la peau 'i35 millimètres. — du bouclier céphalique 80 — — scapulaire ^^•"' , m . i ■ i • - de l'ensemble des bandes mobile.s. T.i ' ^"^'''^ ''" '""'r ( "n-. c.). — du bouclier pelvien 74 » ^ ^'^'^ milhmetres. de la queue l'iG millimètres. 372 R. ANTHONY Rapport de la longueur du bouclier cèphalique à la longueur totale du corps (bouclier dorsal) . Sériation suivant la valeur croissante de l'indice Long. céph. x 100 Long. C. Cabassus unicinctus L. (1) (1901-1086, Mammalogie) (2). 19,6 Priodontes giganteus Et. Geofïr. (A. 11877) 21 Zatdyus ciliatus Fi.sch. ■ (A. 13804) 21,7 Z. cil. (1897-445) 23,4 Pr. gig. (1870-198) 24,4 Z. cil. (1897-471) 24,5 Ziphila lugubris Gray (1886- 468) ' ■ 24,5 Z. cil. (1897-466) 24,6 Z. cil. (1883-892) 24,6 Z. cil. (1897-467) 24,6 Z. cil. (1897-461) 24,8 Z. cil. (1897-463) 24,9 Pr. gig. (1901-1035, Mamma- logie) 25,1 Z. cil. (1897-446) 25,2 Z. cil. (1897-469) 25,3 Z. cil. (1897-468) 25,4 Z. cil. (1897-442) 25,6 Tatu novemcinctuni L. (3 oct. 1908, Mammalogie) 25,9 Z. cil. (1897-454) 26 Z. cil. (1897-450) 26 Z. cil. (1897-470) 26 Z. cil. (1897-455) 26,1 Z. cil. (1883-358, Mammalo- gie) 26,2 Z. cil. (1897-472) 26,3 Z. cil. (1897-464) 26,6 T. nov. (1901-235) 26,7 Z. cil. (1897-456) 26,8 Z. cil. (1897-460) 27,1 Muletia hybrida Desm. (1909- 342, Mammalogie) 27,2 Z. cil. (1897-458) 27,4 M. hybr. (1902-362, I.) 27,7 Tolypeutes conurus Is. Geofïr. (E. 92, Mammalogie) 27,8 Z. cil. (1897-543) 27,8 Z. cil. (1897-473) 28 T. Tiov. (1917-129) 28,3 T. nov. (1910-241, Mamma- logie) 28,5 Z. cil. (1897-457) 28,8 Z. cil. (1897-452) 28,9 Chœtophractus villosus Desm. (1908-228, Mammalogie)... 30 Chœt. vill. (1917-207) 30 Z. cil. (1897-449) 30 Chœt. vill. (1880-1008) 30,4 r. «OP. (1913-52) 30,5 Chœt. vill. (1918-45) 30,6 Tolypeutes tricinctus L. (E. 93, Mammalogie) 30,9 Chœt. vill. (A. 10954) 31 Z. cil. (1897-474) 31,2 T. nov. (1901-241) 31,2 T. nov. (1901-1088, Mamma- logie) 31,4 T. nov. (1901-242 Mammalo- gie) 31,4 Chœt. vill. (A. 3328) 31,4 Chœt. vill. (1907-821, Mamma- logie 31,5 T. nov. (1909-106, Mammalogie). 33,3 Chœt. vill 33,4 Chœt. vill. (1917-13, Mamma- logie) 33,9 Chœt. vill. (1917-232) 34,6 T. nov. (1911-736, Mammalo- gie) 35,1 T. nov. (1900-615) 35,1 T. nov. (1902-614) 35,4 Dasypus sexcinctus L. (1910- 243, Mammalogie) 35,9 (1) Aussi bien chez le Cabassus que chez le Priodontes, la bande nuchale encore reliée au bouclier scapulaire est comptée dans toutes les mesures où tMitre ce dernier; elle n'y est point comptée, au contraire, chez les Dasypodidœ, où elle est indépendante. (2) Tous les spécimens dont le numéro n'est pas accompagné du mot Mammalogie font partie des Collections d'Anatomie comparée. LES AFFINITÉS Dl' « SCLEROPLKURA lUlUNETI » 373 D. sex. (1886-137) 36,8 D. sea-. (1892-2392, Mammalo- gie) 37,1 D. sex. (1886-125) 37,4 T. nov. (1868-1362, Mainma- logie) 37,5 Chœt. vill. (1898-1594, Mam- malogie) (1) 38,8 T. nov. (20 févr. 1913, Mam- inalof^ie) D. sex. (1880-1005) T. nov. (1901-403) iMul. hybr. (1902-362-2) . T. nov. (1901-401) SCLEROPLEURA T. nov. (1880-1934, jeune) T. nov. (1883-82) 38,8 40,9 41,2 41,9 43 43,7 52,5 56,6 Moyenne et mode de l'indice. ^loyenne. Mode. JPr. gig. (3) .... 23,5 .. Z. cil. (3S) 26,2 26 environ. Chœt. vill (11) .. 32,3 31 — D. sex. (5). T. nov. (18 Moyenne. Mode. . 37,6 37,9 31 environ, Il résulte de ces chiffres que, au point de vue du rapport de la longueur du bouclier céphalique à la longueur du corps (bouclier dorsal), c'est du Dasypus sexcinctus L. et des Ta- tusiidœ que le Scleropleura (43,7) se rapproche le plus. Rapport de la longueur du bouclier scapulaire à la longueur totale du corps {bouclier dorsal). Sériation suivant la valeur croissante de l'indice = Long. scap. x 100 Long. C. Dasypus sexcinctus L. (1892- 2392, Mammalogie) 14,1 Chœtophractus villosus Desni. (1880-1008) 16,7 Das. sex. (1880-1005) 16,9 Das. sex. (1910-243, Mamma- logie) 17,9 i). sex. (1886-125) 18,3 Chœt. vill. (1907-821, Mamma- logie) 18,4 D. sex. (1886-137) 18,7 Chœt. vill. (A. 10954) 18,9 Chœt. vill. (1908-228, Mamma- logie) 19,5 Chœt. vill. (A. 3328) 19,6 SCLEROPLEUR.X 19,6 Chœt. vill 19,8 Chœt. vill. (1907-207) 20 Zaedyus ciliatus Fisch. (A. 13804) 20,4 Z. cil. (1897-442) 20,5 Tolypeutes tricinctus L. (A. 11597) 20,8 Chœt. vill. (1918-45) Chœt. vill. (1917-232) Chœt. vill. (1880-1004) Z.cil. (1883-358, Mammalogie) Z. cil. (1883-392) Z. cil. (1897-446) T. nov. (1880-1006) Pr. gig. (1901-1085, Mam- malogie) Pr. gig. (1870-198) Pr. gig. (A. 11677) Chœt. vill. (1898-1594, Mam- malogie) T. nov. (3 oct. 1908, Mamma- logie) Z. cil. (1897-463) Chœt. vill. (1917-13, Mamma- logie) Z. cil. (1897-450) Z. cil. (1897-454) Z. cil. (1897-461) Pr. gig. (1885-389, jeune)... Z. cil. (1897-445) 20,9 20,9 21,3 21,3 21,7 22,1 22,3 22,3 22,5 22,7 22,7 22,8 23 23,2 23,5 23,5 23,5 23,8 23.8 374 Cabassus uiiicinctus L. (1901- 1086, .Mammalogie) Z. cil. (1897-468) Z. cil. (1897-457) Z. cil. (1897-456) Z. cil. (1897-469) Z. cil. (1897-467) Z. cil. (1897-452) Z. cil. (1897-447) T. nov. (1902-416) T. nov. (1910-241, Mammalo- gie) Z. cil. (1897-472) Z. cil. (1897-470) T. nov. (1880-1007) Z. cil. (1897-466) T. nov. (1901-241) T. nov. (1900-615) Z. cil. (1897-473) Z. cil. (1897-471) Toi. trie. (A. 14198) T. nov. (1901-1088, Mamma- logie) T. nov. (1917-129) T. nov. (355, Mammalogie). . Z. cil. (1897-449) Z. cil. (1897-460) Z. cil. (1897-455) ' Z.cil. (1897-458 R. ANTHONY 23,9 24,1 24,2 24^2 24,4 24,6 24,7 24,7 24,8 24,9 25 25 25,1 25,1 25,2 25,2 25,3 25,4 25,4 25,4 25,4 25,5 25,6 25,6 25,7 25,8 T. nov. (1901-235) Ziphila lugubris Gray (1886- 468) " T. [Praopus Kappleri Kr.) (1088, Mammalogie) Z. cil. (1897-464) .. T. nov. (1909-106, Mammalo- gie) Z. cil. (1897-453) T. nov. (1913-352) Tolypeutes conurus Is. GeolTr. (E. 92, Mammalogie) T. nov. (1901-403, jeune) T. nov. (1868-1362, Mamma- logie) T. nov. logie) T. nov. Z. min. T. nov. T. nov. T. nov. T. nov. logie) Toi. trie. (E-93, Mammalogie) Muletia hybrida Desm. (1909 342, Mammalogie) MuL hybr. (1902-362-1) Mul. hybr. (1902-362-2) .... (1911-776, Mamma- (1883-82) (1897-474) (Rivet, Mammalogie) (1880-1934, jeune)... (1901-401) . .. (1910-242, Mamma- 25,8 25,8 25,9' 26,6 26,6 26,6 26,6 26,7 26,8 27,8 28,3 28,7 28,» 29,1 30,2 30,8 32,2 33 34,5 37 Moyenne et mode de Vindiee. Moyenne. Mode. D. sex. (5) 17,3 Chœt. vill. (12) 20,1 Pr. gig. (4) 22,8 18 20 22 Moyenne. Mode. Z. cil. (29) 24,2 25 T. nov. (22) 26,4 25 Il résulte de ces chiffres que, au point de vue du rapport de la longueur du bouclier scapulaire à la longueur du corps tout entier (bouclier dorsal), c'est du Dasy pus et du Chœtophractus que le Sclcropleura (19,6) se rapproche le plus. Rapport de la longueur de Vensémble des bandes mobiles à la longueur totale du corps [bouclier dorsal). • Indice = Long. b. mob. x 100 Long. G. Tolypeutes conurus Is. Geof. (E 92, Mammalogie) 12,7 Tolypeutes tricinctus — (E. 93, Maipmalogie) 14,6 LES ArFLMTKS DU « SCI.KUOPLKUHA MIUNFTI » /O ;i88:i- Tolyp. trie. (A. 14198) Tatu Jioveincinctum L. 82) r. nov. (1910-242, Mamina- logie) T. noi.. (1901-401) Tohjp. trie. (A. 11597) Muletia hy brida Desm. 11902- 362-1 ) Priodontes giganteus L. (A. 11677) Mul. hybr. (1902-362-2) Pr. gig. (1870-198) T. nov. (1901-1088, Mainnia- logie) T. noo. (1868-1362, Mamma- logie) Chœtophractus villosus Desm. (1898-1594, Mammalogie). . T. nov. (1909-106, Mamma- logie) T. nov. (1913-352) Zaedyus niinutus Desm. (1897- 464) Z. eil. (1897-474) Pr. gig. (1901-1085, Mamma- logie) Mul. hybr. (1909-342, Mam- logie) T. nov. (1880-1934, jeune)... Ziphila lugubris Gray (1886- 468) Z. cil. (1897-470) T. nov. (1880-1006) Z. cil. (1897-453) .Z. cil. (1897-455) T. nov. (3088, Mammalogie). ■ Pr. gig. (1885-389, jeune) . . . T. nov. (1901-403, jeune) Z. cil. (1897-472) Z. cil. (1897-452) T. nov. (1917-129) T. nov. (1900-615) Z. cil. (1897-460) T. nov. (1911-776, Mamma- logie) T. nov. (1902-614) T. nov. (1901-235) Chœt. vill. (1917-13 Mamma- logie) T. nov. (1910-241, Mamma- logie) 19,6 25 25,5 25,5 26,3 27,6 27,6 27,7 28,6 30 30,3 30,9 30,9 30,9 31 31 ,2 31,5 31,9 32,1 32,2 33 33 33,3 33,4 33,4 33,9 34,3 34,5 34,7 35,1 35,1 35,3 35,4 35,4 35,6 35,7 36 T. nov. (1901-241) Z. eil. (1897-466) Z. eil. (1897-449) Z. cil. (1897-456) D. sex. (1880-1005) T. nov. (3 oct. 1908, Mani- logie) T. nov. (Rivet, Mammalogie). Z. cil. (1897-445) Z. cil. (1897-467) Cab. unie. (1901-1086, Mam- malogie) Z. cil. (1897-450) Z. cil. (1897-447) Z. cil. (1897-457) Chœt. vill. (1908-228, Mamma- logie) Chœt. vill. (1917-232) Z. cil. (1897-463) Z. cil. (1897-473) Z. cil. (1897-461) D. sex. (1886-137) Z. cil. (1897-468) Chœt. vill D. sex. (1910-243, Mamma- logie) T. nov. (20 févr. 1913, Mam- malogie) Chœt. vill. (1880-1004) Chœt. vill. (A. 3328) D. sex. (1886-125) Z. cil. (1897-469) Slecropleura z. cil. (1897-442) Z. cil. (1897-454) Z. cil. (1897-446) D.sex (1892-2392, Mammalo- gie) Chœt. vill. (1917-207) .' T. nov. (1880-1006) Z. cil. (1897-458) Chœt. vill. (1880-1008) Z. cil. (1897-471) Chœt. vill. (A. 10954) Chœt. vill. (1907-821, Mam- malogie) Z. cil. (1883-358, Mamma- logie) Chœt. vill. (1918-45) Z. cil. (1883-892) Z. cil. (A. 13804) 36,2 36,2 36,2 36,3 36,6 36,8 36,8 36,9 36,9 37 37 37 37,2 37,3 37,5 37,5 37,5 37,9 37,9 38,1 38,1 38,3 38,3 38,6 39,2 39,2 39,6 39,8 40 40 40 40,6 41,3 4 1 ,6 41 ,9 41,9 42,3 42,4 43,4 43,6 45 46,8 46.9 376 R. ANTHONY Moyenne et mode de Vindice. Moyenne. Mode. Moyenne. Mode- 30,4 33,3 37,6 35 37 Chœt. vill. D. sex. (4) (19) .. 38,4 38 38,5 » Pr. Sig. (4) T. noi'. (22) Z. cil. (29) Il résulte de ces chiffres qu'au point de vue du rapport de la longueur de l'ensemble des bandes mobiles à la longueur du corps tout entier (bouclier dorsal), c'est des Dasypodidm et plus particulièrement du Dasypus que le Scleropleiira (39,8) se rapproche le plus. Rapport de la longueur du bouclier pelvien à la longueur totale du corps [bouclier dorsal). Indice = Zaedyus minutas Desin. (1883- 392) Z. cil. (A. 13804) Z. cil. (1897-442) Z.cil. (1883-358, Mammalogie). Tatu noi>emcinctunih. (Rivet, Mammalogie) Z. cil. (1897-469) Muletia hy brida Desm. (1909- 342, Mammalogie) Z. cil. (1897-454) Z. cil. (1897-446) Chœtophractus villosus Desm. (1918-45) Z. cil. (1897-445) T. nov. (20 févr. 1913. Mam- malogie) T. nov. (1880-1006)- Z. cil. (1897-456) Z. cil. (1897-449) Z. cil. (1897-463) Mul. hybr. (1902-362-2) Chœt. vill. (1917-207) Z. cil. (1897-473) Z. cil. (1897-461) Z. cil. (1897-468) Z. cil. (1897-460) Z. cil. (1897-467) Mul. hybr. (1902-362-1) Cabassus unicinctus L. (1901- 1086, Mammalogie) T. nov. (1917-129) Z.cil. (1897-457) Long. pelv. x 100 Long. G. 31 32,6 33,3 34 34,7 35 35,6 35,9 36 36,1 36,3 36,8 36,8 36,8 37 37 37 37,1 37-2 37,4 37,4 37,6 37,7 37,8 Z. cil. (1897-471) Chœt. vill. (A. 10954) Z. cil. (1897-472) T. nov. (1901-241) Chœt. vill. (1880-1004)....... Chœt. vill. (1907-821, Mam- malogie) T. nov. (1901-403, jeune) Z. cil. (1897-458) Z. cil. (1897-453) T. nov. (1900-615) Ziphila lugubris Gray (1886- 468) ' T. nov. (1901-235) (1902-614) (1897-460) (1911-776, Mamma- T. nov. Z. cil. T. nov. logie) T. nov. Mam- Kr. 3 oct. 1908, malogie) Chœt. vill. (A. 3328) Z. cil. (1897-452) T. [Praopus] Kappleri (1088, Mammalogie) Z. cil. (1897-464) Z. cil. (1897-455) SCLEROPLEURA T. nov. (1910-241, Mamma logie) Z. cil. (1897-470) Chœt. vill. (1908-228, Mamma logie) Z. cil. (1897-474) 37,9 37,9 38 38,1 38,3 38,4 38,7 38,7 38,8 38,8 38,9 39,2 39,4 39,5 39,6 39,7 40 40 40 40,2 40,4 40,4 40,5 40,5 40,5 40,6 LKS AFriMTKS DU « SCI.KKOI'LELIJA I5HUNETI » 377 D.sex (1910-243, ÎVIammalogie). 40,6 Chœt. vill (1917-207) 40,6 T. nov. (1880-1006) 40,8 Chœt. vill. (1898-1594, Mam- malogie) 40,9 T. nov. (1913-352) 41,1 Priodontes giganteiis Et. Geof. (1885-389, jeune) 41,2 T. nov. (1909-1006, Mainma- logie) Z. cil. (1897-447) T. nov. (1868-1362. Mamina- logie) T. nov. (1880-1934, jeune)... Chœt. vill. (1917-232) Dasypus sexriiictus L. (1886- 125) Chœt. vill T. «ot^. (1910-242, Mammalogie) Chœt. vill. (1917-13, Mamma- logie) 42,8 41,4 41 ,5 41,9 42,3 42,3 42,4 42,4 42,8 D. sex. (1886-137) 43,2 Z. cil. (1897-450) 43,5 T. nov. (1901-401) 44,1 T. nov. (1901-1088, Mamma- logie) 44,2 Chœt. vill. (1880-1008) 44,4 D. sex (1892-2392, Mamnia- logie) 44,5 /). sex. (1880-1005) 45,1 T. nov. (1883-82) 45,8 Pr. gig. (1901-1085. Mam- nialogie) 46,7 Toypeutes tricinctus L. (A. 11597) 48,6 Pr. gig. (1870-198) 49,1 Pr. gig. (A. 11677) 50 Tolyp. trie. (E. 93, Mamma- logie) 52,7 Tolyp. trie. (A. 14198) 56 Tolypeutes conurus I.s. Geoff. (E. 92, Mammalogie) 60,9 D. sex. Pr. sis. Moyenne. Mode . . 43 .) . . 46.7 » Moyenne et mode de l'indice . Moyenne. Mode. Z. cil. (30) 37,4 37 r. nov. (22) 39,6 40 Chœt. vill. (13) 40 40 Il résulte de ces chiiïres qu'au point de vue du rapport de la longueur du bouclier pelvien à la longueur du corps tout entier (bouclier dorsal) c'est des Dasypodidœ et en particulier du Dasypus que le Scleropicura se rapproche le plus. Rapport de la longueur de la queue à la longueur du corps [bouclier dorsal) Long. Q. X 400 Indice Long. Tolypeutes tricinctus L. (E. 93. Mammalogie) 16, Tolypeutes conurus li^. Geoff. (E. 92, Mammalogie) 25, Chœtophrartus villosus I)esm. (A. 3328) 38, Znedyus niinulus Itesm. (1897- 442) 39. Chœt. vill. (1880-l()0'i) 41, Z. cil. (1897-466) 41 Z.cil. (1883-358, Mammalogie). 42 Z. cil. (1897-4451) 42 Chœt. vill. (1917-13. ÎMamnia- logie) 42 Z. cil. (1897-468) 42,9 Z. cil. (1897-463) 42,9 Z. cil. (1897-456) 43,1 Z. cil. (1897-446) 43,4 Z. cil. (1897-460) 44,1 Z. cil. (1897-467) 44,3 Z. cil. (1897-469) 44,4 Z. cil. (1897-473) 46 Z. cil. (1897-455) 46,6 Chœt. vill. (1908-228, Mamma- logie) 47,1 Z. cil. (1897-454) 47,5 Z. cil. (1897-449) 47,5 Chœt. vill. (1918-45) 47,9 378 R. ANTHONY Z. cil. (1883-892) 4cS Chœt. vill. (1907-821, Main- nialogie) 48,1 Z. cil. (1897-472) 49 Chœt. vill 49 Chœt. vill (1898-1594, Mamma- logie) 50 Chœt. PiV/ (1880-1008) 50,6 Z. cil. (1897-4501' 51 Chœt. vill. (1917-232) 52,4 Z. cil. (1897-452) 52,6 Z. cil. (1897-474) 56,2 Dasypus sexcinclus L. (1880- 1005) 56,3 Cabassus unicinctus L. (1901- 1086,Mammalogie) 57,3 D. sex. (1892-2392, Manima- logie) 62,4 D. sex. (1886-137) " 63,8 D. sex. (1910-243, Manima- logie) . .■ 64,4 Pr. gig. (1901-1085, Mam- malogie) 67,1 D. sex. (1886-125) 70,6 Muletia hy brida Desm. (1902- 362-1) Pr. gig. (1885-389 jeune) SCLEROPLEURA Mul. hybr. (1902-362-2) Tatii novemcinctum L. (1901- 241) T. nov. (1901-1088, Mam- malogie) T. riov. (Rivet, Mammalogie) . T. nov. (1868-1362, Mam- malogie) T. nov. (1901-235) T. nov. (1901-403, jeune) T. nov. (1917-129) T. nov. (1911-776, Mamma- logie) T. nov. logie) T. nov. nov. nov. nov. nov. nov. T. T. T. T. T. (1910-242, Mamma- (1913-352) (1901-401) (1900-615) (1902-614) (1880-1934, jeune)... (1883-82) 71,8 72,1 79,7 80 92,7 94,5 100 101 102,2 102,5 102,7 111,1 111,4 119 125 127,2 128,6 135 158,a Moyenne et mode de V indice. Moyenne. Mode. Chœt. vill. (0) 46,7 Z. cil. (20) 45,7 43 D. sex. (5) . T. nov. (15) Moyenne. Mode- . 63,5 » . 116 » Il résulte de ces chiffres qu'au point de vue du rapport de la longueur de la queue à la longueur du corps (bouclier dor- sal), c'est du Dasypus sexcinctiis L. que le Scleropleura (79,7) se rapproche le plus ; il possède même une queue propor- tionnellement plus longue que le Tatou à six bandes. Par l'ensemble des proportions des segments de son corps, le Scleropleura rentre en somme dans le groupe des Dasy- podidm se rapprochant particulièrement du Dasypus. II. — Les solutions de continuité de la carapace. Les solutions de continuité de la carapace qui existent chez le Scleropleura intéressent d'une façon générale la région médiane dorsale du corps, sauf l'extrémité antérieure du bouclier céphalique et la partie postérieure du bouclier scapu- laire. Elles sont surtout importantes dans les bandes mobiles, LES AFFINITES DU « SCLEROI'LEL'RA BRUNETI » :n9 les^ segments pelvien et caudal s'étendant même dans ce dernier jusqu'aux parties latérales, qu'elles intéressent d'ailleurs aussi dans la région des bandes mobiles (Voir fig. 10). Une étude comparée de la carapace des différents Tatous m'a amené à me rendre compte de ce que ce caractère si particulier du Scleropleura n'est, en quel- que sorte, qu'une exagé- ration de ce que l'on ob- serve partout ailleurs chez les Tatous, où la carapace est toujours moins déve- loppée dans la région mé- diane du corps (Voir fig. 11). Ace propos, une question se pose: s'agit-il, dans le cas du Scleropleura, d'une tendance progressive à la disparition des plaques os- seuses dans la région mé- diane du corps, c'est-à-dire d'une évolution régressive de la carapace, ou au con- traire d'un processus de développement progressif de la carapace, qui se montre plus avancé dans les régions latérales que dans la région médiane dorsale du corps. J'incli- nerai à adopter la pre- mière hypothèse, d'abord Fit,'. 10. — Srhéina da la peau du Scleropleura, indiquant les réf^ions céphalique.s (C), sca- {iiilaire (S.), des bandes mobiles (M.), pelvien- ne (P.), caudale (Q.),et les îlots de plaques sous-oculaires (so).— x;/, axe loufriludinai médian. La lippue poinliilée. marginale in- dique les limites probables de la carapace. Les parties couvertes de plaques sont indi- quées en noir ; celles où les plaques sont absentes sont indiquées on grisé. 380 R. ANTHONY pour cette raison que nous savons que c'est ainsi que les choses se passent chez les Aniconodonta (Paresseux et Four- miliers). Le Mylodon^ grand Paresseux quaternaire, possédait dans la peau des osselets dermiques dont les Paresseux Fig. 11. — Coupe longitudinale médiane de la carapace chez le Zaedyus ciliatus Fischer pour montrer son aipincissement dans la région pelvienne. actuels n'ont plus de traces, mais que rappelleraient peut-être les écailles pigmentaires de la queue des Tamandua ; ces écailles seraient les vestiges de celles qui, chez des types antérieurs, recouvraient des plaques osseuses dermiques actuellement dis- parues. Ensuite, pour un ensemble de motifs qui ressortent des recherches que je vais exposer. Quoi qu'il en soit, en l'absence de documents paléon- tologiques suffisants, la question ne paraît pas pouvoir être résolue direc- tement et avec une complète certi- Fig. 12. — Coupes transver- tUQe. sales de la carapace (en gj y^^ g^Jg lougitudinalcment UUe suivant l'alignement bila- /^ -i r • n téraie des plaques) chez le carapacc de Zuedyiis (Voir flg. 11), z„«,,.. ov/„«» Fisci,e.- ^^ ^^ij ^^^ nettement que c'est au céplialique;2,auniveau du nivcaU du boUClicr pclvicu qUC la Ca- bouclier scapulaire ; 3, au , i i • T^^^ , niveau des bandes mobiles; rapaCC CSt le pluS minCC. Elle CSt 4, au niveau du boucher jj^Jj^^^g aUSSi aU uivcaU du boUClicr cé- pelvien. phalique, mince également au niveau de la partie dorsale de l'étui caudal, mais plus épaisse au niveau des bandes mobiles et au niveau du bouclier scapu- laire ; c'est cette dernière partie qui se montre seule garnie de plaques sur la ligne sagittale chez le Scleropleura. Si l'on fait, à différents niveaux, des sections transversales LES AFFINITES DU « SCLEROPLEURA BRUNETl » ;j8 d'une carapace de Zaedy us, on observe également que, dans les différentes régions, la carapace est moins épaisse au voisi- nage de la ligne médiane dorsale qu'au voisinage des bords latéraux (Voir fig. 12). Le Burmeisteria retusa Burm. est un Chlamydophore qui présente, entre autres particularités, celle d'a- voir une carapace incom- plète. C'est un des prin- cipaux caractères qui le sépare du Chlamydopho- rus truncatus Harlan. Si Ton se reporte à la fi- gure de l'auteur qui l'a décrit, il est aisé de se rendre compte de ce que, dans la région dorsale (segments scapulaire et des bandes mobiles), les files transversales de plaques sont distantes ; mais c'est ce que l'on observe aussi chez le Chlamydophorus truncatus Harlan. De plus, et ceci est le point le plus intéressant, le bouclier pelvien du Burmeisteria présente une solution de continuité dans sa portion moyenne qui peut-être n'inté- resse d'ailleurs que les écailles (Voir fig. 13). C'est exactement le lieu où se trouve l'une des plus importantes solutions de continuité de la carapace du Scleropleura. Le Priodontes giganteus Et. Geoffr. présente la paHicu- larité, surtout visible lorsque l'animal est jeune, d'avoir entre les plaques dermiques de la carapace pelvienne (région médiane), et surtout suivant leurs lignes de contact transver- sales, de larges solutions de continuité qui tendent à se combler avec l'âge (Voir fig. 14). Lahille qui a le premier signalé cette disposition ne parait pas avoir exactement compris sa signifi- cation véritable, bien que cependant il la compare à ce qu'on observe chez le Scleropleura (1). Il a vu dans les orifices qui Fig. 13. — Bouclier pelvien de Burmeisteria re- tusa. Burm. (Agrandissement d'une figure de Burmeisler, Abh. Naturf. Ces. Halle, 1863). (1) F. Lahille, loc. citât., p. 17 : «Ayant enlevé, dit l'autour, toutes les écailles de la portion inférieure d'une carapace de Priodon, j'ai rencontré une 'A8± R. ANTHONY semblent en résulter des orifices pileux. Sans doute des poils peuvent-ils émerger à ces niveaux entre les plaques, mais il n'y a là rien de comparable aux pores pileux des plaques FJg. 14. — Région médiane du bouclier pelvien d'un jeune Priodontes. Les espaces entre les plaques sont marqués en noir. — a est un espace particulièrement élargi ; xy, axe longi- tudinal du corps (G. N.). de la carapace d'un Dasypus ; ces derniers pores sont situés en plein en tissu osseux et ont une direction oblique. Cette disposition, qui existe chez le Priodontes dans toute la région centrale du bouclier pelvien, s'atténue à mesure que l'on s'avance vers les régions latérales. Son siège est donc encore exactement le même que celui de la plus importante solution de continuité de la caparace du Scleropleura. disposition que je n'ai vue encore nulle part indiquée et que rien ne pouvait faire prévoir, en considérant la cuirasse soit par sa face externe ou par sa face interne. Dans toute la région centrale du bouclier pelvien et jusqu'à la nais- sance de la queue, les trous pilifères sont énormes et forment de profondes cu- pules disposées verticalement sur les lignes suturales, etc.. » (Voir fig. 27, PI. II, du Mémoire de Lahille.) LES AFFINITÉS DU « SCLEROPLEURA BRUNETI » 383 HI. — La peau et les plaques dermiques. La peau du Scleropleura était, paraît-il, couverte de poils mais, étant tannée, elle n'en a pas conservé de trace. Elle pré- sente, sauf dans les régions où nous avons signalé des solu- tions de continuité, des sortes de grosses verrues contiguës les unes aux autres. Ces verrues étaient peut-être recouvertes d'écaillés épidermiques; mais, si ces dernières existaient, ce qui n'est point certain, le tannage de la peau les a également fait complètement disparaître. Sur toutes ces verrues, sauf sur celles de l'extrémité antérieure du bouclier céphalique, sur celles de la région la plus postérieure du bouclier pelvien et sur celles de la queue, on distingue un centre arrondi, net- tement limité de la partie périphérique par un sillon ; dans cette dernière partie périphérique sont aussi des sillons rayonnant, assez peu marqués, il est vrai, dans certaines régions du corps. Tout ceci représente sans doute la zone centrale, la zone marginale, le sillon centro-marginal, les sillons radiaires d'une plaque de Tatou actuel ou de Glyp- todon (1). Ces diverses parties que je viens d'énumérer sont assez peu distinctes dans les parties latérales du bouclier scapulaire et dans le bouclier pelvien ; elles le sont davantage, au contraire, dans la région postérieure du boucher céphalique, mais non point assez nettes cependant pour permettre de distinguer des pores glandulaires des pores nourriciers ou des pores pi- leux, et il en est de même dans les autres régions de la cara- pace. Dans les bandes mobiles, de même que dans la région médiane du bouclier scapulaire, la zone centrale de chaque plaque fait une saillie marquée. On observera que ni les plaques, ni leur zone centrale ne présentent dans la région des bandes mobiles l'allongement antéro-postérieur qu'elles affectent d'une façon plus nette chez les autres Tatous. J'ai prélevé un minime fragment de la peau du Scleropleura un niveau de la partie latérale gauche du bouclier pelvien. (1) Voir R. Anthony, Catalogue raisonné cl desrriplij des Collections d'OstéoU- gie du Service d'Anatoniie comparée du Muséum d'Histoire naturelle, fasc. XI, Edentata ; sous -fascicule I, Dasypodidœ, Paris, Masson, 1920, p. 12 et 13. ANN. DKS se. NAT. ZOOL., 1Û« S«rie. V, 20 384 R. ANTHONY Ce fragment intéresse deux plaques, et le seul examen macro- scopique permet de reconnaître la présence de plaques os- seuses répondant à Taspect extérieur de la peau. Il est plus que probable que des plaques osseuses semblables à celles que j'ai examinées existent dans toutes les régions où l'aspect verruqueux se constate. Les plaques osseuses sont noyées en plein derme, et la présence d'une couche cutanée d'une certaine épaisseur à leur surface externe permet de sup- poser que, si Fépithélium présentait à ce niveau un certain épaississement, il pouvait ne pas exister pourtant d'écaillés aussi , nettement individualisées que chez les Tatous à carapace complète : chez ces derniers, le derme a subi la transformation osseuse jusqu'à Fépithélium, et ce dernier est représenté par une écaille différenciée. Les plaques du Scleropleiira sont, comme celles des Tatous à carapace com- plète, parcourues de canaux de Havers. IV^. — Les oreilles externes. Les oreilles externes du Scleropleura sont très déformées par la dessiccation, et dans un état qui, par conséquent, se prête mal à l'étude. On peut cependant leur reconnaître les caractères suivants : Elles ne sont pas aiguës comme celles des Tatu par exemple, mais arrondies àleur extrémité, se rapprochant à cet égard de cellesdesro/2//)eM^e5,quisont,il est vrai, plus larges à leur base, se rapprochant surtout de celles du Dasypus sexcinctus L. Il convient de noter que leur extrémité (tubercule de Darwin) porte même comme une légère encoche. Les bords de l'hélix, principalement en dehors, présentent de fines denticulations dues au rehef des petites écailles, dont le pavillon de l'oreille est garni surtout sur sa face extérieure ; ces denticulations, que l'on observe, d'ailleurs, plus ou moins accusées chez tous les Dasypodidés, sont ici peut-être exagérées par la dessicca- tion. La marge interne du pavillon est convexe, alors que sa marge externe, qui est plus mince, est légèrement concave. Il y a comme une indication de lobule que l'on observe aussi chez le Dasypus sexcinctus L.,où elle est moins accusée, et LES AFFINITÉS DU « SCLEROPLEURA BRUNETI » 38: chez le Tolypeutes, où elle Test plus ; le Tatu, dont l'oreille externe est en cornet, ne présente aucune indication de lobule (Voy. fig. 15). L'anthelix possède non loin de sa racine une Ficc. 15. — Oreilles externes: en haut, de] Tolypeutes et de Tatu novemcinctum L. ; en bas, de Dasypus Sexcinctus L. et de cleropleura ( X 11/2). petite saillie pédiculée et à aspect papillomateux, dont on observe aussi la présence chez le Tatu, où elle est peut-être le plus développée (Voy. fig. 16), le Dasypus proprement dit, le ChœtophractuSj le Zaedyus, le Priodontes, le Cabassus et le Tolypeutes. J'ai constaté que, chez le Tatu, cette petite saillie pédiculée est garnie de poils rares et espacés (Voy. fig. 17) ; elle est en outre munie d'un axe cartilagineux en continuation avec le cartilage du pavillon auriculaire. Chez certains Tatous, comme le Tatu, le pavillon de l'oreille 386 R. ANTHONY est très allongé; chez certains autres, comme le Zaedyus et le Chœtophractus, il est très court. Chez le Scleropleura, il est moyennement développé, #31^ comme chez le Dasypus sex- cinctus L. C'est, en somme, de ce dernier animal que le Scleropleura se rapproche encore le plus à cet égard. Comme le signale Milne- Edwards, les oreilles chez le Scleropleura sont trè^ écartées Tune de l'autre. Pour se rendre compte de l'écartement des oreilles chez les divers Tatous, on peut me- surer la distance biauricu- laire ba et la rapporter à la longueur du bouclier céphalique (Le) : ba X 100 3P*f* Fig. 16. — Saillie papillomateuse de l'an- thelix du Tatu novemcincturn L. (Très grossie.) Le Voici la valeur de cet indice chez différents Tatous où je l'ai calculée : DÉSIGNATION DES INDIVIDUS. ba. Le. I. Muletia hy brida L (1902-362-1) 2 2 5,5 8 22 27 75 87 47 31 71 74 45 46 64 71 59 55 65 99 62,5 69 162 171 80 52 106 105 63 63 84 93 3,3 3,4 8,4 8,8 35,2 39,1 46,2 50,8 58,7 1 59,6 66,9 70,4 71,4 73 76,1 76,3 Muletia hybrida L. (1902-362-2) Tatu novemcincturn L. (1880-1934) — novemcincturn L. (1917-129) Toly pentes tricinctus L. (Mammalogie) — ■ conurus Is. Geofïr. (Mammalogie). Priodontes giganteus L. (1870-198) — giganteus L. (Mammalogie) ..... Scleropleura Bruneti A. M. E Ziphila lugubris Gray (1886-468^ Dasypus sexcinctus L. (1886-1251 — sexcinctus L. (1880-1005) Zaedyus minutus Desm. (1883-89) Cabassus unicinctus L. (Mammalogie) Chœtophractus villosus Desm. (1880-1008)... — villosus Desm. (1918-45) M- LES AFFINITÉS DU « SCLEROPLEURA BRUNETI » 387 Le Scleropleura est donc un Tatou à oreilles écartées s'éloi- gnant par ce caractère du Tatu, où elles sont presque au con- tact l'une de l'autre et se rapprochant beaucoup des Dasypo- didés, plus particulièrement du Dasypus sexcinctus L., n M qui est dépassé à cet égard |)j \\ Fig. 17. — Schéma de la saillie papillo- Fig. 18. — Disposition des oreilles pour mateuse de l'anthelix du Tatu novem- montrer leur rapprochement chez le Tatu cinctum L. , pour montrer les poils qui noi'emcinctum L., n° 1880-1934. garnissent. (Très grossi.) par le Chœtophractus. Au surplus, le degré d'écartement des oreilles est en étroit rapport avec la forme du bouclier cépha- lique en arrière. RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS. I. Par sa forme et le mode d'ordonnancement de ses élé- ments, le bouclier céphalique du Scleropleura se rapproche surtout de celui des Dasypodidœ {Dasypus, Chœtophractus Zaedyus), et en particulier de celui du Dasyphus. Ceipenddiui,, il est notablement plus allongé, par rapport à sa largeur, rappelant quelque peu à cet égard le bouclier céphalique du Priodontes. II. Le bouclier scapulaire du Scleropleura est tout à fait 388 R. ANTHONY semblable à un bouclier scapulaire de Dasypus sexcinctus L. Comme ce dernier animal, le Scleropleura possède aussi des épaulettes et qui sont très semblables aux siennes. III. Par le nombre de ses bandes mobiles, c'est encore aux Dasypodidœ que se rattache le Scleropleura, mais il existe cependant chez lui une anomalie (dédoublement de la pre- mière bande mobile) que je n'ai rencontrée que chez les Ca- bassidœ {Cabassus et Priodontes). IV. Par la forme de son bouclier pelvien, le Scleropleura se rattache de même aux Dasypodidse. V. Il se rattache enfin et plus particulièrement au Dasypus et auZ«erf2/M5parles proportions relatives des divers segments de son corps. De ceci, on peut donc conclure que, toutes réserves faites quant à l'insuffisance manifeste des éléments d'information que nous possédons, le Scleropleura est, au point de vue de ses affinités, un Dasypodidé, sans doute plus voisin du Dasypus que des autres formes de la famille, mais spécialement carac- térisé par un allongement particulier, par rapport à sa largeur, du bouclier céphalique et, par conséquent, de la tête. C'est en me basant sur les considérations précédentes que j'ai cru devoir faire, dans mon Catalogue d'Ostéologie (fas- cicule XI, sous-fasc. 1), du Scleropleura le type d'une sous- famille des Dasypodidde, les Scleropleurinœ. D'autre part, le Scleropleura est un Dasypodidé à carapace incomplète, les formations dermiques et épidermiques de sa carapace se montrant particulièrement déficientes dans les régions médianes. C'est en raison, sans doute; de l'absence partielle de sa carapace que l'on ne constate pas chez le Scleropleura la présence de la bande nuchale caractéristique des Dasypodidés. Il est difficile de dire si le Scleropleura est un Tatou à cara- pace encore développée incomplètement ou un Tatou dont la carapace tend à disparaître ; toujours est-il que, chez de nombreux autres Tatous, on constate une moindre épaisseur de la carapace ou une tendance à la disparition de ses élé- ments constitutifs dans la région médiane dorsale du corps. LÉGENDE DES PLANCHES PLANCHE 1 Fi G. I. — La peau du Scleropleava. FiG. IL — Portion latérale gauche de la peau du Scleropleura (intéressant le bouclier scapulaire, les bandes mobiles et le bouclier pelvien) à un plus fort agrandissement. Fi G. m. — Dasypus sexcinctus L, monté. PLANCHE II FiG. IV. — Chœtophractus villosus Desm., monté. FiG. V. — Zaedyus ciliatus Fischer, monté. FiG. VI. — Norma verticalis du bouclier céphalique et de la bande nuchale chez lo Dasypus sexcinctus L. TABLE DES MATIÈRES Introduction {Historique) 351 I. — Les régions de la ca/apate 353 1. Bouclier céphalique 354 2. Bouclier scapulaire 362 3. Bandes mobiles 365 4. Bouclier pelvien 369 5. Étui caudal 370 6. Proportions des segments de la carapace 371 ]I. ■ — Les solutions de contiriuité de la carapace 378 ///. — La peau et les plaques dermiques 383 IV. — Les oreilles externes 384 Résumé et conclusions 387 légende des planches 389 ANOMALIE 44 D'UNE LARVE DE DYTISCUS " Par Louis BOUNOURE UN CAS NOUVEAU D'UNE MONSTRUOSITÉ REMARQUABLE CHEZ LES COLÉOPTÈRES Depuis que Asmuss, en 1835, essaya de rassembler et de classer les différents exemples de monstruosités connus à cette époque chez les Coléoptères, plusieurs auteurs ont apporté des contributions importantes à la tératologie de ces Insectes. Les différents cas qu'ils ont envisagés peuvent se ranger sous un petit nombre de chefs : tout d'abord, ce sont des malformations de peu d'importance, flexions ou courbures des appendices, déformations des élytres, des cornes chitineuses, etc., telles que Mocquerys en a noté dans son Recueil de Coléoptères anormaux (1880) et dont ToRNiER (1900) a cherché l'origine causale dans des actions mécaniques s'exerçant au cours du développement ; — viennent ensuite les monstruosités par formation multiple portant sur les appendices, et comprenant les nombreux cas de schistomélie et de polymélie relevés par Mocquerys (1880) et par Gadeau de Kerville (1898), monstruosités dont ToRNiER (1900) rattache la genèse aux phénomènes de régénération ; — enfin une troisième catégorie comprend les cas d'hétéromorphose, étudiés aussi sous le nom d'homœose .par Bateson (1894), puis par Przirram (1910), et qui consis- tent dans le développement d'organes ou d'appendices à une place qu'ils ne devraient pas normalement occuper. La malformation qui fait l'objet de cette note paraît ne ANN. DES se. NAT. ZOOL., 10* série. V 392 L. BOUNOURE pas pouvoir se classer parmi les faits ci-dessus rappelés. En revanche, elle constitue un cas nouveau d'une monstruosité qui affecte la segmentation du corps, n'a été remarquée jus- qu'ici que chez les Coléoptères et n'est connue à ce jour que par trois exemples seulement, observés tous les trois chez Tenebrio molitor. Le M Kî 5 } 6 6 \ H r _\ 8 Fig. 1. — Schéma des trois variétés de la monstruo- sité chez Tenebrio molitor. — M, cas de Megusar (les chiffres indiquent l'interprétation de cet auteur). — K, et K,, premier et deuxième cas de Kryzenecky. ul _ cas que j'apporte ici a été relevé chez une larve de Dytiscus mar- ginalis et se présente avec des particularités qui, jointes à la rareté de l'anomalie, le ren- daient digne d'être pu- blié. En 1908, Megusar, au cours d'un travail sur la régénération chez les Coléoptères, trou- vait une larve de Tenebrio (fig. 1, M), qui montrait une curieuse anomalie de certains segments de l'abdomen : « Von den ersten fiïnf Abdominalsegmenten waren aile vollstàndig normal parallel hintereinander gestellt, das sechste und siebente Segment dagegen zeigten jolgende Stellung: das sechste Seg- ment verlàiijt schief iiber den Kôrper i^'om fiïnf ten bis ziim achten Segment^ das siebente Segment ist in zwei dreieckige Abschnitte geteilt^ von welchen jeder den Kôrper seitlich iim- fasst und mit der Spitze das sechste Segment beriihrt. Es ist fôrmlich eine Kreuzung der Segmente unter einem schiefen Winkel vorhanden. Das achte und neunte Segment sind wieder normrecht entwickelt (1). » Ce cas resta isolé jusqu'en 1914, où Kryzenecky, parmi de très abondants élevages de Tenebrio molitor, découvrit deux cas d'anomalies segmentaires du même type, affectant également chez la larve la face dorsale des cinquième, sixième et septième segments abdominaux. Dans une pre- (1) Franz Megusar, Die Régénération der Coleopteren (Archw. jUr Ent- wick. mech., Bd. XXV, 1908, p. 165). ANOMALIE D UNE LARVE DE « DYTLSCUS » 393 mière larve (fig. 1, K,), le sixième segment est décomposé par un sillon oblique en deux moitiés : l'une antérieure en partie fusionnée avec le cinquième segment, dont la sépare seulement un petit sillon incomplet, l'autre postérieure fusionnée de même en partie avec le septième segment. Dans la deuxième larve (fig. 1, K2), le sixième segment est aussi divisé en deux moitiés ; mais la moitié antérieure, petite, triangulaire, demeure isolée du côté droit, tandis que la moitié postérieure, comme dans la larve précédente, s'unit en partie avec le segment voisin, c'est-à-dire le septième, un petit sillon incomplet persistant du côté gauche entre ces segments fusionnés. Kryzenecky, à la suite de Megusar, interprète cette structure anormale comme un entre-croisement des seg- ments {eine Kreuzung der Segmente) ; il la considère comme très rare, y voit une mons- truosité typique des Arthopodes, puisqu'elle affecte la segmentation, caractère essentiel de ces animaux, et il propose de la désigner sous le nom de consertio segmenti. D'après les observations des deux auteurs précités, la monstruosité se perpétue à travers la métamor- phose et se retrouve chez l'Insecte adulte. La larve de Dytiscus marginalis qui m'a offert le même genre d'anomalie se trouve représentée par la photographie de la figure 2 (1) ; elle fut recueillie en 1912 au cours des élevages que je faisais alors de ces Insectes aquatiques et dont j'ai rendu compte dans un mémoire précédent (1919). C'est la première fois qu'est si- gnalée (2) chez le Dytisque cette monstruosité très rare, pré- cédemment étudiée chez le Ver de farine. Fig. 2. — Photo- graphie de la hirve mo ns- trueuse de Dy. liscus (gr.nat.). (1) Cette photographie a été faite par les soins obligeants de M. le D'' Bunu, conservateur du Musée zoologique de Strasbourg, à qui j'adresse ici mes bien vifs remerciements. (2) Si j'ai attendu jusqu'à ce jour pour faire connaître ce nouveau cas de l'anomalie en question, ce n'est pas seulement à cause de la guerre, c'est sur- tout parce que j'ai longtemps cherché, mais en vain, à retrouver cette mons- truosité chez d'autres larves de Dytisques ou d'autres insectes. 394 L. BOUNOURE L'anomalie affecte ici non pas la partie reculée de l'abdo- men, mais les deux derniers segments thoraciques et le pre- mier segment abdominal (fig. 3). Ces trois segments sont soudés deux à deux sur la face dorsale, de façon à former deux complexes segmentaires : un premier complexe cons- A Fig. 3. — Larve de Dytiscus marginalis, région des segments anormaux; A, face dorsale ; B, côté gauche; C, côté droit. —I, II, III, les trois segments thoraciques. — 1, 2, pre- miers segments abdominaux (gross. : 3-1.) titué par les deuxième et troisième segments thoraciques (II et III), complètement fusionnés à gauche, mais nettement séparés à droite par un demi-sillon qui s'étend exactement jusqu'à la ligne médiane dorsale ; et un deuxième complexe, formé par le troisième segment thoracique (III) et le premier segment abdominal (1), qui, inversement, sont fusionnés à droite et distinctement séparés à gauche par un demi-sillon. C'est, en somme, une consertio segmenti^ sous la forme observée par Kryzenecky dans la région postérieure de l'abdomen de son premier Tenehrio (fig. 1, Ki). Mais ici, chez le Dytisque,la fusion des segments se produit à l'union du thorax et de l'abdomen et unit deux anneaux empruntés à l'une et à l'autre région. Il semble qu'on pourrait y voir, si elle n'était superflue, une preuve supplémentaire de l'iden- ANOMALIE d'UiNE LARVE DE <( DYTISCUS » 395 tité de nature anatomique et de rhomodynamie des segments du thorax et de l'abdomen chez les Arthropodes. A l'inverse de cette particularité, spécialement limitée au cas nouveau que je fais connaître, il est une remarque qui s'applique aux quatre exemples jusqu'ici connus : c'est que l'anomalie est telle qu'elle respecte toujours le nombre normal des segments. Que chez l'une quelconque des larves mons- trueuses on compte les segments à droite ou à gauche de la ligne médiane en faisant abstraction de l'autre moitié du corps, toujours les anneaux paraissent être en nombre normal et régulièrement disposés. Ce caractère, à cause de sa constance même, me paraît important, et il doit en être tenu compte dans l'interprétation de la monstruosité qui le manifeste. Les auteurs précédents paraissent avoir vu surtout, dans cette anomalie, un entre-croisement segmentaire: ainsi, pour Megusar, dans le Tenehrio observé par lui, le sixième segment s'est disposé obliquement de manière à croiser le septième et à le diviser en deux demi-segments. Mais, devant les cas nouveaux apportés par Kryzenecky, il est beaucoup moins facile de croire à un entre-croisement des anneaux; et j'ajouterai que, dans la larve de Dytisque que j'ai observée et qui reproduit la disposition des segments du premier Tenebrio de Kryze- necky, rien ne permet réellement de penser que Tun des seg- ments a chevauché obliquement le suivant en le coupant en deux. A mon avis, la monstruosité consiste plutôt en une fusion des segments deux à deux, fusion complète ou incom- plète, caractérisée par cette particularité qu'elle s'accompagne toujours d'une subdivision de l'un des segments ou des deux segments intéressés ; il y a trois variantes connues : 1^ Tenebrio de Megusar : fusion complète de deux segments (sixième ef. septième abdominaux) en un segment oblique ; ce fusionnement est compensé par- l'existence de deux demi- segments triangulaires, l'un formé aux dépens du sixième segment et adjacent au cinquième, l'autre détaché du sep- tième segment et adjacent au huitième. 2° Deuxième Tenebrio de Kryzenecky : fusion incomplète de deux segments (sixième et septième abdominaux) ; la fusion est compensée du côté où elle se produit (côté droit) 396 L. BOUNOURE par l'existence d'un demi-segment formé aux dépens du sixième, 3"^ Premier Tenebrio de Kryzenecky et Dytiscus de l'au- teur : fusion incomplète et alternante, deux à deux, de trois segments consécutifs (cinquième, sixième et septième abdo- minaux chez le Tenebrio, deuxième et troisième thoraciques et premier abdominal chez le Dytiscus), le segment intermé- diaire se subdivisant obliquement pour fournir les deux demi-segments qui s'unissent respectivement au segment précédent et au segment suivant. En somme, il s'agit bien d'une anomahe de la segmenta- tion consistant à la fois dans une soudure des anneaux et dans une subdivision oblique de certains d'entre eux, qui vient compenser la fusion segmentaire : de telle sorte que la mons- truosité reste dans le domaine de la forme sans affecter celui du nombre. Tout se passe comme si la constance de compo- sition segmentaire du corps de l'Insecte résistait avec succès fi l'effet d'jnrluences tératologiques qui déforment certains- segments sans pouvoir en modifier le nombre. INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 1835. AsMuss, Herrmann Martin, Monstrositates Coleopterorum, commen- talionem pathologico-entomologicam, Rigae et Dorpati, 1835. 1894. Bateson (William), Materials for the study of iariation, London, 1894. 1919. BouNouRE (Louis), Aliments, chitine et tube digestif chez les Coléoptères (Coll. Morph. dynam., vol. V, 1919). 1898. Gadeau de Kerville (Henri), Sur la furcation tératologique des pattes, des antennes etdespalpes chez les Insectes [Bull. Soc. entom. Fr., 1898). 1914. Kryzenecky (Jar), Ueber eine typische Kôrpermissbildung der Ar- thropoden {Anat. Anz., XLV, 1914, 64-73). 1908. Megusar (Franz), Die Régénération der Coleopteren [Arch. /. Entwick. mech., XXV, 1908, 148-234). 1880. MocQUERYS (M. S.), Recueil de Coléoptères anormaux, Rouen, 1880. 1910. Przibram (Hans), Die Homoosis bei Arthropoden [Arch. /. Ent^vick.- mech., XXIX, 1910, 587-615). 1900.ToRNiER (G.),Das Entstehen von Kâfermissbildungen, besonders Hyper- antennie und Hypermelie (Arch. f. Entwick.-mech., IX, 1900, 501-563). SUR L\ NATUIiE DE LA GLU DES EUTERMES Par Jean BATHELLIER Les soldats des Eutermes projettent sur leurs adversaires, par le moyen d'un rostre frontal, une liqueur gluante très visqueuse. Ceux-ci ne peuvent ensuite s'en débarrasser et meurent rapidement. J'ai fait connaître le rôle défensif de ce liquide dans une espèce très répandue en Cochinchine, Y Eutermes matangensis Havil., dont je dois la détermina- tion à l'aimable obligeance du savant M. Bugnion. Le présent travail est consacré aux essais que j'ai faits en vue de connaître la nature de cette matière visqueuse. La matière est contenue dans un sac glandulaire en forme de demi-tore, dilaté à ses deux extrémités, qui occupe la partie latérale et postérieure de la tête. Il est en relation avec l'exté- rieur par un canal médian chitineux mince graduellement rétréci, qui aboutit à l'extrémité du rostre. L'insertion de ce canal sur le réservoir à glu peut se repré- senter approximativement par l'intersection d'une surface conique avec un tore, l'insertion s'étendant seulement de l'équateur au sommet du tore. La projection de la matière gluante est due à la contraction de fibres musculaires qui occupent les parties latérales de la tôte. Ces fibres sont obliques, insérées, d'une part, à l'équateur du demi-tore glandu- laire et, d'autre part, au milieu de la voûte de la tête pour les fibres supérieures, au milieu du plancher pour les fibres inférieures. Elles dessinent ainsi une figure losangique; par contraction, le losange tend à s'écraser; ses angles supérieurs demeurant fixes, les angles latéraux tendent à se rapprocher. Le sac glandulaire étant placé entre ces derniers se trouve comprimé, ANN. DES se. NAT. ZOOL., 1((0 s.jrio. V, "^7 400 J. BATHELLIER et le liquide qu'il contient est chassé en dehors. Le méca- nisme a d'ailleurs déjà été décrit par Bugnion à propos du Termite noir de Ceylan, Étant données les faibles dimensions de l'animal que j'ai étudié, il est clair que je ne pouvais me procurer de grosses quantités de liquide gluant. La longueur totale de la tête est voisine de 1'^^ï^,80 ; je ne crois pas qu'elle contienne 1 milli- mètre cube de glu. J'ai eu recours aux procédés de la microchimie : par com- pression je forçais les soldats à déposer une partie de leur Hquide visqueux sur des lames de verre bien propres. Ces lames de verre étaient du modèle habituellement employé pour faire des préparations microscopiques. Je faisais ensuite subir différents traitements à la glu ainsi obtenue, et je contrôlais les transformations qu'elle subissait au moyen d'une loupe binoculaire donnant un gros- sissement d'environ 20 diamètres. Aspect physique. — La glu du Termite considéré se pré- sente comme un liquide incolore, transparent, parfaitement limpide même au microscope. Il est très visqueux, très réfrin- gent. Il dégage une assez forte odeur aromatique, très sem- blable .à celle de l'essence de cèdre. Abandonné à l'air, ce liquide devient de plus en plus visqueux. Au bout de peu jours, on peut déjà le toucher avec une aiguille sans qu^il s'y attache sensiblement. En moins d'une semaine il a acquis une consistance vitreuse et se détache en éclats sous le choc de la pointe d'acier. En même temps, l'odeur devient plus franchement résineuse. Solubilité. «— La glu des Termites est insoluble dans l'eau. Si l'on écrase dans ce hquide une tête de soldat, la glu qu'elle contient vient en partie s'étaler à la surface de l'eau. Elle est donc d'une densité moindre que l'unité. Elle forme une sorte de pelhcule qu'on peut, après quelque temps, retirer à la pointe d'une aiguille. Elle y adhère, se plisse tandis qu'on la retire et enfin forme un petit amas visqueux à l'extrémité de l'aiguille. Si on met de l'eau sur une lame de verre ayant déjà reçu des gouttelettes de glu et que l'on chaufîeletout, la gluaban- iNATURK DE T,A r.LU DES EUTERMES 'lOI donne totalement la lame de verre et vient s'étaler en disques à la surface de l'eau. La glu des Eutermes en question est parfaitement soluble dans l'alcool à 95°, le xylol, l'éther, le chloroforme, l'essence de térébenthine. On la retrouve ensuite par évaporation de ces différents solvants. Action de la chaleur. — Si fort qu'on la chaufïe, la glu d'Eutermes ne coagule pas. Elle reste absolument limpide tant qu'elle n'est pas détruite. Voici ce qu'on observe en faisant agir graduellement la chaleur. Tout d'abord, la glu devient de plus en plus liquide. Vers 70°, elle coule comme de l'eau. Alors les gouttelettes, les taches irrégulières déposées sur le verre se rassemblent en gouttes. A une température voisine de 100^, la glu laisse échapper des vapeurs aromatiques qui se condensent rapidement. Le résidu hyalin devient, à ce moment, bien plus visqueux. Refroidi à la température ordi- naire, il se brise en éclats sous le choc de l'aiguille. Chauffé de nouveau, il fond. La chaleur augmentant, il y a encore émission de vapeurs, et enfin on observe un très faible résidu carbonisé. J'ai étudié de plus près l'action de la chaleur au- dessous de 100^ par le procédé suivant : Ayant étiré un tube capillaire fin, j'en perçai successive- ment la tête de deux soldats de termites et aspirai une partie du contenu visqueux. Ensuite je fermai le tube à la lampe, par l'extrémité fine. Ce tube fut placé dans un vase contenant de l'eau chauffée peu à peu ; un thermomètre m'indiquait la température à chaque instant. Chaque fois que le thermomètre montait d'un degré environ, j'observais le tube capillaire à la loupe binoculaire. Par suite du mode d'aspiration, la glu contenue dans le tube était divisée en plusieurs index séparés par des bulles d'air. La longueur totale occupée par ces bulles et le liquide était à peu près de 8 millimètres, celle du liquide supposé continu de 6 milhmètres. Vers 83^, il y a, sans doute, un premier départ de vapeurs : la glu est fluidifiée et les bulles d'air séparant les index ont disparu. Dès lors le liquide forme une seule colonne. 402 J. BATHELLIER A 95° il apparaît des bulles de vapeur qui divisent de nouveau cette colonne en trois fragments ; à 100°, elles ont disparu et l'index est redevenu unique. Ceci semble indiquer que, lorsqu'on chauffe, il y a émission par la glu de plusieurs produits volatils dont le plus volatil paraît être abandonné vers 85°. Tout ce qui précède indique que le liquide visqueux des Eutermes est une matière aromatique, une résine; cela res- sort encore plus nettement de ce qui va suivre. Combustibilité. — La glu des soldats d'Eutesmes observés est combustible. Prenons un de ces animaux avec une pince fine et présentons sa tête à la base d'une flamme d'alcool, là où elle est presque incolore : la tête du termite émet de petites flammes, courtes, éclairantes, un peu fuligineuses, très semblables à celles que donnerait un mince éclat de sapin dans les mêmes conditions. L'émission de flammes éclairantes est instantanée si on a fait sourdre une goutte de glu à l'ex- trémité du rostre du soldat. Une tête d'ouvrier de la même espèce traitée de la même façon se carbonise mais n'émet pas de flammes. Action des alcalis. — Cette action a été expérimentée avec de la soude, de la potasse, de l'ammoniaque. Au contact de l'alcali, la tension superficielle de la glu diminue. Elle se laisse étirer en longs filaments. Il devient facile, par agitation, d'y faire pénétrer du liquide aqueux : on a une émulsion blanchâtre.. On peut rouler cette émulsion en boule, la séparer de l'aiguille et la disposer sur le verre. Par le repos elle se défait. L'action prolongée de l'alcali est un peu différente. Aban- donnons trois jours des gouttelettes de glu dans une solution concentrée de soude. Elles restent sphériques mais deviennent dures. Elles sont à présent nettement mouillées par l'eau. Si, dans ce liquide, nous les triturons à l'aiguille, elles se dépri- ment, s'aplatissent et n'adhèrent pas au support. Si on presse plus fort, elles se rompent en morceaux. Si nous mettons dans l'eau qui contient ces fragments une goutte d'acide sulfurique concentré, la glu retrouve immédia- tement sa viscosité première. Elle se sépare de l'eau, redevient NATURE DE LA GLU DES EUTERMES iOIJ fluide, adhère à raiguille et au verre. Il y a, sans doute, par le traitement alcalin, une sorte de saponification que défait l'acide sulfurique. Action de la teinture de rouge Soudan III. — Le liquide de la tête du Termite fixe électivement ce colorant. L'expé- rience, réalisée dans les conditions suivantes, est très nette. Exprimons sur une lame de verre des gouttelettes de glu d'Eutermes. Ajoutons-y quelques gouttes de solution saturée, de Soudan III dans l'alcool à 70*^. Le colorant se fixe électi- vement sur les gouttelettes de glu, celles-ci devenant immé- diatement bien plus colorées que l'alcool qui les recouvre. Elles s'y dissolvent d'ailleurs peu à peu. Mais bientôt, la teneur alcoolique du liquide baissant trop, la résine précipite sous forme de très petites gouttelettes fortement colorées en rouge. La conclusion de tout ceci me parait devoir être ainsi for- mulée : La glu du soldat d'Eutermes étudié est une matière rési- neuse. L'action de la chaleur en extrait des parties volatiles, essences ou huiles aromatiques ; il reste un résidu fixe assez comparable à la colophane de la résine du pin. (Saigon, Laboratoire de pathologie végétale.) NOTE SUR UN NID DE " POLISTES GALLICUS " Par Lucien BERLAND L'été de 1921 a été caractérisé par la gTande abondance des Guêpes, un peu dans toutes les régions de la France, au point que, dans certains endroits, on s'en est plaint comme d'un véritable fléau. On peut supposer que ce fait était dû à la grande chaleur et à l'absence de pluies, facteurs favorisant l'activité de ces Hyménoptères, et leur permettant de travailler pendant un plus grand nombre de jours et, par conséquent, d'élever un plus grand nombre de larves. J'ai trouvé, au mois d'août, à Mauny, localité limitropbe des départements de l'Yonne et de l'Aube, et située sur un terrain qui a l'aspect et la constitution de la Champagne pouilleuse, dont il est un prolongement, un nid de Polistes gaîlicus qui présente des particularités dignes d'être signalées. Ses dimensions, d'abord, étaient tout à fait inusitées. Alors qu'un nid de P. gaîlicus^ même dans les régions les plus favorables, ne mesure guère que 3 centimètres de diamètre et ne compte qu'environ cinquante à soixante alvéoles, celui-ci avait la forme d'un ovale irrégulier, dont le grand axe mesurait 14 centimètres, et le petit axe 9 centimètres ; il comptait au moins trois cents alvéoles. Ce nid était placé sur le sol, accroché à une assez petite pierre ; son plan était vertical, de sorte que les alvéoles du centre avaient un axe horizontal. La population en était naturellement beaucoup plus nombreuse que de coutume; elle était de plus de deux cents individus. A ce moment, le nid était le centre d'une grande activité ; on y voyait un bon nombre de femelles et d'ouvrières, et aussi des mâles, ANN. DES se. NAT. ZOOL., 10^ série. V 406 L. BERLAND qui sortaient butiner pour leurs besoins personnels. Bien que ce fût déjà presque la fin de la saison, il s'y trouvait encore des larves; on les voyait s'avancer à l'entrée de l'alvéole lorsqu'une ouvrière s'approchait et celle-ci donner la becquée à la larve. Vn autre nid tout à fait semblable se trouvait à quelque Fip. 1. — îNid de PoUstes gdilicus, vu de face, réduit de moitié environ. (Le Polisies, placé du côté gauche, sur le nid, donne la proportion du nid par rapport à la Guêpe.) distance, ce qui montre bien qu'il ne s'agissait pas là d'un cas exceptionnel. Je ramenai le premier nid à Paris, avec ses habitants, et les Guêpes vécurent plusieurs mois, alimentées d'eau et de miel, qu'elles prenaient avec avidité. Confiant en ce principe que ce sont des Hyménoptères carnassiers, je leur offris à plusieurs reprises des mouches ou des morceaux de viande, qu'elles semblent apprécier dans la nature, mais elles n'en firent aucun cas. Ce n'est évidemment qu'au moment où elles élèvent des larves, et uniquement pour l'alimentation de celles-ci, qu'elles usent de substances carnées. Leur nou- riture personnelle ne se compose que du suc des fleurs et aussi, peut-être occasionnellement, de la sécrétion buccale de leurs larves, qu'elles vont solliciter à la bouche de celles-ci, ainsi que l'a établi Roubaud {Ann. iSc. nat., 1916). Petit à petit, les Guêpes moururent, et il ne restait plus xMD DE « l'OLISTES (".ALLICUS » 407 qu'une vingtaine de femelles, à l'entrée de l'hiver, qu'elles passèrent dans une complète immobilité, se réveillant seule- ment lorsque la température s'élevait. Vers le mois de mars 1922, dont le début a été très chaud, et qui était le moment où elles auraient songé à fonder de nouvelles colonies , elles reprirent une certaine activité, mais, n'ayant pas été Fig. 2. — Le inènie nid de Polistes gallicus, vu par la face postérieure, laoïilraiU les alvéoles construils sur cette face. mises en liberté, celles qui restaient moururent peu après. Ce nid, outre sa taille, présentait encore une particularité des plus remarquable. Pressées par leur propre nombre, les ouvrières avaient augmenté le nombre de leurs cellules jusqu'au moment où, sans doute, elles avaient atteint les limites de leur pouvoir de construction dans un plan. Alors elles commencèrent à édifier leurs cellules sur le côté supérieur du nid, ainsi que le montre la figure 1, si bien que l'axe en devenait vertical, au Heu d'être horizontal, comme il l'est dans la partie normale du nid. Puis, continuant ce mouvement, elles arrivèrent à placer des alvéoles sur le côté postérieur, c'est-à-dire en opposition des cellules constituant leur nid normal, si bien qu'à cet endroit il y avait des alvéoles sur deux plans (fig. 2). Or, on sait que c'est justement l'une des principales carac- 408 L. BERLAND Fig. 3. — Coupe un peu schématique du nid, dans la partie supérieure, montrant la manière d'intercaler le sommet des alvéoles des deux- faces. téristiques de la canstruction des Guêpes, par rapport à celle des Abeilles, d'avoir des rayons ne présentant jamais d'al- véoles que d'un seul côté, tandis que les Abeilles en placent des deux côtés. Nous nous approchons ici de la construction classique des Abeilles. Il était intéressant de voir comment les Polistes avaient réso- lu ce problème tout à fait nouveau pour elles : oppo- ser des alvéoles qui se touchent par le fond. Les Abeilles en ont trouvé la solution géométrique en donnant à leurs alvéoles un sommet pyramidal. Les Polistes auraient pu leur donner simplement un fond plat, mais elles ne l'ont pas fait et ont adopté un moyen qui se rapproche beau- coup de celui des Abeilles : elles n'ont pas placé les cel- lules bout à bout, mais les ont intercalées, en amincissant les sommets, de façon à les placer dans les intervalles les unes des autres (fig. 3). En somme, ces Guêpes ayant été placées dans des con- ditions naturelles différentes de celles où elles se trouvent normalement, elles y ont adapté leur instinct et ont édifié un nid qui n'est plus celui qu'elles ont toujours construit, mais qui se rapproche du rayon des Abeilles, que l'on considère comme la construction la plus parfaite des Insectes sociaux. Cette observation me paraît montrer une certaine souplesse de l'instinct et diminuer la distance qui sépare ces deux groupes d'Hyménoptères. TABLE DES MATIERES DU TOME V 1922, par le professeur Bouvier 5 Migrations et acclimatements malacologiques dans la vallée de la Loire, par L. Germain 9 La larve de la Luciole [Luciola lusitanica Charp.), par E. Bugnion. . . 2',) La migration reproductrice et la protandrie de l'AloseFeinte (Alosa finta L.), par L. Roule f')l Sur Mesoglicola Delagei "Quidor et son hôte, par A. Quidor 77 Modifications périodiques ou définitives des caractères sexuels secon- daires chez les Gallinacés, par A. Pézard 83 Le venin des Fourmis, en particulier l'acide forniique, note de Robert Stumper 105 Classification et caractères distinctifs essentiels des Pycnogonides appar- tenant à la série des pycnogonomorphes, par M. E.-L. Bouvier.. 113 Observations sur la locomotion chez VOcypode chevalier {Ocypoda hippeus Olivier), par Ch. Gravier 1 1 ■• Les caractéristiques des Oiseaux suivant le mode de vol. — Leur applica- tion à la construction des avions, par A. Magnan 125 Descriptions d'espèces nouvelles du genre Musca, par J. Villeneuve. . 335 Mj-odaires supérieurs paléarctiques nouveaux, par J. Villeneuve.... 337 Le Thcocarpus myriophyllum L. et ses variétés, par A. Billard 3''i3 Les affinités du Scleropleura Bruneti A. -M. Edw., Tatou à cuirasse incom- plète, par R. Anthony - 351 Anomalie d'une larve de Dytiscus, par L. Bounoure 391 Sur la nature de la glu des Eutermes, par J. Bathellier. . . . .• 399 Note sur un nid de Polistes gallicus, par L. Berland 405 8350-23. CORBEIL. — IMPRlMF.niE CRETE. Ann. des Se. nat., lo" Série. Zool. Tome V. PL I .^^^H^ 4ff//(i(,iMM^. ^^ Envergure et morphologie des divers types d'oiseaux vus de face. Masson et Cie, Editeurs. , CATALA FllElti:,rAWI. Annales des Sciences nat., 10^ Série. Zool. Tome V. PL IV ^^ùm'i ^<^: '■' '■'*:' "^^ ^*^^nnê^ ♦ Formes et position du Maitre-couple. Masson et Cie, Éditeurs. . CAT*LA f»£RES, PA«IS. Annales des Sciences nat., W^ Série. Zool. Tome V. PI V ''"..*, i:rA.i:>.^i^ ^^^'^^--^iS*^*'-*'*^^^ Formes et position du Maître-couple. Masson et Cie, Éditeurs. lUP. CATALA FKEIIES, PARIS Annales des Sciences nat., 10<^ Série Zool. Tome V. PL VI 'M ^"^^^Uu îv:vîV^^i^ '^^:,..i^ 2 y \ l' k ^ ^r "'^<-. '^^-w.^^ ,^ Position du Centre de gravité suivant les groupes. Masson et Cie, Éditeurs. CATALA FftÉRES, PARIS. Annales des Sciences nal., 10^ Série. Zool. Tome V. PI. VII m.. ^^^^^i^Ax^^ Position du Centre de gravité suivant les groupes. Masson et Cie, Éditeurs. . CftTALA FRÈRES, PARIS. Annales des Sciences nat., 10^ Série. Zool. Tome V. PI VIII '^^MB '^«^w, ^-i:.'^"»^ li.>.^^~ Position du Centre de gravité suivant les groupes. Masson et Cie, Éditeurs. (MP, OTALA FDËIIES, PUIS. Annales des Sciences nat., 10^ Série. Zool. Tome V. PL IX ^ '-^■^^iU'"' ^ Position du centre de gravité suivant les groupes. Masson et Cie, Éditeurs. lUP. CATALA nCRES, PAfllS. Annales des Sciences nat., 10^ Série. Zool. Tome V. PL X Position du Centre de gravité suivant les groupes Masson et Cie, Éditeurs. lUP. CATALA FURCS, PADIS. Annales des Sciences nal., 10^ Série. Zool. Tome V. PI. XI '■^rxri 4 ■i 11 Grandeur relative des rayons osseux des bras. Masson et Cie, Editeurs. lyp, CATALA FRÈRES, MUS. Annales des Sciences nat., 10^ Série. Zool. Tome V. PL XII -^' Le développement du bréchet en fonction du vol. Masson et Cie, Éditeurs. lUP. CATALA FRCRES. PARIS. Annales des Sciences nal., 10^ Série. Wk ^■^,k--<} '^■1' W. \V eh "t^ ''NI Zool. Tome V. PL XIV 10 11 La grandeur relative du sternum vu de face. Masson et Cie, Éditeurs. lUP, CATALA FR£ftES, PAftIS. Annales des Sciences nat. W^ Série. Zool. Tome V. PL XV Cintraci, photo. Inip. Catahi frcres, Paris SCLEROPLEURA BRUNETI (PI. I) Annales des Sciences nat. 10^ Série. ZooL Tome V. PL X VI IV VI Cintract, photo. Imp. Catal.i frères, l'aris SCLEROPLEURA BRUNETI (PI. II) Masson et Cie, Editeurs. X- SÉIIIK. ï. V N»- 1 et-'. ANNALES SCIENCES NATURELLES ZOOLOGIE C.O M l'FKN A NT l/ANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CLASSIFICATION ET L'HISTOIRE NATIIHELÎ-E ORS ANIMAUX PIIHI.IRK SOUS I.A KIUKC.TION l>K M. E.-L. BOUVIER rOMK V. — N<» 1 et 2. .N^ PARIS MASSON I:T C", ÉDITEIJHS Il BU Al MES DK l'académie DE MRDKCINE lîft, BOIII.EVAHl> SAINT-OBHMAIN ( VI*) 1922 Ce fascicule a été publié en mars 1922 Conditiona de la publication des ÀJinales des sciences naturelles BOTANIQUE Publiée sous la direction de M. J, Costantin. L'abonnement est fait pour 1 volume gr. in-8, avec planches et figures dans le texte. Ce volume paraît en plusieurs fascicules. , ZOOLOGIE Publiée sous la direction de M. E.-L. Bouvier. L'abonnement est fait pour 1 volume grand in-8, avec planches et figures dans le texte. Ce volume parait en plusieurs fascicules. Abonne77ieî)t à chacune des parties. Zoologie ou Botanique : France : 40 francs. — Union postale : 40 francs. (Épuisée. ) {Rare.) 450 fr. 275 fr. 275 fr. 275 fr. 350 fr. 350 fr. 350 fr. 40 fr. Prix des collections : Première Série (Zoologie et Botanique réunies), 30 vol. Deuxième Sériiî (1834-1843). Chaque partie, 20 vol. Troisième Série (1844-1853). Chaque partie, 20 vol. {Les années 1SM et 1S53 sont épuisées.) Quatrième Série (1854-1863). Chaque pa^-tie, 20 vol. (Les années 1S54 et 1863 sont épuisées.) Cinquième SÉRIE (1864-1874). Chaque partie, 20 vol. Sixième Série (1875-1884). Chaque partie, 20 vol. Septième Série (1885-1894). Chaque partie, 20 vol. Huitième Série (1895-1904). Chaque partie, 20 vol. Neuvième Série (1905-1915'i. Chaque partie, 20 vol. Dixième Série (1916-1920). Tomes I, II, III et IV à ANNALES DES SCIENCES GÉOLOGIQUES Dirigées par MM. Hébert et A. M ilne- Edwards. Tomes I à XXII (1879-1891). 22 volumes 440 fr. Cette publication a été remplacée par les ANNALES DE PALÉONTOLOGIE , publiées sous la direction de M. M. Boule. Abonnement annuel : Paris et Départements. . . 50 fr. — Étranger 60 fr. Le Fascicule : 15 fr. MASSON ET C'% ÉDITEURS LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE I20, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, I20 — PARIS VI« ARR. ANIMAUX VENIMEUX ET VENINS PAR LE D*^ MARIE PHISALIX avec une préface du P^ LAVERAN 2 Volumes grand in-8, formant ensemble 1600 pages, avec 521 fig. en noir et 17 planches hors texte, dont 8 en couleurs, 120 frs. net. Cet ouvrage comprend la fonction venimeuse tout entière, c'est-à-dire la fonction toxique chez les animaux, et V Anatomie des Appareils venimeux dans tous les groupes zoologiques. C'est une œuvre de portée générale, aussi bien que de documentation précise et étendue, par son développement même et les références bibliographi- ques qui accompagnent chacun des sujets principaux des différents chapitres. Il coordonne les acquisitions anciennes et moder- nes, montre l'importance des espèces venimeuses. Il fixe le sens biologique de la fonction venimeuse. Il montre enfin les rapports étroits que présente la connaissance des animaux venimeux et des venins avec les principales branches des sciences naturelles et médicales : Anatomie comparée, Chimie biologique, Physiologie, Pathologie et Médecine tropicales, Parasito- logie, Protozoologie, Thérapeutique. TABLE IVh:S MATIERKS CONTENU KS DANS CE CAHIKB 1922, par M. E.-L. Bouvier J Migrations et Acclimatement malacologiques dans la vallée de la Loire, par Louis Germain 9 La Larve de la Luciole, par E. Bugnion 29 La Migration reproductrice et la Protandrie de l'Alose feinte, par Louis Roule 61 Sur Mesoglicola Delagei Quidor et son Hôte, par A. Quidor. . . 77 Modifications périodiques ou définitives des caractères sexuels secondaires et du comportement chez les Gallinacé.es, par A. Pézard .' 83 Chimie physiologique. — Le venin des Fourmis, en particulier l'acide formique, par Rorert Stumper 105 Classification et caractères distinctifs essentiels des Pycnogo- nides appartenant à la série des Pycnogonomorphes, par M. E.-L. Bouvier 113 o3l6-î2. — CoHBiiL. imprimerie Cuirt. SÉHIK. T. V. N'^ !!, i et.i ANNALES SCIENCES NAfURELLKS ZOOLOGIE COM l'H KN A IN T L'ANATOMIE, LA PHYSIOLOGfK, LA CLASSIFICATION KT f/HISTOIRK NATllliKLLK DKS ANlftLMIX PI!KI,tF.K sous I.* DIHKCriON DK M. E.-L. BOUVIER roMK V. — .N>» H. i el 5. FÂRLS iMASSON ET C", KhlTEllIiS LIBRAIRES DB: I.'aCADRMIR DE M K l> i: C I N K l".M», BOUI.EVAKD SAINT-HKKMAIN (Vl«) 1922 Ce l'ascii'ule ;i été piihlié «n octobre l!>i:2. Co?uiitions de la publication des Annales des sciences naturelles BOTANIQUE Publiée s'^iis la direction de M. .1. Costa.ntin. Labonnement est t; -il pour 1 volume gr. in-8, avec planches et figures dans le texte, (le volume paraît en plusieurs fascicules. ZOOLOGIE Publiée sous la diiection de M. E.-L. Bodviek. L'abonnement est fait pour I volume grand in-8, avec planches et figures dans le texte. Ce volume parait en plusieurs fascicules. Abonnement à chacune des parties, Zoologie ou Botanique : France : 40 francs. — Union postale : \0 francs. Prix des collections : Prenhèhe Si:kie (Zoologie et Botanique réunies . 30 vol. i Épuisée.) Dei xiÈMiî Skrie (1834-1843). Chaque partie. 20 vol. {Rare.) ThoisiI'ME Série (1844-1853). Chaque partie. 20 vol. 450 fr. [Les années 1S4-i et 18.J3 sont épuisées.) Quatrième Série (1854-1863). Chaque partie, 20 vol. 275 fr. (Les années IS54 et lSf>o sont épuisées.) Cinquième SÉRIE (1864-1874). Chaque partie. 20 vol. 275 fr. Sixième Série (1875-1884 . Chaque partie. 20 vol. 275 fr. Septième Série (1885-1894). Chaque partie, 20 vol. 350 fr. HrrriÈME Série 1895-19041. Chaque partie, 20 vol. 350 fr. Nii'viÈME SÉRIE (1905-19151. Chaque partie, 20 vol. 350 fr. l)i\n:MK Série (1916-1920). Tomes I, II, III et IV à 40 fr. ANNALES DES SCIENCES GÉOLOGIQUES Dirigées par MIVI. Hébert et A. Milne-Edwards. Tomes I à XXII (1879-1891). 22 volumes 440 fr. Cette publication a été remplacée par les ANNALES DE PALÉONTOLOGIE publiées sous la direction de M. M. Boule. Abonnement annuel : Paris et Départements. . . 50 fr. — Étranger 60 fr. Le Pascicule : 15 fr. MASSON ET C'% ÉDITEURS LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE I20, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, I20 — PARIS VI* ARR. ANIMAUX VENIMEUX ET VENINS PAR LE D'^ MARIE PHISALIX avec une préfac'e du P' LAVERAN 2 Volumes grand in-8, formant ensemble 1600 pages, avec 521 fig. en noir et 17 planches hors texte, dont 8 en couleurs, 120 frs. net. Cet ouvrage comprend la fonction venimeuse tout entière, c'est-à-dire la fonction toxique chez les animaux, et V Anatomie des Appareils venimeux dans tous les groupes zoologiques. C'est une œuvre de portée générale, aussi bien que de documentation, précise et étendue, par son développement même, et les références bibliographi- ques qui accompagnent chacun des sujets principaux des différents chapitres. II coordonne les acquisitions anciennes et moder- nes, montre l'importance des espèces venimeuses. Il fixe le sens biologique de la fonction venimeuse. Il montre enfin les rapports étroits que présente la connaissance des animaux venimeux et des venins avec les principales branches des sciences naturelles et médicales : Anatomie comparée, Chimie biologique, Physiologie, Pathologie et Médecine tropicales, Parasito- logie, Protozoologie, Thérapeutique. TABLE DES MATIÈKES CONTENUKS DANS CE CAHIER Observations sur la -locomotion chez VOcypode chevalier [Ocypoda hippeus Olivier) par Ch. I^ravier 1 19 Les caractéristiques des Oiseaux '■ avant le mode de vol. — Leurapplicationàlaconstruction;Jesavions,parA.MAGNAN. . 125 Descriptions d'espèces nouvelles du genre Musca, par J. Villeneuve 335 Myodaires supérieurs paléarctiques nouveaux, par J. Ville- neuve 337 Le Thecocarpus myriophytinm L. et ses variétés, par Armand Billard , 343 5316-22. — C.DRBUL. Ijii(iriinerie Cm tu gu<^ ..__^ X' SE HT H. T. V. iN°6. ANNALES SCIENCES NATURELLES ZOOLOGIE COM PREN ANT L'ANâTOMIE, la physiologie, la CLASSlFrCATION KT L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX PUBLIEE SOUS r,A DIKECTION DE OUVIER PARIS MASSON 1:T C^ ÉDIÏEUHS LIBHAIHES DE l'aCADBMIE DE MÉDECINE 120, BOdl.EVAHD SAIIST-OEKMAIN ( VI*) 1922 Ce fascicule a été piihlié en décembre 1922. Conditions de la publication des Annales des sciences naturelles BOTANIQUE Publiée sous la direction de M. J. Costantin. L'abonnement est fait pour 1 volume gr. in-8, avec planches et figures dans le texte. Ce volume paraît en plusieurs fascicules. ZOOLOGIE Publiée sous la direction de M. E.-L. Bouvier. L'abonnement est fait pour 1 volume grand in-8, avec planches et figures dans le texte. Ce volume parait en plusieurs fascicules. Abonnement à chacune des parties, Zoologie ou Botanique : France : 40 francs. — Union postale : 40 francs. (Epuisée. ) [Rare.) 450 fr. 275 fr. 275 fr. 275 fr. 350 fr. 350 fr. 350 fr. 40 fr. 40 fr. Prix des collections : Première Série (Zoologie et Botanique réunies), 30 vol. Deuxième Série (1834-1843). Chaque partie, 20 vol. Troisième Série (1844-1833). Chaque partie, 20 vol. [Les années ISââ et 1853 sont épuisées.) Quatrième Série (1854-1863). Chaque partie, 20 vol. (Les années IS54 et 1863 sont épuisées.) Cinquième Série (1864-1874), Chaque partie, 20 vol. Sixième Série (1873-1884). Chaque partie, 20 vol. Septième Série (1885-1894). Chaque partie, 20 vol. Huitième Série (1895-1904). Chaque partie, 20 vol. Neuvième Série (1903-1915i. Chaque partie, 20 vol. Dixième Série (1916-1920). Zoo. Tomes I-Il, III-IV à — Bot. Tomes II-I. III et IV à ANNALES DES SCIENCES GÉOLOGIQUES Dirigées par MM. Hébert et A. Milne-Edwards. Tomes I à XXII (1879-1891). 22 volumes 440 fr. Cette publication a été remplacée par les ANNALES DE PALÉONTOLOGIE publiées sous la direction de M. M. Boule. Abonnement annuel : Paris et Départements ... 50 fr. — Étranger 60 fr. ' Le Fascicule: 15 fr. MASSON ET C'% ÉDITEURS LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE I20, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, I20 — PARIS VI® ARR. ANIMAUX VENIMEUX ET VENINS PAR LE D*^ MARIE PHISALIX avec une préface du P' LAVERAN 2 Volumes grand in-8, formant ensemble 1600 pages, avec 521 fig. en noir et 17 planches hors texte, dont 8 en couleurs, 120 frs. net. Cet ouvrage comprend la fonction venimeuse tout entière, c'est-à-dire la fonction toxique chez les animaux, et VAnatomie des Appareils venimeux dans tous les groupes zoologiques. C'est une œuvre de portée générale, aussi bien que de documentation précise et étendue, par son développement même, et les références bibliographi- ques qui accompagnent chacun des sujets principaux des différents chapitres. Il coordonne les acquisitions anciennes et moder- nes, montre l'importance des espèces venimeuses. Il fixe le sens biologique de la fonction venimeuse. Il montre enfin les rapports étroits que présente la connaissance des animaux venimeux et des venins avec les principales branches des sciences naturelles et médicales : Anatomie comparée, Chimie biologique, Physiologie, Pathologie et Médecine tropicales, Parasito- logie. Protozoologie, Thérapeutique. TABLE DKS MATIERES 'CONTEiNURS DANS CE CAHIER Les affinités du Scleropleura bruneti A. M. Edw., Tatou à cuirasse incomplète, par R. Anthony 351 Anomalie d'une larve de Dytiscus, par L. Bounoure 391 Sur la nature de la glu des Eutermes, par J. Bathellier .... 399 Note sur un nid de Polistes gallicus, par L. Berland ; . , . » . 405 5316-22. — CoRBiiL. Imprimerie Ghét*. iftifiiiîl Jliilll 5 WHSE 02535